Trump – Biden, l’écart se resserre

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 octobre 2020 08h26 | Ajouter un commentaire

 

A une semaine du scrutin c’est le sprint final pour Joe Biden et Donald Trump. Le président sortant multiplie les déplacements et tient jusqu’à trois meetings par jour. La question est simple va-t-il réussir le même coup de poker qu’il y a quatre ans ?

 

Réponse : on le saura dans la nuit du 3 au 4 novembre aux alentours de 5 heures du matin. Je peux vous dire qu’il y a quatre ans j’étais en plateau sur RTL – TVI pour commenter les résultats et que je suis comme on dit tombé de ma chaise tant les sondages étaient jusqu’au dernier moment hyper favorables à Hillary Clinton… Cette fois c’est encore le cas, Joe Biden est donné largement en tête, mais je me garderais bien de tout pronostic !

Vote populaire contre grands électeurs.

Aux Etats Unis le principe un homme une voix ne fonctionne pas. Hillary Clinton a gagné ce qu’on appelle le vote populaire avec 2,8 millions de voix d’avance sur Trump, et c‘est pourtant Trump qui est président.  Le coup poker tient à sa victoire de justesse dans quelques états clefs qui ont lui permis d’obtenir plus de grands électeurs que sa rivale démocrate. Je vous rappelle que l’élection du président aux Etats Unis se fait en deux étapes, le vote lui-même qui désigne les grands électeurs, puis le vote de grands électeurs qui élisent le Président. Il y a 538 grands électeurs pour l’ensemble du pays. Soit le même nombre que de membres du congrès, représentants et sénateurs. Or dans la plupart des états c’est le candidat arrivé en tête qui empoche la totalité des grands électeurs . Exemple un état envoie 20 grands électeurs au collège électoral, Trump l’emporte avec une voix d’avance, conséquences tous les grands électeurs de cet état voteront pour lui, on ne partage pas comme en Belgique à la proportionnelle 11 pour l’un 9 pour l’autre.

Le coup de poker.

C’est ainsi qu’en 2016, Trump s’est fait élire en gagnant certain états clefs avec une toute petite avance :  0,3 % dans le Michigan, 0,7 dans le Wisconsin et la Pennsylvanie. Et qu’importe si Hillary Clinton a fait des scores énormes en Californie ou à New York, les fermiers du Wisconsin détenaient la clef du scrutin. Même si les sondages nationaux sont très favorables à Biden, dans une dizaine d’états l’écart est de moins de 3 %, c’est la marge d’erreur tout est possible. Et voilà pourquoi Trump sillonne l’Amérique avec Air force one, multipliant les meetings sur le tarmac même des aéroports où il se pose. Côté Biden on est plus discret, mais il utilise les classiques américains en mettant en avant son épouse et sa famille. Biden joue la sagesse contre la furie, en espérant que le rejet de Trump dans une partie de la population l’emportera sur l’enthousiasme de ses partisans. C’est tout le paradoxe, Biden n’est pas charismatique, mais c’est son principal atout.

Kanaky, Nouvelle Calédonie… ou les deux ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 octobre 2020 07h39 | Ajouter un commentaire

Les citoyens de Nouvelle Calédonie se sont prononcés le dimanche 4 octobre  pour ou contre l’indépendance. Le maintien dans la République française  l’a emporté avec une courte avance, mais sur le fond rien n’est réglé.

Un Totem Kanak.

53,26% pour non à l’indépendance, 46,74% pour le oui, à première vue le résultat parait clair, la Nouvelle Calédonie devrait rester Française. Mais les choses ne sont pas si simples. Car même s’ils ont perdu en apparence, les indépendantistes ont nettement progressé en eux ans. Lors du précédent référendum en 2018, il n’était qu’à 43%, ils ont gagné 3 % en deux ans, or il devrait y avoir un troisième référendum, dans deux ans en 2022. Le calcul est simple s’ils continuent à progresser au même rythme, les deux camps seraient alors à 50/50.

L’impuissance du référendum.

