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Huawei va lancer sa Watch 2 en Belgique (et de l’argent par les fenêtres?)

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Mobilité , le 14 juin 2017 07h10 | Ajouter un commentaire

J’ai pu assister à Bruxelles à la première présentation de la nouvelle smartwatch de Huawei en Belgique. Vendue 329€ dans sa version Sport sans carte SIM – la seule destinée à notre petit pays – elle intègre Android Wear 2.0, qui semble plus abouti. Mais le marché reste très « de niche »…

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Contre vents et marées, le chinois Huawei, très présent en Belgique et dans le monde avec ses smartphones au juste rapport qualité/prix, insiste avec les smartwatchs.

Les chiffres n’ont rien de réjouissants, pourtant. Si le public dépense un peu d’argent dans les bracelets connectés (Fitbit, dont nous vous parlions récemment, s’accapare la grande partie du marché), c’est loin d’être le cas au niveau de ces grosses montres connectées sous Android, qu’elles soient fabriquées par Huawei, LG ou Lenovo (qui a d’ailleurs retiré du marché ses Moto 360).

Il se murmure que Samsung, avec son propre système d’exploitation (Tizen), en vend un peu plus que les autres. Mais personne ne communique sur les chiffres, preuve qu’ils sont ridicules en Belgique, un pays qui ne compte pas beaucoup de ‘early adopters’, ces geeks qui dépensent leur argent dans des objets un peu futuristes, pas toujours très aboutis.

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Une Watch 2 plus aboutie

A l’automne 2015, le chinois Huawei avait présenté en grandes pompes sa première Watch, misant beaucoup sur le côté ‘mode’, faisant d’ailleurs défiler des mannequins. Presque deux ans plus tard, la Watch 2 est une nouvelle tentative, plus orientée sport cette fois, de percer sur un marché compliqué.

Heureusement, Android Wear 2.0 a l’air nettement plus convivial que la première version. Du peu que l’on a vu lors du petit évènement organisé au siège de Huawei Belgique, à Bruxelles, la montre a l’air plus pratique à utiliser (deux boutons au lieu d’un), et mieux équipée, notamment avec le GPS et le NFC intégré, ce dernier servant peut-être un jour à payer avec sa montre dans les magasins ou aux automates.

Le GPS permettra de suivre vos courses à pied ou à vélo sans devoir trimballer un smartphone. Les applications de suivi d’activités sont d’ailleurs nettement plus abouties que sur la génération précédente.

Bien entendu, Android Wear 2.0 est l’écran déporté idéal de votre smartphone Android, vous permettant de le laisser en poche ou dans le sac lorsqu’il y a des notifications, et de consulter celles-ci (lire un message, un email, etc). On peut enfin télécharger des applications depuis la montre, alors que tout devait se faire via le smartphone auparavant.

La version vendue en Belgique ne sera pas celle équipée d’une carte (e)SIM, car les opérateurs ne sont pas prêts à faire des efforts pour rendre cette option disponible. On ne pourra donc pas utiliser le micro et le haut-parleur pour passer des appels.

Par contre, ils serviront à piloter correctement Google Assistant, pour autant que vous soyez prêt à parler à votre montre…

Sachez qu’en juillet, lors du lancement de la montre dans notre pays, des écouteurs Bluetooth d’une valeur de 79€ seront offerts. Ils permettront notamment d’écouter la musique (stockée en mp3 sur les 2 GB de la montre) ou les notifications de certaines applications.

watch2003De l’argent jeté par les fenêtres ?

On a demandé à Huawei si c’était une bonne idée de lancer des produits qui ne trouveront d’office pas un large public.

La filiale belge du géant chinois des télécoms a répondu honnêtement qu’il s’agissait surtout d’être prêt, et d’avoir l’expérience nécessaire, quand le marché sera mature. Pour ne pas se lancer dans la course avec 5 ans de retard, quand les technologies et les usages liés à la smartwatch seront plus aboutis, plus répandus.

Donc les Watch ne sont clairement pas rentables, mais elles préparent (peut-être) l’avenir des fameux wearables.

Je vous en dirai plus sur cette montre lors d’un prochain test.

FLIPPANT? La serrure connectée Nuki vous permet d’ouvrir votre porte à distance

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 23 mai 2017 09h57 | Ajouter un commentaire

FLIPPANT? La serrure connectée Nuki vous permet d'ouvrir votre porte à distance, nous l'avons essayéePour 229€, vous pouvez vous offrir un petit boitier ‘made in Autriche’ qui se fixe sur le côté intérieur de votre porte d’entrée. L’installation est facile, et c’est dès lors une simple application sur un smartphone qui permet d’ouvrir, verrouiller ou déverrouiller la porte via Bluetooth (dans un rayon de 10 mètres maximum). Et pour quelques dizaines d’euros de plus, cette serrure se connecte à internet, décuplant son accès à distance et son potentiel. Flippant, vous pensez ? J’en ai parlé avec le fondateur, Martin Pansy.

La smarthome, ou ‘maison intelligente/connectée’, n’en est qu’à ses débuts. Consacrée ‘nouvelle tendance’ il y a quelques années, elle a attiré de nouveaux acteurs qui ont vendu tout et n’importe quoi très rapidement. Ce qui a finalement détourné l’intérêt du grand public, qui n’y a vu que des gadgets inutiles.

D’autres entreprises, comme Nest (propriété de Google/Alphabet), sont plus prudentes et pensent d’abord aux besoins réels des consommateurs. Nest sort assez peu de produits (un thermostat originel, suivi d’un détecteur de fumée et de caméras de surveillance), mais quand il le fait, c’est d’une simplicité et d’une intuitivité déconcertante. Et surtout, c’est pratique, ce n’est jamais un gadget.

Petit-à-petit, d’autres produits vraiment intéressants apparaissent sur le marché. Le meilleur moyen de se faire une idée de l’intérêt du public et donc du potentiel de réussite, c’est de lancer une campagne de crowdfunding. C’est comme ça que l’aventure de Nuki, une petite entreprise autrichienne, a débuté.

« Tout a commencé il y a trois ans. On trouvait qu’il était stupide d’avoir plusieurs clés à la maison, de devoir toujours chercher après. Et avec le développement de la smarthome, on s’est dit qu’on pouvait se débarrasser d’une clé physique », m’a expliqué Martin Pansy, le CEO de Nuki, en visite à RTL House.

L’idée d’une serrure connectée était née. « Mais il fallait qu’elle soit rétrocompatible avec les portes, clé et serrures existantes, et facile à installer, genre en trois minutes et sans outil« .

Nuki a récolté un franc succès sur Kickstarter. « On a reçu 400.000 euros en 2015, c’est le record pour un produit qui n’est lancé qu’en Europe« , car en effet, toutes les serrures ne sont pas les mêmes. « Aux Etats-Unis, par exemple, c’est moins sécurisé: les clés ne tournent qu’à 90°, contre 720° chez nous« . Ce simple détail change tout dans le développement du produit, car la serrure connectée de Nuki intègre un moteur et un mécanisme conçus pour faire plus de tours de clés. Le tout étant optimisé pour gérer au mieux l’énergie mise à disposition par les 4 piles AA fournies.

Le succès a perduré dans la réalité. « On a commencé par l’Allemagne et l’Autriche en novembre dernier, et là on s’étend. On a déjà 10.000 serrures connectées en peu de temps« , ce qui est beaucoup pour « un produit de luxe, pas de première nécessité« , reconnait son créateur.

La start-up viennoise compte 22 employés actuellement, qui travaillent déjà sur de nouveaux projets. « L’idée c’est de collaborer avec des PME pour gérer les accès des employés, ou encore avec Airbnb, ce qui éviterait par exemple la prise de rendez-vous pour la remise des clés, et enlèverait des problèmes de sécurité« .

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Les socles, la serrure et le bridge. Un pack à 299€…

Une installation enfantine

La plus souvent, l’installation de produit pour la maison connectée est fastidieuse. Il faut le mettre au bon endroit, le connecter à un boitier servant de relais avec le routeur, appuyer sur des boutons, installer l’application, configurer l’utilisation de l’appareil, etc.

Mais Nuki tient ses promesses: en trois minutes, c’est prêt à l’emploi. L’avantage, c’est que les cylindres en Europe sont tous les mêmes (sauf en Suisse, parait-il). Ils ont cette forme typique qui a permis à Nuki de développer un socle standard.

Deux styles de fixation s’offre à vous. Soit votre cylindre dépasse, à l’intérieur, de plus de 3 mm par rapport à la porte. Dans ce cas, vous fixez le socle sur le cylindre avec les trois petites visses incluses (tout comme la clé de serrage). Si, comme c’est souvent le cas, votre cylindre est pratiquement à fleur de la porte (entre 0 et 3mm), alors vous collez simplement le socle, en retirant la protection du puissant autocollant situé dans son dos. Lors de notre test, il s’est littéralement scotché à la porte.

Il suffit ensuite de mettre la clé dans la serrure à l’intérieur, et de mettre le boitier par-dessus, comme expliqué dans la petite notice. On télécharge l’application pour configurer la smart lock et la relier au smartphone, et c’est fait.

