Jeunesse : Les poilus du COVID

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 mars 2021 10h17 | Ajouter un commentaire

   A Liège, à Bruxelles, mais aussi à Gand ou à Louvain ces derniers jours de milliers de jeunes se sont réunis dans les parc au mépris des règles de sécurité. Leur justification est toujours la même « On en a marre du COVID, de ne plus se voir et de suivre les cours à distance ». Ainsi ils prennent le risque de diffuser la maladie, alors faut-il le comprendre ou les sanctionner ?

Rassemblement de jeunes au parc de la Boverie à Liège.

 

J’en parlais hier avec un ami qui était assez furieux, vous savez du genre : « Ils ne savent pas ce qu’ils font ! En 1914 on les aurait envoyés dans les tranchées sans leur demander leur avis, et c’était quand même une autre paire de manche… et qu’on ne me dise pas qu’on sacrifie la jeunesse, la jeunesse on l’a sacrifiée en 14-18 et là c’était pas une vue de l’esprit.

 Avoir 20 ans en 1914.

Sur le fond historique cet ami n’a pas tort. Et je recommande toujours aux gens qui s’intéressent à la guerre de 14 de se rendre à Verdun, ce n’est pas très loin de la Wallonie, l’ossuaire de Douaumont, les terrains encore bouleversés par les obus, et ces milliers de croix à l’infini. Il art regarder les âges sur les croix, les soldats avaient 20 ans et les officiers subalternes 25. Oui l’Europe a sacrifié sa jeunesse et ça lui a valu d’ailleurs de perdre son leadership mondial. Mais on n’est plus en 1914, d’ailleurs en 1914 la jeunesse ça n’existait pas, on était enfant ou adulte. Et adulte on le devenait vite puisque la majorité des gens quittaient l’école à 14 ans, pour entrer à l’usine ou travailler dans les champs.

Enfin la jeunesse vint.

La jeunesse conçue comme une classe sociale à part entière est un concept relativement récent, je dirais les années 1950, d’ailleurs j’ai un repère pour dater cette apparition «  La fureur de vivre ( Rebel without a cause) » de Nicolas Ray avec James Dean 1955. Depuis le fossé des générations n’a cessé de se creuser, la jeunesse avec sa musique, sa mode, sa consommation, ses emballements, ses idées, sa générosité et ses études aussi. C’en est fini de quitter l’école à 14 ans, aujourd’hui les études supérieures sont accessibles à la moitié d’une classe d’âge c’est un autre monde ! En bon baby boomer, je continue à croire que l’humanité avance cahin cacha vers le progrès, et je crois donc dur comme fer qu’il vaut mieux être jeune en 2021 qu’en 1914. À ce sujet juste un détail pendant ta guerre de 14 le soldat dans les tranchées étaient relevés à intervalles réguliers; pendant leurs permissions ils partaient à l’arrière où il y avait des bistrots, des auberges, des théâtres, le célèbre théâtre aux armées, et pardonnez-moi aussi des bordels. Ils pouvaient souffler.

L’absence de permissions.

Le grand problème de poilus du Covid c’est qu’il n’y pas de permissions ; pas de relevés ; pas de soupapes de sécurité. Alors ils font comme les soldats de 1917, ils se mutinent et descendent dans les parcs. En 1917 on en a fusillé pour l’exemple, aujourd’hui on les fusille à coude de PV à 250 euros, je ne suis pas sûr que ça soit la bonne solution. Je pense qu’il faut inventer des soupapes de sécurité, des espaces de liberté, des moments pour souffler . On pourrait mobiliser les artistes mobiliser les artistes. Je rêvais ce matin de cours de pantomime sur les places publiques. Pour la pantomime on peut garder son masque, et j’imaginais ainsi des armées de « Baptiste » marcher contre le vent comme dans les « Enfants du paradis », ou alors des exercices de Feng shui dans les parcs, oui je sais, ils préfèrent les affrontement de hip hop et alors pourquoi pas ? Il faudrait nommer un commissaire à la jeunesse, qui s’entoure d’une équipe qui réfléchirait à de solutions… Il y en a. Il suffit de mettre l’imagination au pouvoir !

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