Comme disait le général de Gaulle, on n’emporte un référendum qui si le « oui est franc et massif », or ce n’est pas le cas. C’est en peu comme en Belgique, quand vous avez face à face deux communautés d’égale importance, qui votent de manière diamétralement opposées, un référendum couperet ne sert à rien.

On l’a vu lors de la consultation populaire de 1950 sur le retour du roi Léopold III. La moyenne nationale donnait une victoire au oui, mais si les Flamands avaient voté largement en ce sens, les Wallons et les Bruxellois s’étaient prononcés contre. Résultat le retour fut un fiasco et le roi a dû abdiquer. En Calédonie c’est pareil les Kanaks, les habitant historiques de l’île votent quasiment tous pour l’indépendance alors que les Caldoches, les descendants de colons français, veulent majoritairement rester dans la République.

L’ombre du plan Van Bilsen.

Si le troisième référendum devait avoir lieu, rien ne serait réglé car les deux communautés se retrouveraient face à face comme en 1988, quand ce territoire était au bord de la guerre civile. Or à l’époque le gouvernement français de Michel Rocard avait réussi à calmer le jeu en proposant un plan de développement sur dix, puis sur trente ans.

Un peu à l’image du plan imaginé en 1956 par l’universitaire Jeff Van Bilzen pour le Congo belge. Il avait prévu une indépendance en douceur, le temps de former des cadres congolais, jusqu’à l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans les années 80. L’histoire n’en a pas voulu ainsi.

En revanche en Nouvelle Calédonie ça a marché, sauf qu’on est maintenant au bout de chemin.

La République en arbitre.

Hier Emmanuel Macron a annoncé que la France allait prendre une initiative, les principaux leaders calédoniens des deux camps lui ont d’ailleurs lancé un appel. L’idée serait d’échapper à un troisième référendum en trouvant une solution négociée, une très large autonomie ou une indépendance en association avec la France. Ce type de construction institutionnelle existe déjà dans la région, par exemple entre les îles Cook et la nouvelle Zélande. On pourrait même imaginer une double nationalité, ainsi les Kanaks seraient maîtres chez eux et les Caldoches garderaient leur passeport français. Ce nouveau pays pourrait s’appeler Kanaky-Nouvelle Calédonie.

Afin de ne fâcher personne…

 

 

Sylvain l’instituteur tatoué  

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 septembre 2020 07h28 | Ajouter un commentaire

On a beaucoup parlé ces derniers jours de la tenue des élèves à l’école. Certaines jeunes filles ont parfois été renvoyées chez elles parce qu’elles portaient des « crop tops », dévoilant leur nombril. Mais qu’en est-il des enseignants ?  En France un professeur au visage tatoué est contesté par plusieurs parents d’élèves, il ferait peur aux enfants.

 

Il s’appelle Sylvain il a 35 ans et c’est l’homme le plus tatoué de France. Sous le nom de Freaky Hoody il est très connu dans le milieu du tatouage, notamment pour ses photos de nus. En effet il est tatoué partout ! Mais vraiment partout,  le corps bien sûr, le visage, le crâne rasé, le parties intimes, des motifs floraux plutôt esthétiques… Mais il s’est aussi fait tatouer aussi le blanc des yeux, ce qui lui un regard noir qui ferait peur aux enfants…

Monsieur Sylvain.

Au-delà de sa carrière de modèle et de vedette des salons « Tatoo », Sylvain a un autre métier qu’il exerce par vocation et passion depuis 12 ans, il est ce qu’on appelle en France un « professeur des écoles », c’est à dire un instituteur. Il effectue des remplacements dans la région parisienne, il est actuellement en poste à Palaiseau dans l’Essonne. C’est là que des enfants se sont plaints à leurs parents, ils ont eu peur de lui ne le croisant dans les couloirs. Il faut dire que Sylvain donne cours à de jeunes enfants, dans l’équivalents français de la première et de la deuxième année.

Banni de maternelle.

