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Une révolution dans le monde du jeu vidéo: le streaming total est là

Par Mathieu Tamigniau dans Divers, Images et son, Jeu vidéo, Pratique, Test , le 20 novembre 2019 14h02 | Ajouter un commentaire

Le jeu vidéo fait sa révolution: Google Stadia est le premier à proposer le STREAMING total, on l'a essayé en avant-première

Les consoles de jeu et PC de gamer seront-ils bientôt des antiquités ? C’est possible: j’ai essayé en avant-première le tout nouveau service de streaming de jeu vidéo de Google, dont les serveurs font office de console, et c’est plutôt convaincant. Il suffit d’une manette et d’une connexion internet pour jouer aux derniers titres. Suivez le guide.

L’industrie du jeu vidéo ne s’est jamais aussi bien portée. Les chiffres qu’elle génère donnent le tournis: toutes plateformes et tous pays confondus, elle a généré en 2018 près de 120 milliards de dollars (108 milliards d’euros) de chiffre d’affaire. On estime à 2 milliards le nombre de joueurs: certains se contentent de jeux gratuits sur un smartphone, d’autres dépensent des fortunes en matériel informatique pour afficher les meilleurs graphismes.

Vous l’ignoriez sans doute, mais cette industrie est sur le point de vivre sa plus grande révolution depuis l’avènement du smartphone. Il faut l’oublier, comme la console, le PC ou la tablette: tout ce dont vous aurez bientôt besoin pour jouer aux plus grands titres du moment, c’est une connexion internet, un écran et une manette. Ce n’est pas de la science-fiction: je viens de tester Google Stadia, la première offre du genre accessible au grand public, en avant-première durant quelques jours. Et j’ai été agréablement surpris. Le service est disponible dès le départ en Belgique, soit le 19 novembre.

C’est quoi, le Cloud Gaming ?

Un tout petit peu de théorie avant d’entrer dans le vif du sujet. La solution choisie par Google pour se lancer dans le jeu vidéo est à ranger dans la catégorie Cloud Gaming, ou « jeu vidéo dans les nuages ». Cela fait référence au fait que la machine qui fait tourner le jeu sur votre écran (TV, ordinateur, etc), ce n’est plus une console de salon, mais un serveur, hébergé dans un data center. Les énormes progrès réalisés dans les vitesses de connexion, les puissances de calcul informatique et les logiciels optimisés rendent possible ce qui semblait être un miracle à l’époque: le streaming du jeu vidéo.

Vous allez me dire: Netflix et Spotify fonctionnent sur le même principe depuis des années. Sauf que la vidéo et la musique dématérialisées ne sont pas vraiment interactives, hormis play/pause. Le Cloud Gaming, lui, doit être suffisamment performant pour qu’un mouvement de pouce sur une manette se traduise immédiatement à l’écran par un mouvement du personnage. Alors qu’en réalité, il a parcouru une certaine distance pour être traité par un serveur qui a renvoyé la réponse instantanément sur l’écran de votre salon. En quelques millisecondes. Rien que ça.

Pour la petite histoire, dans le même ordre d’idées, l’entreprise française Shadow propose, elle, l’accès à distance à un PC de gamer sous Windows, donc pas uniquement aux jeux vidéo qu’il faut se procurer séparément (30€/mois). Une nouvelle offre (à partir de 15€/mois) arrive en 2020. Pour jouer sur une TV, il faut une « box » spéciale à 120€. Du côté de PlayStation, le service de streaming PS Now (aussi 9,99€/mois) est déjà dispo mais pour avoir accès au catalogue de jeux très volatile, il faut une PlayStation 4 ou un bon PC avec l’application dédiée. Microsoft prépare un xCloud pour 2020, qui a l’air puissant: on aura accès à un large catalogue sur tous les écrans.

Google Stadia: quand on part de rien et qu’on veut juste jouer…

Google est partout, ce n’est plus un secret. Le succès et l’omniprésence du géant américain effraient une partie du monde, mais rien ne l’arrête. J’évoquais il y a quelques jours son avance considérable dans le domaine des assistants vocaux avec les Nest Hub et Mini lancés en Belgique. Hé bien désormais, c’est au service du jeu vidéo que Google consacre son savoir-faire numérique et technique.

Depuis ce 19 novembre, Stadia, plateforme de streaming qui révolutionne la manière dont les joueurs accèdent et jouent à des titres aussi connus que le dernier Tomb Raider, Mortal Kombat 11 ou Read Dead Redemption 2, est disponible.

La révolution est surtout à chercher dans la simplicité du concept. C’est souvent quand tout a l’air intuitif et évident que se cachent des années de peaufinage du matériel et du logiciel. Avant il fallait acheter un disque, puis on a pu se contenter de télécharger le jeu sur notre disque dur. Désormais, tout est géré par les serveurs dédiés de Google, qui iront même jusqu’à mettre à jour les jeux en temps réel. Vous, vous devez juste appuyer sur le bouton d’une manette pour lancer une partie.

Cerise sur le gâteau: vous pouvez jouer sur une TV (il faut un Chromecast Ultra, qui est dongle HDMI inclus dans le pack de lancement comprenant la manette et 3 mois d’abonnement, je vais y venir), mais également sur un ordinateur équipé du navigateur Chrome, et sur les smartphones de Google (les Pixel qui ne sont pas encore commercialisés en Belgique), voire même sur d’autres smartphones en 2020.

Si vous ne possédez aucune console chez vous, c’est sans aucun doute le meilleur moyen de jouer facilement à des titres prévus de dernière génération sans devoir investir dans du matériel relativement cher. En revanche, si vous disposez de la toute dernière génération de console, l’intérêt est plus limité.

Comment ça marche ?

Le principe, vous l’avez compris, est simple: vous avez une manette et un écran, Google s’occupe du reste, à distance. Au lancement, il faut acheter cette manette (plus tard, d’autres manettes seront compatibles). Pour l’instant, il existe uniquement le pack Premiere Edition: pour 129€, vous avez une manette Stadia blanche, le Chromecast Ultra nécessaire pour jouer sur une TV (mais il sert à un tas d’autres choses: Netflix, Spotify, ‘cast’ de photos et vidéo, etc), et 3 mois d’abonnement à Stadia Pro.

Après une rapide configuration du Chromecast Ultra, il faut lancer l’application Stadia sur un smartphone, puis suivre les instructions pour la configuration. Une fois la manette liée, vous avez accès à l’interface Stadia sur la TV, et vous pouvez commencer à jouer comme si vous aviez allumé votre Xbox ou votre PlayStation.

L’installation m’a semblé très simple et je n’ai rencontré aucun bug.

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Des jeux à la pièce ou via un abonnement

Là où ça se complique un peu, c’est quand il s’agit du catalogue de jeux. Il est à diviser en deux catégories, liées au fait que vous souscriviez ou non à l’abonnement Stadia Pro (9,99€/mois).

Si vous ne payez pas d’abonnement, c’est Stadia Base, disponible en 2020 seulement. La qualité de l’image du jeu est limitée à du Full HD (1080p, 60 images par seconde) et le son sera stéréo. Vous devez acheter chaque jeu, et ils sont au prix plein, identique au prix de lancement sur les consoles (par exemple, 59€ pour le dernier Mortal Kombat). Il y a 22 jeux au lancement (voir la liste dans le bas de l’article). Pour utiliser la plateforme, c’est gratuit. Aussi étonnant que ça puisse sembler, Google « offre » ses serveurs qui font tourner les jeux, même s’il est évident qu’il se prend une commission sur les 59€…

Si vous payez l’abonnement (trois mois sont inclus pour la Premiere Edition, après ce sera 9,99€/mois), vous avez accès à Stadia Pro. Tout d’abord, la qualité de l’image et du son passe à 4K et audio 5.1, ce qui est important pour les grandes TV et les home cinema. Si vous jouez sur une tablette ou un ordinateur portable, c’est moins important. Mais surtout, on se rapproche du modèle de Netflix: vous avez accès à un catalogue de jeux vidéo à tout moment. Des jeux qui restent accessibles tant que vous payez votre abonnement. Au lancement, il n’y aura que deux jeux « gratuits »: Destiny 2, un très riche jeu de rôle et de tir à la première personne et Samurai Shodown, un jeu de combat en 2D. Bien d’autres jeux devraient rejoindre ce catalogue dans les semaines/mois à venir.

Quelle est la qualité de l’expérience ?

J’ai essayé Mortal Kombat 11 et Destiny 2 pendant plusieurs heures ces derniers jours. L’état de service de Stadia est encore en rodage, mais sans doute proche de ce que connaîtront les premiers joueurs qui auront payé 129,99€ et recevront dans les prochains jours leur pack Premiere Edition.

