Deux semaines avec le Galaxy Note 8: la star de l’année ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 20 octobre 2017 10h10 | Ajouter un commentaire

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Le vaisseau amiral de Samsung, le Galaxy Note 8, est le smartphone de tous les superlatifs. Sorti en août dernier à New-York (nous y étions), il est le plus grand appareil de la gamme sud-coréenne, et nous a surpris en premier lieu par un prix de vente élevé: 999€.

Nous avons pu mettre la main dessus dernièrement, pour l’utiliser durant deux semaines. Voici nos dernières impressions.

ON A AIMÉ

C’est sans conteste l’un des plus beaux smartphones de l’année, avec son écran vraiment borderless (sur les côtés) et arrondi. Le format 18:9 permet d’afficher confortablement une grande surface de travail (1440 x 2960 pixels) tout en restant facile à prendre en main, car pas trop large. L’écran ‘Inifinity Display’ fait mouche. C’est impressionnant à plus d’un titre.

A force d’utiliser son stylet intelligent intégré, on en viendrait presque à lui trouver une réelle utilité. Celui-ci se retire très facilement et dès que c’est le cas (où lorsqu’on appuie sur son bouton), un petit menu apparait et permet plusieurs options (capture intelligente, note rapide, etc). On n’a rien trouvé de plus rapide et plus précis pour capturer et partager rapidement une sélection d’un écran. Le côté ‘note manuscrite’ et ‘dessin’, ça reste à nos yeux réservé à une petite partie de la population.

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Le Note 8 a l’un des meilleurs double capteur photo. Samsung a choisi un système qui repose sur deux focales différentes. On trouve un module grand-angle en capteur 12 Mpx (1/2,55″)  et  une optique stabilisée équivalente à un 26 mm et ouvrant à f/1,7. Le second module s’appuie lui aussi sur un capteur 12 Mpx (plus petit, 1/3,6″) et une optique équivalente à un 52 mm ouvrant à f/2,6. Derrière ces chiffres barbares, il y a la réalité: des photos de très bonne facture, surtout en plein jour. Dès qu’il fait plus sombre, comme les autres, il se plante un peu.

Malgré une batterie de « seulement » 3300 mAh, Samsung maîtrise tellement bien son Android customisé que l’autonomie est très bonne. On approche les deux journées d’utilisation si on ne regarde Netflix en 4G pendant 1 heure. Et ça, c’est beau. Ceci dit, Huawei est parvenu à mettre 4.000 mAh dans son dernier Mate 10 Pro, et atteint facilement les deux journées d’utilisation.

ON A MOINS AIMÉ

Samsung n’ayant plus de place sur la face avant de son smartphone, il a du trouver une parade. Comme sur le S8, le capteur d’empreinte digitale pour le déverrouillage est à l’arrière, à côté de l’appareil photo. Ce n’est vraiment pas le bon endroit: beaucoup trop haut, il oblige à se tordre le poignet pour que l’index tombe dessus, par hasard qui plus est. Pourquoi ne pas l’avoir mis en-dessous, comme la concurrence ? Ce problème nous oblige à chercher d’autres méthodes de déverrouillage, dont la reconnaissance faciale ou d’iris, mais c’est fastidieux, ça prend trop de temps et ça dépend souvent des conditions lumineuses ou de la position de votre smartphone par rapport à votre tête. Bref, c’est irritant.

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Alors que les premiers smartphones sous Android 8 débarquent, le Note 8 se contente d’Android 7 avec une grosse surcouche logicielle de Samsung, qui nous prive par exemple du « menu contextuel » disponible quand on laisse son doigt sur une icône d’application. Le logiciel est cependant un modèle de stabilité et de rapidité, mais pourquoi ne pas laisser un peu plus de place à Google, qui est plus simple au niveau du cloud (galerie photo, contact, agenda, etc) ?

CONCLUSION

Le Note 8 est sans conteste l’un des meilleurs smartphones de l’année. Sa finition, son concept borderless poussé au maximum au niveau de l’écran, son stylet intégré unique en son genre, en font un appareil à part, plus exotique que le Mate 10 Pro que Huawei vient de sortir.

Mais à 999€, saura-t-il trouver un public ? Difficile à dire. Le Mate 10 Pro est 200€ moins cher, avec quelques bons arguments lui aussi…

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Forza 7, Project Cars 2: quel jeu de courses choisir sur Xbox ?

Par Mathieu Tamigniau dans Jeu vidéo , le 13 octobre 2017 11h50 | Ajouter un commentaire

Forza 7 Porsche in the Lead 4K

On a longtemps considéré la série Gran Turismo (une exclu PlayStation) comme LE jeu vidéo de simulation de course unique en son genre. Collectionner les voitures, débuter avec des ‘petits’ modèles pour gagner des courses et des crédits, remporter au fur et à mesure une série de championnat et de trophée pour devenir le meilleur pilote… L’équipe de Polyphony Digital a inventé un concept il y a 20 ans sur PlayStation 1.

Ce rêve pour de nombreux joueurs prend tout son sens sur Xbox One dans Forza Motorsport 7, un opus qui ne révolutionne pas le genre, mais frôle la perfection tant au niveau du catalogue de voitures que des circuits (30) modélisés à la perfection, dont celui de Spa-Francorchamps.

On a également été étonné par les jeux de lumières sur l’aube, le crépuscule, l’orage, le soleil, etc. Des conditions de jeu dynamiques qui rendent l’ensemble plus crédible.

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Il y a plus de 700 voitures disponibles, et dont l’habitacle intérieur a été modélisé, dans le but de rendre cette vue de pilotage la plus réaliste possible, même si à mes yeux elle est plus difficile que celle sur l’avant du capot de la voiture…  Il s’agit de la plus grande sélection de Ferrari, Porsche et Lamborghini disponible dans un même jeu de course.

La réussite est dans les détails, dit-on. Avec FM7, il est donc possible de relooker sa voiture (stickers, peintures, etc) comme sa tenue de pilote.

On lui reprochera sans doute un certain manque d’audace dans le gameplay, car le concept comme les courses sont assez convenues. Il y a tout de même les Mods, qui vous permettent de gagner plus de crédit en réussissant un défi durant la course.

Au-delà de cette considération, Forza 7 est avant tout… un très beau jeu – et le sera encore plus sur la Xbox One X en 4K et HDR, qui arrive bientôt.

Côté jouabilité, le niveau de difficulté par défaut est très bas, car les aides à la conduite sont toutes activées  au départ (freinage, accélération bloquée, direction, marquage au sol de la meilleure trajectoire et du moment auquel freiner). Mais tout est activable/désactivable facilement à chaque début de course.

A vous de trouver le juste milieu pour vous amuser tout en ayant l’impression de piloter réellement.

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Project Cars 2

Au même moment sort, sur Xbox One mais aussi sur d’autres plateformes, Project Cars 2, la suite du jeu vidéo soutenu par le crowdfunding. Il est nettement plus orienté simulation, même si comme pour FM7, des aides au pilotage peuvent être activées/désactivées facilement.

Le concept est cependant plus poussé. Par exemple, les changements de surface se font ressentir directement au niveau de l’adhérence. En plus du LiveTrack 3.0, qui permet des conditions environnementales dynamiques tout au long de la course, vous faisant souvent hésiter à passer au stand pour changer de pneus.

Le catalogue de voiture est plus restreint que sur FM7, mais il est plus pointu, et chaque voiture devra être maîtrisée tant son pilotage sera différent des autres. IndyCar, proto, rallycross, kart… il faut à chaque fois revoir sa manière de conduire, et c’est ça qui est amusant.

Les modes de jeu sont assez classiques (Carrière, Partie Rapide et Communauté), mais on appréciera les balades en « circuit ouvert » sur la Côte d’Azur ou la California Highway !

Du côté des points négatifs, on a remarqué une intelligence artificielle parfois un peu barrée en début de course, n’hésitant pas à vous rentrer dedans…

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Conclusion

Personnellement, j’ai aimé les deux titres. Graphiquement, on atteint des sommets de réalisme, même si on le dit à chaque nouvelle génération de console. Les voitures (y compris l’intérieur), les circuits, tout est splendide.

