Spitaels et Mitterrand : entre Dieu et sphinx

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 août 2012 09h44 | Ajouter un commentaire

Guy Spitaels était souvent comparé à François Mitterrand qu’il connaissait bien. Beaucoup de choses rapprochaient les deux hommes, dans le style mais aussi au niveau des convictions. Leur vision de la politique était très proche.

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Voici quelques extraits du message de condoléance envoyé hier par la première secrétaire du PS français Martine Aubry… « J’apprends avec une profonde tristesse la disparition de Guy Spi taels, l’un des plus grands hommes politiques européens contemporains, …Véritable homme d’Etat, passionné par les questions sociales…. Il avait le goût et le don d’associer un +socialisme du possible+, selon l’expression de François Mitterrand, avec le sens du progrès » … »homme de cœur, brillant intellectuel » et à l' »énergie extraordinaire » déployée pour « développer la région wallonne ».       « Les socialistes français lui rendent aujourd’hui hommage…

 

L’estime de tonton.

 

Vous allez me dire ce n’est pas Martine Audry qui a écrit ça, c’est un de ses conseillers. Oui surement,  mais c’est pas tombé du ciel, ce conseiller s’est souvenu que François Mitterrand respectait beaucoup Spitaels,  et venant de lui ce n’est pas peu dire. J’ai, il y a un peu plus d’un an, rencontré l’ancien président Wallon à l’occasion de la sortie de son dernier livre, une analyse de la présidence  Obama. Il m’avait confirmé, qu’un jour Mitterrand lui avait dit : « revenez me voir souvent Spitaels , on n’a pas tant d’amis ! »

Animal politique.

Guy Spitaels n’était pas dupe, mais Mitterrand redoutable politique savait jauger le cœur des hommes.  Il avait senti en Spitaels un homme de poids. Il le connaissait comme président du PS, et il l’avait reçu en janvier 1993, à l’Elysée comme président Wallon, accordant tout d’un coup à la fonction, jusqu’alors  modeste, un prestige, une valeur… tout ce que Guy Spitaels souhaitait lui donner. Je le vois encore à sa sortie du palais, en haut des marches de l’Elysée, la nuit, entre les gardes républicains, drapé de son grand manteau beige. Digne, un peu hautain, un profil de chef d’état.

 

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Même surnom.

D’ailleurs les caricaturistes ne s’y étaient pas trompés, Royer le dessinateur du Soir à l’époque, le croquait en Louis XIV. Quant aux journalistes ils l’avaient surnommé Dieu, à l’image de Mitterrand dans le  « bébête show ».

Un autre surnom du président français lui aurait parfaitement convenu : « le sphinx ». Quand il vous regardait avec son sourire énigmatique, il était difficile d’imaginer ce qu’il pensait de vous. Je crois que comme Mitterrand, il essayait de voir au-delà des apparences. On a dit de ces deux hommes qu’ils étaient de grands intellectuels, c’est vrai… mais avant d’être des intellectuels, ils étaient surtout… intelligents !

 

 

 

 

 

 

 

 

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