Kanaky, Nouvelle Calédonie… ou les deux ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 octobre 2020 07h39 | Ajouter un commentaire

Les citoyens de Nouvelle Calédonie se sont prononcés le dimanche 4 octobre  pour ou contre l’indépendance. Le maintien dans la République française  l’a emporté avec une courte avance, mais sur le fond rien n’est réglé.

Un Totem Kanak.

53,26% pour non à l’indépendance, 46,74% pour le oui, à première vue le résultat parait clair, la Nouvelle Calédonie devrait rester Française. Mais les choses ne sont pas si simples. Car même s’ils ont perdu en apparence, les indépendantistes ont nettement progressé en eux ans. Lors du précédent référendum en 2018, il n’était qu’à 43%, ils ont gagné 3 % en deux ans, or il devrait y avoir un troisième référendum, dans deux ans en 2022. Le calcul est simple s’ils continuent à progresser au même rythme, les deux camps seraient alors à 50/50.

L’impuissance du référendum.

Comme disait le général de Gaulle, on n’emporte un référendum qui si le « oui est franc et massif », or ce n’est pas le cas. C’est en peu comme en Belgique, quand vous avez face à face deux communautés d’égale importance, qui votent de manière diamétralement opposées, un référendum couperet ne sert à rien.

On l’a vu lors de la consultation populaire de 1950 sur le retour du roi Léopold III. La moyenne nationale donnait une victoire au oui, mais si les Flamands avaient voté largement en ce sens, les Wallons et les Bruxellois s’étaient prononcés contre. Résultat le retour fut un fiasco et le roi a dû abdiquer. En Calédonie c’est pareil les Kanaks, les habitant historiques de l’île votent quasiment tous pour l’indépendance alors que les Caldoches, les descendants de colons français, veulent majoritairement rester dans la République.

L’ombre du plan Van Bilsen.

Si le troisième référendum devait avoir lieu, rien ne serait réglé car les deux communautés se retrouveraient face à face comme en 1988, quand ce territoire était au bord de la guerre civile. Or à l’époque le gouvernement français de Michel Rocard avait réussi à calmer le jeu en proposant un plan de développement sur dix, puis sur trente ans.

Un peu à l’image du plan imaginé en 1956 par l’universitaire Jeff Van Bilzen pour le Congo belge. Il avait prévu une indépendance en douceur, le temps de former des cadres congolais, jusqu’à l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans les années 80. L’histoire n’en a pas voulu ainsi.

En revanche en Nouvelle Calédonie ça a marché, sauf qu’on est maintenant au bout de chemin.

La République en arbitre.

Hier Emmanuel Macron a annoncé que la France allait prendre une initiative, les principaux leaders calédoniens des deux camps lui ont d’ailleurs lancé un appel. L’idée serait d’échapper à un troisième référendum en trouvant une solution négociée, une très large autonomie ou une indépendance en association avec la France. Ce type de construction institutionnelle existe déjà dans la région, par exemple entre les îles Cook et la nouvelle Zélande. On pourrait même imaginer une double nationalité, ainsi les Kanaks seraient maîtres chez eux et les Caldoches garderaient leur passeport français. Ce nouveau pays pourrait s’appeler Kanaky-Nouvelle Calédonie.

Afin de ne fâcher personne…

 

 

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