Hong Kong du meilleur au pire

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 juillet 2020 10h10 | Ajouter un commentaire

Hong Kong du meilleur au pire.

 La colonie britannique de Hong Kong a été rétrocédée à la Chine le 1re Juillet 1997. La Chine choisi le 23ème anniversaire de cet événement pour promulguer une loi liberticide qui met de facto fin à l’autonomie juridique du territoire. Elle était pourtant garantie par les accords négociés en 1984.

L’ombre de Mao plane sur Hong Kong

Je me souviens du 1er juillet 1997, ou plutôt dans la nuit du 30 juin au 1er Juillet. Je suivais les cérémonies de la rétrocession à la télévision. Une image m’est restée en mémoire : un peu avant minuit heure locale des camions militaires se sont présentés à la frontière, à bord des soldats chinois impeccablement vêtus de vrais militaires de parade. De l’autre côté un sous officier écossais des royal Highlands, avec son kilt et SON calot caractéristique. Il devait s’appeler Mac Donald, ou Mac Farlane, ou Mac Gregor ….On se serait cru dans un film !

Poor Britannia !

A minuit pile la barrière s’est ouverte et le premier camion s’est présenté,  imperturbable le sous-officier, a demandé ses papiers au chauffeur, tout était en ordre, le sergent Mac Gregor s’est écarté et l’Armée Populaire de Libération est entrée sur le territoire de Hong Kong. Au même moment la cérémonie officielle anglo- chinoise prenait fin. On abaissait l’Union Jack et le pavillon de la colonie de Hong Kong et on hissait à leur place, le drapeau chinois et le nouveau symbole du territoire, une fleur blanche à cinq pétales, sur fond rouge. Le prince Charles quittait les lieux pour rejoindre le Britannia, et pendant que le yacht royal s’éloignait dans la baie, un gigantesque feu d’artifice éclatait de mille couleurs au-dessus des buildings…

Un pays deux systèmes.

Je m’étais rendu à Hong Kong quelques mois auparavant, déjà on remplaçait les portraits de la reine Elisabeth sur les billets de banques et les timbres, mais le gouverneur Chris Patten roulait toujours en Rolls Royce immatriculée HK 1, Hong Kong1. Dans les derniers mois le Royaume uni avait accordé très parcimonieusement des passeports britanniques aux habitants du territoires, la plupart d’entre eux allait devoir rester. A l’époque une formule était très populaire : « nous espérons le meilleur, mais nous nous préparons au pire ». Sur le papier l’accord négocié en 1984 entre Margaret Thatcher et Deng Xiaoping annonçait le meilleur. Pendant 50 ans Hong Kong allait bénéficier d’un régime spécial selon la formule, « un pays deux systèmes ». L’ex colonie pouvait conserver ses lois, le libéralisme économique et le multipartisme.

Une loi liberticide.

Les premières années le choses se sont plutôt bien passées, puis sont venues les jeunes générations qui ont voulu utiliser à la lettre les libertés qu’ils avaient conservées. C’est là que le chose se sont gâtées. Pas question pour Pékin de laisser se développer des manifestations hostiles à son gouvernement. Ce matin une nouvelle loi sécuritaire votée à Pékin est entrée en vigueur. Elle est destinée officiellement à réprimer le séparatisme, le terrorisme, la subversion et la collusion avec l’étranger. En fait toute forme d’opposition au régime. Un recul inédit des libertés depuis 1997.

Ils espéraient tel meilleur, le pire est en train d’arriver.

 

 

Le COVID 19 pèse sur les obèses.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 avril 2020 07h50 | 2 commentaires

Une étude du CHU de Lille montre que les patients souffrant d’obésité ont sept fois plus de risques d’être placés sous ventilation que les malades avec un poids normal. Leur mortalité serait également plus élevée. On s’interroge en France après le confinement faudra-t-il mettre les obèses en quarantaine ?

Les Obélix sont en danger.

Nous ne sommes pas égaux devant le COVID 19, on sait que la maladie touche plus les hommes que les femmes et plus les personnes âgées que les jeunes et les enfants, mais le terrain le plus favorable à son développement est sans nul doute l’obésité. L’étude,réalisée par le CHU de Lille et publiée, le 9 avril, dans la revue Obesity, montre que les patients souffrant d’obésité forment probablement la population la plus menacée par le coronavirus.

A Lille, près de la moitié (47,6 %) des patients admis depuis le début en soin intensif étaient obèse, 28,2 % étant au stade obésité sévère. Et 85,7 % de ces derniers ont été mis sous ventilation.
Cette étude vient confirmer une autre, américaine, publiée le mois dernier et qui établit que le nombre de personnes en surpoids dans les unités de soins intensifs aux Etats Unis est de l’ordre de 49%.

Il n’y a pas de certitudes concernant les causes de cette surreprésentation des obèses ,mais il existe plusieurs hypothèses: d’abord des carences en vitamines et notamment en vitamine D. Ensuite la faculté pour les obèses de sécréter plus vite que les autres un certain type d’anticorps à l’origine des surréactions qui provoquent les pneumonies mortelles. Enfin les tissus adipeux stockeraient des quantité plus importante de virus…ainsi les obèses porteraient plus de virus que les autres, et surtout ils auraient plus de mal à les éliminer.Non seulement ils seraient plus nombreux dans les unités de soins intensifs, mais ils y resteraient aussi plus longtemps.