Autrefois il enseignait même en maternelle. Début 2019, de parents ont envoyé à l’inspection académique un dossier contre lui auquel ils avaient joint quelques-unes de ses photos de nus. Sylvain avait été suspendu 7 semaines, une expérience qu’il a mal vécue. Puis un compromis avait été trouvé, il n’enseignerait plus en maternelle, en revanche pas de problème avec l’école primaire. Lui-même dit qu’il n’évoque jamais la question de son apparence en classe, il est là pour donner cours. Et quand un enfant lui demande pourquoi il a les yeux noirs, il répond : On en parle à la récréation. En fait deux camps s’apposent, les parents horrifiés qui voient en Sylvain une figure d’Halloween, d’autres qui apprécient ses talents d’enseignants et se refusent à juger de son look, il a les yeux noirs, et alors ?  C’est comme avoir la peau noire, ce n’est pas un problème…

 Des enseignants « exemplaires ! »

Interrogé par le journal le parisien, le syndicats d’instituteurs ne se prononcent pas, la loi française parle d’exemplarité des enseignants sans préciser ce qu’est l’exemplarité, seuls les signes religieux ostentatoires sont interdits. En fait il semblerait qu’à chaque fois qu’il y a eu des plaintes contre l’instituteur tatoué, elles émanaient de parents d’autres classes, dont les enfants avaient juste croisé Sylvain…En revanche comme il le dit lui-même « jamais un de mes élèves ne m’a dit que j’étais horrible ! »

On ne connait pas la réaction de parents à qui les enfants ont lancé en rentrant à la maison : « quand je serais grand je veux être comme monsieur Sylvain ! »

Tout Info : la polémique paye.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 septembre 2020 10h10 | Ajouter un commentaire

     Le paysage audiovisuel français a été bouleversé par le confinement. Les téléspectateurs coincés chez eux ont plébiscité les chaînes d’info, dont les stratégies sont parfois très différentes. Entre « hard news » et débats polémiques la concurrence est rude.

Pascal Praud qui anime « l’heure des pros » sur C News.

 

Les chaines « Tout info » ont fait leur apparition en France il y a une vingtaine d’année. La première fut LCI émanation de TF1, le modèle était très ouvertement tournée vers le talk, le débat, c’était une manière pour TF1 de faire passer à la télé toute une série de personnalités, et notamment des politiques qui n’auraient pas été invités aux 20 heures.

La révolution BFM TV

Il y a  une quinzaine d’années on a vu apparaître un autre modèle celui de BFMTV. Une sorte de CNN à la française, uniquement consacré à ce qu’on appelle le « hard news », c’est à dire l’info la plus chaude possible. De directs en éditions spéciales. BFM TV est devenu en en quelques années la principale chaîne d’info, et la seule rentable avec 2,5% d’audience en 2019 ( 4% pendant le confinement) . On pensait donc que le modèle du « hard news » était donc le bon, mais un autre profil est en train de se faire une place : la chaîne du débat polémique.

C News, le pavé dans le PAF.

En l’occurrence C News, la chaîne « Tout info » du groupe Canal Plus, qui s’appelait autrefois I télé. Depuis sa transformation et le départ de la quasi totalité de l’ancienne équipe, C News est devenue un peu le Fox News à la française, avec des figures de proues comme Eric Zemmour qui rassemble 450 000 téléspectateur tous les soirs, Morandini dont l’arrivée avait provoqué une grève à I télé, et le matin de 9 h à 10h30, « l’heure des pros » présenté par Pascal Praud un ancien de Télé foot.

L’heure des pros où s’affrontent des éditorialistes de droite et de gauche décortique tous les jours la société française dans ce qu’elle a de plus polémique, du port du voile au port du masque. La semaine dernière fut très chaude avec le débat autour des options des nouveaux maires écologistes accusés de vouloir détruire les traditions françaises ( plus de sapin de Noël à Bordeaux, le Tour de France qualifié de polluant et machiste à Lyon ) .Avec ses débats genre café du commerce C News a doublé son audience en un an, passant de 0,7 à 1,5%, elle est désormais aux portes de la rentabilité.