Sans conteste, Forza Motorsport 7 est plus accessible. Par défaut, le niveau de difficulté est assez bas et on gagne assez vite des courses, même en désactivant les aides au pilotage. Ce n’est pas le cas de Project Cars 2. Moins fourni en voitures, il est plus orienté simulation pure, et plus pointu au niveau du pilotage, des conditions de route, etc.

Choisissez donc FM7 si vous voulez collectionner des voitures de rêve, et avancer rapidement dans le mode carrière. Et PC2 si vous cherchez le challenge et le stress de partir dans le décor à chaque course.

Comment fabrique-t-on un smartphone ? [VIDEO]

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 6 octobre 2017 14h35 | Ajouter un commentaire

Le géant Huawei a ouvert les portes de ses installations chinoises à quelques médias, dont RTL info, pour montrer les coulisses de la fabrication d’un smartphone. Cet appareil qui prend de plus en plus de place dans notre quotidien n’aura plus de secret pour vous…

Les smartphones sont devenus des éléments incontournables de notre vie quotidienne. Difficile de s’en passer pour communiquer, se divertir, avoir sa carte d’embarquement pour un vol, prendre des photos ou des vidéos. Cette liste est non-exhaustive.

RTL info a voulu en savoir plus sur la manière dont sont conçus ces précieux compagnons de tous les jours, que les propriétaires remplacent en moyenne tous les deux ans. Où sont-ils fabriqués ? Et comment ?

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Shenzhen, la Chine des grandes villes, riche et occidentalisée

Shenzhen, Huawei… même combat

Pour le savoir, on s’est rendu à Shenzhen, capitale chinoise des nouvelles technologies. Il y a une vingtaine d’années, voyant la Silicon Valley détenir les clés de l’économie numérique, le gouvernement chinois a participé à la transformation de ce village de pêcheurs en riche mégapole ou s’est implanté, notamment, le géant des télécoms Huawei. Parmi les autres grands noms présents dans cette ville de 16 millions d’habitants, on note Foxconn (dont l’usine ici fabrique entre autres l’iPhone, rien que ça…), ZTE, Tenzen, DJI, etc…

Huawei, devenu N.2 mondial (derrière Samsung) en termes du nombre de smartphones vendus dans le monde en 2017, nous a ouvert les portes de ses usines et centres de recherche et développement durant quelques jours cet automne.

La marque est justement née à Shenzhen il y a 30 ans, dans de modestes bureaux. Aujourd’hui, l’entreprise est devenue un acteur majeur dans les télécommunications, un domaine auquel elle a choisi de se limiter (pas de machine à laver ni de télévision…). Un modèle atypique, avec une rotation des trois CEO tous les 6 mois, le fait que Huawei soit détenu à 1% par son fondateur, mais à 99% par les employés (pas en bourse), sa manière de répartir ses infrastructures et ses partenariats partout dans le monde, tout en gardant une identité chinoise.

On parle de 180.000 employés dans le monde, dont 79.000 dans 15 centres de recherche et développement éparpillés un peu partout dans le monde. Sur Shenzhen où nous avons visité le ‘campus’ de Huawei, il y a environ 40.000 personnes qui travaillent, dans d’innombrables bureaux, mais également dans le centre de formation (‘Huawei University’), un gigantesque laboratoire sous-terrain pour tester le matériel dans toutes les conditions possibles et imaginables, etc. Tout cela nécessite par exemple des cantines capables d’accueillir 1.000 employés à la fois en 30 minutes, des dizaines de restaurants, des supérettes, des navettes (minibus) permanentes pour que les employés rejoignent les différentes sites du groupe, et bientôt… un hôtel (en cours de construction).

Bref, Huawei, comme Shenzhen, sont des mastodontes asiatiques à la capacité de production, de création et d’innovation uniques au monde.

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Une partie des infrastructures de Huawei en Chine (dont le QG, au fond à gauche)

Tout ça pour quoi ? Voici comment on conçoit un smartphone

Beaucoup l’ignorent mais à l’origine, Huawei est un fabricant de matériel de télécommunication (les antennes GSM mais aussi tout le matériel qui va avec). Les choses ont un peu changé depuis que le géant chinois a décidé de vendre des smartphones. Aujourd’hui, 40% du chiffre d’affaire provient de la vente de téléphones, et même plus de 50% en Belgique, où Huawei a vendu 525.000 smartphones en 2016, sur un marché d’environ 3,1 millions d’appareils annuellement.

On a profité de notre voyage à Shenzhen pour comprendre le processus de fabrication d’un smartphone. En réalité, c’est nettement plus long que ce qu’on pense. Il faut déjà 6 mois pour faire des tests auprès de tous les opérateurs avant la mise en production finale. Des modèles – dont le design est alors camouflé par une coque impossible à enlever – sont envoyés dans chaque pays pour que les opérateurs effectuent des tests. Le design ayant une importance capitale dans la manière dont les antennes du smartphone communiqueront avec celles installées dans notre pays, il doit être défini (et donc l’appareil construit) quelques mois avant ces tests, d’après nous.

Vous l’aurez compris, la partie ‘conception’ et ‘design’ n’est pas vraiment accessible aux journalistes, car Huawei est occupé actuellement avec les modèles qui sortiront en 2018 voire en 2019.

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Une des nombreuses machines de torture des smartphones avant leur production de masse

Le laboratoire de test

Le fabricant chinois nous a heureusement fait visiter quelques uns de ses sites de productions basés près de Shenzhen.

Une fois que les premiers prototypes sont fabriqués, vient la lourde et longue phase de test du smartphone mais également des accessoires fournis, comme le chargeur. Au-delà de la simple sécurité de la batterie dont on a beaucoup parlé l’an dernier, il y a d’innombrables conditions ordinaires ou extraordinaires qui doivent être simulées par Huawei.

Dans ses laboratoires de Cloud Park, à une heure du centre de Shenzhen, plusieurs grandes salles accueillent diverses machines de tortures: un smartphone lancé à terre, mis dans une poche arrière sur laquelle on s’assoit, tombant dans des escaliers ou placés dans des conditions climatiques extrêmes (jusqu’à 130 degrés ou 100% de taux d’humidité)…

Des machines très précises appuient 5.000 fois sur le même bouton, sans arrêt, ou tordent les câbles de chargeur pour tester leur résistance.

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Ces grosses machines fabriquent la carte mère à l’aide de microcomposants

La ligne de production

Dès que ces tests sont réussis, direction les usines d’assemblage. Nous avons pu visiter celles de Huawei située à Donguan, à 40 km environ de Shenzhen. Il y a à nouveau un ‘campus’ du géant chinois dans cette ville, qui est par ailleurs en train de s’y construire un nouveau headquarter (siège central), parallèlement à celui de Shenzhen, devenu déjà trop petit…

Nous étions les premiers journalistes à pouvoir pénétrer et voir de près une ligne de production. Il faut savoir que Huawei est la première marque qui permet cela, par un souci d’ouverture, de transparence, d’image positive à véhiculer auprès du public à travers la presse, a-t-on appris en coulisse.

Concrètement, il s’agit en fait de lignes de production et d’assemblage, similaires à celles d’une voiture, par exemple. La ligne fait au total 120 mètres, et une vingtaine de personnes y travaille sur base de deux shifts de 8h. Les machines, elles, fonctionnent 24h sur 24. La moitié de la ligne est automatisée, l’autre pas, par exemple pour certaines vérifications ou opérations qui doivent être manuelles.

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Un tapis roulant d’une cinquantaine de mètres accompagne la transformation de la carte-mère en smartphone

Un tapis roulant qui voit la carte-mère devenir un smartphone

Toutes les pièces nécessaires sont emmagasinées dans les machines, et ça commence par la fabrication de la carte-mère, une pièce maîtresse qui accueille et fait communiquer entre eux toutes les pièces d’un smartphone (ou d’un ordinateur, d’ailleurs). On trouve des rouleaux de microcomposants, appelons-la la matière première, qui sont incrustés sur la carte mère par des machines très sophistiquées de marque japonaise ou allemande.

