Pratique

Tout ce qu’il faut savoir sur le nouveau Windows 10

Par Mathieu Tamigniau dans Pratique, Test , le 30 juillet 2015 08h36 | Ajouter un commentaire

Alors qu’elle est disponible au téléchargement gratuitement depuis ce mercredi matin, la dernière version du célèbre système d’exploitation pour ordinateur (et désormais pour tablette et smartphone), baptisée Windows 10, a été essayée durant un mois par RTL info. Nous avons également rencontré le responsable de son lancement, qui nous a dit qu’il s’agissait « du meilleur de Windows 7 et de Windows 8″. Alors, promesse tenue ?

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Microsoft connait un nouveau tournant déterminant dans sa tentative de (re)séduction du grand public. Après avoir profité d’une situation de quasi-monopole sur nos outils informatiques jusqu’à la fin des années 2000, Windows n’est plus le système d’exploitation le plus populaire.

La faute à l’explosion de l’usage des appareils mobiles (smartphones, tablettes et autres objets connectés), qui a fait d’Android, utilisé par la plupart des grands fabricants, le système d’exploitation le plus vendu dans le monde (même si Windows 7 reste l’OS le plus utilisé pour aller sur internet, par exemple).

L’ordinateur (portable et de bureau) est cependant très loin d’avoir dit son dernier mot. Au travail ou à la maison, la plupart des gens utilisent toujours un PC, que ce soit pour jouir d’un espace de travail plus grand avec un clavier et une souris, ou simplement pour avoir davantage de souplesse dans l’installation de logiciel ou les options de connectivité.
Windows 8 n’a pas convaincu

Les ordinateurs ont donc survécu aux tablettes, même s’ils n’ont pas été aidés par Windows 8, sorti en 2012. Microsoft a été un peu trop vite à l’époque, tentant d’imposer une interface conçue pour un usage tactile. Aussi jolie et intéressante fut-elle, elle n’a pas convaincu la majorité des utilisateurs en trois ans d’existence.

D’abord parce que les fabricants et le grand public n’ont pas été aussi enthousiastes que le géant du logiciel: les grands ordinateurs portables traditionnels, surtout en Belgique, ont continué à se vendre nettement mieux que les nouveaux modèles hybrides ou « 2 en 1″ (l’écran pouvant se détacher et devenir une tablette).

Du coup, et c’est la deuxième raison de l’échec de Windows 8, les utilisateurs ont été décontenancés par une double interface (les grosses tuiles conçues pour un écran tactile qu’ils n’avaient pas, et la version traditionnelle du bureau) pour le moins délicate à appréhender. Les allers-retours incessants entre les deux interfaces n’avaient – et n’ont toujours – aucun sens en termes d’efficacité et d’homogénéité de l’expérience utilisateur. Or, avec son iPhone lancé en 2007, Apple avait justement mis cette expérience utilisateur au centre de son iOS, le rendant simple, accessible et « intuitif ». Avec le succès qu’on lui connait.
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Windows 10 devrait (enfin) nous réconcilier

Le relatif échec de Windows 8 devrait être gommé par la sortie (gratuite, voir plus bas) de Windows 10, disponible au téléchargement depuis ce mercredi 29 juillet.

Afin de vous faire découvrir la nouvelle version du système d’exploitation de Microsoft, nous avons testé un ordinateur équipé de l’une des dernières « preview », après avoir assisté à son lancement sa présentation à la presse il y a quelques jours.

Windows 10 « réunit le meilleur de Windows 7 et de Windows 8« , nous a expliqué Jean-Benoit Van Bunnen, responsable des produits Windows au sein de Microsoft Belux.

C’est en effet ce qu’on est tenté de dire après quelques minutes d’utilisation. Premier soulagement: la double interface a disparu. Il y a un écran principal, qui n’est autre que le bon vieux « bureau » avec sa barre des tâches. Cette double interface impliquait également la présence de deux versions différentes d’Internet Explorer, autre symbole de confusion. Tout cela est de l’histoire ancienne.

Deuxième soulagement: le menu « démarrer » fait son retour. Mais il a bien changé. Forcément: il intègre (ou pas, c’est à vous de le configurer à votre guise) les tuiles colorées et dynamiques que l’interface moderne de Windows 8 a tenté d’imposer. Si vous aimez ça, vous aurez donc un immense menu démarrer qui occupera l’ensemble de votre bureau… Si vous n’aimez pas, vous aurez un menu démarrer plutôt classique, bien que largement remanié au niveau du design et des fonctionnalités. Microsoft le reconnait: « Les Belge adorent les gros ordinateurs portables de 17 pouces, avec pavé numérique. Pour eux, Windows 10 aura un écran principal assez similaire à Windows 7« , ce qui va plaire à des milliers d’utilisateurs…

Jean-Benoit Van Bunnen tient également à rassurer ceux qui possèdent des PC sous Windows 7 ou 8. « La mise-à-jour vers Windows 10 est gratuite, et on encourage les gens à le faire, même sur des machines plus anciennes. Il faut aller voir dans la boite de dialogue qui s’ouvre lorsqu’on clique sur l’icône de mise-à-jour, en bas à droite du bureau. De plus, il n’y a que très peu de matériel ou de logiciel qui pourraient ne pas fonctionner avec Windows 10. Un test de compatibilité sera effectué avant de commencer la mise-à-jour qui se fera en toute transparence: personne ne perdra de données« .
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Quelles sont les principales nouveautés ?

La fin de la double interface et le retour d’un menu démarrer largement revisité sont les deux principales nouveautés de Windows 10, une version qui marque un changement dans la stratégie de Microsoft car elle sera mise-à-jour continuellement (ce qui justifie peut-être le saut de Windows 8 à 10). « L’OS va s’améliorer tout le temps. Et il ne s’agira pas uniquement de mises-à-jour de sécurité et de correctifs… On va offrir régulièrement de nouvelles fonctionnalités« , a-t-on appris lors de la présentation au Microsoft Executive Briefing Center de Bruxelles.

Mais il y a bien entendu d’autres nouveautés qui valent la peine d’être mises en avant.

L’une des plus intéressantes, mais qui demandera quelques tests pour en approuver l’efficacité, c’est le côté « multiplateforme » de Windows 10, qui équipera également les smartphones, dans une version qu’on nous promet pratiquement identique. Selon notre présentateur du jour, « on pourra faire tourner les mêmes applications sur les différentes plateformes« . Lors de la démo, on a aperçu une synchronisation entre l’application Mail : on pourrait donc commencer un email dans le métro avec son smartphone sous Windows 10 (dans un premier temps les nouveaux Lumia de Microsoft, issus du rachat de Nokia), et le terminer chez soi sur son ordinateur ou sa tablette tournant également sous Windows 10. Reste à voir si et comment les développeurs d’applications utiliseront ce (gros) potentiel.

On a également aperçu Cortana, le nouvel assistant personnel de Windows 10, dont le nom est issu d’un personnage féminin de Halo, le célèbre jeu vidéo de Microsoft sur Xbox et PC. « Elle sait ce que je fais, et qui je suis. En disant simplement, ‘Hey Cortana’, on peut lui poser tout sorte de questions« . Cela fonctionne à peu près comme le Siri d’Apple, avec un langage naturel. Un exemple assez sympa tirait profit du côté multiplateforme de Windows 10. « Je peux demander à Cortana de me rappeler de dire à mon frère d’acheter des fleurs pour notre mère, la prochaine fois qu’il me téléphone« .

Lorsqu’on effleure le côté droit de l’écran de l’extérieur vers l’intérieur, on fait apparaitre un nouveau centre de notifications et de gestion des paramètres, qui fait penser à ce que l’on voit sur les smartphones. Assez pratique, il affiche des notifications paramétrables issues des applications internes ou téléchargées via le Store de Windows (voir plus bas). On peut également activer ou désactiver plusieurs options.

