Nous sommes en guerre

Par brenkin dans Divers , le 17 mars 2020 11h22 | Ajouter un commentaire

Emmanuel Macron a employé plusieurs fois l’expression « nous sommes en guerre »lors de son discours de lundi soir. Une formule que les autorités belges n’emploient pas de leur côté…Alors la question est simple sommes-nous vraiment en guerre ?

« Nous sommes en guerre », Emmanuel Macron l’a répété six fois lors de sa deuxième allocution télévisée consacrée au coronavirus. Je ne vais pas revenir sur les détails de mesures annoncées comme le confinement très large des Français à partir d’aujourd’hui midi. Non je voudrais simplement prendre avec vous la mesure des évènements de ces derniers jours.

Août 14.

La guerre disait Lénine est un « accélérateur de l’histoire ». Il pensait à la guerre de 14 qui a complétement bouleversé le monde, chamboulé les frontières, déplacé des populations, vu l’émergence de l’Union Soviétique et la fin des empires, mais aussi d’impressionnants progrès en matière de sciences, de techniques, de médecine et hélas aussi d’armement. Or avec le coronavirus nous sommes en août 14, au début de la grand guerre en espérant que celle-là ne durera pas quatre ans mais quelques semaines ou quelques mois tout au plus. En revanche l’accélérateur de l’histoire est bien là !

Tout a changé.

Souvenez-vous il y a quelques jours encore nous vivions dans un mode ouvert, mondialisé, on partait en weekend à Barcelone en congé dans les Antilles. Tous les samedis les gares et les aéroports étaient bondés de gens qui allaient voir leur famille ou rejoignaient leur amission de campagne. Chaque soir les autoroutes saturées ramenaient les navetteurs dans leur domicile éloignés des métropoles. Tous les loisirs étaient possibles des restaurants servaient toute la nuit, et dans les grandes vile l’offre de musées, de cinémas, et de théâtres n’avait jamais été aussi importante.

Ausweis bitte !

Enfin personne n’aurait imaginé qu’un jour on nous interdise de faire une fête à la maison en famille ou entre amis. Quant aux écoles … « fermer toutes les écoles vous n’y pensez pas ! » Et pourtant tout ça est arrivé, et je ne vous parle pas des contrôles aux frontières. Il y a quinze jours c’était pour les migrants entre la Turquie et la Grèce, aujourd’hui c’est entre la Franc et l’Allemagne « ausweis bitte ! » Et l’on entend déjà des mots comme couvre-feu, même si finalement il n’a pas été instauré.

L’après ?

Ca ressemble tellement à la guerre qu’Emmanuel Macron a du expliquer le rôle que jouerait l’armée française. Un rôle exclusivement sanitaire de rapatriement aérien ou d’établissement d’hôpitaux de campagne comme elle a commencé à le faire en Alsace. Contrairement à ce que colportait la rumeur, la population ne sera pas contrôlée par l’armée mais bien par la police, c’est la guerre peut être mais ce n’est pas un pronunciamiento militaire.

Enfin n’en doutez pas, il y aura un après. Comme l’a dit Emmanuel Macron hier «le jour d’après ne serait pas un retour au jour d’avant». L’après-guerre ne sera pas l’avant-guerre. Mais nul ne sait à quoi elle ressemblera.

Belgique, le gouvernement impossible

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 février 2020 08h20 | Ajouter un commentaire

La Belgique n’en finit pas de se chercher un gouvernement, alors que dans d’autres pays comme la France, il suffit parfois e 24 h pour connaitre le premier ministre et de deux jours pour découvrir son équipe. Comment se fait-il que ce soit impossible chez nous ?

 

Ça tient en fait à deux choses, le système politique et le mode de scrutin. Sans être comme les Etats Unis un régime présidentiel, aux Etats Unis par exemple il n’y a pas de Premier Ministre, la France est un régime où le Président constitue comme disait de Gaulle la clef de voûte des institutions. Cela n’a pas toujours été le cas, sous la quatrième République de 1946 à 1958 le régime était plus instable encore qu’en Belgique. Les gouvernements duraient parfois deux jours, le plus long a tenu 16 mois et une personnalité comme Pierre Mendes France considéré comme l’un de plus grands hommes d’Etat français n’est resté au pouvoir que 7 mois et demi. C’est pourquoi quand le général de Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958, il a voulu une constitution solide qui permettrait une grande stabilité gouvernementale.

