Mourir pour Taïwan ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 novembre 2021 09h01 | Ajouter un commentaire

La troisième guerre mondiale va-t-elle éclater en Mer de Chine ? Cela paraît un peu fou de poser ainsi la question, mais les récentes tensions entre la Chine et les Etats-Unis autour de Taïwan pourraient nous inquiéter.

Taipei capitale de Taïwan.

Il y a quelques jours [le 22 octobre], Joe Biden a déclaré que si la Chine attaquait Taïwan, les Etats-Unis se porteraient à son secours. Et hier [le 26 octobre] c’est le secrétaire d’État américain Antony Blinken qui appelait le monde à soutenir la participation de Taïwan aux institutions de l’ONU. Ce qui est un véritable casus belli aux yeux de la Chine, d’autant que ce communiqué a été publié le jour où Pékin fêtait le cinquantième anniversaire de son entrée à l’ONU.

Taïwan est une île située à 160 km de la Chine continentale. Sa superficie est de 33 000 km2 et elle compte un peu plus de 23 millions d’habitants. C’est l’une des économies les plus prospères du monde, elle se classe 15e au niveau de son PIB global.

Deux Chine pour un pays. 

Vous allez me dire : où est le problème ? Le problème, c’est que le nom officiel de Taïwan, c’est République de Chine, et que depuis 1949 Taïwan revendique la souveraineté sur l’ensemble de la Chine, alors que la Chine considère Taïwan comme sa 23e province, à peine plus autonome que Hong Kong. C’est un héritage de l’histoire. En 1949, le gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-chek est vaincu par les communistes de Mao Tsé Toung. Son gouvernement se replie alors à Taïwan, sous la protection de la flotte américaine. Pendant de nombreuses années, les Occidentaux vont maintenir le mythe d’une Chine nationaliste capable de revenir sur le continent.

Mais peu à peu, la réalité va l’emporter. La France sera, en 1964, la première puissance occidentale à reconnaître la nouvelle Chine. Pour les États-Unis, il faudra attendre 1971. Cette année-là, la Chine communiste entre à l’ONU à la place de Taïwan. C’est pourquoi la déclaration d’Antony Blinken est un vœu pieux. La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité, opposera toujours  son veto à un retour de Taïwan. D’ailleurs actuellement, seuls 15 États, dont le Vatican, reconnaissent encore Taïwan comme la vraie Chine. Plusieurs avions de chasse chinois ont d’ailleurs ces derniers jours [le 1er octobre] violé l’espace aérien de Taïwan, histoire de montrer que la Chine est là-bas chez elle.

Si vis pacem para bellum. 

Pour autant, faut-il mourir pour Taïwan ? Si les Chinois veulent récupérer l’île par la force, ils en ont les moyens, et la Américains, qui sont bien loin, auront du mal à s’y opposer. Mais si l’Amérique abandonne Taïwan, elle perdra sur le champ la confiance de tous les États du Pacifique, y compris le Japon. Et c’en sera fini du fameux axe « Indo-Pacifique », si cher à Joe Biden. C’est donc bien là que se joue l’avenir du monde, autour d’une île grande comme la Belgique.

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