Par ailleurs la surcharge pondérale provoque souvent des troubles du sommeil et notamment des apnées nocturnes. En clair les gros ont déjà du mal à respirer naturellement, le COVID 19, est donc plus menaçant pour eux que pour quelqu’un en bonne forme physique. Le danger d’aggravation f​atale augmente avec le taux d’indice de masse corporelle, l’IMC, a 30 ils est encore acceptable, au delà de 40 les patients sont en réel danger. L’IMC se calcule en divisant le poids par le carré de la taille, un IMC normal se situe entre 18,5 et 25.

Alors que le déconfinement se profile, La question se pose désormais d’un confinement prolongé non seulement pour les personnes les plus âgées, mais aussi pour les victimes de surpoids. Ce qui pose toute une série de problèmes de discrimination, avec le risque de stigmatiser toute une partie de la population. Dans certaines régions de France comme le nord et l’est environ 20% de la population a un IMC supérieur à 30.

Une chose est sûre si vous en ête en surpoids respectez scrupuleusement les règles de sécurité. Dans votre situation le COVID 19 est une maladie véritablement dangereuse.

Dossier:

Interview de Jean Paul Allonsius:
Ancien Président fondateur de l’association des patients obèses BOLD et initiateur de la journée européenne de lutte contre l’obésité.

M. Allonsius qu’est ce que l’obésité ?

1-
Depuis 1997, l’obésité est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé comme une maladie chronique évolutive. cette maladie chronique provoque d’importantes comorbidités telles que diabète, hypertension artérielle, accidents cardiaques, vasculaires et vasculaires cérébraux, l’apnée du sommeil, des difficultés respiratoires chroniques et articulaires, une sur-inflammation de bas grade et des cancers (seins, endomètre, pour ne citer que les plus fréquents)
L’obésité est également définie comme une maladie chronique multi-factorielle nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire sur mesure, et malheureusement, c’est une des rares maladies dont la société utilise le principal symptôme visible pour établir des jugements de valeurs qui enferment les patient dans une image réductrice, stigmatisante et discriminatoire de « gros ».

50% des des malades du COVID 19 qui développent la forme la plus grave de la maladie sont en surpoids, sait-on pourquoi ?

2- Il est en effet exact que les patients COVID19 en excès de poids sont avec les seniors, les patients qui développent le plus de complications. Selon les observations des soignants de par le monde, être obèse (avec un IMC supérieur à 35) augmente de façon importante le risque d’être placé sous respirateur artificiel avec tout ce que cela implique.
Pour chiffrer ce constat, plus de la moitié des patients admis en soins intensifs est obèse et près de 86% de ces cas finiront intubés.
De plus, certaines comorbidités liées à l’obésité ont des effets multiplicateurs de risques sur le développement de complications pouvant aller jusqu’au décès du patient. Parmi ces comorbidités, les scientifiques ont pointé : diabète, insuffisance cardiaque, antécédents pulmonaires chroniques, immunité exacerbée, …

L’obésité est-elle le facteur aggravant le plus dangereux ?

3- Si on devait établir un HIT-PARADE des personnes à risques, nous pourrions relayer les réalités suivantes :
l’âge des plus hauts risques se situe entre 50 et 70 ans et les patients de ce groupe d’âge aux antécédents cardiaques (accidents cardio vasculaires, hypertension, accidents vasculaires cérébraux, coronaropathie, chirurgie et insuffisance cardiaque) occupent la pôle position. Viennent ensuite les patients atteints de diabète insulino-dépendants, les patients présentant des difficultés respiratoires antérieures, les personnes présentant une insuffisance rénale et/ou hépatique.
Nous devons remarquer ici qu’un certain nombre de ces antériorités sont des complications et des comorbidités connues de l’obésité.

Les personnes en surpoids sont-elles suffisamment informées des risques ?

4-NON !Je pense que le focus établi sur la population des seniors a largement occulté les autres risques et qu’il est important d’informer plus largement et plus spécifiquement les +50% de la population qui est concernée par la maladie de l’obésité parmi lesquels, encore aujourd’hui, une large majorité ignore être ou refuse de se reconnaître malade.
Je renvoie toutes ces personnes victimes de cette maladie chronique vers les applications qui leur permettront de calculer leur IMC et leur tour de taille afin d’estimer leurs risque COVID 19.

Les personnes ne surpoids sont-elles discriminées ? « s’ils sont gros c’est de leur faute ! « 

5- l’obésité renvoie toujours aujourd’hui le patient en souffrance face à son miroir et à sa balance bien plus que vers son spécialiste de santé. C’est un constat bien triste de voir que cette société de la sur-information ne soit pas capable d’aider plus de 50 % de la population a bénéficier d’une main tendue plutôt que d’être pointée du doigt !

Les pouvoirs publics ont-il une responsabilité dans ce déficit d’information ?

6- Les pouvoirs publics tant belges que français semblent visiblement être enfermés dans une course poursuite pour pallier le manque de réactivité ainsi que le manque de préparation depuis le démarrage de la pandémie.
J’aimerais par ailleurs souligner qu’à ce jour notre pays n’a toujours pas reconnu l’obésité en tant que maladie chronique, ce qui, bien évidemment, n’est pas fait pour aider. Je dois remarquer que malgré nos efforts, la croyance du « ils n’ont qu’à manger moins et bouger plus » est encore très répandue parmi les décideurs politiques. Ah si c’était si simple, il n’existerait plus aucun obèse en Europe !
Je pense réellement que le gouvernement coure derrière le temps gâché qui a provoqué la pénurie que toute la presse dénonce et qui « MASQUE » pas mal d’autres réalités.