1 BFM, 2 CNEWS… pour le moment !

En audience BFM TV est toujours en tête devant C News, LCI, et France info, mais sa place de leader est contestée, d’autant plus que le groupe Altice qui en est propriétaire a annoncé un plan social et de nombreux départs, dont 50% des pigistes.

C’est la clef du problème ! Pour produire du « hard news » il faut être tout le temps sur la balle et disposer de beaucoup de moyens, alors que pour un débat une table et cinq chaises suffisent. Après le tout est une question de style, LCI reste très politiquement correct, alors que C News a adopté un ton inspiré des réseaux sociaux. C’est un peu tweeter à la télé…

Ce combat entre chaînes d’infos sera intéressant à suive lors de la prochaine présidentielle dont la campagne va commencer dans un an. Il n’est pas exclu que les chaines info et notamment C News fassent émerger un candidat clivant genre Trump. Il parait que chez Emmanuel Macron on s’en inquiète déjà.

Joe Kennedy III ne sera pas sénateur

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 septembre 2020 12h43 | Ajouter un commentaire

 Un événement en apparence secondaire dans la campagne présidentielle américaine, vient conforter l’idée que Donald Trump a de réelles chances d’être réélu, en cas de division du camp démocrate. L’héritier le plus brillant du clan Kennedy n’a pas réussi à se faire désigner comme candidat au Sénat.

Joe Kennedy III

Il faut savoir que l’élection présidentielle américaine n’est pas que l’élection présidentielle. À cette occasion les américains renouvellent une partie du Congrès ainsi qu’un grand nombre d’élus locaux, de même que beaucoup de juges et de sherifs. C’est ainsi que Joe Kennedy III petit fils de Bob Kennedy petit neveu de John s’est lancé à la conquête d’un siège de sénateur. Sénateur est un des mandats les plus prestigieux aux Etats-Unis, il n’y en a que deux par Etat, soit une centaine pour l’ensemble d’un pays de 330 millions d’habitants. 35 de ces sièges seront renouvelés en novembre.

La roche tarpéienne si proche du Capitole.

Jusqu’à présent tout avait réussi à ce jeune homme de 39 ans qui cultive le look Kennedy…Costumes bien coupé, coiffure élégante, sourire séducteur, bon sang ne saurait mentir…De surcroît il s’appelle Joseph le prénom du patriarche, l’Ambassadeur Joe Kennedy, père de John et Bob et donc son arrière-grand-père. En 2013 à 33 ans Joe III est élu représentant, c’est à die député, du Massachusetts, et depuis il a été régulièrement réélu à cette fonction. En 2018 c’est lui que le parti démocrate avait choisi pour répondre au discours de l’Etat de l’union de Donald Trump et on commençait déjà à le qualifier de « futur président Kennedy » …et puis  patatras ! La claque ! Les électeurs du parti démocrate ne l’ont pas choisi pour représenter le Massachusetts au Sénat. Ils ont préféré reconduire le sénateur sortant Ed Markey 74 ans.

 Aile gauche contre aile droite.

Ce qui est intéressant ce n’est pas tant la fidélité des électeurs à ce vieux sénateur, que son positionnement politique. Joe Kennedy représente ( même si c’est à son corps défendant) l’establishment du parti démocrate, centriste, bourgeois libéral, conforme à l’image des Kennedy mais aussi des Clinton. Ed Markey lui, a décidé d’adopter une position de rupture, il a fait campagne en basket sur des thèmes proches de ceux de Bernies Sanders, des thèmes considérés aux Etats unis comme d’extrême gauche. Or ce discours plait beaucoup aux jeunes, en témoignent les victoires remportées par Sanders au début des Primaires démocrates.

Un argument pour Trump

 Dès qu’il appris la défaite de Joe Kennedy Donald Trump a eu beau jeu de déclarer, « vous voyez même un Kennedy ne parvient pas à s’imposer face à la gauche radicale qui domine désormais le parti démocrate. C’est un argument qu’il martèle et qu’il va marteler encore, en se présentant comme le défenseur de la loi et de l’ordre face à une gauche qu’il qualifie de radicale qu’il accuse de favoriser les émeutes et l’anarchie…C’est là que se situera la clef du scrutin. Maintenant il n’est pas dit que les jeunes démocrates ne se déplaceront pas pour élire Joe Biden.