France : Le gouvernement procède du président.

En France le président est élu au suffrage universel, puis il désigne un Premier Ministre qui lui propose un gouvernement que le président nomme ensuite, ça prend de 48 à 72 heures. Puis seulement ont lieu les élections législatives qui en général entérinent le choix du Président. De toute façon s’il y désaccord le chef de l’Etat peut toujours dissoudre l’Assemblée Nationale, de sa propre autorité. C’est tout le contraire de la Belgique où l’on vote d’abord pour le parlement, puis ensuite de ce parlement on cherche à extraire un gouvernement…

Proportionnelle contre majoritaire.

Le deuxième point c’est le système électoral, système majoritaire en France, proportionnel en Belgique. Le système proportionnel est plus juste, car tous les partis qui ont réalisé un score minimum disons 5%, et moins parfois selon les pays, sont représentés au parlement. C’est équitable mais ça crée des chambres très dispersée où personne n’a la majorité absolue et il faut former des coalitions parfois hétéroclites. La Belgique n’est pas la seule à connaitre les difficultés dues à la proportionnelle, l’Espagne et l’Italie en ont montré l’exemple ces dernières années.

UK : First past the post.

En revanche au Royaume Uni le système majoritaire à un tour, premier arrivé premier servi, produit en des majorités stables, soit conservatrices soit travaillistes. Avec comme inconvénient que des familles politiques entières comme les écologistes ne sont quasiment jamais représentées à la chambre des Communes.

Belgique : morcellement maximum.

En Belgique l’existence de deux corps électoraux séparés linguistiquement, avec chacun leurs partis politiques, rajoute encore au morcellement dû au suffrage proportionnel.

Conclusion : La quasi impossibilité de former un gouvernement fédéral n’est pas une incongruité en Belgique, elle est comme inscrite dans les textes ! Elle résulte simplement des réformes successives de la constitution qui ont renforcé les entités fédérées au détriment du fédéral, devenu une sorte de pouvoir résiduel, une coquille vide …Il est peut-être un peu tard maintenant pour s’en plaindre.

Griveaux : de la transparence à l’inquisition.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 février 2020 12h19 | Ajouter un commentaire

  En France c’est la ministre de la santé Agnès Buzyn qui remplacera Benjamin Griveaux comme candidate de la « République En Marche » à la mairie de Paris. Quatre jours après l’éclatement du scandale autour des vidéos érotiques de Benjamin Griveaux, on s’interroge beaucoup sur la notion de vie privée pour les acteurs politiques.

 

Benjamin Griveaux

 

La vie privée n’existe plus… On a beaucoup répété ces derniers jours cette phrase prononcée il y a 10 ans par Marc Zuckerberg le créateur de Facebook. Ce n’est peut-être pas tout à fait vrai pour le commun de mortels, mais indubitablement c’est le cas pour les hommes et les femmes politiques. Comme le faisait remarquer un célèbre éditorialiste, de nos jours François Mitterrand ne pourrait plus cacher l’existence de Mazarine pendant des années.

Coïncidence ou coup monté ?

On peut disserter sans fin sur la motivation de l’étrange Piotr Pavlenski, l’activiste russe qui a publié la « sex tape » de Benjamin Gri veaux, mais la question première reste comment un homme politique va-t-il pu prendre un tel risque ? Il semblerait d’ailleurs que la jeune femme, à qui l’ancien porte-parole du gouvernement envoyait des scènes érotiques fin 2018, était devenue depuis la compagne du russe. Affaire privée ? Affaire publique ? La justice tranchera car Benjamin Griveaux a porté plainte pour « atteinte à l’intimité de la vie privée ».

Une pudibonderie toute américaine.