Un cylindre à ‘double embrayage’ est nécessaire

Remarque essentielle: il est pratiquement indispensable d’avoir un cylindre de porte dit ‘à double embrayage’ ou ‘d’urgence’, c’est-à-dire un cylindre qui peut être actionné avec une clé même si une deuxième clé est insérée de l’autre côté de la porte.

Une option très pratique qui éviterait bien des ennuis à tout le monde, mais qui n’est pas encore assez répandue chez nous. Selon des chiffres fournis par Nuki, « 50% des cylindres de porte en Belgique » sont ‘à double embrayage’, contre « 70% en Allemagne« , où l’entreprise s’est lancée dans un premier temps.

Avec un simple cylindre, vous seriez obligé, une fois à l’extérieur, d’ouvrir la porte avec l’application uniquement. Et en cas de panne, de bug ou de smartphone sans batterie, vous serez coincé. Avec un cylindre à double embrayage (on en a trouvé un de marque Abus à 30€ sur Amazon…), vous pourrez continuer à utiliser votre clé pour rentrer chez vous. Pensez-y.

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Comment ça marche ?

Une fois connectée, votre téléphone ou tablette peut désormais, en lançant simplement l’application, déverrouiller votre serrure dans un rayon de quelques mètres, car par défaut, elle utilise une connexion Bluetooth pour s’authentifier et déverrouiller la porte.

Le fonctionnement de la smartlock de Nuki est on ne peut plus simple: la partie externe de votre clé, à l’intérieur de la maison bien entendu, est insérée dans la fente du boitier, qui intègre un petit moteur faisant simplement tourner la clé dans tel ou tel sens, pour verrouiller/déverrouiller/ouvrir la porte d’entrée, selon l’action que vous demandez via le smartphone. Vous pouvez également appuyer sur le bouton rond de la smartlock, elle va alors verrouiller ou déverrouiller la porte.

Tout est transparent: on voit la molette encerclant la diode lumineuse qui tourne, entraînant la clé. On peut donc également tourner cette molette à la main, pour verrouiller ou déverrouiller la porte sans user les 4 piles AA fournies (non rechargeables).

Quelques options sympas: elle s’ouvre toute seule !

La base de Nuki est donc assez simple, finalement. L’application, très basique et épurée, permet d’ouvrir une porte avec un ou plusieurs smartphones. En effet, on peut « inviter » les membres de la famille, ou la femme de ménage, pour que leur appli sur leur téléphone soit capable d’ouvrir la porte. Il est même possible de limiter cet accès à une certaine plage horaire.

Si on se limitait à cela, avouons-le, l’intérêt serait assez mince. Cela prend souvent autant de temps de trouver ses clés que son smartphone, et le temps de lancer l’application et que celle-ci soit opérationnelle, on a aussi vite fait d’ouvrir la porte de manière traditionnelle. Pour les plus fainéants, cependant, c’est un bon moyen d’ouvrir la porte à quelqu’un sans se lever. Ou de vérifier si on a verrouillé correctement la porte d’entrée avant de s’endormir.

Mais il y a plus. On peut par exemple activer un mode de (dé)verrouillage automatique (Auto-Unlock) lorsque le smartphone s’approche de la porte, quand on rentre chez soi. Explications détaillées ici. L’idée est très sympa: quand on s’éloigne de plus de 100 mètre de sa maison, et qu’on y revient, une notification de l’application Nuki retentit sur le smartphone, et sur Android 7, on peut, à partir de cette notification, « ouvrir la porte ». En réalité, il ne vaut mieux pas utiliser cette notification, sinon la porte va s’ouvrir plusieurs fois. En effet, la porte s’ouvre toute seule quand on s’approche d’elle… pour peu qu’on lui laisse le temps. D’après mes tests, après environ 20 secondes, la porte était ouverte sans qu’on ait à toucher au smartphone. C’est du vrai ‘auto-unlock’, mais il faut avoir un peu de patience…

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Avec le Bridge, la serrure se connecte à internet: « Au voleur » ?

Mais la smart lock de Nuki prend tout son sens si on installe le Bridge, inclus dans le pack ‘combo’ à 299€ (la serrure seule coûte 229€). Comme son nom l’indique, il sert de pont entre la serrure et l’internet. Vous pouvez donc connecter votre smart lock au réseau, la rendant accessible et ouvrable depuis l’autre bout du monde, toujours via son smartphone. Du moins en théorie, car la connexion n’a pas toujours été possible lors de nos tests en dehors de la maison.

Les plus méfiants d’entre vous (et avec tout ce qu’on entend sur la cybersécurité actuellement, on ne peut pas leur donner tort) soupirent déjà et crient au cambriolage numérique. Impossible en effet de garantir à 100% qu’aucun hacker russe ne pourra jamais ouvrir votre porte à distance.

Encore faut-il qu’il prenne le temps et la peine de le faire pour venir voler chez vous. Si vous avez des œuvres d’art, des voitures de collection ou de milliers de dollars en liquide, il ne faut sans doute pas connecter votre smart lock à internet. Pour les autres, c’est relatif.

Si comme nous, vous aimez le progrès, vous connecterez votre serrure au réseau pour la rendre vraiment accessible à distance. Cela permet non seulement d’ouvrir la porte quand on n’est pas chez soi (ça peut servir, si vous faites confiance à votre belle-famille ou au livreur qui veulent rentrer chez vous, par exemple), mais également, si on va encore un pas plus loin, d’utiliser Nuki Web.

Ce service, hélas inaccessible au moment de notre test, permet de configurer des règles IFTT pour que des appareils connectés parlent entre eux. Par exemple: j’ouvre la porte le soir, donc les lampes connectées Philips Hue s’allument, le thermosat Nest se met sur 20°, etc. Il y a de quoi s’amuser pour les geeks.

Niveau sécurité, Nuki ne plaisante pas et a tenté de nous prouver qu’il n’y avait aucun risque. « La norme Bluetooth 4.0 Low Energy n’inclut pas le cryptage de bout en bout. Nuki a donc implémenté cette fonction lui-même afin d’assurer une totale sécurité à tous les utilisateurs. Un cryptage symétrique de 256 bits (Xsalsa20) est utilisé à cet égard. Le protocole Secure Socket Connections (SSL) contrôle le cryptage de bout en bout entre Nuki, le pont réseau et l’application. Afin d’assurer un fonctionnement fluide, le serveur Nuki fait seulement office de routeur, même si des firewalls sont installés sur le smartphone ou sur l’adaptateur WLAN. Étant donné qu’il ne peut recalculer les crypto-clés utilisées, le serveur est incapable de décrypter les données afférentes. Le même principe vaut pour un intrus qui tenterait d’obtenir l’accès au serveur ou à la connexion internet« .

Voilà pour la théorie. En pratique, c’est comme pour chaque appareil connecté à internet: vous savez qu’il y a toujours un petit risque…

Quelques défauts de jeunesse

Globalement, j’ai été convaincu par le test de la serrure connectée de Nuki. Pouvoir ouvrir sa porte d’entrée à distance n’a rien d’essentiel ou d’indispensable, mais peut faciliter le quotidien par moment. Et si vous osez la connecter à internet, les possibilités d’un vraie smart home se multiplient.

Hélas, lors de notre test, nous avons remarqué quelques défauts de jeunesse, qui peuvent être corrigés ‘facilement’ car il s’agit de software essentiellement. Il s’agit globalement d’un manque de stabilité de l’application et/ou de la connexion entre l’application et la serrure, que ce soit en Bluetooth (10 mètres maximum) ou via internet. Or, quand on parle d’une serrure connectée, on a le droit d’exiger une fiabilité à 100%. On comprend les contraintes de distance ou de sécurité, mais il faudrait que les choses soient plus claires.

Tout d’abord, le plus gênant, c’est le temps de connexion assez long pour que la serrure soit accessible via l’application. Souvent une dizaine de secondes, tout de même, d’après nos calculs. C’est parfois plus long que de prendre ses clés dans une poche et d’ouvrir la porte à la main.

Nous avons également peiné à configurer le Bridge: il n’y a pas de message de confirmation lorsqu’il est connecté à la smart lock, et quand on veut le ‘gérer’, il faut le remettre en mode de configuration initiale. Pas très clair, tout ça, mais on peut heureusement voir comment l’application est connectée à la smart lock, via Blutooth ou via internet.

Plus flippant: si quelqu’un est chez vous, il peut réinitialiser la smart lock en appuyant 5 secondes dessus et en la connectant à l’application de son propre smartphone. Nous l’avons essayé avec deux smartphones différents et en effet, il est très simple de réinitialiser une serrure et de la coupler à un autre téléphone.

Enfin, avouons que nous ne sommes jamais à l’abri d’une ouverture de porte involontaire. Imaginez qu’en vacances, un enfant joue avec votre application et appuie sur le bouton « ouvrir ». Si comme nous, votre porte d’entrée est à serrage, lorsque la smart lock tourne le dernier quart, le pêne de base (le triangulaire donc, pas le ‘verrou’) est déplacé et la porte s’ouvre physiquement de quelques centimètres au moins. On pourrait donc se retrouver avec une porte grande ouverte sans possibilité de la fermer à distance… Un raison de plus pour bien sécuriser son smartphone.