Sur une TV récente 4K, j’ai connecté le Chromecast Ultra de Google qui est obligatoire. Vu que mon routeur est proche de ma TV, j’ai mis un câble réseau dans le petit transfo qui alimente le Chromecast. Ma connexion internet est de bonne qualité: environ 70 Mbps. Allons droit au but: on est très, très proche d’une expérience de console du genre Xbox One ou PlayStation 4. En jouant à ces deux jeux, j’ai remarqué seulement une ou deux fois quelques très légers ralentissements, mais jamais de quoi perturber la session de jeu. Pourtant, les deux titres que j’ai essayés ont besoin d’une réactivité optimale (jeu de combat ou de tir à la première personne). En réalité, l’expérience globale est même meilleure que sur une console car la dernière fois que j’ai allumé ma Xbox, j’ai du faire une mise-à-jour de 4 GB de la console, et de 1 GB pour le jeu (quasiment une heure d’attente en tout). Autre avantage: il suffit d’appuyer sur le bouton Stadia de la manette pour allumer le Chromecast et la TV. 10 secondes plus tard, le logo Stadia s’affiche, avec le choix du profil. 5 secondes de plus et vous pouvez choisir votre jeu. Puissant.

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Sur un ordinateur portable en Wi-Fi, ça reste jouable

Sur un PC Windows relativement récent, en Wi-Fi dans un bureau situé au premier étage, l’expérience fut satisfaisante. Il faut utiliser le navigateur Chrome et se rendre sur stadia.google.com. La manette doit être connectée avec un câble USB Type-C (il y en a un dans le pack, tout comme un chargeur) à l’ordinateur. Dans un avenir proche, ce pourra être sans-fil. Bien entendu, ma connexion sans-fil à l’étage est moins bonne (21 Mbps au moment du test) que celle du câble réseau relié au Chromecast Ultra du salon. Dès lors, j’ai pu remarquer quelques pixellisations de l’image, de temps à autre. Rien de rédhibitoire: on peut jouer à Mortal Kombat 11, mais l’expérience est meilleure avec la première configuration dont j’ai parlé.

Sur un vieux Macbook Pro de 2010 qui fonctionne encore, il vaut mieux oublier. J’ai pu me connecter sur la plateforme via Chrome, mais l’expérience est une succession de saccades et jouer s’avère impossible.

Je n’ai pas essayé sur une tablette, ni sur un smartphone (de toute façon, dans un premier temps, seuls ceux de Google, les Pixel, sont compatibles).

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Conclusion

Le jeu vidéo est bel et bien en train de faire sa révolution. Google Stadia est la première plateforme du nouveau genre accessible au grand public, celui où des serveurs distants (peut-être ceux des data centers de Google à Mons, qui sait ?) font office de console en faisant tourner des jeux de dernière génération, qui sont affichés sur un écran au domicile des utilisateurs. Finalement, c’est logique que Google se lance dans l’aventure: il a une grande et longue expertise en tant que fournisseur de services internet (recherche, vidéo YouYube, maps, etc), et depuis longtemps, il possède d’immenses data center dans le monde, dont quelques uns à Mons, où il a peut-être placé ses serveurs dédiés à Stadia pour une partie de l’Europe (car oui, la distance compte et plus elle est réduite, meilleure est l’expérience).

Tout passe par internet, il faut donc une connexion aussi bonne et stable que possible pour profiter d’une expérience très proche d’une Xbox, d’une PlayStation ou d’un PC de gamer. Google laisse le choix d’un abonnement payant (Stadia Pro, 9,99€/mois) avec une meilleure image (4K) et quelques jeux en libre accès. Ceux qui ne s’abonnent pas (uniquement en 2020) auront une image moins bonne (1080p, ça reste correct), et devront acheter tous les jeux auxquels ils veulent jouer, à des prix identiques à la concurrence (exemple: 59€ pour le dernier Mortal Kombat).

Durant mes tests, je n’ai jamais été confronté à une interruption. Jouer à des jeux aussi gourmands que Destiny 2 ou Mortal Kombat 11 est un bonheur. La configuration idéale est l’utilisation du Chromecast Ultra relié avec un câble réseau à mon routeur (vitesse: 70 Mbps). Obligatoire pour jouer sur une TV, il est compris dans le prix de l’unique pack de lancement de Stadia, la Premiere Edition (129€). Sur un PC portable, en Wi-Fi dans le bureau avec une vitesse de 21 Mbps, l’expérience est légèrement moins fluide (des saccades peuvent survenir), mais on peut vraiment jouer.

Dans cette boîte du pack de lancement, vous aurez une manette qui n’a rien à envier à celle de la Xbox ou de la PlayStation. Notez qu’elles seront bientôt en partie compatibles et utilisables avec Stadia. Quant au multijoueur en ligne, il est compris dans le prix de Stadia Pro, mais j’ignore si les joueurs Stadia Base, en 2020, y auront accès. Devant votre TV, 4 manettes peuvent être connectées pour du multijoueur local.

Le service n’a que des avantages à mes yeux: il offre la puissance de calcul des consoles, sans les inconvénients que représentent les mises-à-jour, les longs téléchargements de jeu, etc. Avec Stadia, vous appuyez sur le bouton et 15 secondes plus tard (littéralement), vous pouvez jouer.

Deux bémols pour le lancement: la liste des jeux est actuellement limitée à 22 titres, dont 2 accessibles gratuitement pour les abonnés Pro (9,99€ par mois). C’est assez restreint mais le catalogue devrait s’enrichir dans les prochaines semaines. Autre bémol, technique celui-ci: sans internet, vous êtes complètement perdu. Et si votre connexion est lente, l’expérience ne sera pas au top. Google explique que 10 Mbps est le minimum, et que 35 est le débit recommandé. Faite donc le test sur leur site avant de craquer.

Sachez enfin que le xCloud de Microsoft s’annonce un très solide concurrent en 2020, tandis que le service PS Now de PlayStation existe déjà, mais est moins souple que Stadia et privé des jeux les plus récents.

Les jeux disponibles sur Google Stadia au lancement:

Assassin’s Creed Odyssey

Attack on Titan: Final Battle 2

Destiny 2: The Collection (gratuit via Stadia Pro)

Farming Simulator 2019

Final Fantasy XV

Football Manager 2020

GRID

Gylt

Just Dance 2020

Kine

Metro Exodus

Mortal Kombat 11

NBA 2K20

Rage 2

Rise of the Tomb Raider

Red Dead Redemption 2

Samurai Shodown (gratuit via Stadio Pro)

Shadow of the Tomb Raider

Thumper

Tomb Raider

Trials Rising

Wolfenstein: Youngblood

Philips pense enfin au son qui sort de ses TV

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 24 octobre 2019 13h53 | Ajouter un commentaire

La 55PUS8804/12 (prix de base 1.349€) est l’une des nouveautés TV de Philips cette année. Traditionnelle dans son apparence (55 pouces, 4K, LED, Android TV), elle est cependant équipée d’un système audio intégré signé Bowers & Wilkins. Relativement discret, il décuple le potentiel sonore du téléviseur, et ça fait du bien aux oreilles.

Les tests de Mathieu: Philips pense enfin au son de ses TV en s'alliant avec une référence de l'audio, mais qu'est-ce que ça donne ?

Nul besoin de vous le rappeler: le son est le gros point faible des TV modernes. Elles cherchent à devenir de plus en plus élégantes et fines pour s’intégrer dans n’importe quel intérieur, et ça va à l’encontre du son. En effet, pour sortir quelque chose qui tient la route, il faut des petites enceintes comprenant des tweeter pour les aigus et des woofer pour les basses. Et la règle de base, c’est que plus ils ont de l’espace, plus ils ont de la portée et de la puissance.

Raison pour laquelle de nombreuses personnes optent pour une barre de son, un marché devenu très confus car on y trouve de nombreuses marques, proposant du matériel négligé à 49€ et du haut-de-gamme à 999€.

Dès lors, pour éviter le double achat, la double prise et les câbles, pourquoi ne pas opter pour une TV qui mise moins sur la finesse mais plus sur le son ? C’est le pari qu’a fait Philips, la marque exploitée par l’entreprise chinoise d’écran TP Vision, sur une partie de sa nouvelle gamme, et en collaboration avec l’entreprise Bowers & Wilkins. J’ai pu essayer durant deux semaines le modèle 55PUS8804/12, et voici mes impressions.

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Le fameux « powered by » Bowers & Wilkins

Les « collaborations » des marques audio premium

Les marques audio premium, en proie à une nouvelle concurrence depuis l’avènement du numérique (je pense directement aux enceintes réseau de Sonos), ont bien du mal à tenir le coup avec leurs enceintes haut-de-gamme à 10.000 euros.