Jusqu’à présent la France se targuait de ne pas être tombée dans le puritanisme en vigueur aux Etats Unis et en Angleterre, où les démissions de ministres convaincus d’adultères sont monnaies courantes. Cette fois encore on a répété à l’envi que ce n’est pas le comportement sexuel de Griveaux qu’il faudrait juger mais son positionnement politique. Il est difficile en effet de se prétendre le candidat des familles et d’exposer la sienne à qui mieux mieux quand on a de tels cadavres dans le placard…

Le président Félix Faure. « Victime de Vénus ».

Autres temps…

Imprudence, dérapage, folie ? On est loin des hommes politiques de la troisième République qui étaient rarement mariés et s’affichaient avec des demi mondaines. Sans oublier l’exemple fameux de Félix Faure mort quasiment dans les bras de sa maîtresse à l’Elysée. Désormais c’est le règne de la transparence, ceux qui prétendent guider le peuple doivent être irréprochables ou pas loin. La perfection n’étant pas de ce monde, je prédis qu’on aura de plus en plus de mal à trouver des candidats répondant à ces critères. Espérons que l’on saura raison garder et que Benjamin Griveaux gagnera son procès. Comme aurait dit Bourvil : La transparence oui ! L’inquisition non !

Brétécher faisait bien la moue

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 février 2020 08h15 | Ajouter un commentaire

   Claire Bretécher, la dessinatrice d’Agrippine et des Frustrés, est morte à 79 ans. Née en 1940 à Nantes, elle fait partie de la génération qui a réinventé les codes de la BD dans les années 70. Elle fut l’une des premières femmes à s’imposer dans ce milieu. Elle fut d’ailleurs la première dessinatrice à décrocher le grand prix d’Angoulême en 1982.

 

Claire Bretécher en 1979. Photo Li Erben. Getty images

 

La première fois qu’une jeune fille m’a offert un cadeau pour mon anniversaire, en 1978, j’avais 17 ans, ce fut un album des « Frustrés » de claire Bretécher. Je l’ai toujours, et je me souviens notamment d’un dialogue entre deux personnages qui dissertaient sur le sucre de droite et celui de gauche. Le sucre de gauche était forcément brun et rugueux et le sucre de droite blanc et lisse.

Poil à gratter de la gauche caviar.

A l’époque Bretécher publiait chaque semaine une page des « Frustrés » dans le Nouvel Observateur qui était pourtant le journal de la gauche bienpensante et un peu bourgeoise, ce qu’on appelait aussi la gauche caviar. Or Bretécher croquait avec cruauté ce milieu qui était pourtant le sien. Voilà ce qu’elle déclarait à libération en 1998 : « Les communistes, puis les Mao, avaient un discours quasiment nazi. Il fallait vraiment être con pour soutenir la Chine. Si on s’opposait à eux, on était forcément réac. En 1981, j’étais ravie que l’alternance joue, mais je détestais Mitterrand.» Bretécher qui avaient eu 20 ans des années 60 n’en gardait pas un bon souvenir. « J’étais un peu gourde, complètement fauchée. J’habitais dans un carton, je vivais avec une espèce de jules minable. Aujourd’hui, on porte au pinacle cette période, mais c’était atroce! On se faisait avorter tous les 5 minutes. Être enceinte sans le vouloir, c’était la même chose qu’avoir un cancer». Voilà pourquoi elle préférait de loin les années 70, et sa libération sexuelle.

Le salut par le dessin.

Le dessin fut sa passion dès l’enfance, ce qui lui permit de sortir de Nantes et de sa province. Sa première rencontre importante : René Goscinny le père d’Astérix, qui l’a fera travailler à Pilote, mais elle dessinera aussi pour Tintin, Spirou, puis l’Echo des savanes avant le Nouvel Observateur. Elle fut l’une des premières femmes çà s’imposer dans ce milieu alors très masculin. Féministe biens sûr mais plus solitaire que militante. Ainsi en mai 68 elle n’est pas descendue dans la rue. «  Je travaillais à Spirou, les manifs ne m’ont jamais intéressée. C’était un truc pour étudiants dorés sur tranche.» Paradoxalement le seul journal où elle souhaita dessiner en vain fut un magazine féminin. «J’ai toujours été bien reçue, sauf à Elle. Ce fut horrible. J’aurais adoré bosser là-bas, mais elles m’ont jetée sans ménagement. J’ai mis vingt-cinq ans avant de passer l’éponge.»