Parmi les options, il y a le « mode tablette« . En réalité, Windows 10 est devenu malin: il reconnait le type d’ordinateur que vous utilisez, et ses capacités à se transformer en tablette. Dès lors, si vous déclipsez l’écran de votre « 2 en 1″, ou si vous retournez l’écran de votre portable « 360 » pour le mettre en mode chevalet, le système d’exploitation le sait et active le mode « tablette ». On a l’impression alors de retrouver le Windows 8 dans sa version moderne, avec toutes les tuiles dynamiques et colorées que vous avez configurées dans votre menu démarrer, mais qui apparaissent en plein écran. Windows bascule automatiquement vers ce mode dans certaines conditions, mais pouvez également l’activer ou le désactiver via le menu rapide des réglages.

Windows Hello est une option de (dé)verrouillage visuel très pratique, grâce à la reconnaissance faciale. La fonction existe déjà sur certains smartphones Android, mais elle n’est pas toujours très performante. Le test auquel nous avons eu droit avec Windows 10 était impressionnant: en un éclair, l’ordinateur s’est déverrouillé dès que notre orateur a regardé l’écran. Une dizaine d’ordinateurs seront compatibles lors du lancement, mais on imagine que ce sera rapidement la norme.

La taille des menus contextuels et des boutons des fenêtres d’application (fermer, agrandir, etc) s’adapte à la manière avec laquelle vous utilisez Windows 10: avec une souris et un clavier, un stylet ou le doigt. Une chose essentielle pour un OS qui se veut utilisable aussi bien sur une tablette que sur un portable.

Certaines applications de Windows, comme Mail, prouvent que Windows 10 est bien multiplateforme. Elle s’adapte en fonction de la taille que vous octroyez à la fenêtre. Les menus et les boutons sont plus ou moins gros selon la largeur de la fenêtre. Réduite au minimum, l’application Mail ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Windows 10 pour smartphone. Cela fait penser à certains sites web qui s’adaptent à la taille de l’écran (smartphone, tablette, ordinateur), afin d’être toujours facilement utilisables. C’est ce qu’on appelle le « responsive design ».

Avec la fonction « Snap« , il est à nouveau possible d’ajuster automatiquement et rapidement la taille de deux fenêtres afin qu’elles occupent chacune 50% de votre bureau. Le but étant de pouvoir écrire un document Word tout en regardant une feuille de calcul Excel, par exemple. Une fonction qui existait sous Windows Vista mais qui avait disparu avec Windows 7. Vous pouvez ainsi afficher facilement jusqu’à 4 fenêtres sans perdre de temps à les redimensionner et à les placer.

L’option « Task View » se veut être un « Alt-Tab » plus moderne. Ce bouton présent dans la barre des tâches, et qui peut aussi être lancé en appuyant sur les touches Windows puis Tab sur le clavier, permet d’afficher les applications ouvertes en cours, et de passer de l’une à l’autre. Cela permet également de créer et de naviguer entre plusieurs « espaces de travail », des bureaux que vous pouvez assigner à certaines tâches, par exemple (privé, loisir, travail, etc).

Il y a également le nouveau navigateur internet de Microsoft, baptisé « Edge« . Il ne remplace pas totalement Internet Explorer, toujours disponible sous Windows 10, mais c’est le browser par défaut du nouvel OS. Une de ses fonctionnalités originales est un mode de lecture intelligent, qui nous a cependant semblé un peu perturbant lors de notre essai: il y a des zooms et des dézooms assez fréquents lorsque vous parcourez un article avec du texte.

Enfin, et même si nous n’avons pas pu l’essayer, il y a le principe de « Universal Windows Plateform », qui permet de connecter un clavier et une souris en Bluetooth à un smartphone Windows 10, et de le relier à une télévision, le transformant, grâce à l’ajustement de la taille des applications, en un véritable ordinateur. Nous avons vu une démo avec une feuille de calcul Excel, et elle démontre un certain potentiel.

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Conclusion

Après quelques heures d’utilisation, et la rencontre avec les responsables belges de Microsoft, le verdict est sans appel: il n’y a que des avantages à télécharger Windows 10 gratuitement si vous avez un ordinateur sous Windows 7 ou Windows 8.

Le slogan fleure bon le marketing de bas étage, mais il est pourtant vrai: « Windows 10 offre le meilleur de Windows 7 et de Windows 8« . On retrouve effectivement l’espace de travail traditionnel de Windows 7, avec un menu démarrer et des icônes d’application. Mais en ouvrant ce menu démarrer, on peut, si on le souhaite, se configurer un genre de deuxième bureau, issu lui de l’interface moderne de tuiles dynamiques que Microsoft a tenté d’imposer avec Windows 8.

Les défauts de Windows 8 (principalement: la double interface très peu pratique) sont gommés, mais les tuiles colorées et affichant du contenu en permanence sont conservées ; tandis que l’interface « traditionnelle » de Windows 7 est complètement revue et agrémentée de nombreuses et nouvelles fonctionnalités très intéressantes.

Reste un point que nous avions volontairement oublié: le « Store » de Windows, ce magasin d’applications apparu sous Windows 8, mais qui n’a jamais connu un franc succès. Il est toujours présent et… toujours aussi perturbant. Surtout parce qu’il est destiné avant tout à l’interface dite « moderne » et donc tactile, lourd héritage de Windows 8. C’est grâce aux applications issues de ce Store que vous pourrez configurer des tuiles dynamiques sur votre menu démarrer. Or Windows 10, c’est plus que probable, sera principalement utilisé de manière traditionnelle, avec un clavier et une souris. Dès lors, ces applications n’auront pas grand intérêt. Celle de Facebook est symptomatique: elle est lente et a nettement moins de fonctionnalités que le site facebook.com. Elle n’a donc aucun avantage, sauf si vous êtes sur une tablette (et encore, il est possible d’appuyer sur les boutons via le navigateur…). Pour les autres applications, il en va parfois de même, comme les lecteurs vidéos: autant télécharger un bon vieux .exe de VLC plutôt que de se perdre sur les nombreuses mais étranges applications vidéos du Store de Windows. Il reste bien quelques jeux amusants et gratuits pour le tactile, mais laissons ça aux smartphones. Le Store va sans doute évoluer avec le déploiement qu’on imagine rapide (car gratuit…) de Windows 10, mais dans un premier temps, oubliez-le…

 

Voici le meilleur moyen de transformer votre tablette en outil de travail !

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 24 avril 2015 16h03 | Ajouter un commentaire

Il n’y a rien de plus agaçant que d’essayer d’écrire un texte (email, document Word, etc) sur une tablette. Trop grandes ou mal placées, les touches tactiles ne sont jamais pratiques à utiliser, sans oublier que le clavier occupe la moitié de l’écran ! Le fabricant suisse Logitech vient de sortir un clavier portable et compacte, compatible Android et Windows. Nous l’avons essayé.

l1Une fois n’est pas coutume, nous écrivons cet article sur un petit clavier portable, compatible avec les appareils sous Android (tablettes et smartphones) et Windows (tablettes, ordinateurs, smartphones).

Il s’agit d’un clavier belge avec batterie intégrée (elle se recharge en 2,5 heures), et qui se relie en Bluetooth aux dispositifs compatibles. Et vous l’avez compris, ils sont assez nombreux.

Le « Keys-to-go » du fabricant suisse Logitech se définit comme un « clavier ultra-portable », ce qui explique sa taille ridicule: une longueur d’à peine 24 cm, et une largeur de 14 cm (dont 3 ne sont pas dédiés à la frappe car la batterie s’y trouve on présume).

l2Un excellent rapport confort / encombrement

Malgré sa taille de guêpe, et contrairement à de nombreux claviers pour tablettes que nous avons déjà pu essayer, le Keys-to-go est étonnamment facile à utiliser. Il bénéficie d’un revêtement baptisé « FrabicSkin », résistant à l’eau et aux tâches: il sera facile à nettoyer.