InControl, un ordinateur de bord entièrement personnalisable

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Mobilité, Pratique, Test , le 2 novembre 2016 19h26 | Ajouter un commentaire

Le système InControl, qui équipe de nombreuses Jaguar et Land Rover, est une interface rafraichissante dans le monde assez fermé des ordinateurs de bord. On a testé en profondeur les possibilités du système de « info-tainment » (information et divertissement) des marques anglaises.

La voiture, comme de nombreux autres domaines d’activité de la vie courante, est chamboulée par l’arrivée des nouvelles technologies. L’an prochain, la jeune marque Tesla, qui connait un succès inédit grâce à ses voitures électriques à la fois puissantes et endurantes (mais encore très chères avant l’arrivée du Model 3), promet que son système de pilotage automatique sera capable de traverser les Etats-Unis tout seul…

La voiture autonome est donc à nos portes, même s’il faut encore compter quelques années avant que le grand public puisse se l’offrir, et qu’une règlementation mondiale ou européenne intègre ces voitures d’un nouveau genre dans la circulation.

En attendant cette prochaine révolution automobile, les constructeurs continuent d’améliorer l’intelligence de leurs voitures, en les dotant d’un ordinateur de bord de plus en plus performant.

Chaque marque évolue à son rythme dans ce domaine, et certaines sont plus en avance que d’autres. Les sommes investies sont assez importantes pour refaire complètement une interface. Au-delà du développement de l’outil informatique, il faut prendre en compte le fait que l’ordinateur de bord doit interagir avec des dizaines de capteurs présents dans la voiture, et qu’il ne doit pas surtout pas énerver ou distraire le conducteur.

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InControl, c’est l’écran à droite, mais aussi derrière le volant

InControl de Jaguar et Land Rover

Le marques anglaises Jaguar et Land Rover ont plus ou moins fusionné en 2008, alors qu’elles étaient toutes deux intégrées dans le groupe indien Tata, après avoir appartenu à BMW et Ford auparavant. De nombreuses technologies sont donc mises en commun, et c’est logiquement le cas du nouvel ordinateur de bord.

Il s’appelle InControl, et le groupe est parti d’une page blanche pour ce logiciel vraiment rafraichissant au niveau du design et des fonctionnalités. Il a en réalité deux écrans: celui inséré dans la console centrale (8 pouces, tactile, avec toutes les commandes possibles), et celui qui se place derrière le volant, remplaçant les traditionnels cadrans avec aiguilles (12 pouces, non tactile bien entendu).

Attardons-nous sur la console centrale, qui est le cerveau d’InControl. La rapidité et la fluidité sont omniprésent, y compris pour la navigation, grâce à l’utilisation d’un disque dur SSD pour la cartographie, et d’un processeur récent.

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La fonction la plus sympa, c’est de composer son écran d’accueil avec ses favoris

Des écrans d’accueil personnalisables

Les smartphones sont devenus des outils indispensables, touchant un public de plus en plus large. Jaguar et Land Rover se sont donc logiquement inspirés de la manière dont nous utilisons ces appareils.

La fonction la plus intéressante, c’est d’avoir décomposé l’interface en écrans d’accueil, que l’on peut personnaliser. Il y a toujours celui de base, avec quatre grands rectangles pour les fonctions principales (musique, téléphone, climatisation, navigation). Mais en allant vers la gauche, on peut personnaliser un écran vide, en ajoutant à chaque case une fonction parmi un choix assez vaste, en provenance de la navigation, de la musique ou du téléphone, chacun ayant une couleur associée.

En composant le nôtre rapidement, nous avons placé une icône « ne pas déranger », qui désactive la notification des appels entrants. On a également placé un raccourci vers un contact favori: une seule pression permet de l’appeler. Au niveau de la musique, on a opté pour un bouton de sélection de source, et un grand rectangle de contrôle. Pour la navigation, on a placé « Annuler le guidage », quand on ne veut plus être ennuyé par la navigation.

A l’instar de Windows, on peut augmenter la taille des icônes, celles-ci affichant dès lors plus de détails.

Dommage qu’il n’y ait pas, par exemple, une option Spotify, Deezer ou Apple Music, pour pouvoir mettre une playlist, un artiste ou un album en raccourci.

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Si le coeur vous en dit, vous pouvez surfer sur le web (quand la voiture est à l’arrêt)

Connectée, forcément

InControl a plus d’intérêt avec l’option InControl Connect Pro, qui ajoute une carte SIM dans notre Jaguar de test. Celle-ci devient dès lors connectée, et cela apporte des options de contrôle supplémentaire.

La voiture est donc reliée au réseau, et à l’aide de l’application Jaguar Remote à installer sur votre smartphone, vous pouvez connaître sa position, la faire klaxonner ou allumer ses phares à distance, et savoir si elle est verrouillée.

Vous pouvez également faire de votre voiture un hot-spot Wi-Fi, mais vu la démocratisation des abonnements à l’internet mobile sur smartphone, l’intérêt est limité à des passagers étrangers…

Il y a également une application Route Planner, qui permet de planifier un itinéraire à l’avance sur le smartphone, de l’envoyer à la voiture, puis de terminer le voyage à pied jusqu’au bon endroit.

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Le ‘CarPlay’ à la sauce Jaguar: les InControl Apps, assez pauvres hélas (on veut Spotify!)

Un genre de CarPlay à la sauce Jaguar Land Rover…

Le groupe a voulu aller encore plus loin en développant son propre système intégrant le plus possible son smartphone dans l’ordinateur de bord, à l’instar de ce que permet Android Auto et CarPlay d’Apple, dont on a déjà parlé.

Il existe donc l’application pour smartphone Jaguar Apps, qui va gérer le tout. En réalité, l’appli propose une sélection d’applications tierces assez peu connues du Google Play Store (recherche d’hôtel, liseur de news, suiveur de trajet, etc), mais qui sont compatibles avec l’ordinateur de la Jaguar.

Quand vous entrez dans votre voiture et que vous reliez avec un câble USB votre smartphone, elle met automatiquement sa console centrale en mode ‘simplifié’, comme CarPlay, et n’affiche que le contenu du téléphone (contacts, calendrier, musique), ainsi que les applications dont on vient de parler, si vous les avez téléchargée.

Cette option est un peu redondante, et fait de l’ombre inutilement à l’excellent ordinateur de bord InControl, qui va déjà chercher contacts et musique sur le smartphone. L’affichage du calendrier est sympa, mais pas indispensable…

Le plus dommage, sans conteste, c’est de ne pas pouvoir (pour l’instant, du moins) utiliser de service musical comme Spotify ou Deezer via cette interface. Elle aurait eu plus de sens…

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Parfois quelques bugs pour connecter la voiture…

Quelques défauts corrigeables

Le système des Jaguar et Land Rover est relativement jeune, il n’a que quelques mois. Il souffre donc de quelques maladies de jeunesse. Nous avons constaté quelques bugs d’affichage, notamment lorsqu’on entre une destination pour le GPS au moment d’une manœuvre en marche arrière. L’écran affichant la voiture et la proximité des obstacles (en même temps que les ‘beep’ de plus en plus rapprochés) a tendance à s’incruster. Il est resté bloqué au-dessus de la navigation, sans possibilité de le retirer durant quelques minutes. Et ce à plusieurs reprises.

La connectivité est également capricieuse. La carte SIM de l’opérateur Orange inclue dans le InControl Connect Pro a du mal à trouver du réseau rapidement, tandis qu’il faut réactiver à chaque fois le Wi-Fi à la main, quand on est à la maison, pour avoir un réseau plus puissant.

Des défauts qui peuvent être corrigés facilement par les développeurs du groupe, à l’aide d’une ou l’autre mise-à-jour.

Quoi qu’il en soit, la solution InControl, de série sur la plupart des Jaguar et Land Rover récentes (il faut ajouter 1.000€ pour la partie Connect Pro), est l’un des ordinateurs de bord les plus innovants et intuitifs à utiliser.

D’autres photos de notre test:











Alarme ‘low-cost’ : comment installer cette sirène à 79€, et peut-on lui faire confiance ?

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 17 octobre 2016 06h21 | Ajouter un commentaire

L’entreprise allemande Devolo a enrichi sa gamme ‘Home Control’, qui rend votre maison intelligente et contrôlable pour peu que vous preniez la peine de configurer vos propres règles. La sirène est l’un des nouveaux produits. A 79€, elle permet, si vous avez déjà le kit de base (219€) de fabriquer votre propre système d’alarme, assez simplement. Cela en vaut-il la peine ?

Alarme ‘low-cost’ : comment installer cette sirène à 79€, et peut-on lui faire confiance ?

La maison connectée a pris un petit coup dans l’aile ces derniers mois. On la considérait comme un marché d’avenir très porteur, mais le grand public ne se précipite pas pour rendre smart sa maison, à l’aide de divers objets connectés.