Agrippine.

En 1988 elle invente Agrippine une ado complétement barrée avec des parents qui ressemblent beaucoup aux « Frustrés » devenus quinquagénaires. Agripinne dont les amis ont des noms improbables : Moonlight Mollard, Melfrid Potetoz, Persil Wagonnet, et qui parle un argot bien à elle. Ainsi quand elle fait la gueule elle dit : « je prends vapeur ». Claire Bretécher ne faisait pas la gueule, mais elle faisait très bien la moue, on le voit sur presque toutes ses photos. Une moue irrésistible qui a fait dire hier à Enki Bilal en guise d’hommage : « elle  était vraiment belle…à Pilote nous étions tous amoureux d’elle ! »

 

 

 

Trump vers un second mandat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 février 2020 17h05 | Ajouter un commentaire

Après son acquittement par le Sénat mercredi, le monde se prépare à la réélection de Donald Trump qui n’ a jamais été si populaire.

 

Lors de son élection il y a quatre ans, une grand partie des dirigeant mondiaux pensaient que Donald Trump ne serait qu’une parenthèse, un accident de parcours, un mauvais moment à passer. Son style si peu présidentiel, sa politique totalement en rupture avec ses prédécesseurs, son manque de considération pour les grands enjeux du moment comme le climat, son cynisme en matière économique, son isolationnisme sur le plan international…Bref tout portait à croire, qu’un histrion s’était introduit à la Maison Blanche, et que le vent de l’histoire allait rapidement l’en chasser. Sauf que le vent de l’histoire a tourné et qu‘aujourd’hui c’est Trump qui apparait comme un dirigeant normal et les autres comme des fantômes du passé.

Des amis dans bien des pays.

En tête parmi ceux qui souhaitent sa réélection, Benjamin Netanyahou à qui il vient de faire cadeau extraordinaire avec son plan pour régler la question israélo-palestinienne, juste derrière vient Boris Johnson le brexiteur qui voit en lui son meilleur allié pour se détacher complètement de l’Europe.

Vladimir Poutine ne l’apprécie pas beaucoup, mais il apprécie sa volonté de ne plus intervenir dans les affaires du monde, ce qui permet à la Russie de retrouver une influence non négligeable comme on l’a vu en Syrie. Je vous passe tous les Bolsonaro et Erdogan, l’époque est aux grandes gueules autoritaires.

Merkel contre, Macron pour.

Même en Europe les deux pays leaders ont une analyse différente sur Donald Trump. Angela Merkel qui ne le supporte pas continue à le considérer comme une incongruité et à espérer son départ rapide. En revanche la France se prépare à un second mandat. D’ailleurs les relations entre Emmanuel Macron et Donald Trump ne sont pas si mauvaises. C’est le pragmatisme qui domine, comme on dit à Paris, la France doit avoir de bonnes relations avec les Etats Unis quel que soit le président. D’ailleurs les sondages sont dans ambiguïté avec 49% d’opinions favorables Trump est au top de sa popularité.

L’échec de l’impeachment

La tentative de destitution menée par les démocrates n’a pas eu l’effet escompté, non seulement son image n’a pas été atteinte mais en plus elle s’est renforcée.    Reste une inconnue, une élection n’est jamais gagnée d’avance,  et il reste neuf mois de campagne. Tout est possible…mais à la grand surprise de l’establishment de Washington, c’est désormais l’hypothèse de la réélection qui apparait la plus plausible.

Mazarine et Delphine histoires parallèles

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 février 2020 12h45 | Ajouter un commentaire

L’ADN a parlé, Albert II est donc bien le père biologique de Delphine Boël. Cette affaire nous fait immanquablement penser à François Mitterrand et à sa fille cachée Mazarine. Deux histoires parallèles qui ne se sont pas déroulées de la même façon. 