En réalité, la carte effectue un trajet d’une cinquantaine de mètres sur un tapis roulant, et un système mécanique la déplace à travers les machines qui lui ajoutent des pièces.

Après chaque ajout d’une pièce, il y a un passage (toujours automatisé via le tapis roulant), par une machine de test, conçue sur mesure par Huawei cette fois, et la carte-mère, qui ressemble de plus en plus à un smartphone avec l’ajout progressif de l’écran et du cadre, doit recevoir un ‘pass’. Lors de notre passage, il y avait une moyenne de 98,5% de ‘pass’. Les smartphones défectueux sont mis sur le côté et analysés par des ingénieurs.

La fin de la chaîne, c’est la mise en boite individuelle, puis dans les caisses destinées à l’envoi. Un ordinateur leur colle l’étiquette de destination, ce pourrait être le Mediamarkt à côté de chez vous.

Derniers chiffres importants à retenir : il faut environ 36 heures pour construire un Huawei P10, un smartphone haut-de-gamme de la marque. Car des colles spéciales sont utilisées lors de l’assemblage, et elle nécessite un temps de séchage de 24h. Certains tests logiciels prennent également plusieurs heures, car il faut tout vérifier, même si l’appareil sait jouer une vidéo !

Sachez enfin que dans cette usine, 1,5 millions de smartphones sont fabriqués chaque mois. Ce n’est évidemment pas assez pour atteindre la production annuelle de 130 millions de téléphones Huawei (chiffres de 2016). Donc, toujours dans le cas du P10, seuls 10% de la production est en interne. Le reste est sous-traité à des partenaires extérieurs, notamment au géant taïwanais très implanté à Shenzhen, Foxconn (qui assemble par exemple tous les iPhone, mais a malgré tout les capacités d’accepter de nombreux autres clients comme Huawei !).

 

Un petite caméra de surveillance entièrement SANS FIL: que vaut-elle ?

Par Mathieu Tamigniau dans Comparatif, Images et son, Pratique, Test , le 11 septembre 2017 12h42 | Ajouter un commentaire

Cette petite caméra de surveillance entièrement SANS FIL d'une marque inconnue est LA bonne surprise de la rentrée

Vous ne connaissez sans doute pas la petite caméra Argus de la jeune société chinoise Reolink. Pourtant, après une campagne de crowdfunding très réussie, elle semble être dotée de tout ce qu’on cherche quand on veut surveiller une partie de sa maison durant certaines heures. On a mis la main dessus pour un test assez surprenant.

Les caméras de surveillance sont visiblement un marché en pleine essor. La preuve: j’ai été contacté dernièrement par une jeune entreprise chinoise du nom de Reolink.

En réalité, il s’agit d’une start-up fondée en 2009 par quatre anciens employés de chez Huawei, qui commercialise des produits liés à la sécurité pour les particuliers et les petites entreprises. Reolink m’a envoyé l’un de ses derniers modèles, baptisé Argus, qui a bénéficié d’une campagne de crowdfunding Indiegogo très réussie (6.200 personnes ont précommandé pour 1 million de dollars !).

100% sans fil, et étanche

C’est la première fois que je teste une caméra de surveillance 100% sans fil. Elle se connecte exclusivement en Wi-Fi sur votre réseau local, et fonctionne sur 4 petites piles au format assez inhabituel (CR 123A, on les trouve à 6€ les 4 Duracell sur Amazon).

Elle est très légère et la finition plastique est assez moyenne: évitez de la faire tomber. Elle est résistante à l’eau, ce qui fait que vous pouvez la placer à l’extérieur, pour autant que votre réseau Wi-Fi soit assez performant (attention cependant car en hiver, ses piles et son fonctionnement pourraient souffrir du froid et de notre humidité permanente). Son prix est de 99$, ce qui fait environ 84€ si vous l’achetez en ligne sur leur site.

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L’avantage du 100% sans fil, c’est qu’on la place vraiment où on veut…

Limitée à l’essentiel, finalement

Forcément, pour avoir une durée de vie correcte, il faut utiliser l’Argus d’une manière différente. C’est une caméra de surveillance qui sert à détecter et enregistrer des comportements anormaux, pas à observer ce qu’il se passe chez vous toute la journée.

L’Argus doit être configurée en ayant bien cette idée en tête. Il faut donc de préférence utiliser la fonction baptisée PIR (‘Passive Infrared Sensor’) dans des créneaux horaires bien définis.

C’est-à-dire que la caméra va enregistrer une séquence vidéo uniquement lorsqu’elle détectera un mouvement dans le garage entre 22h et 6h du matin, par exemple. Le reste du temps, elle est en stand-by. De cette manière, elle pourrait tenir pratiquement six mois.

Si vous la placez dans votre salon et que vous lui dites de surveiller en permanence, vous allez épuiser les piles en quelques jours.

Configuration pointue

Reolink se configure le plus facilement avec une application pour smartphone, même si en théorie elle est contrôlable à partir d’une application pour ordinateur.

Passez bien en revue tous les paramètres et configurez-la correctement au niveau de la distance, de l’orientation, de la détection de mouvement, des horaires, etc.

Il y a un petit fascicule en anglais, qui explique assez bien les différentes possibilités de configuration de la caméra.

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Une application pas toujours simple à appréhender, mais qui fonctionne (elle peut envoyer un email lors d’une alarme)

Une application qui pourrait être plus simple, mais qui fonctionne

L’application, entièrement en anglais elle-aussi, n’est pas un modèle de simplicité à l’usage. On est loin de Nest ou de Netatmo, des marques plus « occidentalisées » et plus intuitives pour nous.

Voir le flux en direct est bien entendu très rapide est simple à faire. Mais pour revoir les séquences enregistrées lorsque du mouvement a été détecté durant les plages horaires indiquées, c’est plus compliqué.

Il faut appuyer sur l’onglet ‘Playback’, choisir le jour désiré et appuyer sur le bouton play, c’est le moyen le plus simple. Les séquences enregistrées seront alors diffusées (n’attendez pas une grande qualité: dans la pénombre, la vision nocturne est efficace, mais il n’y a pas beaucoup d’image par seconde). Vous pouvez également chercher les petits traits bleus très fins qui symbolisent une séquence enregistrée.

Ces vidéos se trouvent sur la carte microSD non fournie, à insérer dans la caméra.

Sachez enfin que dès qu’un mouvement est détecté dans la plage horaire indiquée, vous recevez une notification sur votre smartphone. Une basique, hélas, et non un extrait de la séquence ou une photo de l’intrus, comme c’est le cas sur d’autres caméras. Vous pouvez également faire retentir une petite sirène pas très impressionnante au niveau de la caméra elle-même, qui pourrait faire sursauter les voleurs…

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La fonction ‘PIR’ (détecteur de mouvement) qui permet de ne déclencher la caméra que dans certains cas

Conclusion

L’Argus de Reolink est finalement une caméra de surveillance très bien pensée. Sans aucun fil, elle s’installe n’importe où et s’oriente facilement grâce à son socle aimanté. Elle se limite au strict minimum pour économiser les piles fournies: quand un mouvement est détecté dans une plage horaire délimitée, elle vous prévient via une notification, et enregistre une vidéo que vous pourrez consulter par la suite.

Pour environ 84€, c’est tout-à-fait correct, d’autant qu’il n’y a pas d’abonnement à payer, car tout est enregistré sur une carte mémoire (non fournie) à insérer dans la petite caméra. Bien entendu, si le voleur part avec, vous n’avez plus aucune preuve de son intrusion. C’est ce qui différencie cette caméra des solutions plus poussées et plus coûteuses comme les caméras de Nest, qui nécessitent en plus un abonnement de minimum 100€ par an pour revoir les séquences enregistrées sur les serveurs de Nest, mais qui sont plus intelligentes au niveau du traitement de l’image et de la précision dans la détection des mouvements.

