Le COVID 19 pèse sur les obèses.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 avril 2020 07h50 | Ajouter un commentaire

Une étude du CHU de Lille montre que les patients souffrant d’obésité ont sept fois plus de risques d’être placés sous ventilation que les malades avec un poids normal. Leur mortalité serait également plus élevée. On s’interroge en France après le confinement faudra-t-il mettre les obèses en quarantaine ?

Les Obélix sont en danger.

Nous ne sommes pas égaux devant le COVID 19, on sait que la maladie touche plus les hommes que les femmes et plus les personnes âgées que les jeunes et les enfants, mais le terrain le plus favorable à son développement est sans nul doute l’obésité. L’étude,réalisée par le CHU de Lille et publiée, le 9 avril, dans la revue Obesity, montre que les patients souffrant d’obésité forment probablement la population la plus menacée par le coronavirus.

A Lille, près de la moitié (47,6 %) des patients admis depuis le début en soin intensif étaient obèse, 28,2 % étant au stade obésité sévère. Et 85,7 % de ces derniers ont été mis sous ventilation.
Cette étude vient confirmer une autre, américaine, publiée le mois dernier et qui établit que le nombre de personnes en surpoids dans les unités de soins intensifs aux Etats Unis est de l’ordre de 49%.

Il n’y a pas de certitudes concernant les causes de cette surreprésentation des obèses ,mais il existe plusieurs hypothèses: d’abord des carences en vitamines et notamment en vitamine D. Ensuite la faculté pour les obèses de sécréter plus vite que les autres un certain type d’anticorps à l’origine des surréactions qui provoquent les pneumonies mortelles. Enfin les tissus adipeux stockeraient des quantité plus importante de virus…ainsi les obèses porteraient plus de virus que les autres, et surtout ils auraient plus de mal à les éliminer.Non seulement ils seraient plus nombreux dans les unités de soins intensifs, mais ils y resteraient aussi plus longtemps.

Par ailleurs la surcharge pondérale provoque souvent des troubles du sommeil et notamment des apnées nocturnes. En clair les gros ont déjà du mal à respirer naturellement, le COVID 19, est donc plus menaçant pour eux que pour quelqu’un en bonne forme physique. Le danger d’aggravation f​atale augmente avec le taux d’indice de masse corporelle, l’IMC, a 30 ils est encore acceptable, au delà de 40 les patients sont en réel danger. L’IMC se calcule en divisant le poids par le carré de la taille, un IMC normal se situe entre 18,5 et 25.

Alors que le déconfinement se profile, La question se pose désormais d’un confinement prolongé non seulement pour les personnes les plus âgées, mais aussi pour les victimes de surpoids. Ce qui pose toute une série de problèmes de discrimination, avec le risque de stigmatiser toute une partie de la population. Dans certaines régions de France comme le nord et l’est environ 20% de la population a un IMC supérieur à 30.

Une chose est sûre si vous en ête en surpoids respectez scrupuleusement les règles de sécurité. Dans votre situation le COVID 19 est une maladie véritablement dangereuse.

Dossier:

Interview de Jean Paul Allonsius:
Ancien Président fondateur de l’association des patients obèses BOLD et initiateur de la journée européenne de lutte contre l’obésité.

M. Allonsius qu’est ce que l’obésité ?

1-
Depuis 1997, l’obésité est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé comme une maladie chronique évolutive. cette maladie chronique provoque d’importantes comorbidités telles que diabète, hypertension artérielle, accidents cardiaques, vasculaires et vasculaires cérébraux, l’apnée du sommeil, des difficultés respiratoires chroniques et articulaires, une sur-inflammation de bas grade et des cancers (seins, endomètre, pour ne citer que les plus fréquents)
L’obésité est également définie comme une maladie chronique multi-factorielle nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire sur mesure, et malheureusement, c’est une des rares maladies dont la société utilise le principal symptôme visible pour établir des jugements de valeurs qui enferment les patient dans une image réductrice, stigmatisante et discriminatoire de « gros ».

50% des des malades du COVID 19 qui développent la forme la plus grave de la maladie sont en surpoids, sait-on pourquoi ?

2- Il est en effet exact que les patients COVID19 en excès de poids sont avec les seniors, les patients qui développent le plus de complications. Selon les observations des soignants de par le monde, être obèse (avec un IMC supérieur à 35) augmente de façon importante le risque d’être placé sous respirateur artificiel avec tout ce que cela implique.
Pour chiffrer ce constat, plus de la moitié des patients admis en soins intensifs est obèse et près de 86% de ces cas finiront intubés.
De plus, certaines comorbidités liées à l’obésité ont des effets multiplicateurs de risques sur le développement de complications pouvant aller jusqu’au décès du patient. Parmi ces comorbidités, les scientifiques ont pointé : diabète, insuffisance cardiaque, antécédents pulmonaires chroniques, immunité exacerbée, …

L’obésité est-elle le facteur aggravant le plus dangereux ?