 

Delphine Boël

 

Elles ont six ans de différence, Delphine est née en 1968, Mazarine en 1974, elles ont un point commun leur existence est restée secrète. Pendant 20 ans pour Mazarine et 31 ans pour Delphine avec cette nuance : l’existence de Mazarine était un secret de polichinelle partagée par le monde politico-médiatique, alors que seuls quelques initiés connaissaient l’histoire de Delphine. Le parallèle est intéressant car même si la relation au père fut très différente, elles partagent certaines blessures, comme le fait d’avoir du longtemps rester cachée.

Enfants secrètes.

Mazarine a souffert d’être cachée, mais Delphine a souffert d’être niée. Mazarine qui pourtant vivait dans une résidence officielle avec sa mère, ne pouvait pas faire état de sa filiation, mais François Mitterrand reconnu sa fille dès 1984 quand elle Avait 10 ans. En revanche pendant de nombreuses années il a tout fait pour qu’on ne révèle pas le secret de sa naissance, on se souvient que dès 1982 l’écrivain Jean Edern Hallier avait voulu l’écrire dans un pamphlet. Ce qui valut bien des ennuis et le livre d’ailleurs ne sortit jamais. Il fallut attendre les derniers mois de la présidence, quand le chef de l’Etat s’est laissé « surprendre » volontairement par des paparazzis pour que Mazarine apparaisse au grand jour. Quant à Delphine elle est sortie de l’ombre en 1999 à l’occasion de la publication d’une biographie de Paola.

 

Mazarine Pingeot Mitterrand

L’une aimée, l’autre pas.

La différence la plus grande et la plus terrible c’est que Delphine a dû attendre plus de 20 ans pour qu’Albert II reconnaisse contraint et forcé sa paternité. Alors que François Mitterrand a été un père aimant très proche de sa fille. On dit que dans les premières années le prince Albert s’est occupé de la petite fille. Lui le nie, les historiens feront peut-être un jour la part des choses. Il est plus que probable que la princesse Paola n’aurait jamais accepté une double vie rendue publique comme le fit Danièle Mitterrand avec son mari. Mais sait-on jamais ?

Si ce fut possible en France c’aurait peut-être pu l’être en Belgique aussi, à une  époque où les réseaux sociaux n’existaient pas.

Delphine : pourquoi ?

Beaucoup e gens s’interrogent sur les motivations réelles de Delphine; Que veut elle ? Obtenir de l’argent ? La famille Boël est très riche. Elle aurait hérité de son père légal. Et si la réponse était toute simple ? Delphine cherchait peut être ce que Mazarine a reçu en abondance… l’amour paternel.

Bocuse perd une étoile

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 janvier 2020 08h34 | Un commentaire>

Coup de tonnerre dans la gastronomie, le restaurant le plus connu de France, celui de Paul Bocuse près de Lyon,  ne comptera plus que deux étoiles dans l’édition 2020 du Guide Michelin, qui sera dévoilée le 27 janvier. Il avait gagné sa troisième étoile en 1965… et l’avait toujours gardée depuis.

Paul Bocuse

 

Paul Bocuse est mort en janvier 2018 à presque 92 ans. Bibendum a respecté un deuil de  deux ans, mais le verdict est tombé hier :  La célèbre Auberge du Pont-de-Collonges ne comptera plus que deux étoiles dans le prochain guide rouge. Bocuse avait gagné sa première étoile en 1958, et sa troisième en 1965. Il l’aura donc gardée 55 ans, un record !

Une sanction classique.

La rétrogradation d‘un restaurant à la mort de son propriétaire, lors d’une vente ou d’un changement de chef est un classique chez Michelin. Le « Comme chez soi » à Bruxelles a connu la même mésaventure en 2006.