Lors du dernier IFA de Berlin (le plus grand salon des nouvelles technologies), Samsung n’a même pas mis en avant sa solution d’objets connectés pour la maison. Le Coréen parlait plutôt de ‘smart living’, soit la communication entre les appareils de Samsung, du frigo à la TV en passant par la tablette et l’aspirateur. Mais point de trace des différents capteurs qu’il a englobés en rachetant SmartThings il y a quelques années.


Devolo agrandit son portfolio

Et pourtant, des marques poursuivent dans le domaine des petits capteurs et des appareils permettant de contrôler et surveiller sa maison. Parmi les noms les plus connus, Panasonic, LG, Alcatel (pour ne citer qu’eux), continuent à promouvoir ce concept, même si vous n’en entendez pas vraiment parler en Belgique.

L’entreprise allemande Devolo est une des rares à prendre la peine de faire connaître on système Home Control, dont nous vous avons déjà parlé. Sa particularité : une grande modularité. Vous achetez les détecteurs/capteurs dont vous avez besoin, et vous configurez vous-mêmes les règles qui vous intéressent (exemple : si la fenêtre de la salle de bain est ouverte, la vanne thermostatique du radiateur de la pièce se ferme).

De nouveaux appareils viennent enrichir la gamme, un an plus après le lancement : un détecteur d’humidité, un autre pour l’eau, et une sirène. Attardons-nous sur ce dernier objet, qui permet de faire de son Home Control un alarme ‘low-cost’.

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Enfin une sirène : 79€…

Au moment de lancer sa solution, Devolo n’avait sans doute pas l’ambition de faire de sa solution ‘Home Control’ un système de sécurité anti-intrusion. Il n’y avait pas de sirène.

Du coup, la seule règle que vous pouviez inventer si votre détecteur de mouvement s’activait durant la nuit, c’est l’allumage d’une lampe ou d’une radio (sur une prise contrôlée par le système), ou une notification (un email ou un SMS payant).

Ce souci est gommé par la sortie de la sirène de Devolo (79€). Elle est discrète, légère et d’une petite taille. Elle peut se déposer ou s’accrocher au mur. Elle a forcément besoin d’un câble et d’un petit bloc d’alimentation, fournis. Comme les autres appareils de la gamme, elle se relie sans-fil à la centrale du Home Control, un bloc que vous insérez dans une prise murale.


Installation facile, mais…

Malgré sa petite taille, la sirène de Devolo est assez puissante : 110 décibels, de quoi réveiller toute la maison. Elle est équipée d’une batterie lui donnant 24 heures d’autonomie en cas de coupure de courant.

L’installation est assez simple, même s’il faut chaque fois passer par l’interface web pas toujours très stable, et dont l’affichage pose parfois problème, selon les navigateurs et les appareils (Devolo nous a promis qu’une véritable application – et non une ‘web app’ comme maintenant – sera bientôt disponible).

Le principal problème qu’on rencontre : l’appareil est relié au système, mais l’interface ne s’actualise pas assez vite, et on pense que ce n’est pas le cas. Alors on recommence l’installation et les ennuis commencent…

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Vous devez créer vous-même la règle

Reste ensuite à créer votre règle d’alarme. Devolo part toujours du principe qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même : à vous d’imaginer comment sécuriser votre maison.

C’est cependant assez simple : il y a des capteurs d’ouverture et de mouvements dans la gamme Home Control. Il suffit de créer une règle (c’est très simple) stipulant que si ces détecteurs s’activent, la sirène retentit.

Hélas, lors de notre tentative, nous n’avons pas réussi à demander à cette règle d’alarme de s’activer automatiquement entre minuit et 6h, par exemple. Il faut l’activer et la désactiver à la main, via le site web, la pseudo-application ou… la petite télécommande du système Home Control (4 boutons peuvent être configurés, deux d’entre eux pour activer ou désactiver la règle d’alarme, par exemple).

Tout a bien fonctionné lors de nos tests. Dès que notre détecteur de mouvement du garage s’est activé, la sirène a retenti. C’est gagné.

Pour couper cette sirène, il faut retourner dans l’application et désactiver l’appareil ‘sirène’ (ou programmer un bouton de la télécommande, ou spécifier dans la règle que la sirène doit retentir 1 minute.

Sachez que vous pouvez attribuer d’autres fonctions à cette sirène, car il y a trois mélodies disponibles. Par exemple, trop d’humidité dans une pièce pourrait faire sonner doucement la sirène pour vous prévenir rapidement.


Des limites

Si tout fonctionne relativement bien avec cette alarme (quand l’application ou la page web de configuration fonctionne correctement), rappelons tout de même les limites de ce genre d’appareil, par rapport à des systèmes professionnels.

Tout d’abord, la sirène est à l’intérieur : si vous n’êtes pas là, il est pratiquement inutile d’activer l’alarme, vos voisins n’entendront pas (sauf en appartement…).

Ensuite, elle est ‘vulnérable’. Si le voleur la trouve la fracasse avec un marteau, c’est fini. Ce n’est pas un boitier en métal, sécurisé en hauteur à l’extérieur de la maison.

Enfin, il n’y a pas de liens avec l’extérieur : personne ne va prendre la peine d’aller voir chez vous, ou de vous appeler si l’alarme sonne.

Toutes des options qui sont cependant très chères : un bon système d’alarme coute plusieurs milliers d’euros, et il y a des abonnements mensuels ou annuels pour de la ‘télésurveillance’. Chez Devolo (voir tous les produits), on parle de moins de 300€ pour le kit de base et la sirène, et il n’y a aucun abonnement ni entretien…

Il faut considérer ce genre de solution comme des moyens de faire fuir des voleurs qui rentrent chez vous la nuit par effraction, quand vous êtes là. La sirène vous réveillera, et en théorie elle fera fuir les intrus, qui évitent d’habitude toute confrontation. Si vous n’êtes pas là, vous pouvez configurer l’envoi d’un email, mais même pas (encore) la réception d’une notification via l’application (qui sera bientôt transformée en vraie appli).al2

Voici « la première smartwatch qu’on ne peut pas reconnaître » (photos)

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Mobilité, Test , le 6 septembre 2016 06h16 | Ajouter un commentaire

Samsung était l’une des premières grosses cylindrées de l’électronique à ouvrir les hostilités de l’IFA, le plus grand salon mondial des nouvelles technologies. Il a montré à la presse une nouvelle montre connectée, la Gear S3, que RTL Info a pu essayer en primeur.

IFA : voici

Samsung aime qu’on parle de lui avant les autres. C’est comme ça, quand on est N.1 dans la plupart des domaines de l’électronique grand public.

C’est pour cette raison qu’il a fait un gros évènement la veille du début de l’IFA, le plus grand salon mondial dédié aux nouvelles technologies et à tous les appareils électroniques, du frigo à la TV.

Comme l’an dernier, c’est au Tempodrom de Berlin que la presse internationale était rassemblée pour découvrir la Gear S3, un an après une présentation identique pour la Gear S2.

Il s’agit donc de montre connectée, ou de « smartwatch », un marché « qui double régulièrement, même en Belgique, où il ne se porte pas trop mal« , a-t-on appris d’un responsable belge de la marque.

La Gear S3 est déjà la 6e montre ou bracelet connecté que Samsung commercialise en 3 ans. « Le marché a progressé de 80% environ pour la Belgique, entre les 6 premiers mois de 2015 et ceux de 2016 ».

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Le modèle ‘Classic’, plus élégant

Quoi de neuf ?

La Gear S3 ne doit pas être vue comme un remplaçant de la S2, car elle garde la plupart des qualités qui ont fait le succès de la première smartwatch « qui s’est réellement vendue » dans le monde, et aussi en Belgique. Le design est toujours rond, et ressemble encore plus à une vraie (et belle) montre.

Première info importante : la S3 est nettement plus imposante que la S2. 44 mm de diamètre contre 38, cela se remarque. L’épaisseur et le bracelet sont également moins discrets. C’est définitivement un modèle masculin.

La roue dentelée qui tourne et fait office de navigateur dans le menu circulaire est toujours là, et heureusement, car c’est ce qui a fait le succès de la version 2015.

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Des bracelets de 22 mm standards et donc échangeables à souhaits

Plus précise pour les sportifs

Il y a davantage de capteurs pour mesurer l’activité physique de celui qui la porte au poignet. C’est surtout grâce au GPS intégré que la précision augmente, même si le smartphone n’est pas à proximité. Ceux qui aiment apprécieront la présence du baromètre, de l’altimètre et du tachymètre.

L’écran est ‘Always On’ en option, ce qui fait que de loin, comme on l’a entendu durant la conférence de presse, « c’est la première fois qu’on ne peut pas reconnaître à distance qu’il s’agit d’une smartwatch ».

Bonne nouvelle : le micro et le haut-parleur ont fait leur retour. On peut donc à nouveau décrocher et discuter avec la montre, si le smartphone est dans un sac, par exemple. Et si on n’a pas peur d’être ridicule…

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Le modèle ‘Frontier’, plus robuste

Meilleure autonomie, 399€

Vu que l’épaisseur est plus importante, il y a davantage de place pour insérer une batterie plus conséquente. On parle d’une autonomie de 3 à 4 jours, au lieu de 2 ou 3 auparavant.