Il est assez lisse mais suffisamment rugueux que pour permettre une bonne frappe. Les touches ne ressortent pas mais s’enfoncent de quelques millimètres: ça n’a l’air de rien mais à l’usage, c’est amplement suffisant et après quelques secondes, on retrouve les mêmes réflex qu’un clavier classique.

Il n’y a pas de « trackpad », ou de zone tactile pour la souris. C’est plutôt normal, Android n’est pas prévu pour ça et le clavier se contente du service minimum pour rester très compact.

De toute façon, sur des dispositifs tactiles tels que des tablettes ou des smartphones, l’usage d’un pointeur est plutôt délicat.

l3Conclusion

Le Keys-to-go de Logitech devient vite indispensable à tous ceux qui doivent travailler sur une tablette (ou un grand smartphone, mais c’est plus rare), ou simplement ceux qui écrivent beaucoup d’emails. Quelques secondes d’utilisation suffisent pour taper correctement: à la fin de cet article, nous ne faisions déjà plus de mauvaises frappes. C’est sa grande force, car c’est une prouesse de garder une telle ergonomie dans un format si compacte, qui vous permet de l’emmener partout.

L’autonomie est de trois mois en usage (chiffres de Logitech). Il se recharge à l’aide d’un petit câble micro-USB fourni (à brancher à un transfo non fourni ou à un ordinateur), et est livré avec un support pour maintenir dans la bonne position la plupart des smartphones.

Seul bémol: un prix assez élevé: 59€ pour un petit clavier sans fil, ça n’est pas rien…

Sachez enfin qu’une version iOS existe déjà depuis quelques temps.

On a testé la réparation de smartphone à domicile

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 26 mars 2015 09h29 | Ajouter un commentaire

Changer l’écran de son téléphone plutôt que d’aller en acheter un nouveau: vous êtes de plus en nombreux à le faire. Les boutiques se multiplient et pour se démarquer, une enseigne a décidé de réparer votre smartphone… chez vous. J’ai testé le concept pour vous.

t1Cela fait très longtemps que la plupart des gens changent de téléphone portable en moyenne tous les deux ans. Une batterie qui s’essouffle, un écran griffé, un gros coup dans le coin après une chute, une interface trop lente… les problèmes ne manquent pas.

Pour le « téléphone lent », il n’y a hélas pas grand-chose à faire : les systèmes d’exploitation et les applications se mettent très souvent à jour, pour exploiter l’évolution technique des nouveaux modèles, plus puissants et/ou avec plus de fonctionnalité. On n’arrête pas le progrès (même si parfois on aurait bien envie…)

Vous êtes de plus en plus nombreux à réparer

En revanche, pour les autres soucis que rencontrent de nombreux smartphones, il est possible de faire quelque chose pour éviter de le remplacer. Un principe très simple, finalement, qui s’appliquait à tous nos appareils il y a une vingtaine d’années: les faire réparer !

Ça n’est pas nouveau, mais visiblement les Belges se de plus en plus disposés à le faire. Le magasin iFixTech, qui ne comptait à l’origine qu’un seul réparateur (son fondateur…), a désormais plusieurs employés et a même investi dans des machines pour fabriquer lui-même la « vitre » qui compose les écrans.

« Cela a grandement réduit le coût des pièces, et donc la facture finale pour le client », nous a expliqué Jeremy Golender, qui nous a rendu une petite visite un peu particulière.

t2Un service à domicile

En effet, après un premier magasin à Overijse et un second Avenue Louise à Bruxelles, la petite société a lancé un nouveau service il y a quelques mois: la réparation de smartphone à domicile. Nous l’avons testée pour vous !

La première étape est de remplir un formulaire sur le site iFixTech.be, ou d’appeler la boutique (il sera bientôt possible de le faire via une application). Il faut expliquer le problème, donner ses disponibilités, etc…

Ensuite, un rendez-vous est fixé, et un technicien vous rend une petite visite. Il se déplace avec une voiture bien reconnaissable (surmontée d’un grand smartphone…), des petits outils et un grand buvard pour ne pas salir votre table et ni perdre de petites pièces.

S’il s’agit d’un simple remplacement d’écran cassé, cela peut aller très vite. Nous avons testé le service de réparation à domicile avec un Nokia Lumia 1020 complètement mort, tombé sur l’écran et qui ne réagissait plus à rien. La vitre était brisée sur toute sa surface.

« C’est souvent uniquement l’écran. Parfois, on peut se contenter de remplacer la vitre, le reste des composants étant encore fonctionnel. Mais ce n’est pas le cas avec tous les smartphones ».

t3Seulement 10 minutes

Dix minutes (et une dizaine de manipulations délicates) plus tard, l’appareil démonté puis remonté avec un nouvel écran se réveille. Ce n’était donc que ça… Test réussi !

Jusqu’à présent, « ce sont surtout les entreprises qui sont intéressées par ce service à domicile, qui est par ailleurs très répandu dans d’autres pays », selon Jeremy.

La facture dans notre cas s’élevait à 200€, hors frais de déplacement. Mais ce sont surtout les pièces de notre écran qui coutaient cher. A titre d’exemple, une telle réparation pour un iPhone 4/4S ne coûte plus que 65€ (alors qu’il fallait compter 140€ il y a deux ans).

Un forfait de 15 euros pour les déplacements

Le déplacement est facturé 15 euros au particulier, mais pour les entreprises, « nous envisagerons peut être un service à domicile gratuit en fonction du nombre d’appareils à réparer ».

L’avantage de la réparation à domicile ? Le gain de temps. Si vous allez en boutique avec votre appareil cassé, il n’y aura peut-être aucun technicien disponible pour le réparer directement. Vous devrez soit attendre, soit revenir le chercher quelques heures plus tard.

Or, être séparé si longtemps de son smartphone, c’est… difficile pour certains.

FixMeStick: la clé USB de la dernière chance pour réanimer votre PC

Par Mathieu Tamigniau dans Pratique, Test , le 19 mars 2015 16h15 | Ajouter un commentaire

f1FixMeStick pourrait devenir votre clé USB préférée: elle est capable de débarrasser votre ordinateur de tous ses virus dans devoir lancer Windows, souvent paralysé par ces logiciels malveillants.

C’est le mal du 21e siècle: des milliers de personnes, pour ne pas dire des millions, sont victimes chaque jour de l’infection… de leur ordinateur.

Certains vont même jusqu’à en acheter un autre, pensant que tout est perdu, que leur machine est trop lente parce qu’elle a « déjà » 4 ans. Souvent, c’est à cause de la présence de virus, ou plutôt de logiciels malveillants au sens large, qui monopolisent les ressources de l’ordinateur pour en analyser le contenu, transmettre des informations à des serveurs, lancer des fenêtres ‘pop-up’.

Dans la plupart des cas, ces ‘malwares’ sont tellement envahissants qu’ils paralysent les ordinateurs moins récents (et donc moins puissants), rendant également inutilisables les logiciels antivirus.

Impossible de scanner le disque dur, et donc d’isoler ces petits logiciels pour les empêcher de nuire.

Un antivirus qui n’a pas besoin de Windows !

Dans ces cas les plus désespérés, il devient alors nécessaire de réinstaller complètement Windows. Un processus long qui entraîne la perte de données personnelles… pour autant qu’on puisse retrouver le CD d’origine (ce qui pour la plupart des gens et un casse-tête).

Mais il y a une alternative, et elle permettra même conserver toutes les données personnelles: le FixMeStick. Il s’agit d’une clé USB qui contient plusieurs logiciels de sécurité (Kaspersky, Sophos et Vipre), et qui le gros avantage de tourner sous son propre système d’exploitation.

L’ordinateur n’a donc pas besoin de démarrer Windows (ou Mac OS) pour faire tourner les antivirus. Il démarre le propre OS du stick USB, une interface assez simplifiée qui vous permet d’analyser le disque dur, de repérer les logiciels malveillants et de les empêcher de nuire.

De plus, cela empêche les virus et autres spyware d’être actifs, car ils se lancent automatiquement au démarrage de Windows.