Samsung est définitivement le nouvel Apple: son dernier smartphone coûte 999€

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 30 août 2017 08h14 | Ajouter un commentaire

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Si on ne parle plus de risque de surchauffe de la batterie (il y a désormais un protocole en 8 étapes bien sophistiqué chez Samsung), on ne peut s’empêcher d’être étonné par le prix élevé du nouveau flagship de Samsung. Il est sans doute l’un des meilleurs Android phone du moment, si pas le meilleur, mais les prix « à la Apple » du géant coréen nous paraissent exagérés. J’étais à New-York pour assister au lancement de la ‘bête’.

Les rumeurs n’étaient pas fondées: Samsung n’a pas changé de nom en présentant ce mercredi à New-York le Galaxy Note 8, le ‘jumbo’ de sa gamme, malgré le retrait du marché du Note 7 l’an dernier suite aux explosions de batteries.

Et il a raison: l’affaire n’a finalement pas eu de répercussion sur la santé financière, les ventes et l’image de la marque, qui a redoublé de vigilance au niveau de la sécurité pour tous ses nouveaux smartphones depuis lors. Même les tourments judiciaires de l’héritier de l’empire Samsung, qui a mené à l’éviction de la première dame de Corée du Sud, n’a pas vraiment provoqué de remous…

Dès lors, Samsung a continué comme si de rien n’était, avec un Note 8 reprenant les codes introduits par la marque en 2011, quand elle a lancé le premier modèle de Note (5,3″ à l’époque, tout le monde s’en moquait): une grande taille d’écran, et un stylet pour dessiner ou écrire.

Mais cela suffit-il encore en 2017, alors que toutes les marques sont passées au format XXL avec des prix de plus en plus contenus, et que les S8 et S8 Plus de Samsung, présentés au printemps dernier, se vendent très bien ?

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Fiche technique

Ecran 6,3″ Super Amoled (2960 x 1440 pixels), double capteur photo stabilisé à l’arrière (dont un avec un zoom optique 2x), processeur à 8 cœurs surpuissant Exynos 8895), 6 GB RAM, 64/128/256 GB stockage interne, batterie de 3.300 mAh avec charge rapide et sans-fil, étanchéité complète IP68. A part l’appareil photo et le stylet, c’est une copie presque parfaite du Galaxy S8 Plus.

Qu’offre-t-il de plus ?

En réalité, vu que les analystes estiment que la gamme Note ne représente plus que 5% des ventes de smartphone de Samsung, le Coréen ne risque pas trop gros si le Note 8, 999€ en Belgique, ne se vend pas par milliers. Le Note 8 est devenu une vitrine technologique, à bien y repenser…

Pour se démarquer de la concurrence et justifier son prix, le Note 8 a tout de même du montrer plus que son Infinity Display (écran sans bordure latérale) déjà présent sur les S8, son processeur puissant et son stylet. Même si ces fonctionnalités permettent déjà quelques originalités, comme le multitâche rapide, permettant de lancer simultanément deux applications qui se partagent la hauteur de l’écran.

Il en faut plus quand on atteint les 1.000 euros prix de base, ce qu’Apple uniquement ose faire pour l’instant. Cela commence par un appareil photo qui sera sans doute le meilleur de l’année, même si des tests seront nécessaires pour le confirmer. Samsung passe enfin au double capteur à l’arrière, et il les a bardés d’options. Ils sont de 12 MP, mais chacun est stabilisé, ce qui est une première pour un smartphone. L’un s’occupe du grand angle, et l’autre de la prise de photo standard. Et ils peuvent fonctionner en même temps, vous pouvez prendre deux photos, une normale et une en grand angle. L’autofocus promet d’être ultrarapide, mais c’est ce qu’ils disent tous ! Bien entendu, la présence de deux capteurs permet de jolis portraits avec effet bokeh (la personne est bien nette, le reste est joliment flou)

Parlons du stylet, si cher aux fans de la gamme Note, et ils sont nombreux d’après Samsung. Il offre de nouvelles options pour écrire, dessiner et communiquer. Exemple: vous prenez une photo, et vous ajoutez la mention ‘Hello’. Cela transforme la photo en GIF avec votre écriture qui apparait progressivement. Il est également possible de sélectionner du texte avec le stylet, par exemple sur un site web ou un email, et d’en demander la traduction. Un gadget amusant sur le papier, mais l’utiliserait-on au jour le jour ? Pas sûr…

Enfin, il y a Bixby, présenté sur le S8 mais disponible uniquement maintenant, et en anglais. Il s’agit d’un assistant personnel à la sauce Samsung, mais comme pour le HTC U11, on reste prudent face aux réelles capacités de l’intelligence artificielle à vous aider au jour le jour.

Trop cher

Le Galaxy Note 8 est sans doute l’un des meilleurs smartphones du moment, même s’il tourne sous Android 7.1.1, alors qu’Android 8 arrive dans quelques semaines. Il est probable qu’il faudra attendre la sortie du S9 au printemps 2018 pour voir une mise-à-jour sur le Note 8.

Il est bardé d’options, très grand, très rapide, étanche, avec un écran qui remplit une très grande partie de la face avant, et surtout promet d’excellentes photos.

Mais il a un très gros défaut: Samsung s’est lâché au niveau du prix. Le Samsung Galaxy Note 8 sera disponible en Belgique dès le 15 septembre au prix très élevé de 999€ (avec la station de travail DeX offerte, valeur 149€, en cas de précommande), version 64 GB. Ce sera donc encore plus pour les versions 128 et 256GB.

C’est une augmentation importante par rapport à la génération précédente, qu’on a du mal à justifier sur le papier. En réalité, c’est sans doute une question de positionnement. Le S8 était à 799€, le S8 Plus, finalement très semblable mais sans stylet, à 899€. Il fallait donc être plus cher… Heureusement, à ce prix, vous avez une paire d’écouteurs intras de marque AKG.

 


Le Nokia 3310 est de retour: que vaut-il vraiment ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 8 août 2017 14h52 | Ajouter un commentaire

Mythiques dans nos contrées il y a une vingtaine d’années, les GSM Nokia de type 3210, 3310 ou 3410 ont équipé de nombreux Belges. En 2017, la marque a été ressuscitée, et revient avec un 3310 remanié (59€), et des smartphones sous Android (dont le Nokia 3 à environ 149€). J’ai pu les essayer.

Nokia est de retour en Belgique: que vaut son 3310 version 2017, et son premier smartphone Android ?

C’est une longue saga qu’on résumera en une phrase: Nokia était le roi du GSM dans les années 1990 et 2000, il a raté le virage du smartphone initié par l’iPhone en 2007, il a tenté de rattraper le coup avec des Lumia sous Windows Phone un peu plus tard, Microsoft l’a racheté pour faire de Lumia sa marque de smartphone, mais ça n’a rien donné…

Le groupe Nokia, actif dans les télécoms (réseaux), n’a jamais cessé d’exister. C’est sa division « smartphone » qui a été revendue à Microsoft, puis à HMD Global, une entreprise finlandaise qui tente de ressusciter l’esprit Nokia…

La société est composée d’anciens noms de la téléphonie en provenance de Microsoft ou HTC. Mais finalement, elle ne fait qu’exploiter commercialement la marque Nokia, car c’est bien le géant taïwanais Foxconn (qui assemble les iPhone, notamment) qui se charge de la fabrication et même du pôle recherche et développement.

Difficile de savoir au final qui imagine et conçoit réellement les smartphones Nokia, entre les Asiatiques et les Scandinaves.

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Bleu foncé et gris, rempli de touche: il est de retour, le 3310

De la nostalgie, surtout

Quoi qu’il en soit, HMD Global a fait un petit buzz il y a quelques mois en annonçant une version 2017 du célèbre 3310, un GSM basique qu’un Belge sur trois (environ…) a acheté il y a une vingtaine d’années.

Un appareil iconique, car son prix était raisonnable pour l’époque (plus de 10.000 francs / 250€ tout de même), ses fonctions standards (SMS, téléphone, réveil) et son jeu mythique (Snake). Il était disponible en plusieurs couleurs mais son bleu royal était la plus courante. Simple et stable, on pouvait le laisser tomber sans crainte: au pire, sa coque arrière sautait, tout comme sa batterie, mais il suffisait de tout remettre en place.