Quelles sont les mesures de préventions à conseiller aux personnes en surpoids ?

7- C’est assez simple de répondre à cette question. Restez chez vous bien confinés et si vous devez sortir, veillez à bien respecter toutes les mesures de protection individuelles indispensables CAR VOUS ETES A RISQUE !!
Et puis, surtout, essayez d’éviter de compenser l’ennui lié au confinement par des visites trop fréquentes à votre réserve de nourriture. (j’avoue avoir moi-même quelques difficultés avec ce dernier point)

On parle de déconfinement progressif, notamment pour les personnes âgées, faudrait-il élargir ces restrictions aux obèses ?

8- A l’évidence, toutes les personnes à risque (dont les obèses avec ou sans comorbidités) devraient bénéficier d’une considération particulière et d’une aide appropriée afin de ne pas augmenter le nombre de décès évitables !


Peut-on dire que le COVID 19 est un tueur de « gros »

9- SANS AUCUN DOUTE (même si je n’aime pas l’usage du mot « gros » qui n’a aucune autre signification que d’être une différence amenant une discrimination et une stigmatisation de la personne qui souffre)

J’aimerais ajouter ceci :

– Le traçage de la population de malades (peu importe la maladie) me semble une très mauvaise idée car elle comporte un certain nombre de risques excessivement dangereux tels que la stigmatisation et la discrimination des personnes pour cause de maladie (ce qui est, je le rappelle, interdit par la loi belge), le développement de telles applications portez atteinte au secret médical de façon incontestable et évidente, les risques de vol de ces données personnelles et confidentielles et /ou leur diffusion pourront également être utilisé pour empêcher l’accès des patients tracés a diverses formes de crédits, a certaines assurances ainsi qu’à certains transports publiques ou privés. « L’ENFER RESTE TOUJOURS PAVE DE BONNES INTENTIONS »
-J’engage toutes les personnes en excès de poids à aller demander une aide auprès des spécialistes de santé afin de recevoir une aide pour restaurer une immunité correcte et enfin, j’encourage toutes les victimes de l’obésité à aller consulter leur spécialiste de santé favori afin de pouvoir bénéficier d’une approche pluridisciplinaire sur mesure afin de contrôler la maladie chronique pour éviter son évolution vers ses comorbidités.

Les conseils du Docteur Carine Carchon nutritionniste.

Quand l’immunité joue un rôle primordial
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Dans cette période où toutes les théories possibles sont proposées, où on espère tous le pas attraper ce virus Covid 19 , l’immunité doit être certes mise en avant.
Le virus rentrerait surtout par la voie respiratoire (et oro-fécale pense-t-on ). Le confinement est effectivement la meilleure possibilité de ne pas le contracter, nous entendons aussi divers traitements allopathiques possibles mais malheureusement très peu au sujet de comment booster notre immunité. Rappelez-vous, une fois le virus contracté, il pénètre dans vos cellules et puis c’est l’intensité de l’orage cytokinique ( réponse inflammatoire excessive) qui va déterminer si vous allez survivre ou pas. Les patients ayant des maladies chroniques ( par exemple: diabète, obésité, problèmes cardiovasculaires, asthme, douleurs articulaires, etc) sont plus démunis devant ce virus. C’est l’impact de l’inflammation chronique appelée de bas grade, qui va ‘exploser’ dans ce cas du covid-19. Les cellules appelées NK Cell (natural killer cell) sont des tueurs en cas d’attaque de notre organisme. La quantité de NK Cell est directement proportionnelle, entre autre, à notre stress, à la quantité et surtout qualité de notre sommeil très souvent de mauvaise qualité chez les obèses car ils ont beaucoup d’apnées (il permet à l’hormone de croissance de réparer nos cellules endommagées par notre activité quotidienne), à notre capacité de s’amuser, de rire etc . Nous oublions très souvent ces facteurs qui finalement ne coûte pas grand chose. Un capital immunité cela oserais-je dire ‘se cultive’ et ‘s’entretient’ en permanence. Nous devons raisonner autrement. S’offrir une qualité de vie pour un avenir meilleur. L’activité physique, ludique est également très importante, des promenades, du vélo, du sport, qu’importe notre choix mais plusieurs études ont déjà prouvé que la sédentarité est pire que fumer. Notre contact social doit aussi rester que cela soit par écran, par portable, du moment que l’isolement ne fasse pas son apparition car il sera source de morosité, de dépression qui vont aussi travailler sur nos NK Cell .
En hiver, nous nous oxygénons moins, nous n’avons certes pas assez de vitamines, minéraux surtout parce que la quantité et qualité de fruits et légumes est moindre. Le contenu de notre assiette est très importante, nous avons tous tendance à manger plus riche en hiver et de moins bouger. De plus, les obèses ont moins de sérotonine (par inflammation chronique) et donc sont plus vite dépressifs et donc mangent plus vite des sucres pour compenser.
Mais quels sont les éléments absolument nécessaire comme armes complémentaires aux agents infectieux? Nous allons détailler certains principes :
– l’importance des omégas-3 (poissons gras 3x/sem 150gr : préférer les petits poissons gras style sardines, harengs, anchois,etc )
– les omégas-6 : pas en excès ! Pas trop de produits laitiers( fromages, yaourts, lait de vache, etc) , ni excès de viande (pas plus de 150gr par portion !), pas d’usage journalier d’huiles de tournesol, arachide, maïs .
-l’huile d’olive vierge (bio de préférence)
-l’ail : de préférence l’ail frais
-la vitamine D: essentielle au bon fonctionnement de l’immunité et anti-inflammatoire. Depuis que nous savons que 99% de la population est déficiente, il faut supplémenter en suffisance ! pour rappel, le patient obèse devra recevoir de grandes doses de vita D car elle se loge dans sa graisse et reste donc inaccessible à l’organisme .
-la vitamine C: travaille contre l’oxydation ( excessive surtout au niveau pulmonaire or ce virus attaque les voies respiratoires)
-le Zinc : inhiberait l’activité de multiplication virale , on estime que 80% de la population en est déficiente. On estime que le zinc fait partie du traitement de base en prévention et pendant l’attaque virale .
-le Sélénium: sa carence augmente le risque de contagion de maladies infectieuses virales.
-Le Co Q10 : puissant protecteur au niveau pulmonaire.
-La glutamine : surtout de source naturelle, mieux assimilée, elle constitue le carburant de nos cellules.
-le curcuma : frais ou extrait frais , il a un pouvoir anti-inflammatoire puissant.
-la vitamine E: elle est capitale pour la santé pulmonaire.
-les probiotiques : ils modulent l’inflammation et veillent au bon équilibre de la flore intestinale, souvent perturbée dans l’obésité
Bien sûr cette liste n’est pas exhaustive, elle sert surtout d’indications de base

