Attentats : 6 juges pour 1001 partie civiles

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 mai 2016 09h35 | Ajouter un commentaire

Pendant trois jours  les six juges d’instruction en charge des attentats de novembre à Paris,  vont recevoir les parties civiles, les associations et leurs avocats. Objectif faire le point sur ce dossier dont l’ampleur dépasse tout ce que la France a connu en matière de terrorisme.

 

Le Bataclan

Le Bataclan

 

130 morts,  492 blessées, 3000 dossiers d’indemnisation en cours, 1081 personnes en état de choc enregistrées au « Fonds de garantie des victimes du terrorisme », 1001 parties civiles et près de 300 avocats impliqués. C’est effectivement exceptionnel, à tel point que ces réunions n’auront pas lieu au palais de justice de Paris, trop petit, mais à l’Ecole militaire qui a mis des salles à la disposition des juges. La première journée sera consacrée aux attentats du Stade de France et des terrasses, les deux dernières, à celui du Bataclan.

Un grand oral.

Ce sera l’occasion pour les victimes et leurs familles de s’informer sur l’avancement de la procédure, comme l’exige la loi, et surtout de poser des questions. Acte d’instruction à part entière, cette  session d’information sera versée à la procédure. Pour Guillaume Denoix de Saint Marc, président de l’Association française des victimes du terrorisme :  «  C’est un moment clé, à haut risque, compte tenu du nombre de personnes. Si les juges d’instruction sont très pugnaces, ils ne sont pas forcément de grands communicants, or c’est une sorte de grand oral auquel ils ne peuvent échouer» ;

Des victimes désemparées.

En effet beaucoup victimes du 13novembre se sentent abandonnées, c’est ce qui explique notamment ces étranges plaintes contre l’Etat belge qui vont être déposées par 17 familles défendues par la très médiatique avocate  Samia Maktouf.  Un peu comme si elles ressentaient absolument le besoin d’agir, de faire quelque chose pour arriver à surmonter la douleur et le désarroi. D’après maitre Maktouf  les familles se sentent parfois dépassées par la paperasserie administrative nécessaire pour obtenir les aides. Et si les aides matérielles et financières  existent  bel et bien il y a un déficit d’aide psychologique.

Les victimes et les familles souhaiteraient obtenir le même accompagnement que les militaires blessés au combat, que les victimes des attentats soient en quelque sorte reconnues comme des victimes de guerre.

L’énigme Salah.

Enfin cette session d‘information sera aussi l’occasion de répondre à déception des victimes qui attendaient beaucoup de la première audition de Salah Abdeslam. Son silence a été ressenti comme un véritable scandale, une insulte. Car beaucoup pensent qu’il est désormais le seul à pouvoir répondre à la seule vraie question : pourquoi ?

Le drame c’est qu’il ne le sait peut-être pas lui-même…

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