F2Et dans la pratique ?

Voilà pour la théorie. Nous sommes passés à la pratique en essayant de redonner vie à un ‘vieil’ ordinateur portable sous Windows Vista, qui mettait environ 10 minutes à démarrer, pour être ensuite pratiquement inutilisable. Nous avions auparavant essayé de supprimer les logiciels suspects et de faire tourner un antivirus, mais l’ordinateur se paralysait au bout de quelques tentatives.

Dans un premier temps, vue la lenteur de la machine, nous avons essayé la manière forte: forcer le démarrage immédiat à partir de la clé USB, en appuyant sur F8, F9, F10, F11 ou F12 juste après avoir allumé l’ordinateur.

Des options de démarrage ont fini par apparaître, mais jamais la possibilité de lancer immédiatement l’OS du stick USB. Une opération plus délicate, sans doute réservé aux experts.

Un peu de patience

Nous avons dès lors suivi la procédure standard: démarrer Windows normalement, puis dès que possible lancer le fichier « FixMeStick.exe » présent sur la clé USB. Comme l’ordinateur était très lent, cela a pris 15 bonnes minutes avant que le petit programme s’exécute.

Il a alors redémarré l’ordinateur dans le mode adéquat, à savoir l’OS du stick USB, qui a dès lors pu faire son job comme promis.

Après deux bonnes heures, le scan minutieux était terminé, et les (très nombreux) logiciels malveillants mis en quarantaine.

Quelques heures plus tard, l’ordinateur était mis à jour sans trop de souci, avec les dernières versions de Windows Vista, et à nouveau utilisable comme au premier jour (même si la batterie n’a plus que quelques minutes d’autonomie…).

Du bon travail, donc.

Le FixMeStick est dispo sur internet et chez Vandenborre au prix recommandé de 59€. Cependant, les antivirus qu’il contient seront véritablement efficaces durant 1 an: après, il faudra payer pour les maintenir à jour.

Ce petit appareil ne servira donc peut-être qu’une seule fois, mais cela vous évitera d’acheter un nouvel ordinateur ou de faire appel à un professionnel pour récupérer vos données privées.

On a testé la tablette avec projecteur intégré de Lenovo

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Pratique, Test , le 17 février 2015 18h41 | Ajouter un commentaire

Les constructeurs de tablettes Android, qui inondent le marché avec des prix et des qualités très variables, doivent redoubler d’originalité pour se démarquer. Le chinois Lenovo a choisi d’utiliser une grosse poignée dans laquelle il a insérer une béquille (pour multiplier les positions), une batterie et… un projecteur ! Tout cela n’est-il que de la poudre aux yeux ? RTL info a passé deux semaines avec la Yoga Tablet 2 Pro, environ 450€.

Même si le marché de la tablette, toujours largement dominé par Apple et son célèbre iPad, est en stagnation pour la première fois depuis 2010, cet outil reste un remplaçant partiel de nos outils informatiques.

Avec Android, le système d’exploitation de Google pour smartphone et tablette, tous les constructeurs peuvent proposer leur modèle, avec des prix, des qualités et des innovations qui vont du ridiculement mauvais à l’excellent.

De quoi s’amuser

Le constructeur chinois Lenovo, surtout connu chez nous pour ses ordinateurs portables, est au niveau mondial un grand fabricant de smartphone et de tablette. En attendant que les téléphones (ceux que nous avons pu manipuler sur des salons internationaux avaient un rapport qualité prix appréciable) débarquent sur notre continent, il faut se retourner vers les tablettes pour apprécier le sérieux de l’entreprise, qui prouve que le « Made in China » n’est plus (toujours) ce qu’il était.

Avec des marchés aussi gigantesques que la Chine et l’Inde, Lenovo a de l’argent à consacrer à la recherche et au développement. De quoi s’amuser à sortir des produits inédits, dont la Yoga Tablet 2 PRO, qui a l’originalité d’intégrer un petit projecteur, une béquille et une batterie dans sa poignée tubulaire.

Un projecteur, vraiment ?

Il va de soi que pour des raisons de coût, d’usage de la batterie et d’espace, la puissance de ce qu’on appelle un « pico-projecteur » est assez limitée. On parle de 30 à 40 lumens, ce qui n’est pas très lumineux.

L’image projetée est de 854 x 480 pixels (en-dessous de la HD, donc), ce qui est nettement moins que l’écran de la tablette: une dalle de 13,3 pouces (34 cm, c’est très grand…) affichant 2560 x 1440 pixels (au-dessus du Full HD).

Selon la documentation, la distance idéale de projection est de 2 mètres, ce qui permet d’avoir une image de 50 pouces (127 cm).

Il faudra dès lors une obscurité quasi-totale, vue la puissance limitée du projecteur. Et avec une telle taille, le manque de pixels se voit assez bien.

Comme vous l’imaginez, la luminosité faiblit proportionnellement à la distance de projection. Ce qui équivaut à dire: au plus sombre est la pièce, au plus loin sera la distance acceptable de projection, et au plus grande sera l’image.

Sachez qu’il est recommandé de sortir le pied intégré pour une position idéale de la tablette. Celle-ci utilise cependant un capteur pour connaitre l’inclinaison de l’appareil, et donc ajuster le « trapèze » de l’image en fonction (mais les résultats sont discutables, nous l’avons essayé).

Il y a également une toute petite molette d’ajustement de la netteté en fonction de la distance de projection, près de l’ampoule de projection. Mais elle n’est pas très précise.

Gadget ? Oui et non… Il faut le voir comme un pico-projecteur, qui n’a pas l’ambition d’être un home cinéma. Pour de photos et des vidéos, c’est franchement utile dans la pénombre. Pour un film entier, cela peut le faire, mais le positionnement de la tablette est délicat. Quant à la qualité de l’image, sachant que le projo est intégré dans la poignée d’une tablette à 450€, il n’y a pas de quoi se plaindre.

Et à part ça ?

Hormis cette fonction de projection inédite sur une tablette, la Yoga Tablet 2 Pro se distingue – et c’est pour ça qu’on l’appelle Yoga – par un éventail intéressant de positions disponibles.

Vous pouvez la tenir à la verticale, comme un journal, à l’aide de la protubérance tubulaire. C’est plutôt sympa pour des applications comme Facebook et Twitter, qui affichent un fil d’actualité continu. Mais comme elle est grande et que son format est très « 16:9″, c’est assez encombrant et lourd pour une seule main (1 kg).

L’idéal, selon nous, est la position « tilt », soit presque à plat, mais dont un côté est relevé par la béquille intégrée. Elle permet de travailler confortablement si vous devez taper un texte, même si à nouveau, vu le format 16:9, la place occupée par le clavier équivaut à la moitié de l’écran.
La position chevalet, soit debout mais reposant sur le pied réglable, est pratique pour regarder un film ou en faire un « cadre » pour montrer des photos ou des documents, sans devoir la tenir.

Autre nouveauté sur cette tablette: la position « accrochée », rendue possible grâce au trou dans le pied pivotant. Vous pouvez la suspendre à un crochet, un clou, etc. Un peu gadget mais ça peut servir…

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Un « vieil » Android ?

La Yoga Tablet 2 Pro tourne sous Android 4.4.2, une version sortie en décembre 2013. On est donc loin de Lollipop (Android 5.0) qui devient progressivement le nouveau standard pour les smartphones et les tablettes.

Mais le « vieil » Android a été largement remanié par Lenovo, qui a ajouté de nombreuses fonctions supplémentaires (deux applications ouvertes et affichées en même temps, un menu glissant dans le bas de l’écran avec les réglages, etc).

Ce n’est donc pas l’expérience ultime d’Android, mais pour le commun des mortels, c’est un détail.