Il y a à nouveau deux modèles : Classic et Frontier. Mais il n’y a que le look qui change (cuir et tradition d’un côté, métal ou plastique et sportif de l’autre).

Le prix est forcément assez élevé : 399€ pour les deux, dès le 28 octobre. La Gear S2 va continuer à être dans les rayons, et son prix devrait baisser, espérons aux alentours des 249€.


Les interphones vidéo se mettent enfin à la page

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, IoT, Pratique, Test , le 28 juin 2016 18h36 | Ajouter un commentaire

Une solution de pointe (celle de Panasonic, à environ 600€, hors installation), et une plus accessible et plus moderne (celle de Ring, environ 300€, à installer soi-même): faites votre choix, mais réfléchissez si vous devez remplacer votre sonnette. Autant la rendre un peu plus « smart ».

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Vous avez forcément remarqué que n’importe quel petit appareil électronique du quotidien pouvait désormais se connecter au réseau et devenir, d’un coup, « smart ». On entend par là qu’il devient intelligent, car il est connecté et donc contrôlable à distance, souvent à l’aide d’un smartphone.

Cette règle s’adapte également aux sonnettes des maisons, appelée « carillon » en bon français. Et il serait dommage de ne pas en profiter, de ne pas rendre plus intelligent un des objets qu’on utilise pratiquement tous les jours, qu’on soit celui qui sonne ou celui qui entend la sonnette.

Deux exemples – très différents l’un de l’autre au niveau de la forme, mais pas au niveau du fond – vont vous permettre d’y voir plus clair.

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Le Panasonic comprend un traditionnel élément pour l’intérieur avec boutons, à fixer au mur

La Rolls de l’interphone vidéo

Vous l’ignorez sans doute, mais le constructeur japonais Panasonic est l’une des marques les plus réputées en matière d’interphonie vidéo. Et c’est normal, sa gamme s’adresse avant tout aux professionnels, aux électriciens / électroniciens, aux spécialistes de la domotique.

Ceci étant, il nous semblait important d’évoquer l’un des derniers modèles, le VL-SVN511. Il s’agit d’un système d’interphonie vidéo traditionnelle (avec fil, donc), auquel Panasonic a ajouté une touche de connectivité.

L’installation n’est pas forcément à la portée de tout le monde, mais avec la documentation explicite en français, quelques mètres de câbles (non fournis, car cela dépend de la distance entre votre porte/barrière et votre séjour, mais cela nous a coûté 5€ pour 20 mètres), une fiche et un tournevis, il ne vous faudra que quelques heures pour installer le tout: l’interphone, le moniteur, le transfo et le relais.

C’est aussi pour cette raison que Panasonic ne s’adresse pas directement aux particuliers. Cependant, n’hésitez pas à le faire vous-même ou à demander à votre électricien d’installer les modèles du constructeur japonais, car ils sont réputés pour leur fiabilité et leur longue durée de vie. Un installateur des alarmes nous a confirmé que 20 ans plus tard, les caméras et les interphones Panasonic fonctionnaient toujours…

L’interphone vidéo de Panasonic fonctionne… comme un interphone vidéo. On appuie sur l’unique bouton du portier et cela fait sonner le moniteur principal, où l’on peut voir qui est à la porte grâce à la caméra (très, très) grand angle: 170° à l’horizontale, et 130° à la verticale. L’image est bonne et même si votre interlocuteur est sur le côté, vous le verrez distinctement. Libre à vous d’ignorer la sonnette, ou d’appuyer sur le bouton ‘TALK’ pour dialoguer. Il est également possible d’ouvrir la porte à distance si vous avez prévu une gâche électrique à relier également au moniteur principal (via le relais).

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Il permet de visionner les images enregistrées dès que quelqu’un sonne

Traditionnel, mais avec des options

S’il l’on parle de cet interphone, c’est parce qu’il a quelques options supplémentaires non négligeables. Tout d’abord, il enregistre systématiquement plusieurs images à chaque fois que quelqu’un appuie sur la sonnette. Cela permet de savoir, le soir par exemple, si des gens ont sonné à votre porte, si effectivement le facteur a essayé de vous faire signer le recommandé ou s’il l’a glissé directement dans la boite aux lettres, etc. Ces images sont consultables sur le moniteur principal, dont l’écran n’est pas tactile, hélas, et la navigation un peu archaïque. A nouveau, Panasonic mise sur la fiabilité et la durée de vie, plus que sur des fonctions spéciales ou sur une interface tendance.

L’autre atout « moderne » de cet interphone classique, c’est qu’il existe une application « Video Intercom » de Panasonic, sur le magasin d’applications de Google et d’Apple. Pour faire communiquer ce petit monde, il faudra d’abord relier votre moniteur principal en Wi-Fi à votre routeur. Ensuite, l’application fera office d’écran secondaire: vous pouvez vous en servir pour voir qui est à la porte, pour dialoguer et même pour ouvrir à distance si vous avez prévu une gâche électrique.

Une solution qui est assez chère mais, on vous l’a dit, durable. Il faut compter environ 650€ HTVA. Vous pouvez le trouver sur internet ou demander à votre installateur de se fournir auprès de Panasonic.

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Parmi les alternatives plus « 2.0 », il y a Ring, contrôlable uniquement via smartphone.

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Il existe bien entendu de nombreuses alternatives. Vous pouvez allez dans un magasin de bricolage ou dans une grande surface et acheter un kit à 150€, mais rien ne garantit la qualité de l’image (souvent, elle ne sera pas ‘grand angle’, car de tels objectifs coûtent assez cher), ni la fiabilité.

Une autre option, c’est Ring. Il s’agit d’une start-up américaine qui a sorti l’interphone vidéo à la sauce 2.0. Intelligent, sans fil (Wi-Fi + batterie intégrée), facile à installer et uniquement contrôlable via une application: ça parait trop beau pour être vrai.

Nous n’avons pas réussi à nous procurer un exemplaire de test, hélas. Mais à en croire plusieurs sites américains, le concept est fonctionnel.

Le principe est le même que chez Panasonic, mais: l’image est de moins bonne qualité, on ne peut pas relier de gâche électrique standard (il faut une « serrure intelligente et connectée » compatible) et la connexion (sans fil uniquement, et via smartphone…) est sans doute moins fiable (le délais entre la pression de la sonnette et l’alerte sur le téléphone peut varier…).

Le côté intelligent, c’est que l’application est très bien foutue. C’est la base du concept, donc elle est forcément soignée, et pleine d’options (on peut définir des alertes en cas de mouvement détecté, revoir les photos prises dès qu’on sonne ou que ça bouge, ouvrir la porte à distance, et configurer le tout).

Cela vous coûtera environ 300€, livraison comprise, avec un an d’abonnement à l’enregistrement des vidéos dans le cloud: quelques secondes d’images dès que du mouvement est détecté, ou que l’on appuie sur la sonnette, et consultable à distance via l’application pour smartphone (vous pouvez télécharger les séquences). Plutôt pratique.
D’autres illustrations de la solution de Panasonic que nous avons testée: 

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La santé connectée: gadget ou avancée médicale ?

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Mobilité, Pratique, Test , le 1 juin 2016 07h46 | Ajouter un commentaire

A l’heure du ‘tout connecté’, il est temps de s’intéresser à notre santé, et aux appareils qui permettent d’analyser notre corps. Du bracelet à la balance en passant par le tensiomètre et le glucomètre, il est désormais possible d’arriver chez son médecin, et de lui montrer une application qui rassemble les derniers résultats. Mais cela est-il bien utile ?

Vous l’avez remarqué: tous nos objets sont désormais connectés, ou au moins connectable. L’intérêt est toujours le même: faciliter le contrôle qui peut se faire à distance (via smartphone, par exemple), améliorer les options de configuration, faire communiquer entre eux ces objets connectés, etc…

Mais cette recette s’applique-t-elle aux petits appareils permettant de surveiller sa santé, qui se sont démocratisés ces dernières années, et qui sont présents dans certains foyers ?

De quoi parle-t-on ?

Pour le savoir, nous avons discuté avec la société iHealth, qui existe depuis 2009. Elle a été créée dans la Silicon Valley par un grand groupe chinois qui fabrique des millions de tensiomètres, dans le but d’être l’un des pionniers dans le domaine de la santé connectée. En 2013, elle s’est installée également à Paris, pour se rapprocher du marché européen.

« La santé connectée, c’est complètement nouveau« , nous a confirmé Anne Boché-Hiag, responsable de la communication. « C’est une nouvelle catégorie de produits, et il y a une certaine prise de conscience chez les gens, qui comprennent que cela peut les aider« .

IHealth commercialise plusieurs appareils de mesure dédiés à la santé: cela va du bracelet d’activité au glucomètre (pour mesurer le taux de sucre dans le sang, indispensable pour les diabétiques), en passant par les pèse-personnes, les tensiomètres et les oxymètres de pouls (qui mesurent le rythme cardiaque et le taux de saturation d’oxygène dans le sang, important pour les personnes souffrant d’insuffisance respiratoire).