On peut mettre une claque à un Kennedy et élire quand même l’ex bras droit d’Obama.

 

 

 

Une plainte contre Didier Raoult

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 septembre 2020 07h44 | Ajouter un commentaire

  En France le célèbre professeur Raoult est l’objet d’une plainte auprès de l’ordre des médecins.  La Société de pathologie infectieuse estime que le chercheur marseillais a enfreint neuf articles du code de déontologie médicale, il risque la radiation.

Le professeur Didier Raoult

 

C’est la « Société de pathologie infectieuse de langue française », qui compte environ 500 membres qui a déposé cette plainte au mois de juillet. Au cœur du problème la fameuse Hydroxy chloroquine que le professeur Raoult préconise pour soigner les malades du Covid 19. Depuis le début de la pandémie le très médiatique directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, affirme que ce médicament connu depuis des dizaines d’années fait diminuer la mortalité des patients dans une proportion importante. Autrefois l’Hydroxychloroquine était prescrite pour lutter contre le paludisme, mais le parasite est désormais résistant, en revanche ce traitement est toujours régulièrement utilisé pour combattre la polyarthrite rhumatoïde.

Mauvais confrère !

Les médecins qui portent plainte contre le docteur Raoult affirment que rien ne prouve l’efficacité de ce médicament, et qu’il pourrait même être dangereux en raison de ses effets secondaire, notamment au niveau cardiaque. Ainsi l’Agence française du médicament aurait recensé 150 cas d’atteinte cardiaque liés à l’Hydroxychloroquine entre janvier et mai, dont 7 décès.

Au total les adversaires du professeur Raoult ont relevé 9 atteintes au code de déontologie dont : la promotion d’un traitement qui n’a pas démontré son efficacité ; la diffusion de fausses informations auprès du public ; de graves manquements au devoir de confraternité ; la réalisation d’essais cliniques dont la légalité reste à démontrer etc… etc… L’argumentaire de leur plainte fait au total 6 pages.

Soigner les gens.

De son coté Éric Raoult a toujours contesté le sérieux des études qui concluent à l’inefficacité de son traitement, y compris celle publiée il y a quelques mois par la revue the Lancet. En fait il y aurait quiproquo sur la manière d’utiliser l’Hydroxy chloroquine. Pour le docteur Raoult ce médicament est efficace au tout début de la maladie pour empêcher son développement. Quand les symptômes s’aggravent il faut recourir à d’autres stratégies.

Au fond ce qui énerve surtout ses adversaires c’est qu’il répète à qui mieux mieux, « moi au moins je soigne les gens je ne renvoie pas chez eux en leur disant de prendre du paracétamol… » et il a ajouté lors d’une conférence de presse : « Ce n’est pas un crime de donner de l’espoir aux gens ».

Un long processus.

Un argument qui porte ! A voir ce matin les réactions sur les réseaux sociaux le marseillais ne manque pas de supporters… Didier Raoult encourt une sanction qui pourrait aller d’un simple avertissement à la radiation définitive. On n’en est pas encore là, l’instruction de ce type de plainte prend en général une dizaine de mois, et dans 58% des cas, le dossier est classé sans suite.

Charlie republie les caricatures

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 septembre 2020 08h42 | Ajouter un commentaire

Alors que s’ouvre le procès des attentats contre Charlie Hebdo et l’hyper Kasher, le magazine satirique republie les célèbres caricatures de Mahomet. Mais cet acte de liberté pourrait aussi être reçu comme une provocation.