Mais Bocuse représentait une telle institution que personne n’imaginait que cet établissement pourrait subir le même sort. De l’avis des spécialistes l’auberge ne méritait plus sa troisième étoile depuis bien longtemps. Le confort était toujours là, le service impeccable, la cuisine parfaite, mais on avait l’impression d‘un établissement figé dans les années 70, à l’heure de la grande gloire du chef. Ainsi son plat le plus connu reste la soupe aux truffes VGE, mise au point par Paul Bocuse à l’occasion de sa élévation par la Président Valery Giscardd’Estaing (VGE) au grade chevalier de la légion d’honneur en 1975 !

Chef star.

S’il faut reconnaitre un rôle historique à Paul Bocuse, c’est celui d’avoir fait sortir le chef des cuisines et de les avoir transformés en stars. C’est grâce à lui que des brigades de « meilleurs ouvriers de France », titre qu’il a obtenu en 1961, ont ouvert des établissements dans le monde entier, de New York au Japon en passant désormais par les monarchies du golfe. Et pourtant chaque jour, quand il était à Lyon, le chef en toque et grande tenue accueillait en personne chaque client dans le hall de l’auberge.

La tradition en mouvement.

Il n’était plus au fourneau depuis longtemps, mais tous ceux qui travaillaient dans sa cuisine pour préparer notamment le « loup à la sauce Choron », aurait tous mérité au moins une étoile. Quant à la salle elle était constamment remplie au moins au deux tiers, le succès n’a jamais cessé. Alors pourquoi cette sanction ? Tout simplement parce que le guide rouge ce n’est pas le guide vert, qui décrit le patrimoine et les monuments historiques. Le rouge c’est un guide de la gastronomie contemporaine, et pour garder ses trois étoiles il faut innover et rester en première ligne.

Comme l’écrit le Figaro ce matin : «  Le directeur , Vincent Le Roux, conscient que le péril rôdait de plus en plus ouvertement, a bien tenté de calmer les inspecteurs du guide en lançant le concept de «tradition en mouvement». Mais un slogan ne se mange pas. »

La douloureuse.

Cela dit rien ne vous empêche si vous passez d’aller visiter ce qui restera une institution… Avec prudence néanmoins, car si les plats sont désormais un peu surannés, les prix eux, sont tout à fait contemporains.

 

( Menu deux plats à partir de 180 euros par personne… soupe VGE 95 euros … loup sauce Choron 185 euros pour deux …etc…)

Charlie dénonce les nouvelles censures.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 janvier 2020 08h58 | 6 commentaires

Il y a 5 ans Charlie Hebdo était victime d’une attaque meurtrière qui a décimé sa rédaction. Dans les jours qui ont suivi un immense mouvement de solidarité s’est rassemblé sous le slogan «  je suis Charlie ». 5 ans après faut-il toujours être Charlie ?

 

 

Oui, il faut être Charlie plus que jamais, car c’est plus que jamais nécessaire ! On se souvient de la grand marche du 11 janvier qui avait rassemblé plus de 1 million de personnes dans les rues de Paris, avec au premier rang 44 chefs d’Etat et de gouvernement. Cette marche c’était un hommage rendu aux victimes de Charlie et de l’ « Hyper casher », mais c’était aussi une mobilisation au nom de la liberté d’expression. C’est le sens de cette formule « Je suis Charlie » inventée et tweetée à peine plus d’une heure après l’attentat par Joachim Roncin, directeur artistique du magazine stylist.

Tous Charlie.

Le 11 janvier tout le monde était Charlie. Ca ne voulait pas dire que tout le monde partageait le style et les idées de Charlie, mais ça voulait que Charlie avait le droit d’exister et d’user au maximum de sa liberté d’expression. Or 5 ans après la liberté de la presse et la liberté tout court n’ont jamais été aussi combattues. C’est ce que dénonce le numéro spécial de Charlie dont le titre est « Nouvelles censures, nouvelles dictatures ». On y voit en couverture un smartphone géant qui écrase la langue et les bras d’un dessinateur. Dans son éditorial, le directeur de la rédaction, Riss, explique pourquoi le combat du journal ne s’est pas simplifié depuis 5 ans, bien au contraire.