Conclusion

La Yoga Tablet 2 Pro est avant tout une (très) grande tablette: 13,3 pouces. Ce qui permet de placer un bel écran lumineux et détaillé (2560 x 1440 pixels). Mais tout ça est gourmand en énergie, vous l’imaginez. Et vu qu’elle est équipée d’un processeur Intel Atom Z3745, moins puissant et plus énergivore que les puces plus récentes, la batterie n’est pas des plus durables.

La configuration est cependant sérieuse: 2 GB de RAM, un stockage interne de 32 GB (dont 6,5 GB utilisé par le système d’exploitation), extensible via microSD et un appareil photo convenable de 8MP.

Elle a deux signes distinctifs: tout d’abord un petit projecteur intégré dans la poignée, qui se rapproche plus d’un gadget vue sa puissance forcément contenue, mais qui reste utilisable dans l’obscurité. Pourquoi pas, après tout ?

Ensuite, il y a le nombre de positions rendues possibles grâce au pied intégré pivotant. La stabilité est au rendez-vous quel que soit le mode choisi, et c’est franchement une excellente idée.

Si ces deux caractéristiques vous branchent, foncez car le prix est contenu: on la trouve déjà à 450€ sur Amazon. Vous en aurez (largement) pour votre argent.

Nouvelles technologies: ce qu’il faut retenir du salon de Las Vegas

Par Mathieu Tamigniau dans Divers, Images et son, Mobilité, Pratique , le 12 janvier 2015 08h35 | Ajouter un commentaire

Le salon d’électronique grand public de Las Vegas, International CES, est déjà terminé. Voici 10 tendances à retenir de cette édition 2015:

Une télévision ultra-haute définition

Des écrans géants, incurvés pour une vision panoramique, et surtout toujours plus haute définition avec en particulier une poussée du format « 4K », de qualité quatre fois supérieure à la HD actuelle: les groupes d’électronique ont sorti les grands moyens pour convaincre les consommateurs de changer leurs téléviseurs.

Des voitures sans conducteur

Les grands constructeurs automobiles ont amené à Las Vegas des véhicules hyper-connectés, et n’ayant pour certains même plus besoin d’un conducteur.

Mention spéciale pour l’allemand Daimler et son prototype futuriste très poussé, totalement autonome avec un espace intérieur réinventé pour créer un salon roulant où l’on peut discuter, travailler ou se relaxer en tournant le dos à la route.
 
Des transports roulants écolos

A côté des voitures, un tas d’appareils légers, équipés de une à parfois cinq roues et inspirés du scooter, du segway, voire du skateboard et des patins à roulettes, sont venus au CES avec l’ambition de s’imposer comme un nouveau mode écologique de déplacement urbain.

Des drones partout
 
Le CES leur a pour la première fois consacré un espace dédié, preuve de l’usage croissant de ces mini appareils volants sans pilote embarqué, initialement à usage militaire mais qui trouvent des applications croissantes dans l’industrie, l’agriculture ou la vidéo.

Des « selfies » vus d’en haut

Marre de vous prendre en photo en tendant votre smartphone à bout de bras ? Prenez une autre perspective, celle des airs, en utilisant votre drone auto-suiveur pour faire votre « selfie ». Ou encore un « bras à selfie » télescopique, un accessoire qui a rencontré du succès parmi les visiteurs du salon.

La réalité devient virtuelle

Une autre perspective, c’est aussi ce que promettent des technologies toujours plus immersives. Avec des images et du son en trois dimensions plus vrais que nature, la création d’univers virtuels apparaît de moins en moins comme de la science-fiction.

L’un des sociétés phares du secteur, Oculus (Facebook), faisait tester au CES la dernière version de son casque prototype. Au-delà d’applications évidentes dans le cinéma et les jeux vidéo, certains imaginent déjà de s’en servir dans les communications, l’éducation, ou l’entraînement des militaires et des chirurgiens.

Des « coachs » connectés et vraiment portables

Les objets connectés ne se contentent plus de compter vos pas ou vos battements de coeur, ils donnent des conseils au sportif amateur et surveillent l’état de santé en connexion le cas échéant avec le médecin, avec l’espoir de jouer un rôle préventif.

Bracelets, montres, lunettes: l’électronique devient particulièrement prête-à-porter dans les « wearables », en plein essor. Mais elle cherche aussi de plus en plus à se faire oublier pour séduire au-delà des « geeks », avec des bracelets d’activité ressemblant à de vraies montres, ou des fils conducteurs tissés directement dans le textile.
 
La puce « bouton » d’Intel

Intel a présenté une nouvelle puce de la taille d’un bouton. Baptisée Curie, elle est censée lui permettre de se positionner dans les « wearables ».

Des robots plus humains

Plusieurs exposants montraient des robots d’assistance au CES. Mais la star a été Chihira Aico, la Japonaise plus vraie que nature de Toshiba dont le visage au grain de peau hyperréaliste offre les mêmes expressions faciales qu’un humain: elle chante, parle, sourit, cligne des yeux, et ambitionne d’aider les visiteurs des jeux Olympiques de 2020 à Tokyo.

Une maison connectée

Le CES a permis d’exposer un tas d’appareils et de dispositifs anticipant les besoins des habitants de la maison, de la sonnette qui observe les visiteurs approcher à l’électroménager qui détecte la présence.

(Avec AFP)

Cette application a permis d’ouvrir 10.000 boutiques en une nuit

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique , le 6 janvier 2015 17h18 | Ajouter un commentaire

Actuellement, la grande majorité du commerce en ligne s’effectue via un ordinateur. Mais à l’heure où le smartphone est en train d’accomplir de plus en plus de tâches de la vie de tous les jours, il se pourrait bien qu’il devienne le moyen de paiement numérique N.1 dans les mois (années?) à venir. Explications et interview d’un Belge impliqué dans un projet très ambitieux.

Un constat empêche tous les e-commerçants de dormir depuis plusieurs années: 70% des gens qui sélectionnent des produits sur des sites marchands comme Amazon.fr, ne valident pas leur panier.

La plupart des gens passent donc beaucoup de temps à chercher et choisir quelque chose qu’ils souhaitent acheter, mais pour différentes raisons, annulent tout lors du paiement. Indécision, manque de confiance dans les moyens de paiement du site (on hésite parfois à laisser trainer ses coordonnées bancaires), etc… Ou tout simplement, votre carte de crédit est dans votre portefeuille, et vous avez la flemme de vous lever pour aller la chercher.

Seuls les mastodontes du secteur, comme Amazon et Zalando (les deux plus importants webshops en Belgique, selon la récente publication BeShopping), peuvent se permettre d’avoir une application mobile et des structures informatiques suffisamment efficaces pour amener les gens à utiliser leur smartphone afin de trouver puis acheter effectivement des produits chez eux.

Pour les autres, il faut se contenter des 30% qui valident le panier…

 

Un intermédiaire puissant

Mais il y a peut-être une solution intelligente qui est en train de se mettre en place, et dont le potentiel est immense. Son nom: PowaTag. Son crédo: « Libre d’acheter où vous voulez, quand vous voulez ».

Le principe semble pourtant déjà vieux: un code QR (ces petits carrés noirs et blancs) scanné avec un smartphone lance une action, la plupart du temps un site web via le navigateur. En un sens, PowaTag est comme Apple: il prend un concept qui existe déjà, le repense complètement et le rend facile et agréable à utiliser.

L’idée de base est de servir d’intermédiaire entre l’acheteur potentiel et le magasin en ligne. Au lieu qu’un code QR vous renvoie vers le site web souvent mal foutu où vous devrez entrer votre adresse et les détails de votre carte de crédit, les « tags » de PowaTag se font à partir de l’application.

 

Pas de perte de temps

Et celle-ci ouvre directement la page du produit désiré. S’il s’agit d’un vêtement, il reste à choisir la taille et ensuite, on achète, toujours via l’application qui a enregistré lors de l’inscription votre adresse et les détails de votre carte de crédit.