 

Un acte de liberté mais aussi un acte de courage … « Nous ne nous coucherons jamais. Nous ne renoncerons jamais », écrit Riss, dans ce numéro, dont le, titre de « Une » est : « Tout ça pour ça ! » Donc tout ça, tous ces crimes, pour ça, ces quelques dessins. Et c’est vrai qu’on n’aurait jamais cru qu’au 21ème siècle des dessinateurs de presse puissent être assassinés en France pour quelques dessins. Le journal reprend donc.  Ces douze dessins, publiés initialement par le quotidien danois Jyllands-Posten le 30 septembre 2005, puis par Charlie Hebdo en 2006, il y a rajouté au milieu un dessin de Cabu où l’on voit le prophète pleurer à chaudes larmes et déclarer au sujet des islamistes : « C’est dur d’être aimé par des cons. »

Pourquoi les republier ?

« On nous a souvent demandé depuis janvier 2015 de produire d’autres caricatures de Mahomet. Nous nous y sommes toujours refusés, non pas que cela soit interdit, la loi nous y autorise, mais parce qu’il fallait une bonne raison de le faire, une raison qui ait un sens et qui apporte quelque chose au débat », expliqué la rédaction du journal, «Reproduire cette semaine de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015 ces caricatures nous a alors semblé indispensable»,  Il faut dire que depuis 2015 le dessin de presse a pris un coup dans l’aile, à cause des terroristes bien sûr mais aussi tout simplement à cause des réseaux sociaux. En janvier Riss écrivait : « Hier, on disait merde à Dieu, à l’armée, à l’Église, à l’État. Aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blagueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école ».

Le dessin de presse menacé.

En 2019 le célèbre New York Times a décidé de renoncer aux dessins de presse, à la suite d’une campagne très dure contre un dessin qu’il avait publié et qui représentait Benjamin Netanyahou. Certes Charlie ne se dégonfle pas et ne se couche pas, mais le journal, ses journalistes et ses dessinateurs vivent sous protection policière 24 heures sur 24. Ce qui est difficile à comprendre pour ceux qui ont connu les année 70 ou 80, c’est quand et comment le retournement s’est effectué, entre un monde où le second degré était compris et accepté, et cet aujourd’hui où l’on prend tout au premier degré, où l’humour semble avoir disparu. Un sondage publié par Charlie en dit long sur la fracture de la société française 59 % des Français approuvent désormais la publication des caricatures de Mahomet, contre 38% en 2006… Mais 69 % de musulmans de France estiment que cette publication est une provocation inutile.

On parle souvent de réconcilier les Français… Ca va pas être facile !

 

Trump peut-il gagner ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 septembre 2020 09h52 | Ajouter un commentaire

   Donald Trump se rendra aujourd’hui à Kenosha, la ville où un jeune américain Jacob Blake  a été blessé de 7 balles dans le dos par des policiers. Il y rencontrera des policiers mais pas la famille du jeune homme. Donald Trump a fait de la sécurité l’axe central de sa campagne, est ce qu’il peut encore l’emporter malgré des sondages défavorables ?

 

Réponse oui !  On l’a bien vu en 2016 face à Hillary Clinton, d’ailleurs les sondages aujourd’hui sont assez semblable à ceux de l’époque, Joe Biden tourne autour de 50% d’intention de vote, et Donald Trump de 43%. Dans n’importe quel autre pays à deux mois du scrutin se serait plié, mais aux Etats Unis ça ne veut rien dire. A la même époque il y a quatre ans Hillary Clinton était à 48 % et Trump à 42, c’est-à-dire de chiffres tout à fait comparables. Au final Hillary Clinton a remporté le vote populaire avec 2 millions de voix de plus que Trump, mais elle a quand même perdu l’élection.

538 grands électeurs.

