Gilets jaunes : vers une « post démocratie ? »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 janvier 2019 09h55 | 2 commentaires

Samedi la France a connu une 8ème journée de mobilisations des gilets jaunes. Une fois de plus des débordements ont eu lieu principalement à Paris avec deux évènements qui ont marqué l’opinion. Le passage à tabac d’un gendarme par un boxeur professionnel et surtout d’attaque d’un ministère avec un engin de chantier. La question est toujours la même : Comment Emmanuel Macron peut-il sortir de cette situation ?

L’élévateur « bélier »

Emmanuel Macron a condamné très fermement les évènements de samedi : « Une fois encore, une extrême violence est venue attaquer la République – ses gardiens, ses représentants, ses symboles. Ceux qui commettent ces actes oublient le cœur de notre pacte civique. Justice sera faite. Chacun doit se ressaisir pour faire advenir le débat et le dialogue. » a-t-il écrit dans un tweet.

Entre débat et casseurs.

Il y a un paradoxe entre d’un côté un début d’organisation des gilets jaunes (notamment à Marseille ce weekend dans le locaux du journal la Provence)  des gilets jaunes qui semblent prêts à participer au grand débat national lancé par le président, et de l’autre tous ces casseurs somme toute peu nombreux, mais ils représentent une véritable minorité active qui met en échec médiatique toute initiative du gouvernement semaine après semaine. Attaquer un ministère ça ne s’était pas produit depuis des dizaines d’années et encore ! Le coup de l’élévateur utilisé comme bélier c’est du tout neuf. Emmanuel Macron est donc pris entre deux feux : ces extrémistes qu’il ne peut que réprimer, et les autres qui ont l’air d’accepter un début de dialogue.

Le bon grain et l’ivraie.

Le problème c’est qu’il peut difficilement s’attaquer aux un en ménageant les autres, puisque dans les manifestations il y a de tout. Ainsi des braves citoyens ont beau jeu de dénoncer une certaine violence policière, destinée en fait aux casseurs, mais dont ils sont en quelque sorte les victimes collatérales. Au-delà de cette politique à double détente, main tendue d’un côté, fermeté de l’autre, Emmanuel Macron dispose également d’armes constitutionnelles. Si la situation devenait vraiment hors de contrôle il pourrait organiser un referendum ou dissoudre l’Assemblée Nationale, comme De Gaulle en 68…Avec le risque de perdre sa majorité mais aussi avec la possibilité de démontrer que finalement les gilets ne représentent pas grand-chose. Ils seraient dans l’impossibilité de faire élire plus d’un ou deux députés, à moins d’être récupérés par un grand parti, ce qui irait à l’encontre de leurs propres convictions.

Démocratie ou post démocratie.

La nouveauté c’est que nous sommes est peut être entrés dans une ère post démocratique où le recours aux élections n’apporterait pas de solution. Les gilets jaunes d’ailleurs contestent le système de représentation parlementaire…Alors ?

Alors cette crise aura une fin mais personne ne sait ce qui va en sortir, tout le monde est dans le brouillard et pilote au pif…et advienne que pourra !

Comme le disait fort justement le philosophe Michel Serres dans une interview à la Dépêche du midi : « Vous savez ceux qui ont pris la Bastille, ils ne savaient pas qu’ils venaient de déclencher la révolution française. »

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2 réactions à “Gilets jaunes : vers une « post démocratie ? »”

  1. Macron ne fait pas la différence entre ses pièces de théâtre et la réalité. Il ne dupe pas les français mais bien Brigitte. Il manque de respect aux français !
    Il va à la catastrophe

  2. 2De Backer Elodie le 8 janvier 2019 à 18:45

    Nous sommes déjà en post démocratie, nos dirigeants sont dirigés par les lobbies depuis un bail…