« L’acheteur gagne beaucoup de temps. D’habitude, avec un code QR, on est envoyé sur un site marchand, où il faut s’inscrire et entrer de nombreuses données, toujours les mêmes en plus. Avec Powatag, tout est simplifié et transparent« , nous a expliqué Geert Berckmans, le Belge qui est responsable de l’entreprise pour l’Europe et le Moyen-Orient.

Et il s’agit bien d’un intermédiaire car le paiement se fait directement sur le compte du commerçant, l’application n’étant qu’une interface différente et simplifiée du site ciblé.

 

« Plus de 10.000 boutiques ouvertes en une nuit »

L’idée plait tellement aux distributeurs que la chaîne française « Comptoir des cotonniers », qui vend des vêtements et des accessoires de mode, a servi de projet pilote.

« Ils ont fait toute une campagne d’affichage ou chaque panneau dans la rue était une boutique. Leur slogan était : ‘Plus de 10.000 boutiques ouvertes en une nuit’. Car sur chaque publicité, il y avait des produits et des tags de PowaTag, qui permettaient aux clients qui scannaient d’acheter dans la rue, dans la station de métro, en quelques secondes. On a appelé cela le fastshopping ».

Les commerçants traditionnels n’ont donc visiblement pas peur de vider leur boutique pour envoyer tout le monde sur l’e-commerce… « Ils vivent avec leur temps, et constatent les habitudes changeantes des clients ».

 

Eduquer les gens

On a tous compris l’idée, et elle est bonne. Elle nous ferait indéniablement gagner du temps, « et pour les entreprises, c’est un incroyable moyen de collecter des statistiques sur ses clients (qui a acheté quoi, où, quand, comment) ».

Reste à convaincre les gens de télécharger l’application, et les commerçants d’utiliser le concept. Tout se met en place depuis quelques mois. « La télévision italienne RAI, par exemple, va faire la promotion pour nous auprès de leurs annonceurs ; et récemment, en France, Carrefour a utilisé notre système pour que les gens puissent faire un don au Telethon dans leur magasin – ça simplifie tellement la procédure pour ceux qui veulent donner« .

 

Conclusion

PowaTag est à la fois brillant et effrayant. Il facilite grandement le paiement via smartphone – des appareils de plus en plus utilisés – mais il surfe également, sans se cacher, sur notre propension à être des acheteurs compulsifs.

« Clairement, on joue sur l’impulse« , reconnait l’entreprise. C’est d’ailleurs son argument principal auprès des marques: il faut profiter de l’effet immédiat d’une publicité pour faire passer le consommateur à la caisse. On pousse donc à l’achat impulsif, celui qu’on regrette parfois quelques minutes plus tard. « Mais il y a des législations en Europe qui garantissent un droit de rétractation« , argumente-t-on chez PowaTag. Sauf qu’on n’annulera pas l’achat, car au fond, on en a vraiment envie, même si ça n’est pas raisonnable. On se contentera de regretter…

On ne doute donc pas du succès de PowaTag en 2015. « Le patron, Dan Wagner, très connu en Angleterre, a levé 125 millions de dollars d’investissement aux Etats-Unis« . Ce qui est généralement la garantie d’un certain succès.

Il est vrai que le projet peut rapporter beaucoup d’argent: « pour chaque tag qui donne lieu à une transaction, on reçoit 30 centimes environ« , a conclu M. Berckmans.

Les étiqueteuses aussi deviennent intelligentes

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique , le 23 décembre 2014 17h32 | Ajouter un commentaire

Attention, produit de niche. Leitz, le spécialiste des fournitures de bureau, a sorti une imprimante à étiquette digne de son temps. Son petit nom: Icon.

Certes, tout le monde n’en a pas besoin. Mais si c’est votre cas, vous serez heureux d’apprendre qu’il existe désormais une étiqueteuse Wi-Fi, qui de plus peut se contrôler avec un smartphone, un ordinateur ou une tablette.

Après une configuration manuelle pour la connecter à votre réseau local, il faudra mettre en place la bobine d’étiquettes, ce qui n’est forcément évident (nous avons rencontré quelques difficultés).

 

Plusieurs applications

Ensuite, à l’aide de l’application dédiée, vous créez vos propres étiquettes et vous les imprimez directement à partir votre smartphone. Il existe aussi, bien entendu, des applications pour Windows et Mac.

Différents formats, différentes orientations, découpe adaptée, sur plastique, carton ou papier (les recharges sont à acheter à part, bien entendu, environ 20€ pièce)… c’est un appareil avec de nombreuses options, destiné aux professionnels, mais à un prix relativement abordable (environ 199€).

En option, il existe également un bloc-piles externe pour disposer d’une autonomie pouvant atteindre douze heures.

 

Faut-il offrir une « smartwatch » à Noël ? On a essayé trois modèles récents

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 15 décembre 2014 10h15 | Ajouter un commentaire

Après les smartphones et les tablettes, les montres intelligentes seraient le nouvel ordinateur miniature indispensable… d’après les départements marketing des géants de l’électronique. On a testé trois modèles qui couvrent bien l’offre actuelle. Voici notre verdict.

Elles existent depuis quelques années mais on peine à leur trouver une réelle utilité: les « smartwatch », ces montres intelligentes et connectées, se multiplient en cette fin d’année 2014. Les fabricants, de plus en plus nombreux, comptent bien en vendre pour les fêtes et les traditionnels cadeaux.

Alors, devez-vous vous laisser tenter ? La technologie est-elle déjà au point ou faut-il attendre l’arrivée de la fameuse Watch d’Apple ? On a testé trois modèles récents et surtout, disponibles en Belgique…

 

SONY SMARTWATCH 3 ET ANDROID WEAR

Le dernier modèle de montre intelligente de Sony tourne sous Android Wear, le système d’exploitation mis au point par Google et destiné à tout ce qui est « portable ». C’est ce qu’on appelle le « wearable »: pour l’instant, il s’agit des montres uniquement. Mais cela pourrait évoluer.

Cet OS a de nombreux avantages, le premier étant d’être commun à plusieurs fabricants (LG, Samsung, Motorola, etc). Cela encourage(ra) les développeurs à proposer des (mini) applications, vu que le public s’élargit de jour en jour.

La principale tâche de votre montre sous Android Wear est d’afficher toutes les notifications de votre smartphone (uniquement Android, mais toutes les marques sont concernées). L’écran de 4 cm, pas très brillant (cela préserve la batterie), est tactile. Il faut donc effectuer des gestes vers le haut ou le bas pour faire défiler les « cartes » de notifications, et vers la gauche ou la droite pour effectuer une action sur ces notifications.

 

Une notification Facebook

Exemple: quelqu’un a mis une photo de vous sur Facebook. Votre montre vibre, vous voyez un bout de la notification sur le bas du cadran (le reste étant l’affichage de l’heure – hé oui, ça reste une montre). En faisant un geste du bas vers le haut, vous affichez l’entièreté de la notification (uniquement du texte). Puis viennent les options, avec un geste de droite à gauche. L’unique option est « afficher sur le téléphone ». Reste à prendre son smartphone pour voir la suite, l’application Facebook étant déjà lancée sur la bonne page.

Il est bien entendu possible de lire entièrement les SMS et les messages Whatsapp, par exemple.

Certaines notifications peuvent être « lues », comme celles de Gmail. En appuyant sur l’e-mail, vous pouvez lire son contenu mais aussi y répondre grâce à la reconnaissance vocale. C’est plutôt efficace, mais pas très discret si vous êtes en société.

La plupart des notifications sont assez limitées, avouons-le, et se limitent à la lecture.

Si vous utilisez Google Now, dont l’affichage d’Android Wear s’inspire beaucoup, vous afficherez les scores de vos équipes de foot préférées et l’état de la route maison-travail, toujours sous forme de « cartes ».

 

Une montre autonome

La montre a heureusement son fonctionnement propre. En appuyant une seconde sur l’écran verrouillé, on lance la commande vocale. Vous pouvez alors mettre une alarme ou envoyer un SMS avec votre voix. C’est assez intuitif, même si on n’a pas le côté « conversation » de Siri, sur iPhone.

