France : Le divorce entre peuple et politique.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 janvier 2019 10h48 | 5 commentaires

En France, alors que les gilets jaunes préparent leur 9ème samedi de mobilisation, une étude publiée par le Figaro révèle l’ampleur du fossé qui sépare les Français et leurs dirigeants. 69% des Français éprouvent à l’égard de la politique de la méfiance ou du dégoût…Et seuls 2% du respect.

 

 

C’est l’étude annuelle, du CEVIPOF, le centre d’étude de la vie politique française, c’est donc extrêmement sérieux et j’ajouterais extrêmement inquiétant pour le gouvernement français. Vous avez donc ce chiffre repris ce matin par tous les médias de l’hexagone : 37 % des Français éprouvent de la méfiance à l’égard de la politique et 32% du dégoût. A la question : « diriez-vous que la démocratie fonctionne bien ? » 70%  répondent non !

A la question : «  les hommes politiques se préoccupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ? » 85% répondent …non !

A la question : « quel est votre état d’esprit actuel : 32% répondent la lassitude, 31% la morosité, 29% la méfiance. »

Hôpitaux et policiers épargnés.

En fait les seules institutions qui trouvent encore grâce aux yeux des citoyens de la République sont celles qui les soignent ; qui les protègent ; qui les emploient.  78% on confiance dans les hôpitaux et dans les PME et 74% dans la police et la gendarmerie…69% dans l’école et 65% dans la sécurité sociale…Enfin un seul mandat politique échappe au massacre, celui de maire qui recueille 58% de taux de confiance, contre 31% au député, 25% au premier ministre et 23% au Président de la République…

Proximité mon amour.

Bref à la grosse louche on a encore confiance dans les institutions de proximité, mais plus dans les dirigeants nationaux. Or la force d’un pays comme la France c’était justement son unité nationale, construite sur plus d’un siècle entre la révolution et la guerre de 14. Le problème c’est que depuis une quarantaine d’année, l’égalité au cœur de la devise (et de la promesse) de la République s’est transformée en inégalité, et une inégalité de plus en plus plus flagrante, et fort logiquement les Français en font porter la responsabilité à leurs dirigeants…

Tous pourris et tous menteurs !

Ca va très loin quand on constate que les gilets jaunes par exemple mettent en doute la moindre information émanant du monde politique. Ainsi un de leurs leaders estimait que l’attentat du marché de Noël de Strasbourg était une manipulation du gouvernement pour casser leur mouvement. C’est bien sûr n’importe quoi, mais que ce n’importe quoi puisse avoir de l’écho nous montre bien à quel point le modèle démocratique est en danger. Le défi c’est maintenant de le rebâtir.

Restaurer la confiance ?

Alors bien dans la foulée des gilets jaunes on évoque beaucoup la démocratie directe, le referendum d’initiative citoyenne, voire le referendum révocatoire, ce sont des pistes.  Masi si ça aboutit à renverser le gouvernement  tous les 15 jours, on sera aux portes de la guerre civile.

Pourtant le message est clair, les Français demandent deux choses, de la prospérité certes mais surtout de la sécurité !  Sécurité face au terrorisme, mais aussi sécurité sociale. Ils veulent qu’on les protège de cet univers mondialisé où règne, la compétition, la concurrence, la loi du plus fort,  la loi de la jungle. La démocratie ça devrait être le contraire de la loi de la jungle.

Visiblement il y a quelques « Tarzan » en costumes trois pièces qui ne l’ont pas encore compris.

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5 réactions à “France : Le divorce entre peuple et politique.”

  1. Je suis belge résident en France depuis 10 ans et je suis absolument d’accord avec ce qui a été écrit plus haut. pour info, je crois que la situation dans beaucoup d’autres pays européens et pareille, que les nationaux en ont assez de la manière d’être si mal considérés par les politiques. et en Belgique, on se porte d’autant mieux que le gouvernement qui expédie  » les affaires courantes « , sans plus aucune majorité, dure longtemps. Et que les élections en Belgique , si le vote n’était pas obligatoire, seraient un FIASCO total. J.D.

  2. La démocratie directe (« à la mode suisse ») serait possible si la volonté de la réaliser existait.
    Cela serait d’autant plus réalisable que les technologies modernes qui permettent le E-commerce, seraient également capables de fournir les outils nécessaires…
    Bien sûr, cela nécessiterait une refonte en profondeur des lois et règlements…
    Il faudrait aussi créer des « bulles » des personnes concernées.
    (Bulles de quartier, bulles de cité, bulles de province , région ou département, bulle nationale, voire bulle européenne)
    Cela veut dire, qu’il serait interdit à un parisien d’émettre un vote sur l’aménagement d’une rue à Marseille…
    Mais, par contre, un aménagement susceptible d’avoir un impact sur la qualité de l’air respiré sur l’ensemble du pays constituerait une « bulle nationale » permettant un vote de la totalité de la population…
    Voilà un grand chantier pour les juristes, sociologues, philosophes, etc… qui s’attelleront à la rédaction de la formulation de cette nouvelle forme de vie en société.

  3. Le problème est que le fait de remettre son pouvoir à l’extérieur de soi est une forme d’irresponsabilité.
    Le fait d’accepter et prendre le pouvoir d’autrui est un vol.
    Le fait d’encourager les personnes à remettre leur pouvoir à l’extérieur d’eux-même est une manipulation…

  4. Le mouvement des Gillets Jaunes est le début de la prise de conscience.
    Tout est à dé/re-construire.

    En commençant par le système éducatif qui est un effroyable système de formatage de la conscience et de limitation des personnes.

    Le fait de faire une démonstration (scientifique ou rationnelle) est déjà une façon INACCEPTABLE de prendre le pouvoir sur l’autre : c’est un façon de montrer qu’un
    point de vue est « plus vrai » qu’un autre.

    Dans ce sens, la démocratie, la science, la rationalité sont obsolète car elles ont le tord de vouloir s’imposer aux personnes comme point de vue de référence tout en « enlevant » le pouvoir des personnes à créér leur propre réalité sans jugement de valeur.

    La richesse telle est qu’elle exposée dans les médias (50 min. inside , par exemple) est une obscénité sans nom.
    C’est dégoutant d’exhiber sa richesse alors que certains (et beaucoup) ont de moins en moins.

    Du point de vue libéral (Adam Schmith, père du libéralisme économique), l’accumulation de la richesse et du pouvoir est une pathologie du système économique car pour A. Smitch chaque acteur économique doit être « atomisé » afin d’être réellement libre.

    Le riche est celui qui fait prévaloir son point de vue sur les autres (source de l’accumulation de son capital)

    Le néo-libéral est un anti-libéral qui trompe tout le monde, sauf…les Gillets Jaunes !

  5. Je suis Belge et donc Européen, je voudrais savoir pourquoi et comprendre pourquoi les capitalistes si riches n’entendent pas le peuple Francais ainsi que Belge soit Européen.
    Nul n’a besoin d’autant d’argent tout ça est incompréhensibl.
    Ils ont un devoir eux comme nous, sortir ensemble le peuple de cette misère.
    J’ajoute que MR Macron est une personne sans cœur et n’est nullement à ça place comme beaucoup d’autres biensur.