Nous sommes en guerre

Par brenkin dans Divers , le 17 mars 2020 11h22 | Ajouter un commentaire

Emmanuel Macron a employé plusieurs fois l’expression « nous sommes en guerre »lors de son discours de lundi soir. Une formule que les autorités belges n’emploient pas de leur côté…Alors la question est simple sommes-nous vraiment en guerre ?

« Nous sommes en guerre », Emmanuel Macron l’a répété six fois lors de sa deuxième allocution télévisée consacrée au coronavirus. Je ne vais pas revenir sur les détails de mesures annoncées comme le confinement très large des Français à partir d’aujourd’hui midi. Non je voudrais simplement prendre avec vous la mesure des évènements de ces derniers jours.

Août 14.

La guerre disait Lénine est un « accélérateur de l’histoire ». Il pensait à la guerre de 14 qui a complétement bouleversé le monde, chamboulé les frontières, déplacé des populations, vu l’émergence de l’Union Soviétique et la fin des empires, mais aussi d’impressionnants progrès en matière de sciences, de techniques, de médecine et hélas aussi d’armement. Or avec le coronavirus nous sommes en août 14, au début de la grand guerre en espérant que celle-là ne durera pas quatre ans mais quelques semaines ou quelques mois tout au plus. En revanche l’accélérateur de l’histoire est bien là !

Tout a changé.

Souvenez-vous il y a quelques jours encore nous vivions dans un mode ouvert, mondialisé, on partait en weekend à Barcelone en congé dans les Antilles. Tous les samedis les gares et les aéroports étaient bondés de gens qui allaient voir leur famille ou rejoignaient leur amission de campagne. Chaque soir les autoroutes saturées ramenaient les navetteurs dans leur domicile éloignés des métropoles. Tous les loisirs étaient possibles des restaurants servaient toute la nuit, et dans les grandes vile l’offre de musées, de cinémas, et de théâtres n’avait jamais été aussi importante.

Ausweis bitte !

Enfin personne n’aurait imaginé qu’un jour on nous interdise de faire une fête à la maison en famille ou entre amis. Quant aux écoles … « fermer toutes les écoles vous n’y pensez pas ! » Et pourtant tout ça est arrivé, et je ne vous parle pas des contrôles aux frontières. Il y a quinze jours c’était pour les migrants entre la Turquie et la Grèce, aujourd’hui c’est entre la Franc et l’Allemagne « ausweis bitte ! » Et l’on entend déjà des mots comme couvre-feu, même si finalement il n’a pas été instauré.

L’après ?

Ca ressemble tellement à la guerre qu’Emmanuel Macron a du expliquer le rôle que jouerait l’armée française. Un rôle exclusivement sanitaire de rapatriement aérien ou d’établissement d’hôpitaux de campagne comme elle a commencé à le faire en Alsace. Contrairement à ce que colportait la rumeur, la population ne sera pas contrôlée par l’armée mais bien par la police, c’est la guerre peut être mais ce n’est pas un pronunciamiento militaire.

Enfin n’en doutez pas, il y aura un après. Comme l’a dit Emmanuel Macron hier «le jour d’après ne serait pas un retour au jour d’avant». L’après-guerre ne sera pas l’avant-guerre. Mais nul ne sait à quoi elle ressemblera.

Belgique, le gouvernement impossible

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 février 2020 08h20 | Ajouter un commentaire

La Belgique n’en finit pas de se chercher un gouvernement, alors que dans d’autres pays comme la France, il suffit parfois e 24 h pour connaitre le premier ministre et de deux jours pour découvrir son équipe. Comment se fait-il que ce soit impossible chez nous ?