Il est également possible de lancer quelques applications à la main, comme le minuteur (préinstallé). Mais tout l’intérêt d’Android Wear réside dans un magasin d’applications de plus en plus étoffé. Il faut pour cela passer par l’application « Wear » sur votre smartphone.

Le processus d’installation est un peu confus, selon nous: il n’y a pas vraiment de rayon « wear » sur le Google Play Store. Il faut chercher dans le Google Play Store de base.

On a du taper « Nest Wear » pour trouver une mini application qui contrôle notre thermostat Nest. Heureusement, ça a fonctionné !

 

Compagnon de vie

Bien entendu, il y a le volet « compagnon de vie ». La Smartwatch 3 va compter vos pas et enregistre tout ce que vous faites. C’est ce qu’on appelle le « LifeLog » de Sony. Il permet aux utilisateurs de mémoriser différentes étapes de leur journée, de géolocaliser un restaurant où vous êtes allé, de savoir quels morceaux vous avez écoutés ou quelles photos vous avez prises, tout ça en les inscrivant dans une ligne du temps de la journée.

La SmartWatch est assez autonome, car elle intègre 4 GB de mémoire interne, et vous pourrez y stocker de la musique pour aller courir. Il faut passer par l’application Wear, configurer Google Music, et tout transférer via Bluetooth. C’est fastidieux mais ça fonctionne. Pour écouter cette musique, il faudra un casque Bluetooth, lui aussi.

Sachez enfin que le GPS intégré permet de faire son jogging sans son smartphone, la montre (waterproof) pouvant enregistrer vos déplacements.

Pas de miracle au niveau de l’autonomie: on reste limité à deux jours environ. La recharge se fait avec un simple câble micro-USB.

Environ 220€

 

SAMSUNG GEAR S: LE SMARTPHONE AU POIGNET

Le géant coréen a déjà sorti six modèles de smartwatch en un an, chacune ayant son propre style. Pour reprendre les mots de nos confrères d’Engadget, on a l’impression que la stratégie de Samsung en matière de « wearable » est « Jeter tout sur un mur et voir ce qui colle ». Ses montres, il les appelle « Gear ».

Le modèle le plus dingue et le plus performant est le Gear S, qui vient tout juste d’être disponible en Belgique, et qui atterrit en avance à la rédaction de RTL info.

Cette montre est nettement plus grosse que les autres, et c’est bien normal: il y a un magnifique écran incurvé OLED de 5 cm (plus grand, avec plus de pixels et nettement plus brillant que celui de la Sony), un emplacement pour carte SIM (!), le Wi-Fi, le GPS, le Bluetooth et même un capteur de pulsations. Rien que ça.

Cette montre, au contraire de la Gear Live (sous Android Wear), fonctionne sous un OS maison de Samsung: Tizen. Il y aura donc a priori moins d’applications disponibles.

 

Passer par un smartphone… uniquement au début

Pour initialiser la Gear S et y installer des applications, il faut un smartphone Android de la marque Samsung (avec l’application Gear qu’on ne trouve que via un magasin d’applis spécial de Samsung).
Mais après, c’est tout: vu le Wi-FI et l’emplacement pour carte (nano) SIM, la montre est complètement autonome pour se connecter au réseau, alors que la Sony est entièrement liée au smartphone pour tout ce qui est « données ». L

a Gear S peut donc recevoir toutes vos notifications et lancer toutes les applications, même si le téléphone est dans la voiture et que vous êtes en plein jogging. Ou simplement si vous décidez de l’utiliser de manière totalement autonome, d’en faire un smartphone accroché au poignet.

 

Tactile mais avec un bouton

Cette montre intelligente est bien entendu également tactile, même s’il y a un bouton dans le bas. Une pression verrouille ou déverrouille. Deux pressions lancent la commande vocale « made in Samsung », moins performante que celle de Google.

Le reste de la navigation est une histoire de mouvement.

L’horloge est affichée sur la page principale de l’écran d’accueil. Ensuite, c’est un peu comme sur un smartphone Android, on passe d’écran en écran.

Ceux de gauche sont les notifications que vous avez reçues: mail, Facebook, SMS, etc. Vous pouvez lire ces notifications ou ces messages, les effacer ou les afficher sur votre smartphone (Samsung uniquement…).

 

Widgets et applications

Ceux de droite sont des « widgets » à choisir: contrôle de la musique du smartphone, résumé de votre activité du jour (pas, sommeil, rythme cardiaque,…), évènement à venir du calendrier, météo, contacts favoris (une pression et vous l’appeler), etc…

L’inspiration d’Android se fait bien sentir, au niveau du principe et des écrans. C’est plutôt une bonne idée, a priori.

Parmi le magasin d’applications, vous trouverez quelques trucs intéressants. Si vous installez le mini navigateur Opera comme nous, il vous sera possible de surfer, même si pour entrer une adresse, il faut utiliser le clavier AZERTY (attention, ça n’est pas évident de taper sur son poignet avec un doigt), ou la reconnaissance vocale (parfois délicate aussi).

 

On peut téléphoner avec la Gear S, et sans oreillette…

Le plus dingue avec la Gear S, c’est qu’elle peut être un téléphone à part entière. Téléphone dans le premier sens du terme: recevoir et passer un appel.

On vous conseille l’oreillette Bluetooth, mais elle n’est pas indispensable, car il y a un petit haut-parleur et un micro. On se rapproche des conversations entre Michael Knight et KITT dans K2000…

Mais l’expérience s’est avérée concluante, des deux côtés de la conversation. Vous aurez l’air bête (c’est le lot des tous les pionniers, rassurez-vous).

Enfin, sachez que malgré l’écran et les connectivités plus nombreuses, la Gear S devrait tenir deux jours (maximum), grâce à une batterie plus performante. La montre résiste à l’eau, et se recharge uniquement à l’aide d’un petit support en plastique, qui a l’avantage d’intégrer une petite batterie de 350mAh.

Environ 350€.

 

PEBBLE WATCH: LA PLUS SIMPLE

A l’opposé des deux premiers ténors de l’électronique, on retrouve Pebble. Un petit projet californien né grâce au « crowd funding » en 2013.

L’écran est plus petit, non tactile et en noir et blanc. Il faut appuyer sur des boutons pour interagir.

Pebble affiche, comme la Sony et la Samsung, les notifications du smartphone connecté (Android ou iPhone).

On y retrouve par ailleurs toutes les fonctions de base (musique, chrono, etc), et la montre se configure également via une application sur le smartphone, obligatoire.

Cette application Pebble permet de télécharger des mini applications (météo, contrôle du thermostat connecté, check-in avec Swarm, etc…).

Tout est plus simple et moins ambitieux, mais du coup nettement plus facile à apprivoiser et à utiliser au jour le jour. C’est aussi beaucoup plus discret de la Samsung Gear S.

Mais surtout, la Pebble a une autonomie plus digne pour une montre: entre 5 et 7 jours d’utilisation normale.

 

 

CONCLUSION

Après des semaines de test, et trois modèles différents, il est difficile de trancher… On a cette impression permanente que les constructeurs essaient de créer un besoin, et qu’ils essaient de nous convaincre: « Si, si, je vous jure, c’est utile une smartwatch ». Un matraquage qui n’a pas été nécessaire pour le smartphone, et a priori pas pour la tablette.

La smartwatch de Sony est une bonne approche d’Android Wear, un projet de Google plein de bon sens. Celle de Samsung, un peu dingue, est très encombrante et trop ambitieuse que pour être pratique au quotidien. Enfin, la Pebble, plus modeste, est le compromis idéal pour une première approche de la montre connectée.

Mais on ne peut s’empêcher de se dire que la smartwatch n’a du sens qui si votre smartphone n’est pas accessible, coincé dans votre poche. Ou si vous faites du vélo, et que vous voulez vérifier que le SMS, mail ou appel vaut la peine de s’arrêter.

