Le Mayxit avant le Brexit

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 juin 2019 10h29 | Ajouter un commentaire

C’est le paradoxe du Jour J, ou plutôt du D Day, au moment où le monde se remémore le rôle capital qu’a joué  le Royaume Uni dans la victoire contre le nazisme, Theresa May démissionne de son poste de chef du parti conservateur et annonce qu’elle quittera sous peu son poste de Premier ministre. On peut parler d’un terrible constat d’échec.

 

Theresa May le 5 juin à Portsmouth

 

Vous me passerez l’expression mais c’est du grand n’importe quoi. Imaginez que Theresa Lamy quand elle était ministre de James Cameron, était contre le Brexit. Une fois à la tête de son parti et du gouvernement, elle a assumé la décision du referendum et a cherché à trouver le meilleur accord possible pour maintenir le Royaume Uni dans ce qu’on appelait autrefois le Marché Commun. En butte aux mensonges des brexiteurs et aux regrets des pro-européens, elle a dû naviguer dans le brouillard le plus absolu. A chaque fois qu’elle a voulu faire adopter son projet ( durement négocié avec Bruxelles) par le parlement britannique, elle a échoué. Mais ce même parlement a été incapable de proposer une alternative, on se souvient de ce jour ou 8 propositions différentes ont été rejetées, or elles allaient du Brexit dur et au maintien pur et simple dans l’union.

Boris en embuscade

Les élections  européennes qui n’auraient pas dû avoir lieu, mais qui ont eu lieu quand même, n’ont rien arrangé en donnant la première place aux brexiteurs avec près de 32% des voix. Dorénavant c’est l’un des leurs alliés au parti conservateur, le facétieux Boris Johnson qui pourrait bien s’installer  au 10 Dowding Street. Il s’empressera alors de sortir de l’Europe, sans accord persuadé que le Royaume uni  retrouvera sur le champ l’espace impérial du Commonwealth et signera une « merveilleuse » une alliance commerciale avec les Etats unis, comme l’a promis Donald Trump.

Churchill a bon dos.

Boris Johnson qui est l’auteur d’une biographie remarquée de Churchill, n’hésite pas à convoquer les mânes du grand homme et à s’appuyer sur le souvenir du blitz pour rassurer ses concitoyens : « on a résisté aux bombardements d’Hitler, on résistera aux pénuries du Brexit même s’il faudra comme à l’époque se serrer la ceinture ! » Il aime d’ailleurs comparer l’euro de Hitler ou celle de Napoléon à l’Union d’aujourd’hui, qui selon lui poursuivrait  les mêmes objectifs, asservir l’Angleterre, avec d’autres moyens…

Le paradoxe du D Day.

C’est bien sur un contre sens total et les commémorations de Portsmouth et de Normandie nous l’on rappelé. Si les Anglais se sont replié sur leur ile, en juin 1944 pour résister avec acharnement aux nazis, ce n’était pas uniquement pour sauver leur peau. Hitler leur avait proposé une paix séparée. C’était pour sauver et rétablir la liberté et la démocratie sur l’ensemble du continent.

L’ouverture contre le repli, tout le contraire du Brexit.

 

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