 

Ça tient en fait à deux choses, le système politique et le mode de scrutin. Sans être comme les Etats Unis un régime présidentiel, aux Etats Unis par exemple il n’y a pas de Premier Ministre, la France est un régime où le Président constitue comme disait de Gaulle la clef de voûte des institutions. Cela n’a pas toujours été le cas, sous la quatrième République de 1946 à 1958 le régime était plus instable encore qu’en Belgique. Les gouvernements duraient parfois deux jours, le plus long a tenu 16 mois et une personnalité comme Pierre Mendes France considéré comme l’un de plus grands hommes d’Etat français n’est resté au pouvoir que 7 mois et demi. C’est pourquoi quand le général de Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958, il a voulu une constitution solide qui permettrait une grande stabilité gouvernementale.

France : Le gouvernement procède du président.

En France le président est élu au suffrage universel, puis il désigne un Premier Ministre qui lui propose un gouvernement que le président nomme ensuite, ça prend de 48 à 72 heures. Puis seulement ont lieu les élections législatives qui en général entérinent le choix du Président. De toute façon s’il y désaccord le chef de l’Etat peut toujours dissoudre l’Assemblée Nationale, de sa propre autorité. C’est tout le contraire de la Belgique où l’on vote d’abord pour le parlement, puis ensuite de ce parlement on cherche à extraire un gouvernement…

Proportionnelle contre majoritaire.

Le deuxième point c’est le système électoral, système majoritaire en France, proportionnel en Belgique. Le système proportionnel est plus juste, car tous les partis qui ont réalisé un score minimum disons 5%, et moins parfois selon les pays, sont représentés au parlement. C’est équitable mais ça crée des chambres très dispersée où personne n’a la majorité absolue et il faut former des coalitions parfois hétéroclites. La Belgique n’est pas la seule à connaitre les difficultés dues à la proportionnelle, l’Espagne et l’Italie en ont montré l’exemple ces dernières années.

UK : First past the post.

En revanche au Royaume Uni le système majoritaire à un tour, premier arrivé premier servi, produit en des majorités stables, soit conservatrices soit travaillistes. Avec comme inconvénient que des familles politiques entières comme les écologistes ne sont quasiment jamais représentées à la chambre des Communes.

Belgique : morcellement maximum.

En Belgique l’existence de deux corps électoraux séparés linguistiquement, avec chacun leurs partis politiques, rajoute encore au morcellement dû au suffrage proportionnel.

Conclusion : La quasi impossibilité de former un gouvernement fédéral n’est pas une incongruité en Belgique, elle est comme inscrite dans les textes ! Elle résulte simplement des réformes successives de la constitution qui ont renforcé les entités fédérées au détriment du fédéral, devenu une sorte de pouvoir résiduel, une coquille vide …Il est peut-être un peu tard maintenant pour s’en plaindre.

Griveaux : de la transparence à l’inquisition.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 février 2020 12h19 | Ajouter un commentaire

  En France c’est la ministre de la santé Agnès Buzyn qui remplacera Benjamin Griveaux comme candidate de la « République En Marche » à la mairie de Paris. Quatre jours après l’éclatement du scandale autour des vidéos érotiques de Benjamin Griveaux, on s’interroge beaucoup sur la notion de vie privée pour les acteurs politiques.

 

Benjamin Griveaux

 

La vie privée n’existe plus… On a beaucoup répété ces derniers jours cette phrase prononcée il y a 10 ans par Marc Zuckerberg le créateur de Facebook. Ce n’est peut-être pas tout à fait vrai pour le commun de mortels, mais indubitablement c’est le cas pour les hommes et les femmes politiques. Comme le faisait remarquer un célèbre éditorialiste, de nos jours François Mitterrand ne pourrait plus cacher l’existence de Mazarine pendant des années.

Coïncidence ou coup monté ?

On peut disserter sans fin sur la motivation de l’étrange Piotr Pavlenski, l’activiste russe qui a publié la « sex tape » de Benjamin Gri veaux, mais la question première reste comment un homme politique va-t-il pu prendre un tel risque ? Il semblerait d’ailleurs que la jeune femme, à qui l’ancien porte-parole du gouvernement envoyait des scènes érotiques fin 2018, était devenue depuis la compagne du russe. Affaire privée ? Affaire publique ? La justice tranchera car Benjamin Griveaux a porté plainte pour « atteinte à l’intimité de la vie privée ».

Une pudibonderie toute américaine.

Jusqu’à présent la France se targuait de ne pas être tombée dans le puritanisme en vigueur aux Etats Unis et en Angleterre, où les démissions de ministres convaincus d’adultères sont monnaies courantes. Cette fois encore on a répété à l’envi que ce n’est pas le comportement sexuel de Griveaux qu’il faudrait juger mais son positionnement politique. Il est difficile en effet de se prétendre le candidat des familles et d’exposer la sienne à qui mieux mieux quand on a de tels cadavres dans le placard…

Le président Félix Faure. « Victime de Vénus ».

Autres temps…

Imprudence, dérapage, folie ? On est loin des hommes politiques de la troisième République qui étaient rarement mariés et s’affichaient avec des demi mondaines. Sans oublier l’exemple fameux de Félix Faure mort quasiment dans les bras de sa maîtresse à l’Elysée. Désormais c’est le règne de la transparence, ceux qui prétendent guider le peuple doivent être irréprochables ou pas loin. La perfection n’étant pas de ce monde, je prédis qu’on aura de plus en plus de mal à trouver des candidats répondant à ces critères. Espérons que l’on saura raison garder et que Benjamin Griveaux gagnera son procès. Comme aurait dit Bourvil : La transparence oui ! L’inquisition non !