Certains d’entre elles vendent donc leur âme au diable en associant leur nom à d’autres appareils afin de faire croire que le son qui est en sort est sublime. Exemple: je tape les mots que vous lisez sur un ordinateur portable HP griffé Bang & Olufsen, et dont la partie son, engoncée dans à peine un centimètre d’épaisseur, sort de meilleurs aigus que la moyenne, mais est incapable de sortir la moindre basse (ce sont les lois de la physique). Et cela fait partie des bons exemples, car certaines marques osent collaborer avec des smartphones, qui ont encore moins de place…

Bowers & Wilkins, une entreprise historique anglaise rachetée en 2016 par une start-up californienne (Eva Automation), est plus subtile. A côté de ses enceintes à 30.000€ la paire et de ses casques haut de gamme, elle se limite à des collaborations avec des voitures prestigieuses, plaçant des systèmes sonores de qualité dans des BMW, McLaren, Maserati ou Volvo.

Et la marque désormais américaine a décidé de collaborer avec Philips pour trois téléviseurs. Deux sont haut de gamme (4.999€ et 3.499€) avec une installation B&W externe. La troisième, plus modeste (1.349€) et plus compacte, intègre directement dans son châssis la partie sonore. C’est celle-là, la 55PUS8804/12, qui nous intéresse aujourd’hui.

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A l’arrière, dans le bas de la TV, un mini caisson de basse

Belle prouesse

Je vais aller droit au but: le pari est réussi. Le son qui sort de cette télévision est au moins 3 fois meilleur que la moyenne des télévisions actuelles, même les dalles les plus chères, souvent très fines.

La puissance est au rendez-vous (45W au total) mais surtout, un gros travail a été fait sur l’optimisation du son: les voix ressortent très clairement, en toutes circonstances. Même avec un vacarme lors d’une scène d’action, le son reste cristallin et les dialogues parfaitement compréhensibles. N’est-ce pas tout ce qu’on demande (et tout ce qui manque…) à une télévision ?

Pour y parvenir, Philips fait forcément des concessions sur la compacité de sa TV. Sous l’écran, il y a une bande de 7 cm, recouverte de tissu, où sont intégrés deux haut-parleurs moyennes et hautes fréquences de 7,5W chacun. Pour qu’ils s’expriment aussi bien, l’épaisseur de la télévision, dont le dos est un légèrement courbé, est d’environ 5 cm, ce qui n’est finalement pas exagéré.

Et ce n’est pas tout: à l’arrière de la TV, au bas et bien centré, se trouve un large haut-parleur de graves de 30W qui se charge de sortir des basses correctes. Inévitablement, il a besoin d’espace et ressort donc de 3 cm du dos de l’appareil, ce qui rend pratiquement impossible d’accrocher la TV au mur.

Ces concessions esthétiques – même si la bande de tissu de 7 cm sous l’écran n’est pas vilaine du tout – permettent un son de qualité. Seules les basses manquent de profondeur: une explosion ne sera pas aussi bien ressentie qu’avec une barre de son équipée d’un subwoofer actif, par exemple. Mais c’est inévitable vu l’encombrement total du téléviseur.

A bien y regarder, la 55PUS8804/12 de Philips est une télévision qui a intégré au mieux une barre de son de bonne qualité (mais sans les prouesses du subwoofer). Et il y a cet Ambilight 3 qui assure une ambiance de fond lumineuse toujours aussi agréable, grâce aux ampoules LED intégrées dans le dos de la TV.

Petit bémol: à 1.349€, elle est nettement plus chère que d’autres TV 4K de la même taille (un honnête 55 pouces, donc). Et on s’approche dangereusement des premiers prix en OLED, le seul type d’écran permettant des noirs vraiment noirs et des couleurs immensément vives. Or, ce modèle Philips se contente d’une dalle LED. 4K/Ultra-HD, elle est de bonne facture et compatible avec les normes HDR10+ et Dolby Vision, mais cela ne remplace pas le spectacle permanent d’un écran OLED.

Heureusement, le logiciel intégré est le meilleur du marché: Android TV et ses nombreuses applications, sa capacité à afficher facilement les contenus d’un smartphone ou d’une tablette Android, et sa compatibilité avec Google Assistant (même si je ne suis jamais parvenu à le faire fonctionner, preuve que cet assistant vocal, dans notre pays du moins, balbutie encore).


 
 Une interface Android simple mais efficace

Conclusions

L’idée de Philips est bonne: intégrer un système sonore digne de ce nom dans une partie de ses téléviseurs, ceux à destination des utilisateurs exigeants au niveau de l’audio. En fait, on devrait tous l’être. Nombreux sont ceux qui investissent dans une TV en se basant sur la qualité de l’image ou le prix, et qui après quelques semaines, se plaignent de la médiocrité du son, voire même après quelques années de l’incapacité à distinguer les voix, et donc à comprendre les dialogues.

Pourquoi, dès lors, ne pas opter dès le départ pour une TV avec un bon son? De plus en plus de marques le font, y compris le nouveau venu issu du monde du smartphone, OnePlus, dont la TV devrait sortir l’an prochain en Europe, et qui est équipée d’une « barre de son » rétractable sous l’écran.

Philips a opté pour une solution plus simple: s’allier avec Bowers & Wilkins, grand nom de l’audio premium, et lui laisser 7 cm sous l’écran pour installer deux tweeter à l’avant pour les aigus, et un woofer dans le dos pour les basses. Le résultat est excellent si on tient compte du peu d’encombrement supplémentaire que représente l’installation de B&W. Comparée à une (bonne) barre de son avec subwoofer actif, cependant, on sent la différence au niveau des basses, limitées sur la 55PUS8804/12 que j’ai essayée.

Une TV qui vous coûtera 1.349€ (ça pourrait baisser dans les mois à venir), un prix hélas un peu trop proche des premiers modèles OLED à l’image époustouflante. Il faut se contenter sur notre TV du jour d’une dalle 4K traditionnelle, de bonne qualité mais qui montre ses limites dans les zones sombres, avec des noirs « éclairés » et donc plutôt gris. Pour le reste, c’est un excellent téléviseur avec une interface fluide et complète.

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Sonos sort pour la première fois de votre maison avec son enceinte « Move »

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 25 septembre 2019 07h20 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: Sonos sort pour la première fois de votre maison avec son enceinte intelligente Move

Inventeur de l’enceinte réseau à destination du grand public, l’américain Sonos, pour la première fois, ose mettre un pied dehors. Sa Move (399€) est conçue pour fonctionner parfaitement au fond de votre jardin, même s’il pleut. Et si sa puissante antenne ne capte plus le Wi-Fi, il est possible de passer en Bluetooth. Voici mon verdict après une semaine d’utilisation.

On ne présente plus l’entreprise américaine Sonos. Son slogan « listen better » (« écoutez mieux ») résume bien la philosophie du fabricant d’enceintes qui, depuis plus de 15 ans, tente de rendre aussi facile et agréable que possible l’écoute de la musique dans une maison.

Une chose restait constante dans tout le matériel (enceintes, barres de son, amplificateur, sub-woofer) de Sonos: la nécessité de le connecter à un réseau local, donc généralement votre routeur internet, à l’aide d’un câble ou en Wi-Fi. C’était le concept de base, les fondations de toute la technologie de Sonos, au niveau matériel et logiciel.

Et tandis que des dizaines de concurrents, petits et grands, s’engouffraient dans le marché des enceintes Bluetooth, Sonos les regardait de loin, riant sans doute de tous les désavantages de cette technologie de liaison directe entre une source musicale (un smartphone, souvent) et son moyen de diffusion (l’enceinte Bluetooth). Parmi les défauts, rappelons-le, il y a la nécessité de rester dans un périmètre restreint (quelques mètres), le lien constant entre les deux appareils, la musique coupée par les notifications ou tout autre son émanant du smartphone, etc.

Mais Sonos a changé son fusil d’épaule. La raison officielle, on ne la connait pas. Mon avis: la technologie Bluetooth a évolué, devenant plus performante (fiabilité, portée) et moins gourmande en énergie. Les batteries au Lithium ont également fait des progrès en termes de compacité et de performance.


Avant tout, une enceinte réseau (robuste) avec un Wi-Fi boosté

Sonos n’a pas jeté le bébé avec l’eau du bain, loin de là. En réalité, sa Move (un verbe qui signifie ‘bouger’ en anglais) est avant tout une enceinte réseau qui s’ajoute à l’écosystème des autres appareils du constructeur. Elle s’installe comme les autres, à l’intérieur de votre réseau Wi-Fi et à l’aide de l’application qui vient de subir un petit lifting. Bien entendu, elle peut être bougée un peu partout dans la maison, ce qui peut s’avérer bien pratique.

Particularité: la Move est dotée de la meilleure antenne Wi-Fi jamais intégrée par Sonos. Elle peut capter du réseau même dans le fond du jardin, j’ai pu le constater. A environ 15 mètres de la maison (et donc une bonne vingtaine du routeur), elle restait connectée et fonctionnait comme une enceinte réseau autonome, et non une enceinte Bluetooth.

