Strasbourg : Entre sécurité et liberté.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 décembre 2018 08h20 | Ajouter un commentaire

Contrairement aux autres attentats celui de Strasbourg n’a pas provoqué en France de trêve politique. Dès mardi des voix se sont élevées pour exiger un durcissement de la loi et notamment l’interpellation préventive des individus fiché pour risque de terrorisme. C’est tout le débat entre sécurité et libertés publiques qui est relancé.  

 

A peine l’attentat de Strasbourg révélé par les médias Laurent Wauquiez le chef du parti les Républicain, le parti de Nicolas Sarkozy, a relancé la polémique sur un éventuel durcissement de la politique de sécurité en France . Avec son parti il réclame : le retour à l’état d’urgence, la rétention administrative des « fichés S » les plus dangereux et l’expulsion de ceux qui parmi eux sont étrangers. Des exigences qui sont en gros les mêmes que celles de Marine Le Pen, elle aussi très vite montée au créneau.

Un mode de vie.

Malgré les 250 morts provoqués par le terrorisme depuis 2015, la France a jusqu’à présent réussi à conserver un mode de vie démocratique et libéral. On le sait et on le voit avec les cibles choisies, salles de spectacles, terrasses de café, centre commerciaux, marchés de Noël, les terroristes veulent détruire ce mode de vie. Jusqu’à présent, en France en Belgique en Angleterre, en Allemagne, en Espagne on a réussi à le maintenir tout en déployant des forces de sécurité plus importantes qu’autrefois…

Etat d’urgence ?

Bien sur le risque zéro n’existe pas. Et il n’existait pas non plus à l’époque de la guillotine. On pourrait effectivement rétablir l’état d’urgence, mais ces dernières années de nombreuses lois ont été votées qui le rende presque inutile.  Certes sous état d’urgence on pourrait par exemple interdire les manifestations. D’où ces fausses nouvelles, ces « fake news » qui circulent sur internet disant que l’attentat de Strasbourg est instrumentalisé par le pourvoir pour casser le mouvement des gilets jaunes. C’est bien sûr complètement faux, scandaleux et crétin, et il ne faut donc pas que le gouvernement français tombe dans ce piège. Même si les gilets jaunes mobilisent des forces de police qui seraient surement plus utiles ailleurs.

Fichés S ?

Quant aux « fichés S »  pour terrorisme. Ils sont plus de 10 000…On ne peut pas dans un état démocratique emprisonner 10 000 personnes uniquement sur des soupçons. Oui l’assassin de Strasbourg était un délinquant multirécidiviste et abondement fiché. Mais le problème c’est peut-être plus sa radicalisation en prison  que le fait de l’avoir laissé sortir après sa peine. Comment transforme-t-on un truand ordinaire, en soldat de Daesh ?

Expulsion ?

Enfin l’expulsion, la déportation, le bagne, ça n’a jamais réglé aucun problème. Au XIX ème siècle les Anglais ont essayé d’envoyer leurs délinquants en Australie. Ca n’a supprimé ni le crime, ni la misère.

Non !  Il n’y a pas de solution miracle. Il faut continuer à naviguer prudemment entre vigilance et liberté. Parce que c’est le jour où nous auront transformé nos démocraties en états totalitaires que les terroristes auront gagné.

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