Brétécher faisait bien la moue

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 février 2020 08h15 | Ajouter un commentaire

   Claire Bretécher, la dessinatrice d’Agrippine et des Frustrés, est morte à 79 ans. Née en 1940 à Nantes, elle fait partie de la génération qui a réinventé les codes de la BD dans les années 70. Elle fut l’une des premières femmes à s’imposer dans ce milieu. Elle fut d’ailleurs la première dessinatrice à décrocher le grand prix d’Angoulême en 1982.

 

Claire Bretécher en 1979. Photo Li Erben. Getty images

 

La première fois qu’une jeune fille m’a offert un cadeau pour mon anniversaire, en 1978, j’avais 17 ans, ce fut un album des « Frustrés » de claire Bretécher. Je l’ai toujours, et je me souviens notamment d’un dialogue entre deux personnages qui dissertaient sur le sucre de droite et celui de gauche. Le sucre de gauche était forcément brun et rugueux et le sucre de droite blanc et lisse.

Poil à gratter de la gauche caviar.

A l’époque Bretécher publiait chaque semaine une page des « Frustrés » dans le Nouvel Observateur qui était pourtant le journal de la gauche bienpensante et un peu bourgeoise, ce qu’on appelait aussi la gauche caviar. Or Bretécher croquait avec cruauté ce milieu qui était pourtant le sien. Voilà ce qu’elle déclarait à libération en 1998 : « Les communistes, puis les Mao, avaient un discours quasiment nazi. Il fallait vraiment être con pour soutenir la Chine. Si on s’opposait à eux, on était forcément réac. En 1981, j’étais ravie que l’alternance joue, mais je détestais Mitterrand.» Bretécher qui avaient eu 20 ans des années 60 n’en gardait pas un bon souvenir. « J’étais un peu gourde, complètement fauchée. J’habitais dans un carton, je vivais avec une espèce de jules minable. Aujourd’hui, on porte au pinacle cette période, mais c’était atroce! On se faisait avorter tous les 5 minutes. Être enceinte sans le vouloir, c’était la même chose qu’avoir un cancer». Voilà pourquoi elle préférait de loin les années 70, et sa libération sexuelle.

Le salut par le dessin.

Le dessin fut sa passion dès l’enfance, ce qui lui permit de sortir de Nantes et de sa province. Sa première rencontre importante : René Goscinny le père d’Astérix, qui l’a fera travailler à Pilote, mais elle dessinera aussi pour Tintin, Spirou, puis l’Echo des savanes avant le Nouvel Observateur. Elle fut l’une des premières femmes çà s’imposer dans ce milieu alors très masculin. Féministe biens sûr mais plus solitaire que militante. Ainsi en mai 68 elle n’est pas descendue dans la rue. «  Je travaillais à Spirou, les manifs ne m’ont jamais intéressée. C’était un truc pour étudiants dorés sur tranche.» Paradoxalement le seul journal où elle souhaita dessiner en vain fut un magazine féminin. «J’ai toujours été bien reçue, sauf à Elle. Ce fut horrible. J’aurais adoré bosser là-bas, mais elles m’ont jetée sans ménagement. J’ai mis vingt-cinq ans avant de passer l’éponge.»

Agrippine.

En 1988 elle invente Agrippine une ado complétement barrée avec des parents qui ressemblent beaucoup aux « Frustrés » devenus quinquagénaires. Agripinne dont les amis ont des noms improbables : Moonlight Mollard, Melfrid Potetoz, Persil Wagonnet, et qui parle un argot bien à elle. Ainsi quand elle fait la gueule elle dit : « je prends vapeur ». Claire Bretécher ne faisait pas la gueule, mais elle faisait très bien la moue, on le voit sur presque toutes ses photos. Une moue irrésistible qui a fait dire hier à Enki Bilal en guise d’hommage : « elle  était vraiment belle…à Pilote nous étions tous amoureux d’elle ! »

 

 

 

Trump vers un second mandat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 février 2020 17h05 | Ajouter un commentaire

Après son acquittement par le Sénat mercredi, le monde se prépare à la réélection de Donald Trump qui n’ a jamais été si populaire.

 

Lors de son élection il y a quatre ans, une grand partie des dirigeant mondiaux pensaient que Donald Trump ne serait qu’une parenthèse, un accident de parcours, un mauvais moment à passer. Son style si peu présidentiel, sa politique totalement en rupture avec ses prédécesseurs, son manque de considération pour les grands enjeux du moment comme le climat, son cynisme en matière économique, son isolationnisme sur le plan international…Bref tout portait à croire, qu’un histrion s’était introduit à la Maison Blanche, et que le vent de l’histoire allait rapidement l’en chasser. Sauf que le vent de l’histoire a tourné et qu‘aujourd’hui c’est Trump qui apparait comme un dirigeant normal et les autres comme des fantômes du passé.

Des amis dans bien des pays.

En tête parmi ceux qui souhaitent sa réélection, Benjamin Netanyahou à qui il vient de faire cadeau extraordinaire avec son plan pour régler la question israélo-palestinienne, juste derrière vient Boris Johnson le brexiteur qui voit en lui son meilleur allié pour se détacher complètement de l’Europe.

Vladimir Poutine ne l’apprécie pas beaucoup, mais il apprécie sa volonté de ne plus intervenir dans les affaires du monde, ce qui permet à la Russie de retrouver une influence non négligeable comme on l’a vu en Syrie. Je vous passe tous les Bolsonaro et Erdogan, l’époque est aux grandes gueules autoritaires.