3- Si on devait établir un HIT-PARADE des personnes à risques, nous pourrions relayer les réalités suivantes :
l’âge des plus hauts risques se situe entre 50 et 70 ans et les patients de ce groupe d’âge aux antécédents cardiaques (accidents cardio vasculaires, hypertension, accidents vasculaires cérébraux, coronaropathie, chirurgie et insuffisance cardiaque) occupent la pôle position. Viennent ensuite les patients atteints de diabète insulino-dépendants, les patients présentant des difficultés respiratoires antérieures, les personnes présentant une insuffisance rénale et/ou hépatique.
Nous devons remarquer ici qu’un certain nombre de ces antériorités sont des complications et des comorbidités connues de l’obésité.

Les personnes en surpoids sont-elles suffisamment informées des risques ?

4-NON !Je pense que le focus établi sur la population des seniors a largement occulté les autres risques et qu’il est important d’informer plus largement et plus spécifiquement les +50% de la population qui est concernée par la maladie de l’obésité parmi lesquels, encore aujourd’hui, une large majorité ignore être ou refuse de se reconnaître malade.
Je renvoie toutes ces personnes victimes de cette maladie chronique vers les applications qui leur permettront de calculer leur IMC et leur tour de taille afin d’estimer leurs risque COVID 19.

Les personnes ne surpoids sont-elles discriminées ? « s’ils sont gros c’est de leur faute ! « 

5- l’obésité renvoie toujours aujourd’hui le patient en souffrance face à son miroir et à sa balance bien plus que vers son spécialiste de santé. C’est un constat bien triste de voir que cette société de la sur-information ne soit pas capable d’aider plus de 50 % de la population a bénéficier d’une main tendue plutôt que d’être pointée du doigt !

Les pouvoirs publics ont-il une responsabilité dans ce déficit d’information ?

6- Les pouvoirs publics tant belges que français semblent visiblement être enfermés dans une course poursuite pour pallier le manque de réactivité ainsi que le manque de préparation depuis le démarrage de la pandémie.
J’aimerais par ailleurs souligner qu’à ce jour notre pays n’a toujours pas reconnu l’obésité en tant que maladie chronique, ce qui, bien évidemment, n’est pas fait pour aider. Je dois remarquer que malgré nos efforts, la croyance du « ils n’ont qu’à manger moins et bouger plus » est encore très répandue parmi les décideurs politiques. Ah si c’était si simple, il n’existerait plus aucun obèse en Europe !
Je pense réellement que le gouvernement coure derrière le temps gâché qui a provoqué la pénurie que toute la presse dénonce et qui « MASQUE » pas mal d’autres réalités.

Quelles sont les mesures de préventions à conseiller aux personnes en surpoids ?

7- C’est assez simple de répondre à cette question. Restez chez vous bien confinés et si vous devez sortir, veillez à bien respecter toutes les mesures de protection individuelles indispensables CAR VOUS ETES A RISQUE !!
Et puis, surtout, essayez d’éviter de compenser l’ennui lié au confinement par des visites trop fréquentes à votre réserve de nourriture. (j’avoue avoir moi-même quelques difficultés avec ce dernier point)

On parle de déconfinement progressif, notamment pour les personnes âgées, faudrait-il élargir ces restrictions aux obèses ?

8- A l’évidence, toutes les personnes à risque (dont les obèses avec ou sans comorbidités) devraient bénéficier d’une considération particulière et d’une aide appropriée afin de ne pas augmenter le nombre de décès évitables !


Peut-on dire que le COVID 19 est un tueur de « gros »

9- SANS AUCUN DOUTE (même si je n’aime pas l’usage du mot « gros » qui n’a aucune autre signification que d’être une différence amenant une discrimination et une stigmatisation de la personne qui souffre)

J’aimerais ajouter ceci :

– Le traçage de la population de malades (peu importe la maladie) me semble une très mauvaise idée car elle comporte un certain nombre de risques excessivement dangereux tels que la stigmatisation et la discrimination des personnes pour cause de maladie (ce qui est, je le rappelle, interdit par la loi belge), le développement de telles applications portez atteinte au secret médical de façon incontestable et évidente, les risques de vol de ces données personnelles et confidentielles et /ou leur diffusion pourront également être utilisé pour empêcher l’accès des patients tracés a diverses formes de crédits, a certaines assurances ainsi qu’à certains transports publiques ou privés. « L’ENFER RESTE TOUJOURS PAVE DE BONNES INTENTIONS »
-J’engage toutes les personnes en excès de poids à aller demander une aide auprès des spécialistes de santé afin de recevoir une aide pour restaurer une immunité correcte et enfin, j’encourage toutes les victimes de l’obésité à aller consulter leur spécialiste de santé favori afin de pouvoir bénéficier d’une approche pluridisciplinaire sur mesure afin de contrôler la maladie chronique pour éviter son évolution vers ses comorbidités.