Une batterie qui tenait au moins une semaine. La belle époque.

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Usage principal: SMS (pas de WhatsApp…) et appels vocaux

Le Nokia 3310 version 2017, un « bête » téléphone à 59€

Passé l’effet nostalgique, interrogeons-nous sur l’intérêt d’un tel appareil. Dans des pays comme les nôtres, avec une excellente 4G, cela a-t-il encore du sens d’acheter un téléphone basique (aussi appelé ‘feature phone’) à 60€, alors qu’on trouve des petits smartphones sous Android de qualité raisonnable pour environ le double?

C’est en tout cas ce qu’ont choisi de faire les nouveaux propriétaires de la marque Nokia. Au lieu de faire un smartphone solide, ils ont fait du 3310 un « bête » téléphone avec lequel on va principalement passer des appels et envoyer des SMS.

Le 3310 version 2017 est donc un appareil non tactile, avec un clavier de numéros uniquement. Pour écrire du texte, il faut donc, comme il y a 10 ans, appuyer une ou plusieurs fois sur un numéro, et souvent attendre si un ‘e’ suit un ‘d’, par exemple. Fastidieux, même si la fonction ‘dictionnaire T9’ est toujours d’actualité…

Son interface maison n’a que la police d’affichage comme point commun avec le 3310 de l’an 2000. Elle s’appelle ‘Nokia Serie 30+’.

L’écran d’accueil et les boutons sont autant de clin d’œil au passé. Mais il y a des icônes modernes dans le menu, pour accéder aux « applications » de l’appareil. Tout est simplifié à l’extrême au niveau de la navigation avec les boutons et le curseur, car l’écran de 2,4 pouces non tactile n’affiche que 320 sur 240 pixels (contre 1920 x 1080 sur la plupart des smartphones actuels).

Bref, on voit surtout des gros pixels de 256 couleurs.

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Un « internet » d’un autre âge, au niveau de la vitesse et de la navigation

De la 2G uniquement, mais (un peu de) internet mobile

Le Nokia 3310 peut théoriquement aller sur internet. Il n’a pas de puce Wi-Fi, donc il faudra passer par le réseau mobile, mais dans sa version 2G (très, très lente, donc). Un choix délicat car les antennes 2G sont progressivement remplacées par des plus performantes dans les pays dits développés. Mais lors de notre test, cela a fonctionné.

Quoi qu’il en soit, pour ceux qui s’en souviennent, ça fait penser à la période WAP, les prémisses de la 3G. On affiche très mal les sites web via un navigateur minimaliste (Opera Mini). Pour faire défiler les pages ou entrer une URL, tout passe par le clavier des numéros et le ‘curseur’ sous forme de bague très fine. Bref, une grande perte de temps pour un résultat quasiment inexploitable.

Via Opera Mini, on peut télécharger quelques applications en Java, peu connues, et peu praticables. On a bien trouvé Facebook dans la liste, mais il est impossible de le télécharger sur notre téléphone, « pas compatible« .

Parmi ces applications, surtout des petits jeux, on trouve le mythique Snake remis au gout du jour, et préinstallé. Il est même en couleurs, mais il nous a semblé nettement moins facile qu’auparavant.

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Les photos, c’est pas trop son truc…

Photo limitée, mais autonomie au top

Côté photo, c’est forcément très limité. 2 MP, c’est plus que l’affichage de l’écran, mais on ne sait pas faire grand-chose si on la télécharge sur un ordinateur, tellement il y a des pixels visibles à l’écran même en plein jour.

La mémoire interne est de 16 MB, donc il vaut mieux prévoir une carte microSD (maximum 32GB), pour les photos surtout, et pour la musique si vous avez encore des MP3 qui trainent (oubliez Spotify ou Deezer).

Musique que vous pourrez tout de même écouter sur un casque classique (prise mini-jack) ou une enceinte Bluetooth !

Le gros point fort du Nokia 3310, c’est qu’il tient la distance, encore mieux que son aïeul. En l’utilisant assez peu, il est vrai, il était encore à la moitié de son autonomie après deux semaines. Après une journée d’utilisation assez intensive, rien n’a changé ou presque. La 2G, un petit écran, un petit processeur: voilà les secrets d’une batterie longue durée, alors que celle-ci n’est que de 1.200 mAh, contre environ 3.000 pour la plupart des smartphones.

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Le Nokia 3 sous Android

Un Nokia 3 qui ne restera pas dans les annales

A côté de ce 3310 plus nostalgique que pratique, HMD Global, qui exploite la marque Nokia, se repose sur Android pour sa ligne de smartphone. On parle d’un Nokia 3, 5 et 6 pour l’instant. Un 8, plus haut de gamme, serait dans les cartons.

Le Nokia 3 que nous avons pu essayer est un smartphone entrée de gamme à 149€, sous Android 7, la dernière version disponible (si on oublie les ajouts intéressants de la version 7.1) du très populaire système d’exploitation de Google.

Et il est plutôt bien construit: son design rappelle les Lumia de l’époque, et la finition plastique/métal est de bonne facture pour cette gamme de prix. Il faut faire l’impasse sur le lecteur d’empreinte digital, devenu pourtant essentiel en 2017.

Ce sont à peu près les seules qualités de ce smartphone, qui devra être soutenu par une solide campagne marketing pour trouver son public en Belgique, car la concurrence est féroce dans cette gamme de prix. D’autres acteurs comme Huawei, Samsung ou Lenovo sont présents depuis longtemps dans ce segment; et s’ils ne font pas tellement mieux, ils ont le mérite d’être présents depuis longtemps dans nos rayons.

Car que ce soit au niveau de la fluidité de l’interface, de la qualité des photos ou de l’autonomie, le Nokia 3 est vraiment dans l’entrée de gamme Android. Une expérience assez moyenne, donc, ni bonne, ni mauvaise.

Conclusion

On croyait Nokia enterré pour de bons, ou limité aux infrastructures réseaux. Hé bien non: la marque a ressuscité sous le giron du finlandais HMD Global, qui l’exploite commercialement dans le monde, même si elle en confie la conception et la fabrication au géant asiatique Foxconn.

La marque a choisi de ressusciter le 3310 pour faire le buzz en début d’année. Mais ce petit téléphone basique (59€), limité principalement au SMS et aux appels vocaux, décevra les nostalgiques car il a perdu de sa solidité originale. C’est finalement un « bête petit téléphone » comme les autres… On n’a pas essayé de le laisser tomber, mais il est clair qu’il est moins résistant que son aïeul de l’an 2000. De plus, se priver d’un smartphone en 2017, vu les prix en baisse constante que ce soit au niveau des appareils ou des abonnements à l’internet mobile, est une drôle d’idée. Sauf si votre seul critère est l’autonomie: comptez sur une grosse semaine !

Quant au Nokia 3, un smartphone entrée de gamme sous Android 7 (149€), on n’a rien à lui reprocher, mais il aura bien du mal à se faire une place auprès du public belge, envahi de proposition depuis quelques années. Des Nokia sous Android plus haut-de-gamme vont arriver, et on verra ce qu’ils proposent de différent.





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Peut-on faire confiance à une mini-enceinte Bluetooth à 15€ ?

Par Mathieu Tamigniau dans Images et son , le 18 juillet 2017 11h29 | Ajouter un commentaire

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La marque Zagg n’est pas très connue en Europe. Il s’agit d’une entreprise américaine qui s’est fait connaitre il y a quelques années en développant une bonne protection d’écran pour smartphone, sous la marque InvisibleShield. Imité rapidement par des dizaines d’autres petites marques, Zagg  a dû élargir son porte-folio.

Sous la marque iFrogz, bien connue aux Etats-Unis, il a sorti une enceinte Bluetooth (Coda Wireless) à relier à un smartphone, une tablette ou même un ordinateur. Ce qui la différencie des centaines d’autres enceintes sans-fil, c’est sa taille ridiculement petite et son prix très bas (14,99€).