Merkel contre, Macron pour.

Même en Europe les deux pays leaders ont une analyse différente sur Donald Trump. Angela Merkel qui ne le supporte pas continue à le considérer comme une incongruité et à espérer son départ rapide. En revanche la France se prépare à un second mandat. D’ailleurs les relations entre Emmanuel Macron et Donald Trump ne sont pas si mauvaises. C’est le pragmatisme qui domine, comme on dit à Paris, la France doit avoir de bonnes relations avec les Etats Unis quel que soit le président. D’ailleurs les sondages sont dans ambiguïté avec 49% d’opinions favorables Trump est au top de sa popularité.

L’échec de l’impeachment

La tentative de destitution menée par les démocrates n’a pas eu l’effet escompté, non seulement son image n’a pas été atteinte mais en plus elle s’est renforcée.    Reste une inconnue, une élection n’est jamais gagnée d’avance,  et il reste neuf mois de campagne. Tout est possible…mais à la grand surprise de l’establishment de Washington, c’est désormais l’hypothèse de la réélection qui apparait la plus plausible.

Mazarine et Delphine histoires parallèles

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 février 2020 12h45 | Ajouter un commentaire

L’ADN a parlé, Albert II est donc bien le père biologique de Delphine Boël. Cette affaire nous fait immanquablement penser à François Mitterrand et à sa fille cachée Mazarine. Deux histoires parallèles qui ne se sont pas déroulées de la même façon. 

 

Delphine Boël

 

Elles ont six ans de différence, Delphine est née en 1968, Mazarine en 1974, elles ont un point commun leur existence est restée secrète. Pendant 20 ans pour Mazarine et 31 ans pour Delphine avec cette nuance : l’existence de Mazarine était un secret de polichinelle partagée par le monde politico-médiatique, alors que seuls quelques initiés connaissaient l’histoire de Delphine. Le parallèle est intéressant car même si la relation au père fut très différente, elles partagent certaines blessures, comme le fait d’avoir du longtemps rester cachée.

Enfants secrètes.

Mazarine a souffert d’être cachée, mais Delphine a souffert d’être niée. Mazarine qui pourtant vivait dans une résidence officielle avec sa mère, ne pouvait pas faire état de sa filiation, mais François Mitterrand reconnu sa fille dès 1984 quand elle Avait 10 ans. En revanche pendant de nombreuses années il a tout fait pour qu’on ne révèle pas le secret de sa naissance, on se souvient que dès 1982 l’écrivain Jean Edern Hallier avait voulu l’écrire dans un pamphlet. Ce qui valut bien des ennuis et le livre d’ailleurs ne sortit jamais. Il fallut attendre les derniers mois de la présidence, quand le chef de l’Etat s’est laissé « surprendre » volontairement par des paparazzis pour que Mazarine apparaisse au grand jour. Quant à Delphine elle est sortie de l’ombre en 1999 à l’occasion de la publication d’une biographie de Paola.

 

Mazarine Pingeot Mitterrand

L’une aimée, l’autre pas.

La différence la plus grande et la plus terrible c’est que Delphine a dû attendre plus de 20 ans pour qu’Albert II reconnaisse contraint et forcé sa paternité. Alors que François Mitterrand a été un père aimant très proche de sa fille. On dit que dans les premières années le prince Albert s’est occupé de la petite fille. Lui le nie, les historiens feront peut-être un jour la part des choses. Il est plus que probable que la princesse Paola n’aurait jamais accepté une double vie rendue publique comme le fit Danièle Mitterrand avec son mari. Mais sait-on jamais ?

Si ce fut possible en France c’aurait peut-être pu l’être en Belgique aussi, à une  époque où les réseaux sociaux n’existaient pas.

Delphine : pourquoi ?

Beaucoup e gens s’interrogent sur les motivations réelles de Delphine; Que veut elle ? Obtenir de l’argent ? La famille Boël est très riche. Elle aurait hérité de son père légal. Et si la réponse était toute simple ? Delphine cherchait peut être ce que Mazarine a reçu en abondance… l’amour paternel.

Bocuse perd une étoile

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 janvier 2020 08h34 | Un commentaire>

Coup de tonnerre dans la gastronomie, le restaurant le plus connu de France, celui de Paul Bocuse près de Lyon,  ne comptera plus que deux étoiles dans l’édition 2020 du Guide Michelin, qui sera dévoilée le 27 janvier. Il avait gagné sa troisième étoile en 1965… et l’avait toujours gardée depuis.

Paul Bocuse

 

Paul Bocuse est mort en janvier 2018 à presque 92 ans. Bibendum a respecté un deuil de  deux ans, mais le verdict est tombé hier :  La célèbre Auberge du Pont-de-Collonges ne comptera plus que deux étoiles dans le prochain guide rouge. Bocuse avait gagné sa première étoile en 1958, et sa troisième en 1965. Il l’aura donc gardée 55 ans, un record !

Une sanction classique.

La rétrogradation d‘un restaurant à la mort de son propriétaire, lors d’une vente ou d’un changement de chef est un classique chez Michelin. Le « Comme chez soi » à Bruxelles a connu la même mésaventure en 2006.