Aux Etats unis ce qui importe c’est le nombre de grands électeurs, envoyés par chaque Etat. Or quand on arrive premier dans un Etat on emporte tous les grands électeurs. Il suffit donc de quelques voix pour faire la différence. Il y a 538 Grands électeurs, il en faut donc 270 pour être élu. Il existe néanmoins une différence fondamentale entre 2016 et aujourd’hui, en 2016, Trump était un challenger qui apportait quelque chose de neuf par rapport à une candidate, ex première dame, ex Secrétaire d’Etat, qui incarnait l’establishment de Washington. Cette fois c’est lui le sortant qui doit défendre son bilan…or il a choisi une autre stratégie surfer sur la vague de violence déclenchée par les bavures policières à l’encontre des africains américains. Or son électorat blanc et populaire ne prend pas parti pour le mouvement Black Live Mater, il serait plutôt en phase avec Triumph qui truffe tous ses discours de référence à la loi et à l’ordre… D’ailleurs ces dernière semaines le mouvement de protestation a perdu 10 à 15% d’opinions favorables dans les sondages a cause justement des violences, commises lors des manifestations.

 La furie contre la sagesse.

Il suffirait de très peu de chose par exemple un ralentissement de l’épidémie et une relance économique même modeste pour rebooter Trump. Son électorat est beaucoup plus sensible aux questions du chômage et du pouvoir d’achat qu’au thème des droits de l’homme. En fait la stratégie de Trump est une stratégie clivante il veut mobiliser à fond se partisans en cognant le plus dur possible sur ses adversaires. Biden c’est le contraire, il tient un discours rassembleur pour mordre sur l’électorat républicain modéré. Sur le papier c’est la bonne stratégie, la plus sage… Mais par les temps qui courent, les sages n’ont pas toujours le dernier mot.

Un officier français au service des Russes

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 août 2020 09h31 | Ajouter un commentaire

On a appris hier qu’un officier français en poste sur une base de l’Otan en Italie est soupçonné d’avoir espionné l’Alliance pour le compte de la Russie. Arrêté par les services secrets français il a été écroué fin août à Paris.

 

Siège de la DGSI

 

On pourrait croire ce genre de scénario réservé aux séries, aux films ou aux romans d’espionnages… On oublie bien souvent ( à commencer par James Bond ), que les histoires d’espions sont bien souvent inspirées par des faits réels.

Certes dans le cas présent on est un peu loin de James Bond.  Il n’y a pas de cascade pas d’hélicoptère, pas d’Aston martin équipée de mitrailleuses et de missiles. L’espionnage au quotidien c’est beaucoup plus banal.

L’homme arrêté le 18 août et incarcéré le 21 est un lieutenant-colonel de l’armée française âgé d’une cinquantaine d’année et père de 5 enfants. Il était jusqu’alors en poste sur une importante base de l’OTAN à Naples en Italie. Il a été vu en compagnie d’un agent du GRU le redoutable service de renseignement de l’armée russe. Particularité : cet officier français parle russe.

Signalé le 22 juillet.

Le ministère de la défense a signalé son cas à la justice française le 22 juillet. Le parquet a alors ouvert une enquête pour : « trahison par intelligence avec une puissance étrangère et collecte d’informations pour les livrer à une puissance étrangère ». A ce moment l’officier était en vacances en France, alors qu’il s’apprêtait à repartir en Italie il été arrêté par la DGSI, la direction générale de la sécurité intérieure, le contre-espionnage français. Hier la ministre française de la défense Florence Parly a confirmé ces informations, « Nous avons pris toutes les mesures de sauvegarde qui étaient nécessaires et maintenant il faut que la justice puisse faire son travail. A-t-elle déclaré. Quant à l’officier il a été inculpé notamment pour : « compromission du secret de la défense nationale par une personne dépositaire de ce secret ». Il risque une très lourde peine de prison.

Pourquoi ?

On ne sait pas quels types de renseignement Il a pu fournir aux Russes, mais dans ce genre de situation, les agents d’une puissance étrangère sont preneurs d’à peu près tout, ça peut aller de horaires de relève de la garde, à la transmission des plans secrets d’une nouvelle arme. A noter que ce genre d’affaire s’est raréfiée depuis afin de la guerre froide, en trente ans seul 10 miliaires français ont été condamnée pour intelligence avec l’ennemi, dont un au profit de la Serbie lors de la guerre du Kosovo en 1998, et deux autres cette année au service de la Chine. Reste les motivations, qu’est ce qui peut pousser un officier à trahir. Pendant la guerre froide c’était souvent par conviction politique, çà s’est perdu, la soif de l’argent mais il parait que ça n’est pas si bien payé, le besoin de reconnaissance quand on a l’impression d’avoir raté sa carrière, ou encore, et ce n’est pas si rare, le chantage quand on a quelque chose à se reprocher. En Novembre 2019 Emmanuel Macron avait déclaré que l’OTAN était en état de mort cérébrale, cette affaire ne va probablement pas améliorer ses relations avec l’Alliance.