Et dans le fond de votre jardin, elle s’y sentira très bien, même si vous l’oubliez toute la nuit. La Move a été conçue pour supporter l’humidité, le froid, les éclaboussures de piscine, la pluie, les tâches de moutarde. Mais aussi une journée en plein soleil. Bref, elle est très robuste et d’ailleurs certifiée IP56, la plus haute catégorie avant d’être classée ‘submersible’. Donc elle ne peut pas prendre un bain, mais résiste à un jet d’eau: si elle est très sale, vous pouvez passer une lavette savonnée puis la rincer sans risque. Sachez également que la base de l’enceinte est renforcée à l’aide d’un caoutchouc très solide. Sonos dit avoir testé des chutes d’une hauteur d’1,80m, et que tout fonctionnait encore après…

Donc la notion de ‘Move’ est liée à la capacité de l’enceinte à être transportée facilement dans la maison et le jardin, et à résister parfaitement à la vie en plein air…

Du Bluetooth, au cas où (ou pour profiter de YouTube et Netflix)

Mais Sonos, pour que sa Move soit vraiment utilisable n’importe où (dans un grand jardin hors de portée du Wi-Fi, au parc, en vacances), a ajouté la connectivité Bluetooth. Elle doit s’activer à la main, en appuyant sur le petit bouton situé à l’arrière, entre les deux gros. Le LED d’état passe alors du blanc au bleu, pour bien indiquer que la Move ne doit plus chercher du Wi-Fi mais se concentrer sur le Bluetooth (voir photos ci-dessous). Votre smartphone ou tablette peut alors être relié (la première fois, il faut le faire à la main, ensuite c’est automatique, comme toujours avec le Bluetooth).

Dès ce moment, votre smartphone doit se débrouiller pour lui envoyer du son. Il faut donc lancer une application comme Spotify (si vous avez de la 4G ou téléchargé des playlists à l’avance) ; ou jouer les MP3 stockés localement sur votre appareil, pour peu que vous en ayez encore.

Corollaire de cette liaison Bluetooth: on peut désormais utiliser une enceinte Sonos pour profiter d’un son de qualité quand on regarde un film (par exemple sur Netflix, photo ci-dessous) ou un clip (par exemple sur YouTube) sur un smartphone ou une tablette. C’était possible avec AirPlay pour ceux qui avaient un iPhone ou un iPad, c’est désormais possible pour tous les utilisateurs Android grâce au Bluetooth.

Autre corollaire, moins pratique: si vous recevez un message, un appel ou si vous lancez un jeu vidéo, c’est fini la musique…




Une autonomie raisonnable, mais la veille est gourmande

Qui dit sans fil, dit batterie. La Move en contient une dont on ignore les détails techniques, si ce n’est qu’après trois ans, Sonos vous encourage à la remplacer (c’est « facile » à faire mais sans doute pas soi-même car l’assemblage est précis et il n’y a aucune vis) pour qu’elle continue être suffisamment performante. Cela s’inscrit dans la politique de durabilité qui a toujours caractérisé Sonos, depuis ses débuts. Les premières enceintes sorties il y a 10 ans fonctionnent encore, et l’entreprise fabrique et vend toujours des modèles sortis il y a plusieurs années (Play:5, Playbar, Sub, etc).

L’autonomie de la Move est bonne en écoute continue: environ 10 heures, d’après le constructeur. Autre mesure communiquée: après 6h d’écoute au volume 50%, il restait 28% de batterie. De quoi vous donner une certaine idée.

Le « problème », c’est que la Move, si elle dans votre maison et capte le Wi-Fi, va y rester connectée, même si elle se met en veille après 30 minutes (on peut également appuyer sur le bouton ON/OFF). La Move sort en effet de veille très rapidement, dès que vous lancez l’application. C’est très pratique pour le confort et la facilité d’utilisation, mais ça consomme pas mal de batterie. C’est comme si vous laissiez tourner le moteur de votre voiture toute la nuit en hiver pour qu’elle démarre mieux le matin.

Donc en « veille » à l’intérieur de la maison, la Move tient environ 5 jours, même si vous n’écoutez pas de musique.

Heureusement, Sonos fait bien les choses et la Move est livrée avec un socle de recharge. Très discret, il accueille facilement l’enceinte, il suffit de la déposer. Il y a également un port USB Type-C pour recharger l’enceinte à l’aide de n’importe quel chargeur de smartphone (Android, pas iPhone) :

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Un son plus grave que la One

L’encombrement (24 x 16 x 13 cm) du Sonos Move et son poids (3 kg) sont nettement plus imposants que ceux de la One, son best-seller qui parait tout petit à côté. Et ce n’est pas dû uniquement à la batterie (voir photo ci-dessous).

En effet – passons à la qualité du son, essentielle tout de même – la Move est mieux équipée: il y a deux amplificateurs numériques, un tweeter pour les hautes fréquences, et un mid-woofer intégré pour des fréquences vocales moyennes et des basses étonnamment riches et profondes. Et Sonos, on le sait, soigne la qualité des composants et la cohérence de l’assemblage: le constructeur a consacré plus de deux ans à la Move dans ses laboratoires (dont celui que j’avais visité à l’époque).

Le son de la Move est surtout impressionnant, vu sa taille qui reste raisonnable, au niveau des graves et de la puissance globale de sortie. Il surclasse facilement la One et de la Beam, et se rapproche de ce que l’énorme Play:5 peut sortir.


Conclusion

Difficile de prendre en défaut la Move (399€) de Sonos, première enceinte du constructeur à être conçue pour être bougée dans et en dehors de la maison. Mais c’est avant une nouvelle option pour écouter intelligemment de la musique chez vous, car la Move a une antenne Wi-Fi plus puissante que la moyenne et même à plus de 20 mètres de mon routeur (une simple Bbox-3 de Proximus), elle accrochait le réseau sans souci. Elle tient quelques jours sur batterie, puis il faut la déposer sur son très discret socle de recharge.

La Move peut donc être déplacée un peu partout chez vous et si vous voulez aller plus loin, il y a l’option Bluetooth. Ça doit rester « au cas où », car il faut appuyer sur un bouton au dos de l’enceinte, attendre que votre smartphone la détecte, puis supporter toutes les interruptions (notifications, appels, messages, etc) qui en émaneront parallèlement à la musique diffusée. Quand on passe de l’un à l’autre, on se rend compte à quel point une enceinte réseau qui va chercher sa musique comme une grande sur internet est bien plus pratique à utiliser.

Et comme si ça ne suffisait pas, Sonos va vous faire oublier une bonne fois pour toutes les réglages manuels de l’égaliseur. En effet, il y a sur la Move une version automatique et continue de True Play (alors que sur les autres enceintes il faut utiliser un iPhone): grâce à ses micros, elle se rend compte de la réverbération (on non) du son sur des murs ou des plafonds, et adapte ses réglages en fonction.

Petit détail: si j’ai réussi à configurer Google Assistant sur la One et la Beam, je n’ai pas réussi à la faire sur la Move. Donc cet assistant vocal, pourtant officiellement disponible en Belgique, ne fonctionne pas, pour l’instant, sur l’enceinte mobile de Sonos. 






DJI Osmo Mobile 3: filmez comme un pro avec votre smartphone pour 100€

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Pratique, Test , le 6 septembre 2019 09h54 | Ajouter un commentaire

Les smartphones ont beau devenir de plus en plus performants au niveau de la photographie, ils n’en restent pas moins peu évidents manipuler pour ceux qui veulent en faire un remplaçant quotidien de leur appareil photo ou leur caméscope.

Les modèles haut-de-gamme ont une taille d’écran gigantesque, sont très fins et n’ont plus vraiment de bordure: on touche donc souvent des zones de l’écran sans le vouloir, déclenchant parfois des actions de manière accidentelle.

Le recours à un stabilisateur s’avère dès lors judicieux, et bonne nouvelle: DJI, géant chinois du drône,  vient de rendre son célèbre Osmo Mobile encore plus pratique à utiliser.

Pliable, l’Osmo Mobile 3 se range désormais dans une petite trousse de voyage tout en gardant toutes ses qualités. Son système de balancier articulé est la plus grande nouveauté de cette 3e mouture. Il est dès lors plus compacte, tout en étant plus léger (405 grammes contre 485) et moins encombrant (il a perdu 3 cm au total).

Des vidéos toujours fluides

Le principe de base, rappelons-le, est de fixer le smartphone dans l’encoche (à la verticale ou à l’horizontale). Dès lors, vous pourrez faire des travelings (bouger pour suivre une scène ou un sujet en vidéo) tout en douceur. Il n’y a pas d’à-coups ni de mouvements brusques, tout est fluide et c’est bien plus agréable à regarder. Si vous ne touchez à rien, la caméra va lentement suivre la scène qui se passe devant vous. Si vous effectuez un virage rapide à 90°, l’Osmo Mobile va vous suivre, mais moins vite et vous pouvez donc perdre de vue le sujet. Il faut donc un petit temps d’adaptation, mais on comprend vite le principe.