Plutôt méfiant, on a préféré tester cette mini-enceinte. Car contrairement à ce que dit le site web du constructeur, le son n’est pas « puissant et enveloppant« , ni « 360°« . Ce n’est pas beau de mentir…

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Quelques aigus…

Avec une si petite taille (le petit tweeter ne fait que 4 cm de diamètre), une puissance contenue (la batterie n’est pas énorme, vu le poids plus de l’enceinte) et une orientation vers le haut, le son n’a forcément rien de puissant, est n’est pas omnidirectionnel.

De plus, il ne faut pas chercher les basses, car il n’y en tout simplement pas. Les aigus, eux, sortent en qualité moyenne: on entend assez bien les voix dans les chansons. Ce n’est pas terrible, donc, mais c’est tout de même mieux que le son du haut-parleur intégré à votre smartphone (on a quand même du faire la comparaison pour être sûr…)

Sachez également qu’il y a des petits boutons de contrôle sur le dos de l’appareil. On peut modifier le volume, et passer à la chanson suivante (également si le smartphone diffuse de la musique via l’application Spotify).

Enfin, un micro intégré permet à plusieurs personnes de parler à un interlocuteur via l’enceinte. Cela peut être pratique.

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Pas une mauvaise affaire

De manière globale, donc, la Coda Wireless n’est pas une mauvaise affaire. Pour 15€, vous avez un son (des aigus, en fait) tout de même plus puissant que celui du téléphone ou de la tablette. De quoi dépanner, donc, si vous voulez voyager léger ou si votre budget est limité.

La mini enceinte Bluetooth est tout de même à ranger dans la catégorie du ‘brol made in china’, et il ne faut pas s’attendre à une bonne finition (le cercle en silicone servant d’amortisseur était mal ajusté), ni à une longue durée de vie (si vous voulez faire un petit geste pour l’environnement, optez pour du matériel plus cher, mais plus fiable).

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Audi connect: quand le GPS va chercher la bonne destination dans votre calendrier

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 23 juin 2017 14h43 | Ajouter un commentaire

La plupart des constructeurs préfèrent développer leur propre « système embarqué », un terme qui regroupe désormais beaucoup de chose: musique, navigation, connexion autonome au réseau 4G, liens avec votre smartphone… C’est devenu assez complexe et de l’aveu même d’Audi, la moitié seulement des utilisateurs s’inscrivent sur la plateforme myAudi pour relier leur voiture à internet.

Pour des raisons de sécurité surtout, en effet, les constructeurs ont tous leur propre interface, application pour smartphone, ordinateur de bord et option de connexion. Ils construisent et améliorent ce système d’année en année, mais les utilisateurs les plus jeunes se retrouvent vite face à des interfaces dépassées, pas assez modernes ou connectées.

Audi s’en sort plutôt bien et s’il n’est pas simple de relier son compte myAudi (site web), son application Audi MMI connect et sa voiture, une fois que c’est le cas, on a quelques subtilités intéressantes.

On vous passera les traditionnels liens entre la musique et la téléphonie du smartphone (on peut diffuser sans problème ses playlists Spotify et contrôler la musique à partir de l’interface de la voiture), la vérification à distance du statut de la voiture (verrouillée, entretien, etc), pour évoquer quelques options sympas.

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L’application Audi MMI connect, qui relie finalement votre compte myAudi avec la voiture, peut par exemple envoyer votre calendrier dans la voiture, et celle-ci peut donc vous afficher les prochains rendez-vous. Mieux encore, si vous avez proprement indiqué un ‘lieu’ à votre rendez-vous, celui peut devenir la destination du GPS en un clin d’œil. Assez pratique, car entrer une destination dans le système de navigation reste encore trop compliqué à l’heure actuelle, même avec la commande vocale…

On peut également, mais c’est plus accessoire, ajouter des flux RSS (la liste des derniers articles d’un site web, par exemple) à la partie ‘Actualités’ de Audi connect. On peut alors lire ou faire lire par l’ordinateur de bord les titres de ces articles. Il faut passer par le site myAudi pour configurer tout ça.

Autre option intelligente: l’envoi d’une destination à l’avance via Google Maps. Vous être très nombreux (et vous avez raison) à utiliser la cartographie de Google pour chercher des adresses, des commerces, etc. A partir de votre PC ou d’un smartphone, vous pouvez envoyer une destination à votre Audi, à condition d’avoir préalablement lié votre compte Google à la plateforme web myAudi.

Bref, quelques options qui nous ont frappés, parmi tant d’autres plus ou moins utiles. Sachez également que Audi connect accepte les smartphones Android et les iPhone (via câble USB), qui peuvent alors transformer votre ordinateur de bord principal en Apple Car Play ou Android Auto.

Trop complexe ?

On reprochera toute de même à Audi de compliquer un peu trop les choses (sécurité oblige, sans doute) pour relier un compte ou un smartphone à la voiture. Il y a de nombreuses étapes, des utilisateurs administrateurs et d’autres pas, c’est une usine à gaz.

Il y a également trop d’options éparpillées entre la plateforme web myAudi, l’application Audi MMI connect et l’ordinateur de bord lui-même. On s’y perd facilement et on ne sait plus qui fait quoi, à la fin…

D’autres constructeurs premium que nous avons essayés semblent plus pragmatiques, plus directs, quitte à être moins exhaustifs dans les services et options fournis.

Par contre, j’ai apprécié les commandes, très ergonomiques, que ce soit au niveau du volant ou de la zone tactile, des boutons, etc. Bon point également: l’écran derrière le volant, que l’on peut paramétrer à sa guise, pour afficher la carte, la musique, les réglages, en grand ou en petit. 

Huawei va lancer sa Watch 2 en Belgique (et de l’argent par les fenêtres?)

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Mobilité , le 14 juin 2017 07h10 | Ajouter un commentaire

J’ai pu assister à Bruxelles à la première présentation de la nouvelle smartwatch de Huawei en Belgique. Vendue 329€ dans sa version Sport sans carte SIM – la seule destinée à notre petit pays – elle intègre Android Wear 2.0, qui semble plus abouti. Mais le marché reste très « de niche »…

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Contre vents et marées, le chinois Huawei, très présent en Belgique et dans le monde avec ses smartphones au juste rapport qualité/prix, insiste avec les smartwatchs.

Les chiffres n’ont rien de réjouissants, pourtant. Si le public dépense un peu d’argent dans les bracelets connectés (Fitbit, dont nous vous parlions récemment, s’accapare la grande partie du marché), c’est loin d’être le cas au niveau de ces grosses montres connectées sous Android, qu’elles soient fabriquées par Huawei, LG ou Lenovo (qui a d’ailleurs retiré du marché ses Moto 360).

Il se murmure que Samsung, avec son propre système d’exploitation (Tizen), en vend un peu plus que les autres. Mais personne ne communique sur les chiffres, preuve qu’ils sont ridicules en Belgique, un pays qui ne compte pas beaucoup de ‘early adopters’, ces geeks qui dépensent leur argent dans des objets un peu futuristes, pas toujours très aboutis.

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Une Watch 2 plus aboutie

A l’automne 2015, le chinois Huawei avait présenté en grandes pompes sa première Watch, misant beaucoup sur le côté ‘mode’, faisant d’ailleurs défiler des mannequins. Presque deux ans plus tard, la Watch 2 est une nouvelle tentative, plus orientée sport cette fois, de percer sur un marché compliqué.

Heureusement, Android Wear 2.0 a l’air nettement plus convivial que la première version. Du peu que l’on a vu lors du petit évènement organisé au siège de Huawei Belgique, à Bruxelles, la montre a l’air plus pratique à utiliser (deux boutons au lieu d’un), et mieux équipée, notamment avec le GPS et le NFC intégré, ce dernier servant peut-être un jour à payer avec sa montre dans les magasins ou aux automates.

Le GPS permettra de suivre vos courses à pied ou à vélo sans devoir trimballer un smartphone. Les applications de suivi d’activités sont d’ailleurs nettement plus abouties que sur la génération précédente.