Les objets les plus vendus sont « la balance et les bracelets« , nous a-t-on expliqué chez iHealth. Le citoyen est plutôt frileux à l’idée de s’équiper d’appareils plus orientés « suivi de la santé », ou plutôt « suivi des symptômes ». Les chiffres de vente n’ont pas été communiqués, mais on a bien compris qu’on était seulement à l’aube de la santé connectée…

Si on dit que ces objets sont connectés, c’est parce qu’ils communiquent avec une application pour smartphone ou tablette – il y a une application à part pour le glucomètre. Cette appli rassemble de manière très lisible les résultats obtenus par les analyses, mais surtout, elle conserve un historique complet des résultats. C’est cela qui intéresse les médecins.

Qu’en pense un médecin généraliste ?

Luc est médecin généraliste dans le Brabant wallon. A 61 ans, il a une longue expérience du suivi médical des patients atteints de certains types de maladie. Nous lui avons présenté les tensiomètre, oxymètre de pouls et glucomètre connectés.

« Ça me parait intéressant dans la mesure où souvent, pour les patients qui en ont besoin, je leur demande de prendre leur tension régulièrement, et de la noter« , afin de pouvoir surveiller l’évolution lors de la consultation.

« Si tout est enregistré dans une application, c’est sans doute plus pratique et ça évite les pertes de petits papiers, ou les oublis« .

Ce médecin n’est pas du genre alarmiste, et tempère rapidement: « tout le monde ne doit pas s’en équiper, seulement ceux qui ont des problèmes cardiovasculaires ou respiratoires; et les diabétiques« .

Attention à ne pas devenir hypocondriaque

Si on est en bonne santé, « il ne faut certainement pas commencer à prendre sa tension ou son rythme cardiaque tous les jours, et surtout pas son taux de sucre« .

Selon Luc, cela aurait comme effet néfaste « de rendre parano« , et le but n’est pas « d’avoir encore plus d’hypocondriaques qui viendraient en montrant un résultat inhabituel« .

Les hypocondriaques sont les personnes qui craignent en permanence d’avoir une maladie grave, et qui interprètent le moindre symptôme comme le signe d’un cancer (pour caricaturer).

« Pas là pour remplacer le médecin »

Il existe plusieurs applications iHealth, dont une pour le médecin, qui peut dès lors « se connecter » aux patients et recevoir automatiquement leurs résultats d’analyse lors de la consultation ou de la visite.

Des efforts sont également faits pour intégrer directement les résultats dans les logiciels informatiques utilisés par les médecins (c’est obligatoire depuis quelques années en Belgique). Mais la tâche est fastidieuse car « chaque pays à plusieurs logiciels différents« , nous a expliqué Anne Boché-Hiag. De plus, en Belgique comme en France, la majorité des frais médicaux sont pris en charge par la sécurité sociale. Les gens n’hésitent donc jamais à aller chez le médecin, à visiter un spécialiste.

« Dans les autres pays, la prévention est plus importante car les soins de santé coûtent très chers« . C’est dans ces pays-là que iHealth espère convaincre davantage de gens de s’équiper de ses appareils de santé connectée, pour surveiller ses symptômes avant d’aller faire des visites de routine chez le médecin. Même si « jamais on prétendra remplacer le médecin, on travaille avec, on lui fournit des informations« .

Et dans 20 ans ?

A terme, dans 10 ou 20 ans, avec l’explosion du ‘big data’ (un concept qui consiste en l’analyse des données informatiques de masse, pour faire parler les chiffres), il n’est pas impossible que l’application puisse déduire immédiatement les symptômes à partir de l’ensemble des analyses des appareils de santé connecté.

Imaginons que vous soyez très équipé et que vous mesuriez régulièrement (voir automatiquement, si les appareils deviennent plus performants et sont rassemblés dans un petit bracelet) vos données de santé: il est tout-à-fait possible qu’une application bien faite vous alerte immédiatement d’un problème, en combinant l’évolution de votre poids, votre tension, votre rythme cardiaque et votre activité physique ou votre sommeil.

Mais ça n’est pas pour tout de suite. « On sait où l’on se situe: on ne dit pas comment il faut soigner, on est là pour les données« , a conclu iHealth, dont le concurrent principal est Withings, une société française récemment rachetée par Nokia.

HTC Vive: un casque de réalité virtuelle effrayant

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, IoT, Jeu vidéo, Mobilité, Test , le 24 mai 2016 07h13 | Ajouter un commentaire

Récemment, j’ai pu enfiler le Vive de HTC, un casque de réalité virtuelle haut-de-gamme. Il coûte 899€ et nécessite d’être relié en permanence à un PC de grande puissance, mais l’expérience est à décrocher la mâchoire. Un vrai monde à part, parfois effrayant de réalité…

Nous avons essayé le meilleur casque de réalité virtuelle du moment

On avait dit que 2016 serait l’année de la réalité virtuelle, et c’est le cas. Oculus et HTC ont enfin commercialisé leur casque, qui viennent concurrencer le Gear VR de Samsung, des lunettes dans lesquelles il faut glisser un smartphone de la marque coréenne.

RTL info est le premier média francophone à avoir pu tester dans le détail le modèle de HTC, officiellement commercialisé en Belgique, même si c’est uniquement en ligne. Le fabricant taïwanais de smartphones a diversifié ses activités vers la réalité virtuelle, en collaboration avec Valve, un célèbre éditeur de jeu vidéo.

Pour faire simple : HTC a construit le casque et les accessoires, Valve s’est assuré de fournir du contenu VR (pourVirtual Reality, réalité virtuelle) sur sa plateforme de distribution digitale de jeu vidéo baptisée Steam.

Le casque peut être commandé sur le site du HTC Vive, au prix de 899€. Mais ne fonctionnera qu’avec un PC sous Windows d’une certaine puissance (voir la configuration minimale). Les clients belges qui passent commande maintenant seront livrés en juin, a-t-on appris lors de notre test.

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Un sacré paquet

La première chose qui nous a frappés en découvrant le HTC Vive, c’est qu’il ne s’agissait pas que d’un casque.

L’emballage est de grande dimension, car il y a non seulement les deux contrôleurs sans fil (un pour chaque main), mais également deux cubes d’environ 10 cm², à placer en hauteur dans deux coins de la pièce, pour délimiter un espace virtuel et capter avec précision les mouvements desdits contrôleurs.

L’installation prend environ une heure, le temps de placer le matériel, de configurer le casque et l’ordinateur, d’installer les logiciels nécessaires.

Ensuite, on lance Steam VR sur le PC (le catalogue de logiciel de réalité virtuelle de Steam), on allume le casque et c’est parti.

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Que peut-on faire avec ?

Comme pour le Gear VR de Samsung dont on vous a déjà parlé l’an dernier, l’écran d’accueil est une scène virtuelle assez sobre, avec un panneau central permettant de choisir parmi les jeux disponibles, ou d’aller en télécharger d’autres. Il y a une quarantaine de titres très différents déjà accessibles, mais de nombreux autres sont en cours de développement. Nous en avons essayés quelques-uns.

L’un des plus réussis, sans conteste, est The Lab (photo ci-dessous), ou l’on peut se projeter dans différents univers avec lesquels on peut interagir. Un petit jeu concret est la possibilité de tirer à l’arc à flèche. Avec sa main gauche, on doit placer la flèche tout en tenant l’arc de la main droite, viser puis tirer. Rien de révolutionnaire, Nintendo a fait la même chose avec sa Wii il y a une dizaine d’année. Sauf que tout est 100 fois plus précis, plus réaliste: l’écran collé à vos yeux vous donne vraiment l’impression que vous tirez à l’arc, et vous devez regarder ce que vous faites pour le faire correctement. C’est de la vraie ‘première personne’, comme on dit en jeu vidéo.

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Avec un autre jeu, on doit toucher et manipuler des objets. En regardant ses mains qui tiennent les contrôleurs, on voit des mains virtuelles capables de toucher, de pincer, d’appuyer sur des choses. L’immersion est exponentielle…

Nous avons joué quelques minutes à un jeu de tennis, où il faut lancer la balle avec un bras, et taper avec l’autre. Dans le casque, forcément, on voit tout en vue subjective. A nouveau, c’est comme avec la Wii U, mais en nettement plus précis et plus immersif. Le fait de « regarder ce qu’on fait », rend les choses très réelles.

Soyons honnête: c’est impressionnant et immersif, mais tous les jeux que nous avons essayés durant quelques dizaines de minutes nous ont laissés un goût de trop peu. Les idées sont bonnes mais on voit directement qu’on en est aux balbutiements de la réalité virtuelle. On n’y jouerait pas des heures, mais le potentiel est là… et il est immense.

Il est également possible d’appuyer deux fois sur l’un des boutons des manettes, ce qui lance un mode qui filme l’environnement (à l’aide de la caméra frontale) et la retransmet en direct sur le casque. Très perturbant, mais ça permet d’interagir avec la réalité sans retirer le casque.