Il faut utiliser l’application DJI Mimo, très bien faite et qui comprend des tutoriels et des options de montages, de paramètres pour mieux contrôler le smartphone et l’Osmo Mobile 3.

Quelques autres nouveautés

Le stabilisateur se présente toujours sous la forme d’un joystick avec un bras articulé. Il y a des boutons (par exemple pour passer du mode photo au mode vidéo), et un curseur circulaire pour bouger l’angle de vision du smartphone. Si vous ne touchez à rien, la caméra va lentement suivre la scène qui se passe devant vous. Si vous effectuez un virage rapide à 90°, l’Osmo Mobile va vous suivre, mais moins vite. Il faut donc un petit d’adaptation, mais on comprend vite le principe.

Les autres nouveautés ? Plus d’espace sous le smartphone lorsqu’il est stabilisé à la verticale, ce qui est utile si vous utilisez un casque ou un micro. La présence d’un bouton pour faire pivoter le smartphone du mode paysage au mode portrait très facilement. L’option Active Track (v3) qui tente de suivre le sujet principal de la scène filmée, pour le laisser au centre du cadre (dans la mesure du possible, donc si vous êtes « doux » dans vos déplacements). Et une molette de zoom pour profiter des capacités de plus en plus performantes des smartphones dans ce domaine.

Bonne nouvelle: son prix n’a pas augmenté. L’Osmo Mobile 3 de DJI est disponible au prix de 109€. Une version avec trépied compact inclut existe aussi, à 129€.

Des oreillettes SANS fil mais AVEC réduction active de bruit: une première

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Mobilité, Test , le 14 août 2019 08h35 | Ajouter un commentaire
Les tests de Mathieu: que valent les Sony WF-1000XM3, des écouteurs entièrement SANS fil mais AVEC réduction active de bruit ?

La réduction active de bruit, on a l’habitude de la voir dans des casques bien recouvrants signés Bose ou Sony. Mais le constructeur japonais, qui mise beaucoup sur ce segment, a surpris tout le monde en faisant entrer cette technologie isolante dans des oreillettes aussi légères que discrètes. Un pari audacieux. Mon verdict après deux semaines de test.

Si c’est Bose qui a épaté tout le monde il y a quelques années avec un casque audio sans fil à réduction active de bruit, le japonais Sony occupe ce marché depuis 1992. Ce n’est pourtant que l’an dernier que son WH-1000XM3, que nous avions essayé dans un hélicoptère, a à son tour conquis les critiques et le public. Résultats: une croissance de 100% en un an pour Sony sur ce secteur d’activité.

Cet été, le groupe japonais qui retrouve des couleurs en se réorganisant intelligemment (il n’y a plus que sa division smartphone qui perd de l’argent), veut surfer sur son succès et sa réputation dans le domaine de l’audio à réduction active de bruit. Il a donc lancé les WF-1000XM3 (oui, une seule lettre change avec le casque recouvrant, avec un F pour freedom, liberté en anglais). Il s’agit de la deuxième version d’écouteurs Sony dits True Wireless, c’est-à-dire qu’il y a deux oreillettes entièrement sans fil (un concept en très forte croissance). Son prix est d’environ 250€, ce qui est finalement raisonnable car vous allez le voir, il n’y a pas de concurrence dans cette catégorie.


Sans-fil, sans bruit

Lors de l’annonce des WF-1000XM3, j’étais un peu dubitatif quant à sa capacité à être de bonnes oreillettes sans fil capables de restituer un bon son, tout en étant équipées de micro analysant le bruit ambiant en continu pour l’annuler. Pour deux petits objets si légers, ça semblait ambitieux.

En réalité, le pari est réussi. Pour 4 raisons :

La réduction active de bruit, nerf de la guerre, fonctionne. Malgré l’encombrement et le poids très réduits, ces oreillettes parviennent à pratiquement éliminer les basses fréquences (le brouhaha ambiant, le bruit de fonctionnement de l’avion, du train ou de la voiture). Pour les voix et les sons aigus, donc les hautes fréquences, ça reste très compliqué car leur analyse et traitement, plus fastidieux, entraîneraient une latence (un retard) dans la réduction effective du bruit, et donc une inefficacité totale. Les oreillettes de Sony isolent, donc, mais restons clairs: on est en deçà de ce que propose un casque recouvrant comme le WH-1000XM3 ou le QC35 de Bose. Mais les deux processeurs QN1e (un dans chaque oreillette) s’en sortent assez bien.

Une attention particulière a été accordée à la stabilité et la qualité de la connexion Bluetooth. Le son est transmis de l’appareil émetteur (smartphone, tablette, ordinateur) vers chaque oreillette simultanément, au lieu de passer de l’une à l’autre. La latence diminue grâce à cela de 75%, mais il reste impossible de l’éliminer entièrement à cause du trop grand nombre d’applications (Spotify, Netflix, YouTube, etc) et de version d’Android en circulation. Il y aura donc toujours un très léger décalage qui se pourra se ressentir (surtout lors des dialogues en gros plan).

L’autonomie est préservée grâce un boîtier de rangement équipé lui aussi d’une batterie, et qui est donc capable de recharger entièrement vos oreillettes trois fois. Avec la réduction active de bruit enclenchée (c’est le cas par défaut), comptez 24 heures d’utilisation (un cycle complet représente 6h d’utilisation, rechargeable à trois reprises en rangeant les oreillettes). S’il m’a fallu du temps pour finaliser cet article, c’est parce qu’après deux semaines d’utilisation quotidienne, les écouteurs étaient toujours utilisables. Donc c’est très, très honnête, surtout si on tient compte de la taillée et du poids des WF-1000XM3.

Un mot sur l’ergonomie et le maintien des écouteurs dans l’oreille. Sony les a testés sur 10.000 types d’oreilles différents dans ses laboratoires au Japon. L’insertion doit se faire en appliquant une petite rotation pour que les oreillettes soient bien stables et ne tombent pas si vous vous penchez ou marchez rapidement. Il faut veiller à bien choisir la taille et la matière des caoutchoucs. Plusieurs sont fournis pour que vous soyez le plus à l’aise possible. Vu le poids très réduit, cependant, aucun risque qu’ils ne s’échappent facilement. En trouvant la bonne taille et en les insérant correctement, vous aurez également les meilleurs résultats au niveau de la réduction active du bruit.

Enfin, derniers détails: il y a des détecteurs de proximité sur chaque oreillette. Elle s’éteint donc dès que vous la retirez, ce qui est important car il n’y a pas d’interrupteur ON/OFF. Et si vous utilisez Google Assistant, vous pouvez l’activer directement sur les écouteurs, qui vous proposeront alors de lire les messages reçus, de poser toutes vos questions, de commander votre maison connectée. Sachez également que vous pouvez téléphoner avec les WF-1000XM3.

Quelques petits défauts

Vous l’avez compris, l’expérience globale de l’utilisation des WF-1000XM3 est plus que satisfaisante. Sony a trouvé la formule pour réduire le bruit ambiant avec des petits écouteurs intra-auriculaires entièrement sans fil, très légers et faciles à recharger grâce à leur petite boîte intelligente. En réalité, il n’y a pas de concurrence dans cette catégorie. Il existe bien quelques modèles d’écouteurs entièrement sans fil (chez Apple et Samsung, notamment), mais ils ne sont pas à réduction active de bruit. Un modèle de Bose est attendu pour 2020.

Si on doit reprocher quelque chose à la paire de Sony, c’est avant tout la puissance de sortie. Il est impossible de régler le volume via les écouteurs, tout se fait à partir de la source (votre smartphone par exemple). En le mettant au maximum, j’ai trouvé que ça restait un peu faiblard. A voir avec d’autres smartphones et d’autres applications, mais des confrères présents à l’évènement partageaient mon avis.

Les commandes tactiles demandent une période d’adaptation. Le rond présent sur chaque oreillette et effectivement sensible et permet de contrôler la musique ou de mettre hors/sous tension la réduction active de bruit. Mais il n’est pas évident à trouver et manipuler. Tout cela est heureusement paramétrable dans l’application Headphone Connect, indispensable pour une bonne utilisation des WF-1000XM3.

En parlant de cette application, sachez qu’elle n’est pas un modèle de simplicité ni d’ergonomie. Au moins a-t-elle le mérite de pouvoir tout configurer et même d’éteindre les écouteurs, qui rappelons-le n’ont pas de bouton ON/OFF.

Les sportifs passeront leur chemin. Ces oreillettes ne sont pas destinées au sport, et n’ont aucune certification IPX. Pas de problème pour une randonnée mais si vous faites 10 km de jogging et que transpirez beaucoup, ça pourrait endommager les WF-1000XM3.

Dernier bémol, mais il est directement lié au concept de ‘Truly Wireless’: faites attention à ne pas égarer vos oreillettes. Mieux vaut garder la boîte de rangement/chargement dans la poche ou à proximité.