« Nouveaux censeurs »

« Hier, ( écrit Riss) on disait merde à Dieu, à l’armée, à l’Église, à l’État. Aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blagueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école », qualifiés de  « nouveaux gourous de la pensée formatée ». « Aujourd’hui, le politiquement correct nous impose des orthographes genrées, nous déconseille d’employer des mots supposés dérangeants, nous demande de ne plus manger ceci ou de ne plus fumer cela. Dans notre intérêt, bien évidemment (…) », ajoute-t-il, fustigeant les « nouveaux censeurs » qui « se croient les rois du monde derrière le clavier de leur smartphone ». « Les flammes de l’enfer d’autrefois ont laissé la place aux tweets délateurs de maintenant. » 

Le devoir de déranger.

Il est vrai qu’aujourd’hui que vous soyez caricaturiste ou journaliste si vous sortez d’un certain « politiquement correct » vous pouvez vous faire crucifier sur internet en quelque minutes. C’est ainsi qu’en juin 2019 le prestigieux New York Times a décidé de ne plus publier de caricature. Or comme le dit Riss, si l’on doit ne publier que des gentils dessins qui font plaisir à tout le monde ça ne sert à rien…Pour les articles et les reportages c’est pareil. Ce matin je pense à Cabu… Cabu le dessinateur l’une des 12 victimes cimes des frères Kouachi. Cabu dessinait aussi dans le « Canard enchaîné », le canard dont la devise est

« La liberté de la presse ne s’use que quand on en s’en sert pas. »

 

Années 20 ? Années folles !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 6 janvier 2020 11h30 | Ajouter un commentaire

L’année est désormais bien entamée, la décennie également. Nous sommes entrés dans les années 20, ce qui provoque chez moi un peu de nostalgie.

Louise Brooks la « garçonne » par excellence.

 

Si vous êtes né en l’an 2000, les années 20 resteront les années de vos 20 ans et je vous les souhaite riches et heureuses. Mais pour ceux qui comme moi sont nés au mitan du 20ème siècle les années 20, c’est autre chose. C’est en fait la première décennie dont la modernité un siècle plus tard, peut encore nous parler. En 1920 on est loin de la belle époque de 1900, la véritable boucherie que fut la guerre de 14 est passée par là et les jeunes générations ont besoin de liberté, d’espoir, de rêve distraction. Les années 1920 ont été surnommées les années folles, pour l’explosion des arts et de la musique, mais aussi la diffusion dans le grand public de technologies tel que l’automobile, le téléphone ( déjà ancien) , la radio, l’électroménager, et dans une moindre mesure l’avion…

Le jazz et les garçonnes.

Les années 20 ce sont les années du jazz et du charleston, les années de Louis Armstrong et de Joséphine Baker. Côté mode les jupes raccourcissent et les corsets disparaissent sous l’impulsion notamment de Coco chanel. Les femmes vont porter les cheveux court , on les surnommera les garçonnes, et leur icone sera l‘actrice américaine Louise Brooks. Le cinéma connait sa première révolution majeure en 1927 avec l’apparition du parlant…marquant la disparition progressive de grandes pantomimes de Charlie Chaplin, Harold Lloyd ou Buster Keaton. Les hommes portent des borsalinos, les riches roulent en Bugatti ou en Hispano… ils dilapident leurs fortunes à Monte Carlo c’est le temps de Gaby le magnifique.

Ca commence bien, ça se termine mal…

Les premières années sont très prospères économiquement, en Belgique ou en France la croissance dépasse les 5%. On commence à voter les premières de sois sociales même si la condition ouvrière reste proche du 19 me siècle notamment dans les mines. En 1922 le belge George Simenon s’installe à Paris et publie ses premier romans, il connait se premiers succès, même si le commissaire Maigret n’apparaitra qu’en 1931. Son compatriote Hergé crée Tintin en 1929, et l’envoie aussitôt au pays des Soviets. Aux Etats Unis c’est la prohibition, et la maffia surfe sur le trafic d’alcool. C’est la part d’ombre des années 20 qui sont aussi celles d’Al Capone à Chicago et de Mussolini qui arrive au pouvoir en Italie en 1922, préfigurant les régimes fasciste de la décennie suivante.