 

 

 

Hong Kong du meilleur au pire

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 juillet 2020 10h10 | Ajouter un commentaire

Hong Kong du meilleur au pire.

 La colonie britannique de Hong Kong a été rétrocédée à la Chine le 1re Juillet 1997. La Chine choisi le 23ème anniversaire de cet événement pour promulguer une loi liberticide qui met de facto fin à l’autonomie juridique du territoire. Elle était pourtant garantie par les accords négociés en 1984.

L’ombre de Mao plane sur Hong Kong

Je me souviens du 1er juillet 1997, ou plutôt dans la nuit du 30 juin au 1er Juillet. Je suivais les cérémonies de la rétrocession à la télévision. Une image m’est restée en mémoire : un peu avant minuit heure locale des camions militaires se sont présentés à la frontière, à bord des soldats chinois impeccablement vêtus de vrais militaires de parade. De l’autre côté un sous officier écossais des royal Highlands, avec son kilt et SON calot caractéristique. Il devait s’appeler Mac Donald, ou Mac Farlane, ou Mac Gregor ….On se serait cru dans un film !

Poor Britannia !

A minuit pile la barrière s’est ouverte et le premier camion s’est présenté,  imperturbable le sous-officier, a demandé ses papiers au chauffeur, tout était en ordre, le sergent Mac Gregor s’est écarté et l’Armée Populaire de Libération est entrée sur le territoire de Hong Kong. Au même moment la cérémonie officielle anglo- chinoise prenait fin. On abaissait l’Union Jack et le pavillon de la colonie de Hong Kong et on hissait à leur place, le drapeau chinois et le nouveau symbole du territoire, une fleur blanche à cinq pétales, sur fond rouge. Le prince Charles quittait les lieux pour rejoindre le Britannia, et pendant que le yacht royal s’éloignait dans la baie, un gigantesque feu d’artifice éclatait de mille couleurs au-dessus des buildings…

Un pays deux systèmes.

Je m’étais rendu à Hong Kong quelques mois auparavant, déjà on remplaçait les portraits de la reine Elisabeth sur les billets de banques et les timbres, mais le gouverneur Chris Patten roulait toujours en Rolls Royce immatriculée HK 1, Hong Kong1. Dans les derniers mois le Royaume uni avait accordé très parcimonieusement des passeports britanniques aux habitants du territoires, la plupart d’entre eux allait devoir rester. A l’époque une formule était très populaire : « nous espérons le meilleur, mais nous nous préparons au pire ». Sur le papier l’accord négocié en 1984 entre Margaret Thatcher et Deng Xiaoping annonçait le meilleur. Pendant 50 ans Hong Kong allait bénéficier d’un régime spécial selon la formule, « un pays deux systèmes ». L’ex colonie pouvait conserver ses lois, le libéralisme économique et le multipartisme.

Une loi liberticide.

Les premières années le choses se sont plutôt bien passées, puis sont venues les jeunes générations qui ont voulu utiliser à la lettre les libertés qu’ils avaient conservées. C’est là que le chose se sont gâtées. Pas question pour Pékin de laisser se développer des manifestations hostiles à son gouvernement. Ce matin une nouvelle loi sécuritaire votée à Pékin est entrée en vigueur. Elle est destinée officiellement à réprimer le séparatisme, le terrorisme, la subversion et la collusion avec l’étranger. En fait toute forme d’opposition au régime. Un recul inédit des libertés depuis 1997.

Ils espéraient tel meilleur, le pire est en train d’arriver.