Griveaux : de la transparence à l’inquisition.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 février 2020 12h19 | Ajouter un commentaire

  En France c’est la ministre de la santé Agnès Buzyn qui remplacera Benjamin Griveaux comme candidate de la « République En Marche » à la mairie de Paris. Quatre jours après l’éclatement du scandale autour des vidéos érotiques de Benjamin Griveaux, on s’interroge beaucoup sur la notion de vie privée pour les acteurs politiques.

 

Benjamin Griveaux

 

La vie privée n’existe plus… On a beaucoup répété ces derniers jours cette phrase prononcée il y a 10 ans par Marc Zuckerberg le créateur de Facebook. Ce n’est peut-être pas tout à fait vrai pour le commun de mortels, mais indubitablement c’est le cas pour les hommes et les femmes politiques. Comme le faisait remarquer un célèbre éditorialiste, de nos jours François Mitterrand ne pourrait plus cacher l’existence de Mazarine pendant des années.

Coïncidence ou coup monté ?

On peut disserter sans fin sur la motivation de l’étrange Piotr Pavlenski, l’activiste russe qui a publié la « sex tape » de Benjamin Gri veaux, mais la question première reste comment un homme politique va-t-il pu prendre un tel risque ? Il semblerait d’ailleurs que la jeune femme, à qui l’ancien porte-parole du gouvernement envoyait des scènes érotiques fin 2018, était devenue depuis la compagne du russe. Affaire privée ? Affaire publique ? La justice tranchera car Benjamin Griveaux a porté plainte pour « atteinte à l’intimité de la vie privée ».

Une pudibonderie toute américaine.

Jusqu’à présent la France se targuait de ne pas être tombée dans le puritanisme en vigueur aux Etats Unis et en Angleterre, où les démissions de ministres convaincus d’adultères sont monnaies courantes. Cette fois encore on a répété à l’envi que ce n’est pas le comportement sexuel de Griveaux qu’il faudrait juger mais son positionnement politique. Il est difficile en effet de se prétendre le candidat des familles et d’exposer la sienne à qui mieux mieux quand on a de tels cadavres dans le placard…

Le président Félix Faure. « Victime de Vénus ».

Autres temps…

Imprudence, dérapage, folie ? On est loin des hommes politiques de la troisième République qui étaient rarement mariés et s’affichaient avec des demi mondaines. Sans oublier l’exemple fameux de Félix Faure mort quasiment dans les bras de sa maîtresse à l’Elysée. Désormais c’est le règne de la transparence, ceux qui prétendent guider le peuple doivent être irréprochables ou pas loin. La perfection n’étant pas de ce monde, je prédis qu’on aura de plus en plus de mal à trouver des candidats répondant à ces critères. Espérons que l’on saura raison garder et que Benjamin Griveaux gagnera son procès. Comme aurait dit Bourvil : La transparence oui ! L’inquisition non !

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