Bien entendu, Android Wear 2.0 est l’écran déporté idéal de votre smartphone Android, vous permettant de le laisser en poche ou dans le sac lorsqu’il y a des notifications, et de consulter celles-ci (lire un message, un email, etc). On peut enfin télécharger des applications depuis la montre, alors que tout devait se faire via le smartphone auparavant.

La version vendue en Belgique ne sera pas celle équipée d’une carte (e)SIM, car les opérateurs ne sont pas prêts à faire des efforts pour rendre cette option disponible. On ne pourra donc pas utiliser le micro et le haut-parleur pour passer des appels.

Par contre, ils serviront à piloter correctement Google Assistant, pour autant que vous soyez prêt à parler à votre montre…

Sachez qu’en juillet, lors du lancement de la montre dans notre pays, des écouteurs Bluetooth d’une valeur de 79€ seront offerts. Ils permettront notamment d’écouter la musique (stockée en mp3 sur les 2 GB de la montre) ou les notifications de certaines applications.

watch2003De l’argent jeté par les fenêtres ?

On a demandé à Huawei si c’était une bonne idée de lancer des produits qui ne trouveront d’office pas un large public.

La filiale belge du géant chinois des télécoms a répondu honnêtement qu’il s’agissait surtout d’être prêt, et d’avoir l’expérience nécessaire, quand le marché sera mature. Pour ne pas se lancer dans la course avec 5 ans de retard, quand les technologies et les usages liés à la smartwatch seront plus aboutis, plus répandus.

Donc les Watch ne sont clairement pas rentables, mais elles préparent (peut-être) l’avenir des fameux wearables.

Je vous en dirai plus sur cette montre lors d’un prochain test.

FLIPPANT? La serrure connectée Nuki vous permet d’ouvrir votre porte à distance

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 23 mai 2017 09h57 | Ajouter un commentaire

FLIPPANT? La serrure connectée Nuki vous permet d'ouvrir votre porte à distance, nous l'avons essayéePour 229€, vous pouvez vous offrir un petit boitier ‘made in Autriche’ qui se fixe sur le côté intérieur de votre porte d’entrée. L’installation est facile, et c’est dès lors une simple application sur un smartphone qui permet d’ouvrir, verrouiller ou déverrouiller la porte via Bluetooth (dans un rayon de 10 mètres maximum). Et pour quelques dizaines d’euros de plus, cette serrure se connecte à internet, décuplant son accès à distance et son potentiel. Flippant, vous pensez ? J’en ai parlé avec le fondateur, Martin Pansy.

La smarthome, ou ‘maison intelligente/connectée’, n’en est qu’à ses débuts. Consacrée ‘nouvelle tendance’ il y a quelques années, elle a attiré de nouveaux acteurs qui ont vendu tout et n’importe quoi très rapidement. Ce qui a finalement détourné l’intérêt du grand public, qui n’y a vu que des gadgets inutiles.

D’autres entreprises, comme Nest (propriété de Google/Alphabet), sont plus prudentes et pensent d’abord aux besoins réels des consommateurs. Nest sort assez peu de produits (un thermostat originel, suivi d’un détecteur de fumée et de caméras de surveillance), mais quand il le fait, c’est d’une simplicité et d’une intuitivité déconcertante. Et surtout, c’est pratique, ce n’est jamais un gadget.

Petit-à-petit, d’autres produits vraiment intéressants apparaissent sur le marché. Le meilleur moyen de se faire une idée de l’intérêt du public et donc du potentiel de réussite, c’est de lancer une campagne de crowdfunding. C’est comme ça que l’aventure de Nuki, une petite entreprise autrichienne, a débuté.

« Tout a commencé il y a trois ans. On trouvait qu’il était stupide d’avoir plusieurs clés à la maison, de devoir toujours chercher après. Et avec le développement de la smarthome, on s’est dit qu’on pouvait se débarrasser d’une clé physique », m’a expliqué Martin Pansy, le CEO de Nuki, en visite à RTL House.

L’idée d’une serrure connectée était née. « Mais il fallait qu’elle soit rétrocompatible avec les portes, clé et serrures existantes, et facile à installer, genre en trois minutes et sans outil« .

Nuki a récolté un franc succès sur Kickstarter. « On a reçu 400.000 euros en 2015, c’est le record pour un produit qui n’est lancé qu’en Europe« , car en effet, toutes les serrures ne sont pas les mêmes. « Aux Etats-Unis, par exemple, c’est moins sécurisé: les clés ne tournent qu’à 90°, contre 720° chez nous« . Ce simple détail change tout dans le développement du produit, car la serrure connectée de Nuki intègre un moteur et un mécanisme conçus pour faire plus de tours de clés. Le tout étant optimisé pour gérer au mieux l’énergie mise à disposition par les 4 piles AA fournies.

Le succès a perduré dans la réalité. « On a commencé par l’Allemagne et l’Autriche en novembre dernier, et là on s’étend. On a déjà 10.000 serrures connectées en peu de temps« , ce qui est beaucoup pour « un produit de luxe, pas de première nécessité« , reconnait son créateur.

La start-up viennoise compte 22 employés actuellement, qui travaillent déjà sur de nouveaux projets. « L’idée c’est de collaborer avec des PME pour gérer les accès des employés, ou encore avec Airbnb, ce qui éviterait par exemple la prise de rendez-vous pour la remise des clés, et enlèverait des problèmes de sécurité« .

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Les socles, la serrure et le bridge. Un pack à 299€…

Une installation enfantine

La plus souvent, l’installation de produit pour la maison connectée est fastidieuse. Il faut le mettre au bon endroit, le connecter à un boitier servant de relais avec le routeur, appuyer sur des boutons, installer l’application, configurer l’utilisation de l’appareil, etc.

Mais Nuki tient ses promesses: en trois minutes, c’est prêt à l’emploi. L’avantage, c’est que les cylindres en Europe sont tous les mêmes (sauf en Suisse, parait-il). Ils ont cette forme typique qui a permis à Nuki de développer un socle standard.

Deux styles de fixation s’offre à vous. Soit votre cylindre dépasse, à l’intérieur, de plus de 3 mm par rapport à la porte. Dans ce cas, vous fixez le socle sur le cylindre avec les trois petites visses incluses (tout comme la clé de serrage). Si, comme c’est souvent le cas, votre cylindre est pratiquement à fleur de la porte (entre 0 et 3mm), alors vous collez simplement le socle, en retirant la protection du puissant autocollant situé dans son dos. Lors de notre test, il s’est littéralement scotché à la porte.

Il suffit ensuite de mettre la clé dans la serrure à l’intérieur, et de mettre le boitier par-dessus, comme expliqué dans la petite notice. On télécharge l’application pour configurer la smart lock et la relier au smartphone, et c’est fait.

Un cylindre à ‘double embrayage’ est nécessaire

Remarque essentielle: il est pratiquement indispensable d’avoir un cylindre de porte dit ‘à double embrayage’ ou ‘d’urgence’, c’est-à-dire un cylindre qui peut être actionné avec une clé même si une deuxième clé est insérée de l’autre côté de la porte.

Une option très pratique qui éviterait bien des ennuis à tout le monde, mais qui n’est pas encore assez répandue chez nous. Selon des chiffres fournis par Nuki, « 50% des cylindres de porte en Belgique » sont ‘à double embrayage’, contre « 70% en Allemagne« , où l’entreprise s’est lancée dans un premier temps.

Avec un simple cylindre, vous seriez obligé, une fois à l’extérieur, d’ouvrir la porte avec l’application uniquement. Et en cas de panne, de bug ou de smartphone sans batterie, vous serez coincé. Avec un cylindre à double embrayage (on en a trouvé un de marque Abus à 30€ sur Amazon…), vous pourrez continuer à utiliser votre clé pour rentrer chez vous. Pensez-y.

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Comment ça marche ?