Jeudi noir.

Les années folles se terminent mal à New York en Octobre 1929, avec le krach boursier de Wall street, provoquant une crise économique majeure, qui ne s’éteindra vraiment Qu’avec la seconde guerre mondiale.

Comparaison n’est pas raison.Un siècle nous sépare désormais de l’univers de Scott Fitzgerald… Nous verrons ce que seront nos années 20 …folles ? Peut-être ?…Passionnantes ? Qui sait ?

A nous d’en décider !

 

Matzneff : pourquoi cette tolérance?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 30 décembre 2019 14h02 | Ajouter un commentaire

Le débat fait toujours rage en France autour de la personnalité de Gabriel Matzneff cet écrivain pédophile très célèbre dans les années 70-80. Comment peut-on expliquer l’impunité dont il a bénéficié à l’époque ?

Gabriel Matzneff et Denise Bombardier à Apostrophe

 

Les images tournent en boucle sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, ( 900 000 vues) c’est  un extrait d’Apostrophe la célébré émission littéraire en 1990. On y voit Bernard Pivot interroger sur un ton badin Gabriel Matzneff…  il lui demande « Pourquoi vous êtes-vous spécialisé dans les lycéennes et les minettes ? ». Matzneff comme à son habitude vient de revendiquer le droit pour les adultes comme lui d’avoir des relations  sexuelles avec des filles et des garçons de moins de 16 ans.  Les autres invités participent  de cette légèreté de ton, sauf une la québécoise Denise Bombardier, qui traite Matzneff d’individu pitoyable, le comparant aux vieux messieurs qui attirent les petits garçons avec des bonbons, et qui conclut en disant que s’il n’était pas une vedette de la littérature il aurait à répondre de ces fiat devant la justice. A l’époque toute la caste intellectuelle parisienne s’était moquée de Denise Bombardier, qualifiée notamment de « mal baisée ».

Pivot dans l’embarras.

C’est bien entendu elle qui avait raison et désormais chacun fait amende honorable. Bernard Pivot qui a quand même invité 6 fois Matzneff à Apostrophe expliquant dans un tweet : Dans les années 70 et 80, la littérature passait avant la morale; aujourd’hui, la morale passe avant la littérature. Moralement, c’est un progrès. Nous sommes plus ou moins les produits intellectuels et moraux d’un pays et, surtout, d’une époque.

Voie là l’explication qu’on entend le plus souvent : « c’était une autre époque… » comme dirait Cyrano « c’est un peu court vieil homme ». L’époque n’explique pas tout, depuis le ordonnances de 1945, il est interdit en France d’avoir des relations sexuelles avec un enfant de moins de 15 ans, même s’il est consentant. La sortie programmée du livre « Le consentement », de l’éditrice Vanessa Springero, une des adolescentes séduites par Matzneff à 13 ans quand il en avait 50, a mis le débat sur la table. pourquoi cette tolérance à l’époque ? Tolérance soutenue par des intellectuels comme Jean Paul Sartre ou Michel Foucault.

Un « vertige commun » post 68.

Le, journal libération tente ce matin une explication. A l’époque dans certains milieux issus de la mouvance de 68, toute loi à caractère moral était considérée comme une oppression au service de la société capitaliste. On voulait la libération des mœurs, l’émancipation des femmes, l’égalité pour les homosexuels mais aussi pour les pédophiles. Ce journal lui-même a publié des textes allant dans ce sens jusque dans les années 80. Il s’en est expliqué en 2001 dans un papier signé Sorj Chalandon , qui évoque un « vertige commun » dans la foulée du « il est interdit d’interdire » soixante-huitard.

Oui les temps ont changé, tant mieux, et aujourd’hui Gabriel Matzneff, comme le disait Denise Bombarbier, devrait répondre de se sectes devant la justice.

 

Extrait d’Apostrophe :

https://www.youtube.com/watch?v=H0LQiv7x4xs