Cette TV adapte sa luminosité aux conditions de visionnage

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son , le 26 juin 2019 13h09 | Ajouter un commentaire

Il ne faut pas se leurrer: depuis l’arrivée du Full HD il y a bien longtemps, il devient délicat pour les téléviseurs de proposer des innovations susceptibles de justifier le remplacement d’un appareil en bon été de fonctionnement.

Le consommateur, et c’est une bonne nouvelle pour l’environnement, ne passe à la caisse que lorsqu’un appareil est en panne, pour faire simple.

Les constructeurs font ce qu’ils peuvent, cependant, pour attirer l’œil du client. Samsung et LG, les deux fabricants les plus populaires, ne jouent pas que sur la qualité d’image. Il y a également la partie logicielle, de plus en plus importantes, car beaucoup d’utilisateurs ne se contentent plus des chaînes linéaires de leur décodeur, mais ont besoin d’applications performantes pour le streaming de contenu vidéo ou musicale, pour des petits jeux vidéo, etc.

Luminosité adaptive 

Et encore au-dessus de cette couche, il y a quelques petites options qui peuvent faire la différence. Qui n’a jamais été gêné dans son salon quand le soleil est trop présent et que l’image est à peine visible ? LG a pensé à eux et l’un de ses derniers fleurons, le 65OLEDC9, adapte sa luminosité à la lumière présente dans la pièce. Un peu comme un smartphone, finalement, dont l’écran est moins lumineux le soir dans votre chambre, que le midi en plein soleil.

Cette option n’est pas assez mise en avant par le constructeur, selon moi. En effet, il faut aller dans les réglages > affichage, et trouver le sous-menu “économie d’énergie”. Là, il convient d’opter pour “auto”, mais c’est le choix par défaut. Aucune trace de cette option dans les caractéristiques du téléviseur sur sa page web officielle, par exemple, qui préfère évoquer le design et la qualité du nouveau processeur d’image a9 teinté d’AI (intelligence artificielle).

Un bien bel objet

Et on peut comprendre les choix du service marketing de LG. En effet, le 65OLEDC9 est très sobre: comme souvent avec l’OLED, une partie important du téléviseur n’est qu’une fine couche de verre protégeant la dalle proprement dite, très fine (voire souple). Lors de la manipulation, c’est un peu effrayant, on craint de la casser tellement elle est fine. L’électronique et le son sont rassemblés dans le bas, tandis que le double pied accentue la discrétion en étant pratiquement dissimulé.

Au niveau de la qualité d’image, difficile de faire mieux que les écran OLED de LG depuis quelques années. Cela reste, selon moi, la meilleure image disponible, avec des noirs invisibles (alors qu’ils sont “éclairés” et donc grisés sur les dalles non OLED), des couleurs vives, un contraste profond. Difficile à l’oeil nu de voir des améliorations par rapport aux générations précédentes, malgré la prise en charge des normes Dolby Vision et Atmos.

Quant à webOS, l’interface maison de LG, elle gagne en rapidité et en réactivité grâce au nouveau processeur. Elle est dès lors plus intuitive à utiliser, surtout avec la télécommande qui fait office de pointeur. On peut aussi utiliser le curseur, mais dans certaines conditions, c’est plus rapide de viser et d’appuyer sur OK. Qui dit OS maison, dit magasin d’applications maison. Et là, on se méfie toujours. À part Netflix et Amazon Prime (et Spotify), celui-ci ne propose finalement qu’un tas de petits logiciels inconnus et inutiles. Les deux services de streaming vidéo populaires ont droit à un bouton dédié sur la télécommande, et c’est diablement pratique…

Les smartphones peuvent-ils vraiment remplacer un appareil photo reflex ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Test , le 17 mai 2019 11h44 | Ajouter un commentaire

La qualité des lentilles augmentent, les processeurs de plus en plus performants permettent à la partie logicielle de combler une partie des défauts: les smartphones haut de gamme font tomber les barrières techniques pour devenir de véritables appareils photos. Que reste-t-il aux reflex ? On en a parlé avec Canon, qui vient de sortir un appareil photo à destination du grand public. Un pari osé en ces temps de récession…

Il y a quelques semaines, la marque chinoise Huawei, qui se rapproche année après année de la première place des vendeurs de smartphones dans le monde, a sorti un P30 Pro qui prétend ouvertement envoyer aux oubliettes les appareils photos traditionnels.

Une affirmation risquée mais qui dans les faits (voir mon test), ne semble pas loin de la vérité, dans certaines conditions du moins.

Canon à contre courant ?

Afin de discuter de nos impressions, nous avons convié un expert de chez Canon, une des références historiques de la photographie, et qui vient justement de commercialiser un nouvel appareil photo reflex à destination du grand public : l’EOS 250D. Le fabricant dit qu’il est « le DSLR des familles, facile et amusant ».

Une telle sortie peut sembler étonnante vu que le grand public utilise son smartphone, et que le monde professionnel est clairement la meilleure source de revenus, avec des appareils vendus des milliers d’euros. Or on le sait : les ventes de reflex sont en chute libre chez Canon (comme ailleurs): moins 25% en un an, il est donc primordial de maximiser les marges et non les volumes…

L’EOS 250D coûte 549€ sans optique. Comptez une centaine d’euros de plus pour un kit. Alors, Canon nage-t-il à contre courant ?

« On veut être le partenaire d’image à vie, on est là où le smartphone a ses limites et on pense à ce que l’utilisateur pourrait faire plus tard avec ses photos : être créatif (dans la retouche par exemple) ou en imprimer certaines. On pense également à ceux qui veulent une gamme d’optiques à disposition. Bref, on est là pour aller plus loin », nous a expliqué Joachim Devedeleer, spécialiste produits chez Canon.

Qu’est ce qu’il y a de mieux dans un reflex ?

On a passé une semaine avec l’EOS 250D, essayant de prendre les mêmes photos avec un smartphone haut de gamme. Et on a sans surprise remarqué beaucoup de différences.

Les premières sont liées à la prise en main et l’ergonomie. Grâce à sa forme typique, le Canon tient très bien dans la main tout en étant étonnamment léger (Canon a veillé à ce poids réduit pour qu’il ne soit un frein pour personne). Viser à l’œil est tellement naturel, tout en tenant l’objectif pour zoomer et en appuyant légèrement sur le bouton pour faire ou refaire la mise au point. On avait presque oublié cette sensation de maîtrise totale de la prise de vue.

La suite, c’est bien sûr la qualité d’image. La première chose qu’on a remarquée n’a rien à voir avec la définition (les smartphones proposent jusqu’à 48 MP). Il s’agit de ce qu’on peut appeler « le rendu » ou « le piqué ». Des manières de dire que l’image, au-delà de la précision, des couleurs ou des détails, est « photogénique ». Bref, c’est beau…

Ensuite, on a vu une sacrée différence sur un des effets très recherché par les fabricants de smartphone: le « bokeh ». Il s’agit du principe visant à laisser bien net l’objet principal, tout en floutant l’avant et/ou l’arrière-plan. Pour faire simple, depuis quelques années, les smartphones, parfois en multipliant les capteurs (certains servant alors à détecter la profondeur) ou en faisant bosser des algorithmes de reconnaissance d’image au niveau logiciel, parviennent à appliquer cet effet. Avec plus ou moins de précision sur les contours de la cible nette: parfois, ça semble découpé au ciseau.

Avec un reflex de la qualité de l’EOS 250D couplé à un objectif standard 18-55mm, l’effet bokeh n’est pas recherché, il est naturel. En mode automatique, si vous faites la mise au point sur un visage ou un objet, les autres plans seront floutés mais de manière progressive et subtile. Ça donne évidemment nettement mieux.

Ensuite, il y a bien entendu la prise de photo dans des conditions de faible luminosité. Ici, ça se complique, car les constructeurs de smartphone, Huawei en tête, ont tellement bien bossé que les « mode nuit », surtout sur le P30 Pro qui nous a servi de comparaison, font souvent des miracles. Comme le dira notre interlocuteur, « c’est le logiciel qui prend le relais dès que la lumière diminue« . Mais si le logiciel est bon et si les trois capteurs travaillent ensemble à des degrés d’exposition différents, ça ne fonctionne pas si mal.

Cependant, comparé à la plupart des smartphones du marché (les prix moyens tournent autour des 300€), l’EOS 250D est nettement meilleur dès qu’il fait plus sombre. Et surtout, à nouveau, c’est naturel, ce n’est pas extrapolé par le smartphone. Au risque de se répéter, c’est plus « photogénique ».

Pourquoi le reflex est-il encore meilleur ?

Tout est lié à la taille du capteur, en fin de compte. « Il s’agit de ce petit carré qui se cache derrière les miroirs, quand on ouvre un reflex pour mettre l’objectif on peut le voir », nous explique Canon (voir photo ci-dessous). Sur l’EOS 250D comme sur la plupart des reflex, il s’agit d’un capteur APS-C dont la taille est de 25.1×16.7 mm (environ 4/3 de pouce). Sur les smartphones et sur la plupart des appareils photo compacts, il est plus petit, généralement 1/2 pouce, voire moins.