Une fois connectée, votre téléphone ou tablette peut désormais, en lançant simplement l’application, déverrouiller votre serrure dans un rayon de quelques mètres, car par défaut, elle utilise une connexion Bluetooth pour s’authentifier et déverrouiller la porte.

Le fonctionnement de la smartlock de Nuki est on ne peut plus simple: la partie externe de votre clé, à l’intérieur de la maison bien entendu, est insérée dans la fente du boitier, qui intègre un petit moteur faisant simplement tourner la clé dans tel ou tel sens, pour verrouiller/déverrouiller/ouvrir la porte d’entrée, selon l’action que vous demandez via le smartphone. Vous pouvez également appuyer sur le bouton rond de la smartlock, elle va alors verrouiller ou déverrouiller la porte.

Tout est transparent: on voit la molette encerclant la diode lumineuse qui tourne, entraînant la clé. On peut donc également tourner cette molette à la main, pour verrouiller ou déverrouiller la porte sans user les 4 piles AA fournies (non rechargeables).

Quelques options sympas: elle s’ouvre toute seule !

La base de Nuki est donc assez simple, finalement. L’application, très basique et épurée, permet d’ouvrir une porte avec un ou plusieurs smartphones. En effet, on peut « inviter » les membres de la famille, ou la femme de ménage, pour que leur appli sur leur téléphone soit capable d’ouvrir la porte. Il est même possible de limiter cet accès à une certaine plage horaire.

Si on se limitait à cela, avouons-le, l’intérêt serait assez mince. Cela prend souvent autant de temps de trouver ses clés que son smartphone, et le temps de lancer l’application et que celle-ci soit opérationnelle, on a aussi vite fait d’ouvrir la porte de manière traditionnelle. Pour les plus fainéants, cependant, c’est un bon moyen d’ouvrir la porte à quelqu’un sans se lever. Ou de vérifier si on a verrouillé correctement la porte d’entrée avant de s’endormir.

Mais il y a plus. On peut par exemple activer un mode de (dé)verrouillage automatique (Auto-Unlock) lorsque le smartphone s’approche de la porte, quand on rentre chez soi. Explications détaillées ici. L’idée est très sympa: quand on s’éloigne de plus de 100 mètre de sa maison, et qu’on y revient, une notification de l’application Nuki retentit sur le smartphone, et sur Android 7, on peut, à partir de cette notification, « ouvrir la porte ». En réalité, il ne vaut mieux pas utiliser cette notification, sinon la porte va s’ouvrir plusieurs fois. En effet, la porte s’ouvre toute seule quand on s’approche d’elle… pour peu qu’on lui laisse le temps. D’après mes tests, après environ 20 secondes, la porte était ouverte sans qu’on ait à toucher au smartphone. C’est du vrai ‘auto-unlock’, mais il faut avoir un peu de patience…

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Avec le Bridge, la serrure se connecte à internet: « Au voleur » ?

Mais la smart lock de Nuki prend tout son sens si on installe le Bridge, inclus dans le pack ‘combo’ à 299€ (la serrure seule coûte 229€). Comme son nom l’indique, il sert de pont entre la serrure et l’internet. Vous pouvez donc connecter votre smart lock au réseau, la rendant accessible et ouvrable depuis l’autre bout du monde, toujours via son smartphone. Du moins en théorie, car la connexion n’a pas toujours été possible lors de nos tests en dehors de la maison.

Les plus méfiants d’entre vous (et avec tout ce qu’on entend sur la cybersécurité actuellement, on ne peut pas leur donner tort) soupirent déjà et crient au cambriolage numérique. Impossible en effet de garantir à 100% qu’aucun hacker russe ne pourra jamais ouvrir votre porte à distance.

Encore faut-il qu’il prenne le temps et la peine de le faire pour venir voler chez vous. Si vous avez des œuvres d’art, des voitures de collection ou de milliers de dollars en liquide, il ne faut sans doute pas connecter votre smart lock à internet. Pour les autres, c’est relatif.

Si comme nous, vous aimez le progrès, vous connecterez votre serrure au réseau pour la rendre vraiment accessible à distance. Cela permet non seulement d’ouvrir la porte quand on n’est pas chez soi (ça peut servir, si vous faites confiance à votre belle-famille ou au livreur qui veulent rentrer chez vous, par exemple), mais également, si on va encore un pas plus loin, d’utiliser Nuki Web.

Ce service, hélas inaccessible au moment de notre test, permet de configurer des règles IFTT pour que des appareils connectés parlent entre eux. Par exemple: j’ouvre la porte le soir, donc les lampes connectées Philips Hue s’allument, le thermosat Nest se met sur 20°, etc. Il y a de quoi s’amuser pour les geeks.

Niveau sécurité, Nuki ne plaisante pas et a tenté de nous prouver qu’il n’y avait aucun risque. « La norme Bluetooth 4.0 Low Energy n’inclut pas le cryptage de bout en bout. Nuki a donc implémenté cette fonction lui-même afin d’assurer une totale sécurité à tous les utilisateurs. Un cryptage symétrique de 256 bits (Xsalsa20) est utilisé à cet égard. Le protocole Secure Socket Connections (SSL) contrôle le cryptage de bout en bout entre Nuki, le pont réseau et l’application. Afin d’assurer un fonctionnement fluide, le serveur Nuki fait seulement office de routeur, même si des firewalls sont installés sur le smartphone ou sur l’adaptateur WLAN. Étant donné qu’il ne peut recalculer les crypto-clés utilisées, le serveur est incapable de décrypter les données afférentes. Le même principe vaut pour un intrus qui tenterait d’obtenir l’accès au serveur ou à la connexion internet« .

Voilà pour la théorie. En pratique, c’est comme pour chaque appareil connecté à internet: vous savez qu’il y a toujours un petit risque…

Quelques défauts de jeunesse

Globalement, j’ai été convaincu par le test de la serrure connectée de Nuki. Pouvoir ouvrir sa porte d’entrée à distance n’a rien d’essentiel ou d’indispensable, mais peut faciliter le quotidien par moment. Et si vous osez la connecter à internet, les possibilités d’un vraie smart home se multiplient.

Hélas, lors de notre test, nous avons remarqué quelques défauts de jeunesse, qui peuvent être corrigés ‘facilement’ car il s’agit de software essentiellement. Il s’agit globalement d’un manque de stabilité de l’application et/ou de la connexion entre l’application et la serrure, que ce soit en Bluetooth (10 mètres maximum) ou via internet. Or, quand on parle d’une serrure connectée, on a le droit d’exiger une fiabilité à 100%. On comprend les contraintes de distance ou de sécurité, mais il faudrait que les choses soient plus claires.

Tout d’abord, le plus gênant, c’est le temps de connexion assez long pour que la serrure soit accessible via l’application. Souvent une dizaine de secondes, tout de même, d’après nos calculs. C’est parfois plus long que de prendre ses clés dans une poche et d’ouvrir la porte à la main.

Nous avons également peiné à configurer le Bridge: il n’y a pas de message de confirmation lorsqu’il est connecté à la smart lock, et quand on veut le ‘gérer’, il faut le remettre en mode de configuration initiale. Pas très clair, tout ça, mais on peut heureusement voir comment l’application est connectée à la smart lock, via Blutooth ou via internet.

Plus flippant: si quelqu’un est chez vous, il peut réinitialiser la smart lock en appuyant 5 secondes dessus et en la connectant à l’application de son propre smartphone. Nous l’avons essayé avec deux smartphones différents et en effet, il est très simple de réinitialiser une serrure et de la coupler à un autre téléphone.

Enfin, avouons que nous ne sommes jamais à l’abri d’une ouverture de porte involontaire. Imaginez qu’en vacances, un enfant joue avec votre application et appuie sur le bouton « ouvrir ». Si comme nous, votre porte d’entrée est à serrage, lorsque la smart lock tourne le dernier quart, le pêne de base (le triangulaire donc, pas le ‘verrou’) est déplacé et la porte s’ouvre physiquement de quelques centimètres au moins. On pourrait donc se retrouver avec une porte grande ouverte sans possibilité de la fermer à distance… Un raison de plus pour bien sécuriser son smartphone.