Brexit, la perversion du référendum

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 mars 2019 14h15 | Ajouter un commentaire

Les députés britanniques ont donc rejeté une fois de plus l’accord sur le Brexit présenté par Theresa May. Il n’y a donc plus que deux solutions , une sortie de l’Europe sans accord, ou le report du Brexit. Cette crise sans fin nous montre à tel point le référendum est loin d’être la meilleures solution aux problèmes complexes.  

 

On se plaint souvent en Belgique de ne pas disposer du référendum comme arme politique. on oublie que le seul qu’on ait connu, sur le retour de Léopold III en 1950 s’est transformé en crise encore plus grave que le Brexit . Il a donné des résultats asymétriques entre la Flandre et la Wallonie. Au final alors que la réponse avait été oui , Léopold III a quand même du abdique , après des journées de crise, de manifestations et même des morts.

Un référendum ça se prépare.

En fait un référendum n’est vraiment efficace que quand il confirme un projet de loi déjà mûrement discuté et élaboré par un gouvernement ou un parlement. Alors o peut poser au peuple la quesiton approuvez-vous la li qui décide ceci oiu cela. En clair les Anglais auraient du d’abord négocier un accord sur le Brexit puis le soumettre au référendum, et là, le peuple aurait dit : « d’accord on sort dans ces conditions  » ou  » on ne sort pas » . Tandis que là on leur a demandé : « voulez-vous sortir ou non ?  On discutera des conditions après.

Une campagne mensongère 

Or ça ne marche pas parce que ceux qui ont voté oui au Brexit ont voté pour des raisons très diverses, et souvent d’ailleurs de fausses raisons, car la campagne pro Brexit a été largement mensongère. Résultat on n’arrive pas à boucler un accord et les derniers sondages donnent 54% au non, si jamais il devait y avoir un second référendum.

Référendum ou plébiscite ?

Sans oublier que les référendums ont toujours un effet pervers les électeurs peuvent aussi voter pour ou contre le gouvernement  quelque soit la question. On a alors affaire au référendum plébiscite tel que le concevait le général de Gaulle qui posait des questions diverses avec toujours en filigrane cette menace : » si vous répondez non je m’en vais ». En Avril 1969 les Français ont dit non à une réforme très technique sur les régions et le Sénat, conséquence le général De Gaulle a démissionné de l’Elysée.

Cameron: l’apprenti sorcier.

Maintenant Thérésa May se retrouve dans une situation impossible, mais le vrai coupable c’est son prédécesseur, James Cameron. Persuadé que le Brexit serait rejeté, il a organisé ce référendum d’apprenti sorcier pour se maintenir au pouvoir, provoquant une catastrophe. Malheureusement contrairement au poème de Goethe qui a inspiré  Paul Dukas et Walt Disney, il n’y a pas ici de magicien qui pourrait tout rétablir d’un coup de baguette magique.

 

 

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