Les conseils du Docteur Carine Carchon nutritionniste.

Quand l’immunité joue un rôle primordial
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Dans cette période où toutes les théories possibles sont proposées, où on espère tous le pas attraper ce virus Covid 19 , l’immunité doit être certes mise en avant.
Le virus rentrerait surtout par la voie respiratoire (et oro-fécale pense-t-on ). Le confinement est effectivement la meilleure possibilité de ne pas le contracter, nous entendons aussi divers traitements allopathiques possibles mais malheureusement très peu au sujet de comment booster notre immunité. Rappelez-vous, une fois le virus contracté, il pénètre dans vos cellules et puis c’est l’intensité de l’orage cytokinique ( réponse inflammatoire excessive) qui va déterminer si vous allez survivre ou pas. Les patients ayant des maladies chroniques ( par exemple: diabète, obésité, problèmes cardiovasculaires, asthme, douleurs articulaires, etc) sont plus démunis devant ce virus. C’est l’impact de l’inflammation chronique appelée de bas grade, qui va ‘exploser’ dans ce cas du covid-19. Les cellules appelées NK Cell (natural killer cell) sont des tueurs en cas d’attaque de notre organisme. La quantité de NK Cell est directement proportionnelle, entre autre, à notre stress, à la quantité et surtout qualité de notre sommeil très souvent de mauvaise qualité chez les obèses car ils ont beaucoup d’apnées (il permet à l’hormone de croissance de réparer nos cellules endommagées par notre activité quotidienne), à notre capacité de s’amuser, de rire etc . Nous oublions très souvent ces facteurs qui finalement ne coûte pas grand chose. Un capital immunité cela oserais-je dire ‘se cultive’ et ‘s’entretient’ en permanence. Nous devons raisonner autrement. S’offrir une qualité de vie pour un avenir meilleur. L’activité physique, ludique est également très importante, des promenades, du vélo, du sport, qu’importe notre choix mais plusieurs études ont déjà prouvé que la sédentarité est pire que fumer. Notre contact social doit aussi rester que cela soit par écran, par portable, du moment que l’isolement ne fasse pas son apparition car il sera source de morosité, de dépression qui vont aussi travailler sur nos NK Cell .
En hiver, nous nous oxygénons moins, nous n’avons certes pas assez de vitamines, minéraux surtout parce que la quantité et qualité de fruits et légumes est moindre. Le contenu de notre assiette est très importante, nous avons tous tendance à manger plus riche en hiver et de moins bouger. De plus, les obèses ont moins de sérotonine (par inflammation chronique) et donc sont plus vite dépressifs et donc mangent plus vite des sucres pour compenser.
Mais quels sont les éléments absolument nécessaire comme armes complémentaires aux agents infectieux? Nous allons détailler certains principes :
– l’importance des omégas-3 (poissons gras 3x/sem 150gr : préférer les petits poissons gras style sardines, harengs, anchois,etc )
– les omégas-6 : pas en excès ! Pas trop de produits laitiers( fromages, yaourts, lait de vache, etc) , ni excès de viande (pas plus de 150gr par portion !), pas d’usage journalier d’huiles de tournesol, arachide, maïs .
-l’huile d’olive vierge (bio de préférence)
-l’ail : de préférence l’ail frais
-la vitamine D: essentielle au bon fonctionnement de l’immunité et anti-inflammatoire. Depuis que nous savons que 99% de la population est déficiente, il faut supplémenter en suffisance ! pour rappel, le patient obèse devra recevoir de grandes doses de vita D car elle se loge dans sa graisse et reste donc inaccessible à l’organisme .
-la vitamine C: travaille contre l’oxydation ( excessive surtout au niveau pulmonaire or ce virus attaque les voies respiratoires)
-le Zinc : inhiberait l’activité de multiplication virale , on estime que 80% de la population en est déficiente. On estime que le zinc fait partie du traitement de base en prévention et pendant l’attaque virale .
-le Sélénium: sa carence augmente le risque de contagion de maladies infectieuses virales.
-Le Co Q10 : puissant protecteur au niveau pulmonaire.
-La glutamine : surtout de source naturelle, mieux assimilée, elle constitue le carburant de nos cellules.
-le curcuma : frais ou extrait frais , il a un pouvoir anti-inflammatoire puissant.
-la vitamine E: elle est capitale pour la santé pulmonaire.
-les probiotiques : ils modulent l’inflammation et veillent au bon équilibre de la flore intestinale, souvent perturbée dans l’obésité
Bien sûr cette liste n’est pas exhaustive, elle sert surtout d’indications de base

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