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Notez que HTC et Valve ont souhaité rendre leur monde ouvert (Open VR). D’autres logiciels, en dehors de Steam VR, sont donc compatibles avec le Vive. Il faut les lancer à partir de l’ordinateur. Nous avons essayé Altspace VR (photo ci-dessus), une sorte de réseau social virtuel où les gens utilisant un casque de réalité virtuelle se rencontrent dans des espaces dédiés. Ce que l’on voit d’eux est un avatar (un personnage virtuel). L’intérêt est limité pour l’instant, mais le fait de se déplacer dans une pièce à côté d’autres personnes est pour le moins surprenant. Il est possible de parler à voix haute pour communiquer avec les membres de la pièce, et d’interagir avec eux, par exemple en jouant à des petits jeux.

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Un déplacement pas vraiment réel

On attendait beaucoup de la spatialisation de l’environnement. En effet, grâce aux deux cubes émettant des signaux laser, on doit délimiter une zone de maximum 3,5 m sur 3,5 m. Dans cet espace qu’il faudra dégager (pas de meuble), il est donc possible de circuler, même si les trois câbles reliant le casque à l’ordinateur peuvent entraver vos mouvements. Dans le casque, il y a une grille virtuelle qui vous indique les limites de la zone quand vous en approchez.

Forcément, quand vous faites un pas en avant dans le monde réel, vous avancez dans le monde virtuel. Mais cela a rapidement des limites, car dans une scène classique d’un jeu, la pièce virtuelle sera toujours bien plus grande que les 3,5 mètres carrés de la pièce réelle.

Il faut donc pointer une zone avec l’une des manettes, et appuyer sur un des boutons pour faire un bond virtuel dans la pièce et pouvoir l’explorer correctement.

Exemple concret: dans ‘The Lab’, on peut explorer une petite pièce d’un vaisseau spatial, prendre des objets, ouvrir des portes. Hé bien, même si la pièce est très petite, il faut faire des bonds virtuels avec la manette car en avançant et reculant, vous ne vous déplacez finalement que très peu. Cela est sans doute nécessaire pour garder un certain confort visuel (sinon, il y aurait sans cesse des zooms/dézooms de l’image, qui pourrait donner le tournis dès qu’on bouge).

Le fait de se déplacer à l’aide de bonds virtuels diminue un peu la sensation d’immersion.

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Conclusion

Pas de doute, nous sommes bel et bien à l’aube de la réalité virtuelle. L’image est enfin nette, et de bonne résolution dans la plupart des angles de vue. Et surtout, elle est fluide et de bonne qualité, grâce à l’ordinateur puissant qui fait tout le boulot et envoie l’image dans le casque. Tout cela transcende totalement le confort d’utilisation. Nous l’avons essayé durant près d’une heure sans pause, et sans ressentir le moindre malaise.

Alors qu’après 15 minutes, on veut enlever le Gear VR de Samsung: l’image est moins nette, de moins bonne qualité et moins grande, cela (nous) donne vite mal de tête. Avec le Vive, le casque est plus englobant, on ne voit pas de limite, comme c’est le cas chez Samsung, qui garde cependant pour lui le fait d’être beaucoup plus abordable (un smartphone Galaxy S6 ou S7, un casque à 99€ et c’est parti).

Le HTC Vive est donc la Rolls de la réalité virtuelle: la présence de manettes et la spatialisation de l’environnement ajoutent une touche d’immersion supplémentaire par rapport à ce que Oculus propose pour l’instant avec son Rift.

Certes, tout ce qui existe jusqu’à présent dans le magasin d’applications est davantage lié à des démonstrations des capacités du casque. Environ 200 jeux ou logiciels sont disponibles ou en préparation, et d’autres devraient suivre. Il suffira d’un grand titre pour attirer à nouveau les regards, et pousser certains à casser leur tirelire.

C’est cependant là où se situe le problème, actuellement. S’il faut compter 899€ pour le kit HTC Vive, il faut également disposer d’un PC avec une configuration assez puissante (surtout au niveau de la carte graphique). Il faut donc ajouter environ 1.000€ actuellement, mais cela devrait se démocratiser à l’avenir. Près de 2.000€ pour une expérience de réalité incroyable, difficile de juger actuellement si cela en vaut la peine.

Notez également que pour le moment, HTC présente son Vive comme un casque pour le jeu vidéo en réalité virtuelle. Mais de gros investissements sont consentis par le fabricant taïwanais pour élargir les horizons de la réalité virtuelle: 100 millions euros de soutien aux développeurs de logiciels compatibles Vive.

Audi l’utilise déjà pour que les clients choisissent leur intérieur, une agence de voyage pour que les futurs vacanciers découvrent les plages et les hôtels, et BMW pour que ses designers visualisent les résultats sans devoir fabriquer réellement un tableau de bord, par exemple…

Tout cela est donc prometteur.


 




La 5G va-t-elle être une révolution ? Pourquoi Intel devrait-il y jouer un grand rôle ?

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Mobilité , le 3 mars 2016 20h55 | Ajouter un commentaire

Au célèbre Mobile World Congress de Barcelone, j’ai pu m’entretenir avec la spécialiste 5G d’Intel, le géant américain des puces informatiques qui joue son avenir…

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Lors de notre visite au Mobile World Congress de Barcelone, nous avons pu nous entretenir avec la Madame 5G d’Intel, l’un des fabricants de puces et de processeurs les plus importants au monde. Aicha Evans nous a expliqué en quoi la 5G allait vraiment être différente de la 4G, et le rôle qu’entend jouer Intel dans cette (r)évolution de communications sans-fil.

Tout d’abord, essayons de comprendre pourquoi la 5G sera une révolution et non une simple évolution de la 4G. Revenons rapidement quelques années en arrière: les réseaux mobiles ont fait un grand pas entre la 2G (voix et SMS uniquement) et la 3G (internet mobile) ; la 4G a simplement amélioré les capacités de la 3G, en termes de rapidité du transfert de données, et surtout à destination des smartphones.

Une explosion des appareils connectés

La 5G est un nouveau pas important, car il n’y a plus que les smartphones et les tablettes qui veulent se connecter au réseau, et donc à internet. Vous l’avez sans doute remarqué: du thermostat à la voiture en passant par les appareils photos et les distributeurs de boissons… tout peut être connecté au réseau.

Nous sommes dans l’ère de l’Internet des Objets (Internet Of Things, IoT), c’est-à-dire que n’importe quel objet peut être connecté à Internet, dans le but de pouvoir le contrôler à distance de manière intelligente, à partir d’une application pour smartphone, par exemple.  Cet IoT  va multiplier de manière explosive le nombre d’appareils reliés au réseau.

Des besoins différents

Et si à la maison, la plupart d’entre eux se connectent à votre réseau Wi-Fi, les choses devraient changer d’ici 2020. Pour éviter les pertes de connexion en cas de problème à la maison, il serait en effet préférable que votre thermostat ou vos ampoules connectées puissent tout de même être accessibles via un réseau mobile.

Quand à tous les autres objets connectés en dehors de la maison, du smartphone à la voiture en passant par les appareils photos et les montres, ils ont tous des besoins très différents.

L’idée d’une 5G « sur mesure » est essentielle, car les quantités de données transférées, les rapidités de transfert ou les stabilités nécessaires sont à chaque fois différentes.

Tout cela représente des enjeux considérables et va modifier profondément la manière dont les réseaux mobiles sont conçus.

Intel va ajouter de l’intelligence

Avant l’éclosion de la 4G, Intel avait misé sur la technologie WiMAX comme successeur de la 3G. Mais ce système de Wi-Fi à grande échelle, surtout accessible en ville, a été un échec cuisant. Pas question pour le géant américain de se louper à nouveau avec la 5e génération de réseau mobile.

« Les milliards d’équipements connectés, de services personnalisés et d’applications cloud nécessitent l’émergence de réseaux plus puissants et mieux adaptés« , nous a expliqué Aicha Evans, vice-présidente d’Intel et directrice générale de l’Intel Communication and Devices Group, lors d’une table ronde au Mobile World Congress de Barcelone.

« La 5G marque un tournant fondamental vers une plateforme de réseaux mobiles intelligente, et non une simple plateforme de communication personnelle comme la 3G ou la 4G« , a-t-on appris par ailleurs au niveau d’Intel.

Concrètement, cela veut dire que « la 5G ne va pas simplement améliorer la vitesse et les capacités des communications, elle va ajouter de l’intelligence au réseau pour permettre aux appareils et au réseau de mieux communiquer, pour faire transiter du contenu et des données plus rapidement, et pour partager les ressources informatiques« .

Finalement, « le passage à la 5G concerne à la fois l’informatique et les communications, et constitue une transformation majeure pour l’industrie« .

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Que va faire Intel ?

Concrètement, quel rôle entend jouer Intel dans la 5G ? C’est là que ça se complique, car ça part dans tous les sens. Le géant des puces informatiques américain s’est lancé dans de nombreux partenariats pour développer toutes sortes de technologies liées à la 5G.

« On est en train de paver la route vers la 5G de plusieurs manières différentes. On a créé des partenariats avec des leaders de l’industrie mobile pour s’assurer que la 5G soit prête et que les premiers essais sur le terrain soient concluants. Pour cela, on investit massivement dans des prototypes et des expériences« , a-t-on appris.