Et si vous le faites, vous prendrez votre smartphone, car c’est tout de même nettement plus facile…

Reste une catégorie de personnes intéressées: celles qui veulent un « compagnon de vie », qui mesure le nombre de pas quotidiens ou vos pulsations, pour vous rappeler, au cas où vous l’ignoreriez, que vous n’avez pas assez bougé aujourd’hui.

Le plus prudent serait sans doute d’attendre l’arrivée de la Watch d’Apple, pour se faire une idée plus précise de son fonctionnement. Elle débarque au printemps et il est probable qu’à nouveau, Apple parte d’une feuille blanche pour rendre populaire un concept qui existe déjà.

Epson EcoTank: l’imprimante qu’on devrait tous acheter, mais on ne le fera pas…

Par Mathieu Tamigniau dans Pratique, Test , le 8 décembre 2014 12h14 | Ajouter un commentaire

Le fabricant japonais Epson a volontairement fixé un prix très élevé pour sa nouvelle imprimante qui utilise des récipients rechargeables à l’aide de bidon d’encre bon marché. On a tenté de comprendre pour quelles raisons le grand public va sans doute passer à côté d’un produit qui devrait pourtant remplacer toutes nos imprimantes…

Le petit monde de l’impression sur papier n’est pas forcément le plus remuant et le plus innovant. Et pourtant, depuis des dizaines d’années, la plupart des ménages se doit d’en posséder une. Pour imprimer un billet d’avion ou une recette, pour les devoirs des enfants, pour l’envoi d’un colis, etc…

Et il est probable que, au regard de votre faible usage (« quelques pages par mois »), vous ayez opté pour une solution bon marché: une imprimante jet d’encre couleur à 50€ environ, que l’on branche quand on en a besoin. Les plus à la pointe d’entre vous, ou ceux qui consomment davantage, ont sans doute opté pour un modèle « laser » équipé du Wi-Fi (environ 100€), qui permet d’imprimer plus sans changer de cartouche, et sans devoir relier le câble USB.

Vous pensez tous faire, plus ou moins, une bonne affaire. Et bien détrompez-vous…

 

Les consommables, un gouffre financier

Car, vous l’avez remarqué, quand il s’agit de remplacer ses cartouches, on tire souvent une drôle de tête. « 15€ pour un petit bout de plastique rempli d’encre ? », « 40€ pour un toner (imprimante laser) qui promet 1.000 pages mais n’en fait que 400? ». Bref, on a l’impression de se faire avoir. Et la vérité n’est pas loin.

Beaucoup de constructeurs ont volontairement baissé le prix des imprimantes (qui, sans doute, à frôler la perte), sachant qu’ils allaient très bien gagner leur vie sur les consommables, ces précieuses cartouches d’encre. Et comme les gens n’ont pas le choix, et que certains commencent à avoir une conscience écologique qui les empêche de se débarrasser d’un appareil en parfait état de marche, ils passent à la caisse, et hurlent sur les enfants qui impriment une photo.

 

Des réservoirs et des bidons, tout simplement

Epson ne se cache pas: le constructeur japonais, dont les imprimantes et les projecteurs représentent le marché principal, vend aussi des modèles à (très) bas prix, se rattrapant sur les cartouches.

Mais si on évoque ce fabricant, c’est parce qu’il a un sacré lapin dans son chapeau. Son système « EcoTank » pourrait vous faire gagner beaucoup d’argent. Il est pourtant d’une simplicité étonnante.

Au lieu d’avoir des cartouches, il y a des réservoirs. Et au lieu d’aller acheter de nouvelles cartouches, vous les remplissez avec les bidons fournis (un bleu, un rouge, un jaune et un noir). « De quoi tenir au moins deux ans pour un ménage avec une consommation normale », nous a expliqué Dominic Schouterden, un des managers d’Epson Belux, lors d’un point presse en banlieue bruxelloise.

Pour être concret, vous pourrez imprimer 4.000 pages en noir, 6.500 pages en couleur. Et après deux ans, pour tout remplir, il suffit d’acheter des bidons à 10€ pièce.
Selon le communiqué de presse d’Epson, cela équivaut à une économie de 65% par rapport aux traditionnelles cartouches.

 

Il y a un mais…

En voilà une bonne nouvelle. On va tous pouvoir faire des économies, alors ? Non, hélas, car les deux modèles d’imprimantes présentés (la L355, avec un simple scanner par-dessus, et la L555, avec fax et avaleur supplémentaires) sont très chers. 299€ pour le petit modèle, 399€ pour le grand. « Un investissement rentabilisé très rapidement à partir de 100 pages par mois, et qui est écologique: pas de cartouches à recycler, pas de trajet au magasin, etc« , selon Epson.

Mais ces arguments vont-il suffire pour vous convaincre à passer à la caisse ? Pas sûr… D’autant qu’il faudra les trouver, ces imprimantes. « On va les mettre dans les magasins spécialisés, comme Selexion, pour que les vendeurs puissent prendre la peine d’expliquer la différence de prix ».

 

Des copies-conformes

Car en effet, ces imprimantes sont des copies-conformes des modèles à bas prix d’Epson. Ce qui ne plaidera pas à leur faveur dans les rayons…

« Si le client voit une imprimante à 50€ et une à 299€, dont la seule différence visible est le réservoir d’encre et les bidons, on sait laquelle il va acheter », a directement avoué M. Schouterden. Il a sans doute raison: même si vous savez qu’après quelques centaines de pages, vous êtes gagnant, il est difficile de débourser 300€ pour une « bête » imprimante. A la limite, le modèle avec fax et avaleur a plus de chance de réussir, car il se rapproche d’un « multifonction » haut-de-gamme.

 

Pas plus cher à fabriquer !

Epson a été honnête: l’imprimante avec bidon ne coûte pas plus cher à produire que celle avec les cartouches. La technologie est globalement la même, et d’ailleurs, après l’avoir examinée à la rédaction durant quelques jours, le fonctionnement est identique, tout comme la qualité d’image (d’ailleurs relativement moyenne si on regarde de près).

Au lieu d’avoir un rac de cartouches fermées à usage unique, c’est un rac des cartouches reliées à des réservoirs disposés sur le côté, et que l’on remplit dès qu’ils sont vides.

 

De l’auto-concurrence

Mais alors, pourquoi cette imprimante coute-t-elle 6 fois plus cher ? C’est une question de stratégie, tout bêtement. Epson ne peut pas se tirer une balle dans le pied en proposant un produit qui concurrencerait, voire anéantirait immédiatement, les ventes de ses autres propres produits. Du coup, il le vend nettement plus cher.

Cela vaut pour les petites imprimantes pour particuliers, les moyennes pour les PME et les grosses pour les entreprises, ces dernières ayant d’immenses réservoirs d’encre.

 

Epson est prêt…

Mais alors, si les petites cartouches traditionnelles d’Epson rapportent plus, pourquoi mettre au point une technologie qui risque de bouleverser le marché ?

La première réponse que l’on a pu déduire de la conférence de presse, c’est qu’Epson est prêt au cas où la concurrence propose ce genre de produit. Et c’est lui qui l’a inventé, donc il gardera sans doute un coup d’avance. Mouais, sans doute

L’autre réponse, et celle-là est plus une devinette, c’est que HP détient 50% du marché belge, et Canon 25%, tout comme Epson. Ces petits bidons seraient, à notre avis, un sacrément bon moyen de faire voler en éclat un marché qu’il ne domine clairement pas. Et pour cause : Epson a « boudé » la Belgique durant quelques années, quand il a fallu inclure une taxe Reprobel dans chaque imprimante vendue.

Qui sait si le Japonais ne prépare pas une grosse offensive ? En tout cas, elle serait payante, soutenue par une bonne campagne publicitaire.

Terminons sur une notre positive, de la bouche d’un des managers d’Epson: « Si le marché évolue, si la concurrence fait la même chose, les prix pourraient baisser« . On n’attend que ça.