Pourquoi tant de grèves ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 mai 2016 09h02 | 2 commentaires

Blocage des dépôts de carburant, grèves à répétition dans les chemins de fer, menace sur la fourniture d’électricité, en France la tension sociale augmente de jour en jour, et aucun apaisement à l’horizon.

 

AFP PHOTO / BORIS HORVAT

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Dans toute la France les mouvements contre la loi travail s’amplifient et touchent désormais les centrales nucléaires. Ce mercredi et jeudi, les transports ferroviaires et aériens seront perturbés. À partir du 1er juin, les cheminots débrayeront tous les jours. Quant aux centrales nucléaires qui fournissent 75 % de l’activité en France, si elles se mettaient grève, l’hexagone retournerait à la bougie. Honnêtement on n’a pas vu un tel mouvement social depuis 1995 et les grandes grèves contre la réforme de retraites initiée par le premier ministre de l’époque Alain Juppé.

A l’usure.

Pour l’instant c’est un véritable bras de fer dont on ne voit pas la sortie, car le gouvernement se veut ferme et joue l’usure du mouvement. Le déblocage par la force du dépôt de carburant de Douchy les mines dans le nord est assez révélateur. Le gouvernent pense que le mouvement n’est pas populaire et qu’un fossé va se créer entre la population et les syndicats…C’est possible mais c’est pas sûr ! Le problème c’est que ce qu’on appelle la loi travail est massivement rejetée par ceux qui constituent l’électorat du gouvernent.

Une crispation.

En fait plus personne n’examine cette loi avec sérénité, son objectif était de débloquer le marché du travail en France, en facilitant la flexibilité et les licenciements, tout en renforçant en contrepartie le CDI, le contrat à durée indéterminée, et en faire le contrat de référence alors qu’aujourd’hui la plupart des embauche se font à durée déterminée ou via l’intérim. Cette réforme rencontre les souhaits du patronat, mais aussi les analyses de bien des spécialistes.  Ainsi le FMI, estime que dans la situation  actuelle 9 chômeur sur 10 en France, ne retrouveront jamais d’emplois, car le chômage français n’est pas lié à la croissance, mais aux structures du pays.

Le retour à Zola.

Le hic c’est que coté syndicat on estime que tout ça provient du même substrat idéologique issu du libéralisme sauvage et mondialisé. Il faut entendre les gars sur les barricades qui affirment qu’on revient au XIXème siècle, qu’on brade cent ans de lutte sociales etc… La dessus se greffe le problème bien connu de la représentative des syndicats en France, 11% de syndiqués pas plus, ( contre 50% en Belgique) et enfin l’absence de culture du dialogue ou du consensus. En France ça passe ou ça casse !

En Belgique aussi.

J’aurais écrit ce papier il y a encore trois ans, j’aurais conclu en prenant l’exemple belge, en disant : « En France c’est pas comme en Belgique, où on dialogue et on trouve des compromis ! »

Mais à voir ce qui passe en Belgique ces dernier jours, notamment dans le conflit de prisons, j’ai bien l’impression que cette différence-là n’existe plus…

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2 réactions à “Pourquoi tant de grèves ?”

  1. Toutes ces grèves sont essentiellement POLITIQUES. La situation économique en Belgique et comme en France est exsangue.
    J’ai du mal de comprendre POURQUOI les partis dans l’opposition ne disent pas la vérité.!!!???? . La dette du pays ne date d’hier. Le PS a TRES MAL géré le pays (dixit les dépenses 2015 à Mons que nous allons tous payer par une augmentation des taxes) et maintenant ils viennent nous endormir avec des promesses impossible à exécuter.
    Et le peuple poussé par les syndicats par en grève mais pour obtenir QUOI ?????
    Qui aura le courage de dire ENFIN la VERITE ????
    Pour information je suis « Apolitique  »
    Notre seul but devrait « tous derrière ce gouvernement  » afin de sortir le pays du désastre economique’
    Voyez les américains, après les élections ils seront TOUS derrières leur président alors que ce n’est pas forcément celui qu’ils auraient choisi’. A méditer

  2. Osons l’avouer que plus rien ne fonctionne. L’organe politique a négligé depuis trop longtemps maintenant les bases de gestion et de l’économie. On prend l’argent qu’il faut pour ce qu’il faut et pas pour s’assurer un électorat.