Sur son gigantesque stand du Mobile World Congress de Barcelone, nous avons assisté à des démonstrations de transferts de données très rapides en 5G (nettement plus que le Wi-Fi de votre maison…). Mais il s’agit de prototypes capable de télécharger « 7 films en 1 seconde« , et pas d’un smartphone à 1 kilomètre d’une antenne.

Un exemple concret: les voitures connectées enfin intelligentes

Avec le géant coréen de l’électronique LG, Intel met au point les futurs équipements en télécommunications 5G des voitures, qui ont des besoins spécifiques lorsqu’elles se déplacent à grande vitesse et changent d’antenne de réseau mobiles.

A la base, on pense au simple transfert de données (téléchargement de musique, mise-à-jour du système ou de la voiture, accès à distance à certaines informations de la voiture, etc) entre le véhicule et le réseau.

Mais comme on l’a dit, la 5G est le réseau de l’intelligence. Des communications entre voitures, entre voiture et piétons ou entre voitures et panneaux de signalisation, vont certainement contribuer à des routes plus sûres dans les années à venir.

LG, qui est leader du marché des systèmes de communication embarqués dans les voitures actuellement, s’allie donc avec Intel pour ses prochaines générations.

Associé à Nokia, Ericsson ou encore SK Telecom (grand opérateur en Corée du Sud), Intel va jouer sur tous les tableaux pour fournir ses nouvelles puces intelligentes à tous les échelons de la 5G, du smartphone aux antennes en passant par les voitures et les petits objets connectés.

Au final, « on veut du volume, du volume, du volume » au niveau des puces et des solutions logicielles fournies par Intel, nous a répété Aicha Evans à Barcelone. D’ici à 2020, le géant américain joue gros et ne veut vraiment pas louper le virage de la 5G, on l’a compris…

Enfin une smartwatch qu’on pourrait presque acheter

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Mobilité, Test , le 28 janvier 2016 21h21 | Ajouter un commentaire

Cette fois, c’est la bonne: après 6 modèles en un peu plus de deux ans, Samsung a sorti sa ‘smartwatch’ la plus aboutie à la fin de l’année 2015. La Gear S2, à partir de 349€, allie les avantages des fonctionnalités et du design d’un belle montre connectée, à ceux d’un bracelet de suivi d’activité. J’ai pu la tester en profondeur et (au bas de l’article) en vidéo. ver

Si elles existent depuis quelques années, la plupart des ‘montres intelligentes’ restent des gadgets qu’on a du mal à recommander. Lors de nos tests, il est amusant d’en passer une au poignet durant quelques jours, mais on est souvent content de la rendre, tant leur utilité est contestable, leur encombrement trop important et leur recharge trop fastidieuse.

Mais comme dans tous les domaines, les appareils s’améliorent avec les années. Et Samsung, l’un des premiers à avoir soutenu une technologie en sortant plusieurs modèles par an, a sans doute enfin trouvé la formule magique: la Gear S2.

SamGear001Une vraie montre (à bague)

C’est la première fois que nous recevons un compliment sur une smartwatch. Les « pffft, c’est quoi ce nouveau gadget » ont laissé la place à un plus agréable « elle est belle, ta montre« .

Ecran rond, bague pivotante, design discret mais élégant… La Gear S2 ressemble à une (belle) montre, à l’instar de la Huawei Watch dont nous vous avons déjà parlé (mais qui tourne, elle, sousAndroid Wear, le système d’exploitation de Google pour les wearables, les objets connectés et portés).

Il y a différentes finitions et bracelets disponibles, dont la « Classic » – celle que nous avons essayée – avec une bague en métal et un bracelet  en cuir noir de bonne qualité. Elle est vendue 399€ mais il y a moyen de trouver des promotions.

La particularité de la dernière montre de Samsung, c’est donc cette bague encerclant l’écran, qui permet une navigation alternative pratique en la tournant vers la droite ou la gauche (un peu comme la molette de l’Apple Watch).

Une alternative qui, accompagnée de deux boutons, rend la navigation nettement plus facile qu’avec les uniques mouvements du doigt, souvent délicat sur la concurrence sous Android Wear (on pense à nouveau à la Huawei Watch).

Plus de fonctionnalités qu’Android Wear

L’autre intérêt d’utiliser Tizen (l’OS maison de Samsung, qu’on retrouve sur certaines smartphones et certaines télévisions), c’est de pouvoir proposer sa propre vision de la montre connectée, sans devoir se contenter de ce qu’Android Wear propose (et qui n’est pas très fourni actuellement).

Il existe donc des applications propres à la Gear S2, qu’il faut télécharger via l’application ‘Samsung Gear’, disponible sur le Google Play Store (également sur l’App Store de l’iPhone dans quelques semaines). Il y a par exemple des infos de CNN, ou l’application Nike+.

Un petit ‘store’ qui devrait être fignolé: il est automatiquement en néerlandais et nous n’avons pas réussi à en changer la langue, après avoir eu quelques difficultés pour s’inscrire.

SamGear004
La santé, avant tout

Mais Samsung a déjà préinstallé un bon nombre d’applications dédiées à sa Gear S2 (il n’y en a pas des milliers…). L’une des plus utiles est sans conteste S Health, l’appli santé de Samsung, qui va afficher toutes les infos captées par la montre: le nombre de pas et de kilomètres parcourus à pied, les séances de vélo, les pulsations cardiaques, etc…

Lors de notre test, la montre a détecté automatiquement notre demi-heure de vélo, qu’elle a su différencier du nombre de pas effectués, ainsi que du petit jogging. L’application fait le bilan de votre activité, et vous savez où vous en êtes par rapport à votre objectif quotidien ou hebdomadaire.

La montre vous dit également où se situe votre rythme cardiaque (au repos, après l’effort, etc…), par rapport à la moyenne mondiale et à d’autres données statistiques.

On avait toujours dit qu’une smartwatch aurait plus de sens si elle cumulait les fonctions ‘montre connectée’ et ‘bracelet d’activités’. C’est le cas de la Gear S2.

Les infos sur votre activité physique et votre santé peuvent être observées directement sur la montre, ou via l’application S Health du smartphone.

SamGear003D’autres petites fonctions sympas

A côté de la santé, il y a également toutes les notifications d’usage: vous voyez qui vous appelle, vous pouvez lire les nouveaux SMS ou les nouveaux messages instantanés de type WhatsApp, tout comme les nouveaux emails. Pratique si vous ne voulez pas sortir le smartphone de votre poche toutes les 5 minutes. Il n’est cependant pas possible de lancer l’application SMS, WhatsApp ou Email pour consulter votre boite aux lettres.

Cependant, à partir du bouton ‘Amis’, qui rassemble vos contacts favoris, vous pouvez composer un SMS, soit à l’aide de phrase prédéfinies, soit en encodant le texte sur le petit clavier tactile de type (vieux) GSM. Heureusement qu’il y a des suggestions de mots, car la tâche est délicate, mais pas impossible. Mais vu que la montre doit être connectée à votre smartphone, il est certainement plus rapide et plus simple de l’utiliser à la place de la montre pour cette tâche…

Ajoutez à cela un minuteur, un chronomètre, la possibilité de contrôler la musique de votre smartphone (et donc de l’enceinte Bluetooth qui y est de plus en plus souvent reliée), la galeriephotos (à transférer à l’avance via l’application Gear), la météo locale, une carte (HERE) de l’endroit où l’on se trouve, etc… et vous avez l’embarras du choix, même si la plupart de ces applications ne seront que très rarement ouvertes (car à nouveau, c’est nettement plus pratique d’utiliser le smartphone qui doit forcément être dans un rayon de quelques mètres, car c’est par lui que la montre se connecte au réseau).

newseriesConclusion

La Gear S2 de Samsung est la première smartwatch passant dans nos mains qui nous donnerait presque envie d’en porter une. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il est essentiel de débourser au minimum 349€ pour s’en offrir une, mais au mois, pour une fois, vous n’aurez pas l’air d’un geek ou d’un frimeur, et elle pourra vous être vraiment utile au niveau du suivi de votre activité physique ou de l’affichage des appels et notifications.

Seule petit différence par rapport à un bracelet d’activité: la Gear S2 et l’application S Health ne calcule pas la qualité de votre sommeil (mouvement, rythme cardiaque, etc…). Mais nous vous recommandons, de toute façon, de déposer la montre sur son socle de recharge aimanté très pratique sur la table de nuit, afin d’être certain de ne pas tomber à court d’énergie l’après-midi (même s’il est possible de tenir deux journées entières, théoriquement).

Notez également que lors du dernier CES, grand salon des nouvelles technologies, Samsung a présenté deux nouvelles finitions plus luxueuses (gris platinium et plaqué or rose, voir la photo ci-contre), qui ne coûtent que quelques dizaines d’euros supplémentaires. Il a également confirmé que la montre pourrait être utilisée avec un iPhone « plus tard dans l’année« .

Le Coréen nous a également confié, lors d’une récente rencontre, que la Gear S2 était le premier modèle qui se vendait enfin correctement en Belgique (et a fortiori dans le monde).