Matzneff le pédophile qui se croyait esthète

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 décembre 2019 11h37 | 3 commentaires

Dans les années 70 l’écrivain Gabriel Matzneff n’a jamais caché ses attirances pour les adolescentes et adolescents, comme sur le plateau d’ « Apostrophes », en 1990. Dans quelques jours l’éditrice Vanessa Springora publie un livre, « Le consentement », dans lequel elle décrit la terrible emprise qu’il a exercé sur elle dans les années 80 quand elle était mineure.

 

Gabriel Matzneff 83 ans, prix Renaudot essais en 2013 est toujours écrivain et chroniqueur pour le magazine le point.  Dans les années 70-80 il était un personnage très médiatique, invité 6 fois à Apostrophe la grand émission littéraire. Si la comparaison était  possible je dirais que c’était un peu le David Hamilton de la littérature. Ses livres tournaient essentiellement autour de ses amours avec des adolescentes ou des adolescents…

Pédophile assumé.

Voici par exemple ce qu’il déclarait en 1975 sur Antenne 2 : « Je pense que les adolescents, les jeunes enfants, disons entre 10 et 16 ans, sont peut-être à l’âge où les pulsions d’affectivités, les pulsions sexuelles également, sont les plus fortes parce que les plus neuves. » « Et je crois que rien ne peut arriver de plus beau et de plus fécond à un adolescent ou une adolescente que de vivre un amour. Soit avec quelqu’un de son âge (…), mais aussi peut-être avec un adulte qui l’aide à se découvrir soi-même, à découvrir la beauté du monde créé, la beauté des choses. »

 

Gabriel Matzneff

 

Une autre époque.

Ces propos qui aujourd’hui feraient scandale étaient à l’époque tout à fait admis, du moins dans certains milieux. On était en pleine libération des mœurs, et de grands intellectuels dont Jean Paul Sartre, plaidaient pour la légitimation des relations sexuelles entre enfants et adultes. Il a fallu attendre 1990 et une émission Apostrophe à laquelle il était une fois de plus invité pour que Gabriel Matzneff se voie critiquer vertement,  et encore, ni par Bernard pivot, ni par ses invités français, mais par l’écrivaine québécoise Denise Bombardier qui l’avait qualifié de pitoyable, le comparant aux vieux messieurs qui attirent les petits garçons avec des bonbons. Elle fut aussi la première à demander qu’on songe aux victimes. Hier Denise Bombardier  a salué le courage de Vanessa Springora.

Le consentement.

Dans son livre l’éditrice âgée aujourd’hui de 47 ans écrit : « A 14 ans, on n’est pas censée être attendue par un homme de 50 ans à la sortie de son collège, on n’est pas supposée vivre à l’hôtel avec lui, ni se retrouver dans son lit sa verge dans la bouche à l’heure du goûter. ». Mais elle ajoute et c’est toute la complexité du sujet : « Comment admettre qu’on a été abusé, quand on ne peut nier avoir été consentant? Quand on a ressenti du désir pour cet adulte qui s’est empressé d’en profiter? Pendant des années, je me débattrai moi aussi avec cette notion de victime ». Depuis l’annonce de la sortie de ce livre le débat fait rage chez les intellectuels français, Entre ceux qui considère qu’il s’agit d’une chasse aux sorcières, et les autres qui rappellent que si les adolescents aiment séduisent c’est aux adultes justement d’être responsable et de poser le limites.

Pédocriminel.

Quant à Matzneff qui n’a pas changé, il a fait part au magazine « l’obs » de sa « tristesse au sujet d’un ouvrage hostile, méchant, dénigrant, destiné à [lui] nuire. » On pourra débattre sans fin de la liberté en littérature. Mais, il y a une réalité, avoir des relations sexuelles avec un enfant de moins de 15 ans en France, ce n’est pas de l’esthétisme… c’est un délit !

( En France toute relation sexuelle commise entre un mineur de moins de 15 ans et un adulte est définie par le Code pénal comme une atteinte sexuelle, quelles que soient les circonstances. Un acte puni de 5 ans de prison et 75 000,00 € d’amende. En cas de non-consentement, l’acte peut-être requalifié en agression sexuelle ou viol.)

 

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3 réactions à “Matzneff le pédophile qui se croyait esthète”

  1. Et où étaient donc les parents de cette jeune fille ?
    Comment a-t-elle pu se retrouver dans une chambre d’hôtel à 14 ans ?

  2. oui moi aussi je me demande comment une ado de 14 ans vit dans un hotel avec un homme de 50 ans?
    Est ce que Vanessa peut nous repondre ?
    Les parents ne sont ils pas là pour protéger leur enfants des prédateurs sexuels

  3. Bien sûr que c’est un délit, toutefois Mme Vanessa Springora me semble un peu opportuniste en la matière. En effet 30 après on ne peut pas dire que l’expérience et le temps l’ont traumatisé…
    Quel est l’intérêt ! Ce souvenir couché sur papier sonne comme le regret d’un moment agréable et voulu. Somme toute, la vie quoi ! Pour le reste, belle promotion pour son livre, avec des moyens dans l’air du temps !