« En fait, le capteur est plus grand, donc il prend plus de lumière, pour faire simple ». De quoi mieux se débrouiller quand il fait moins lumineux. Et pour l’effet bokeh, c’est une question de capteur, à nouveau, mais aussi une histoire de physique au niveau de la superposition des lentilles dans l’objectif. Sans entrer dans les détails techniques, cela permet « naturellement » au reflex de décomposer la profondeur de champs.

Conclusion

Oui, avoir un reflex a encore du sens en 2019, pour tous ceux qui veulent des photos naturelles, authentiques, réussies dans pratiquement toutes les circonstances. L’EOS 250D de Canon s’avère un bon compagnon pour cette pratique, car il est très accessible (avec de nombreuses explications à l’écran), très léger pour une prise en facile par tout le monde, et surtout parce qu’en mode automatique, on a réussi de très beaux clichés. Si vous imprimez souvent des photos, ça vaut également la peine d’investir un peu.

Se pose tout de même la question de ceux qui ont investi près de 1.000 euros dans un smartphone haut-de-gamme aux qualités photographiques exceptionnelles (Huawei P30 Pro, Samsung Galaxy S10, etc). Pour ceux-là, la différence de qualité des photos est moins vite perceptible, même si elle est bien réelle, on l’a constatée. Investir dans une kit à 650€ se justifie un peu moins.

Mais il ne faut pas oublier la sensation de maîtrise, le feeling ‘photo’ que procure la prise en main d’un reflex. La visée à l’œil, la main sur l’objectif pour doser le zoom, ça reste la meilleure manière de prendre des photos. Et surtout, ça vous met dans une position de photographe, ça vous inspire. Une madeleine de Proust (pour les plus de 35 ans…)

Le géant japonais Panasonic a sorti un casque à réduction de bruit

Par Mathieu Tamigniau dans Divers, Images et son, Test , le 20 mars 2019 08h32 | Ajouter un commentaire

Panasonic est l’un de ces grands groupes asiatiques actifs dans l’électronique, et qui diversifie depuis toujours les domaines d’activité. 270.000 employés sont ainsi répartis dans le monde entier, engrangeant 63 milliards d’euros de chiffre d’affaire.

Une stratégie parfois risquée car « Peut-on vraiment être bon dans tous les domaines ? ». La question est souvent posée, et Sony, par exemple, s’est débarrassé ces dernières années de plusieurs départements non rentables (pensez aux ordinateurs Vaio). Samsung, mastodonte sud-coréen, a jeté sa division « appareil photo » dans un même esprit, il y a quelques années également.

Le géant japonais Panasonic s’en sort plutôt bien, à en croire ses résultats 2018: le bénéfice net (236 milliards de Yens, donc 1,81 milliard d’euros) et les ventes sont en croissance. Il y a environ 5 ans, cependant, il a dû cesser de produire ses propres écrans plasma, la technologie tombant aux oubliettes, alors qu’il avait investi des milliards de dollars dans des usines.

Mais ce n’est pas ce que vous voyez de Panasonic qui lui rapporte de l’argent. Que du contraire. Les appareils à destination du grand public (télévision, téléphonie, électroménager, air conditionné, audio, photographie, etc) ne représentent que 30% du business total.

Davantage B2B

« Panasonic est une entreprise très B2B (business to business) », nous a confié Eric Novel, directeur général de Panasonic France, Belgique et Luxembourg. « On est très actif dans les technologies de broadcast (matériel pour les professionnels de l’audiovisuel), dans les solutions écologiques (panneaux solaires), dans l’automobile, les batteries ». Au Japon, « Panasonic construit même des maisons« .

En ce qui concerne la Belgique, le focus est également sur le  matériel à destination des professionnels. Pour les particuliers, on retrouve surtout les télévisions et les appareils photos (la gamme Lumix est réputée). Mais il y a beaucoup de croissance en vue dans la section « beauté » (tondeuse, soins, etc), « cooking » et « airco ».

Un casque à réduction active de bruit

On ne pouvait évoquer Panasonic, une marque assez discrète en Belgique pour les raisons qu’on vient d’évoquer, sans tester l’un de ses derniers produits à destination du grand public. Il s’agit d’un casque à réduction active de bruit, le RP-HTX90N. Prix recommandé: environ 139€.

Ce casque peut fonctionner sans fil (Bluetooth 4.2 et batterie rechargeable de 24h environ) ou avec un câble (fourni). Disponible en noir, bleu ou beige, il arbore un look assez rétro avec son arceau métallique en forme de rail et son câblage en partie apparent. Comme la plupart des casques de ce genre, il est principalement composé de plastique pour rester léger (208 grammes) et donc confortable. Équipé d’un micro et d’un bouton pour accepter un appel, il peut être garder sur les oreilles pour téléphoner. De multiples boutons (un peu trop que pour les repérer facilement) permettent de régler le volume, d’activer ou non la réduction active de bruit (économise la batterie) et un surplus de basse.

Soyons clair: si la qualité du son est tout à fait correcte (on l’a mesurée avec des vidéos et de la musique et il n’y a rien à dire), celle de la réduction active de bruit est loin des ténors, donc des Bose QC35 ou Sony WH-1000X M3. Mais ces deux casques sont vendus au-delà des 300€, donc la différence est logique.

Cette barre de son Sony en envoie dans tous les sens, même verticalement

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, Test , le 5 septembre 2018 15h29 | Ajouter un commentaire

Comme tous les appareils électroniques, les barres de son doivent se renouveler et proposer régulièrement des nouveautés. Alors qu’en réalité, ce qu’on leur demande n’a pas vraiment changé depuis le début: améliorer sensiblement le son médiocre qui sort des téléviseurs.

Sony a une réputation à maintenir dans le domaine du son. C’est lui qui porte la norme ‘Hi-res audio’ depuis le début, persuadé que le grand public est sensible à l’argument du son haut-de-gamme. Il a sorti récemment un nouveau kit barre de son avec caisson de basse, le HT-ZF9. C’est plutôt cher (environ 799€), mais il prétend imiter une installation avec… 8 enceintes (7 plus un caisson de basse). Et surtout, il pourrait projeter le son verticalement.

Pari réussi ?

La barre de son HT-ZF9 de Sony est le plus perfectionné des modèles de la gamme 2018. Il n’est pas très encombrant malgré un format un peu aplati. Il n’y a que trois haut-parleurs sur la barre, et un subwoofer inclus qui se connecte sans fil à la barre: vous pouvez donc le placer où vous le souhaitez dans la pièce.

Contrairement à ce qu’on peut croire, la puissance est bien là. Si vous aimez les films d’action ou d’aventure bien souvent fournis avec des formats audio dernier cri (Dolby Atmos ou DTS:X), vous serez comblé. On en prend plein les oreilles: ça va très fort, mais les voix restent bien distinctes malgré la profusion de basses, gérée à la perfection. On n’en demande pas plus.

Quant aux effets surround, on se demande comment Sony s’y prend, mais on est effectivement enveloppé et le son semble venir de partout, avec seulement trois haut-parleurs orientés dans la même direction.

On vous passe les détails, mais en appliquant un certain filtre, les ingénieurs parviennent à faire du son 3D, y compris verticalement. C’est bluffant: on entend vraiment les objets de déplacer de haut en bas…

Bien entendu, il faut que le contenu diffusé soit compatible, donc il faut idéalement un Blu-ray 4H UHD avec des formats audio de grande qualité, ou un streaming Netflix en qualité maximale (UHD, avec l’abonnement le plus cher). Si vous diffusez une chaîne de télévision, il est fort probable que ne profitiez pas vraiment de ces effets verticaux. Et le bouton ‘Vertical Sound’ qui amplifie cet effet ne nous a pas convaincus.

Trop complexe ?

Le grand problème actuel du home cinema, c’est la complexité des sources et des canaux de diffusion. Les formats audio/vidéo se multiplient alors que l’équipement des particuliers et leur mode de consommation (streaming ou support physique) n’a jamais été aussi éclaté.

Beaucoup utilisent encore des DVD à la qualité d’image déplorable sur les grandes télévisions, d’autres préfèrent louer des films via leur décodeur Proximus ou Voo, et une petite partie des utilisateurs est équipée d’un lecteur Blu-ray dernier cri. Impossible de savoir qui est capable de diffuser quoi et comment… Dans la plupart des cas, votre barre de son haut-de-gamme sera donc sous utilisée, même si elle fera forcément mieux que les haut-parleurs de votre télévision.

Quoi qu’il en soit, et on l’a remarqué en passant de l’application Netflix (UHD) de la télévision au lecteur Blu-ray UHD fourni par Sony, la multiplication des formats est trop complexe pour le grand public qui n’y comprend rien. Et  même la barre de son, qui peut faire office d’ampli en reliant les sources HDMI (deux maximum), est parfois perdue, jusqu’à ne plus pouvoir diffuser le son en provenance de la TV ou du lecteur.