Mais Bocuse représentait une telle institution que personne n’imaginait que cet établissement pourrait subir le même sort. De l’avis des spécialistes l’auberge ne méritait plus sa troisième étoile depuis bien longtemps. Le confort était toujours là, le service impeccable, la cuisine parfaite, mais on avait l’impression d‘un établissement figé dans les années 70, à l’heure de la grande gloire du chef. Ainsi son plat le plus connu reste la soupe aux truffes VGE, mise au point par Paul Bocuse à l’occasion de sa élévation par la Président Valery Giscardd’Estaing (VGE) au grade chevalier de la légion d’honneur en 1975 !

Chef star.

S’il faut reconnaitre un rôle historique à Paul Bocuse, c’est celui d’avoir fait sortir le chef des cuisines et de les avoir transformés en stars. C’est grâce à lui que des brigades de « meilleurs ouvriers de France », titre qu’il a obtenu en 1961, ont ouvert des établissements dans le monde entier, de New York au Japon en passant désormais par les monarchies du golfe. Et pourtant chaque jour, quand il était à Lyon, le chef en toque et grande tenue accueillait en personne chaque client dans le hall de l’auberge.

La tradition en mouvement.

Il n’était plus au fourneau depuis longtemps, mais tous ceux qui travaillaient dans sa cuisine pour préparer notamment le « loup à la sauce Choron », aurait tous mérité au moins une étoile. Quant à la salle elle était constamment remplie au moins au deux tiers, le succès n’a jamais cessé. Alors pourquoi cette sanction ? Tout simplement parce que le guide rouge ce n’est pas le guide vert, qui décrit le patrimoine et les monuments historiques. Le rouge c’est un guide de la gastronomie contemporaine, et pour garder ses trois étoiles il faut innover et rester en première ligne.

Comme l’écrit le Figaro ce matin : «  Le directeur , Vincent Le Roux, conscient que le péril rôdait de plus en plus ouvertement, a bien tenté de calmer les inspecteurs du guide en lançant le concept de «tradition en mouvement». Mais un slogan ne se mange pas. »

La douloureuse.

Cela dit rien ne vous empêche si vous passez d’aller visiter ce qui restera une institution… Avec prudence néanmoins, car si les plats sont désormais un peu surannés, les prix eux, sont tout à fait contemporains.

 

( Menu deux plats à partir de 180 euros par personne… soupe VGE 95 euros … loup sauce Choron 185 euros pour deux …etc…)

Charlie dénonce les nouvelles censures.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 janvier 2020 08h58 | 6 commentaires

Il y a 5 ans Charlie Hebdo était victime d’une attaque meurtrière qui a décimé sa rédaction. Dans les jours qui ont suivi un immense mouvement de solidarité s’est rassemblé sous le slogan «  je suis Charlie ». 5 ans après faut-il toujours être Charlie ?

 

 

Oui, il faut être Charlie plus que jamais, car c’est plus que jamais nécessaire ! On se souvient de la grand marche du 11 janvier qui avait rassemblé plus de 1 million de personnes dans les rues de Paris, avec au premier rang 44 chefs d’Etat et de gouvernement. Cette marche c’était un hommage rendu aux victimes de Charlie et de l’ « Hyper casher », mais c’était aussi une mobilisation au nom de la liberté d’expression. C’est le sens de cette formule « Je suis Charlie » inventée et tweetée à peine plus d’une heure après l’attentat par Joachim Roncin, directeur artistique du magazine stylist.

Tous Charlie.

Le 11 janvier tout le monde était Charlie. Ca ne voulait pas dire que tout le monde partageait le style et les idées de Charlie, mais ça voulait que Charlie avait le droit d’exister et d’user au maximum de sa liberté d’expression. Or 5 ans après la liberté de la presse et la liberté tout court n’ont jamais été aussi combattues. C’est ce que dénonce le numéro spécial de Charlie dont le titre est « Nouvelles censures, nouvelles dictatures ». On y voit en couverture un smartphone géant qui écrase la langue et les bras d’un dessinateur. Dans son éditorial, le directeur de la rédaction, Riss, explique pourquoi le combat du journal ne s’est pas simplifié depuis 5 ans, bien au contraire.

« Nouveaux censeurs »

« Hier, ( écrit Riss) on disait merde à Dieu, à l’armée, à l’Église, à l’État. Aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blagueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école », qualifiés de  « nouveaux gourous de la pensée formatée ». « Aujourd’hui, le politiquement correct nous impose des orthographes genrées, nous déconseille d’employer des mots supposés dérangeants, nous demande de ne plus manger ceci ou de ne plus fumer cela. Dans notre intérêt, bien évidemment (…) », ajoute-t-il, fustigeant les « nouveaux censeurs » qui « se croient les rois du monde derrière le clavier de leur smartphone ». « Les flammes de l’enfer d’autrefois ont laissé la place aux tweets délateurs de maintenant. » 

Le devoir de déranger.

Il est vrai qu’aujourd’hui que vous soyez caricaturiste ou journaliste si vous sortez d’un certain « politiquement correct » vous pouvez vous faire crucifier sur internet en quelque minutes. C’est ainsi qu’en juin 2019 le prestigieux New York Times a décidé de ne plus publier de caricature. Or comme le dit Riss, si l’on doit ne publier que des gentils dessins qui font plaisir à tout le monde ça ne sert à rien…Pour les articles et les reportages c’est pareil. Ce matin je pense à Cabu… Cabu le dessinateur l’une des 12 victimes cimes des frères Kouachi. Cabu dessinait aussi dans le « Canard enchaîné », le canard dont la devise est

« La liberté de la presse ne s’use que quand on en s’en sert pas. »