France : pourquoi la grève ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 décembre 2019 12h34 | Un commentaire>

 Trains, trams, bus et métros à l’arrêt. Ecoles fermées, théâtres et musées également. 250 manifestations prévues, syndicats et gilets jaunes côte à côte.  6000 policiers mobilisés. La France s’apprête à vivre une journée de grève historique.

 

 

C’est un grand classique de la lutte sociale en France et ça tient à l’histoire de la République. Grâce à la révolution de 1789 la France a connu la liberté politique bien avant la liberté sociale. Dans la plupart des autres pays européens cette conquête s’est faite simultanément, et c’est pourquoi par exemple en Belgique on associe souvent les syndicats à des partis. En France c’est beaucoup moins clair, même si la CGT fut longtemps le bras syndical du parti communiste à l’époque où il représentait encore quelque chose.

 Des légitimités concurrentes.

En France la classe politique quelle que soit sa couleur a beau jeu de mettre en avant sa légitimité issue des élections. Légitimité d’autant plus forte que le taux de syndicalisation est très bas dans l’hexagone 11% en moyenne, soit 19,1% dans la fonction publique et seulement 8,4% dans le privé ( en Belgique 54,2 % ) c’est ce qui explique d’ailleurs que la grève d’aujourd’hui concerne essentiellement des fonctionnaires ou assimilés. Résultat le Président Macron qui a toujours dit qu’il réformerait les retraites, affirme sans détour que comme il a été élu il applique son programme et qu’il n’y a rien à discuter.

Vers la suppression des régimes spéciaux.

Sauf que les 42 professions (cheminots, marins, militaires, policiers, clercs de notaire, employés de l’Opéra de Paris, fonctionnaires de l’Etat, etc…) qui bénéficient de régimes spéciaux n’ont pas l’intention de se laisser faire, et de voir disparaitre tous leurs avantages.

C’est classique en France le gouvernement dit : « j’ai raison, ma réforme est bonne circulez y’a rien à voir ! ». Pas d’accord répondent les syndicats qui descendent dans la rue. Ca se passe alors plus ou moins bien et au final la réforme est gelée et on discute.

L’exemple de 1995.

En 1995 ça avait duré presque un moins avant que le président Chirac ne suspende la célèbre réforme Juppé qui portait déjà en partie sur les retraites.

On verra comment ça se passe cette fois ci, en 1995 c’était le bordel mais c’était plutôt bon enfant, cette fois le gouvernement craint des violences et des débordements où black blocks et gilets jaunes pourraient chercher l’affrontement gratuit.

A mi mandat, Emmanuel Macron joue gros. S’il arrive à gérer cette crise et à faire passer sa réforme, avec quelques amendements raisonnables,  il aura réellement gagné ses galons de Jupiter. Sinon il pourra craindre pour sa réélection…

  • 0
  • 0
  • 0
  • 0

Laisser un commentaire

  * champ obligatoire

1 réaction à “France : pourquoi la grève ?”

  1. Le dossier pension a été mal géré, mauvais timing, mauvaises explications, mauvaise préparation, mauvaise connaissance de la globalité du sujet et de ses exceptions. Cela ne devrait jamais être gérés par des politiques . (la décision oui ). Comme en Belgique, les gens qui prétendent avoir gérés sont des essayistes et des technocrates incapables de toutes les réalités et conséquences .