On est loin, par exemple, de la simplicité d’utilisation d’une barre de son Sonos (reliée en optical audio ou HDMI ARC), qui n’évoque jamais la compatibilité des formats, mais qui mise tout sur l’expérience de l’utilisateur.

Une barre de son intelligente, tout de même

La barre de son de Sony ne démérite pas pour autant. Vu qu’elle peut être reliée en HDMI à la télévision, elle affiche une interface de configuration à l’écran, ce qui est plutôt pratique (pas besoin de bouton et d’un écran sur la barre). Cette interface vous permet d’utiliser tout le potentiel ‘connecté’ du HT-ZF9: Spotify Connect, Chromecast et même Google Assistant.

Les deux premiers permettent à un smartphone ou une tablette de diffuser des musiques de Spotify ou des vidéos provenant de certaines applications (sous Android surtout) sur la barre de son et/ou la TV.

Google Assistant, à l’instar des enceintes Google Home, permet de parler à la barre de son en commençant par « Ok Google ». Ça sert à poser des questions, mais également à contrôler les objets connectés de la maison et la musique de Spotify.

Trois fonctions qui peuvent être très utiles au jour le jour.

Conclusion

Sans aucun doute, la barre de son HT-ZF9 de Sony offre des prestations haut-de-gamme dans un format très contenu. Le prix est élevé (799€ au lancement) mais la qualité, le rendu et la spatialisation du son sont vraiment une plus-value lorsque vous regardez un film, une série ou simplement un programme TV (car les voix se détacheront magistralement du reste).

L’effet vertical est bien présent mais il faut être dans les bonnes conditions: une source vidéo de qualité (Blu-ray UHD), et un emplacement bien en face et au milieu de la barre de son. Cet effet vertical est amusant mais ce n’est qu’un détail.

Autre qualité du fer de lance de Sony: la connectivité. Que vous utilisiez l’application Spotify ou YouTube, vous pourrez diffuser le son ou la vidéo sur la barre de son et la TV en un ‘clic’. La ZF9 est également compatible avec Google Assistant, l’assistant vocal intelligent aux multiples fonctions.

Le nouveau décodeur de Proximus TV est sorti: quels sont ses avantages et comment l’obtenir ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son, IoT, Test , le 30 août 2018 07h47 | Ajouter un commentaire

Le nouveau décodeur de Proximus TV est sorti et il y a du nouveau: quels sont ses avantages et comment l'obtenir ?

Plus petit, capable de diffuser de la 4K (image de très haute définition) et équipé d’une télécommande Bluetooth: la V6 du décodeur de Proximus a tout pour plaire. Mais comment l’obtenir ?

Pour attirer les plus jeunes qui ont tendance à préférer les vidéos de leurs YouTubeurs préférés sur leur smartphone ou leur tablette, il est important que nos télévisions soient au moins aussi efficaces dans ce domaine.

Mais vous le savez, en Belgique, il est nécessaire de passer par un décodeur pour avoir accès aux chaînes de télévisions traditionnelles. Des décodeurs plutôt encombrants dans votre salon, qui ralentissent la navigation entre les chaînes et manquent clairement de réactivité.

Proximus l’a bien compris et a renouvelé son décodeur. La dernière version (V6) est sortie discrètement cet été, et elle a pas mal d’avantages par rapport aux versions précédentes.

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Premier constat: la V6 (au-dessus) a perdu du poids par rapport à la V5

Petit mais costaud: 4K !

Le dernier décodeur de Proximus est développé par Huawei, déjà partenaire de l’opérateur historique pour une grande partie du matériel réseau (antennes 4G, etc…). Et c’est une vraie nouvelle version, pas juste une petite mise-à-jour.

Premièrement, c’est le premier décodeur compatible 4K (ou UHD pour Ultra Haute Définition). Il est prêt pour le futur mais ne vous emballez pas: même si votre TV est compatible (elles sont presque toutes estampillées 4K désormais en boutique), les contenus avec des images d’environ 4.000 x 2000 pixels sont plutôt rares. La grande majorité des chaînes de télévision n’a pas les caméras ni les moyens de transmission pour une telle qualité d’image. Il faut passer par Netflix (abonnement le plus cher) ou YouTube, qui ont une partie grandissante de leur énorme catalogue de vidéos en 4K.

Parlons ensuite du matériel: le décodeur V6 est nettement plus petit et plus courbé, car tout se miniaturise. Il prend moins de place sur votre meuble et est plus discret, c’est toujours bon à prendre.

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La prise Peritel, c’est terminé…

Pas de Wi-Fi intégré, pas de disque dur

Il a toute la connectique nécessaire mais n’intègre pas encore le Wi-Fi pour être placé loin du routeur, l’appareil qui apporte internet dans votre maison. Il faut toujours relier le décodeur à l’aide d’un câble réseau directement à votre routeur, ou via d’autres options de transmission de signal (courant porteur en ligne, adaptateur Wi-Fi) vendues séparément.

Notez que, comme sur la version précédente, il n’y a pas de disque dur intégré. L’enregistrement de vos programmes est donc virtuel: il vous donne droit à un revisionnage à partir des serveurs de Proximus, pour faire simple, et ce durant une période limitée (par défaut: 60 jours).

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Une télécommande plus pratique

Sa télécommande peut fonctionner en Bluetooth: quel avantage ?

L’une des grosses nouveautés du V6 est anecdotique pour certains: le décodeur et la télécommande peuvent communiquer via Bluetooth (portée théorique: 10 mètres). Il n’est donc plus nécessaire de viser le récepteur infrarouge traditionnel.

Et c’est diablement pratique pour ceux qui cachent ce décodeur dans une armoire (ou qui aimeraient le faire), ou pour les appareils qui ne sont pas placé à côté

Notez qu’il faut activer l’option Bluetooth dans les paramètres, car ce n’est pas le cas par défaut.

Tant qu’on parle de la télécommande, sachez qu’elle a changé après pratiquement 10 ans: elle est plus fine, plus élégante, plus légère.

Quelques petites nouveautés logicielles

Au niveau du logiciel, il n’y a pas de grandes nouveautés. L’interface a été complètement revue par Proximus il y a moins de trois ans et on garde le même graphisme, les mêmes menus.

Il y a cependant un constat très important: le zapping est plus rapide. Difficile de le mesurer mais par rapport à la version précédente, on a encore grappillé quelques dixièmes de seconde. On se rapproche du zapping de notre bonne vieille TV cathodique et analogique, quasiment instantané.

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On a également noté un nouveau bouton idéalement placé (voir le += ci dessus), entre ceux du zapping et du volume. Il s’agit d’un bouton ‘applications’, qui affiche à l’écran un très petit menu permettant d’aller directement sur Netflix ou YouTube. On aurait aimé avoir directement sur la télécommande des boutons physiques Netflix et YouTube, les deux seules applications vraiment utilisées sur les TV connectées, mais il faut se contenter de ce bouton raccourci intermédiaire, qui a le mérite d’exister. Peut-être que Proximus va agrandir la liste d’applications à lancer via ce bouton à l’avenir…

Comment l’obtenir ?

Et maintenant, la grande question: comment l’obtenir ? La réponse n’est pas simple…

L’opérateur a cessé de vendre ses décodeurs (ça lui a valu des tracas avec Test-Achats): la location est la seule option. C’est 8€ par mois, tout de même (6€ à partir du deuxième décodeur loué). Mais l’avantage, c’est qu’il est garanti tout le temps, et remplacé en cas de problème ou de nécessité (changements techniques du côté de Proximus).

Mais si votre modem actuel fonctionne très bien, et que vous voulez quand même obtenir le V6 qui, on vient de le dire, a quelques avantages importants (surtout si vous possédez la 4K), comment faire ?

On a posé la question à Proximus. Première possibilité: prendre un nouveau ‘pack’: « Tous les clients (anciens et nouveaux) qui prennent un pack Tuttimus, Familus ou Minimus » peuvent demander le nouveau décodeur, nous a expliqué le porte-parole.

Et si vous avez déjà souscrit à l’un de ces nouveaux packs ? « Les clients Tutimus, Familus et Minimus qui louent leur décodeur ont en effet la possibilité de demander l’échange de leur ancien décodeur vers ce nouveau modèle. Ils peuvent pour cela, soit se présenter dans un shop de Proximus, soit appeler le 0800 33 800. Dans les deux cas, le nouveau décodeur sera envoyé à l’adresse du client« .

Donc pour résumer, si vous avez un ancien abonnement ou le plus petit pack actuel de Proximus (Internet + TV), impossible d’obtenir le nouveau décodeur pour le moment. Il faudra attendre que votre décodeur tombe en panne (et que les stocks de ‘vieux’ décodeurs de l’opérateur soient épuisés…).