Y a-t-il des risques à passer à une banque européenne entièrement dématérialisée ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique , le 15 février 2019 06h18 | Ajouter un commentaire

A l’heure où les banques ne peuvent plus offrir gratuitement des services basiques à cause des chutes de leurs recettes sur le marché des particuliers, il est temps de se pencher sur les alternatives « 100% en ligne et mobile ». N26 est le principal acteur global pour le moment. Et il va vite, très vite, pour se faire une place dans les smartphones. Mais comment fonctionne cette banque ? Explications.

On a essayé N26, la banque du futur 100% gratuite: comment fonctionne-t-elle, quelles sont ses limites ?

Vous l’avez forcément remarqué, la banque est l’un des secteurs qui réalise (ou subit, selon les points de vue) l’une des plus grosses transitions numériques. Les agences disparaissent, la dématérialisation s’accélère. Tout cela suit une tendance de fonds: réduction des coûts liés à la chute des recettes sur le marché des particuliers, et exigence croissante des clients par rapport à la facilité d’utilisation de leur argent.

Comme toujours dans les transformations de secteurs d’activité, il y a de nouveaux acteurs qui débarquent avec une vision innovante. Partis d’une page blanche, sans devoir modifier d’innombrables structures, procédures ou autres départements, ils peuvent proposer quelque chose de nouveau, de simple, de centrer les réels besoins des utilisateurs.

La fin des banques gratuites en Belgique: le moment idéal pour essayer N26

Au premier abord, on a tendance à se méfier de N26, un nouvel acteur bancaire d’origine allemande qui prétend révolutionner le secteur. On se demande s’il peut réellement remplacer une banque belge et on est plutôt sceptique, ce qui est une bonne habitude quand on parle d’argent. On a même contacté la Febelfin pour avoir leur avis sur la question, mais la fédération du secteur bancaire n’avait rien à dire à ce sujet.

C’est quand on a remarqué que la jeune entreprise berlinoise avait réussi une nouvelle levée de fonds de 300 millions d’euros qu’on s’est dit qu’il devait y avoir du potentiel… Sa valorisation atteint désormais 2,7 milliards de dollars, de quoi s’attaquer au marché américain. L’objectif des 100 millions de clients est annoncé, très ambitieux. Bref, c’est clairement un service qui s’adresse au grand public. D’où l’intérêt de se pencher sur son cas.

On est parti d’un double constat avant de réaliser ce test. Le premier est personnel: ma banque actuelle a décidé de tarifer une formule restée gratuite de nombreuses années, malgré la présence d’une MasterCard. Je m’en servais comme tirelire et pour la carte de crédit, donc je ne rapportais rien à cette banque ; et je lui coûtais même de l’argent, finalement, car je ne répondais jamais à leurs propositions d’investissement. Bref, cette banque me dit qu’elle va désormais me facturer 8€ par trimestre. Autre actualité: bpost a décidé, à partir du 18 mars, de facturer 50 centimes par retrait d’argent à un distributeur (le premier retrait est gratuit, cependant), et ce pour les clients de son pack gratuit. Ce n’est pas la première banque belge à le faire. Bref: la banque traditionnelle ne rapporte plus assez d’argent que pour offrir des services même basiques à des clients qui s’en servent comme simple tirelire et moyen de paiement.

C’était donc le moment idéal pour passer à autre chose. J’ai clôturé mon compte et je me suis inscrit sur N26, qui vous allez le voir, est une vraie banque…

Une inscription contrôlée

En Europe, il y a des règles pour être titulaire d’un compte en banque. Il faut notamment prouver son identité.

Pour créer son compte N26, il faut télécharger l’application, et suivre la procédure d’inscription, assez fastidieuse. Il faut envoyer une photo de soi, une copie de la carte d’identité, et fournir adresse, numéro de téléphone, etc.

Puis, il faut laisser à N26 le temps de vérifier votre cas, sans doute en le recoupant avec des bases de données de mauvais payeurs, ça doit sûrement exister au niveau européen…

Quelques jours plus tard, la carte N26 arrive. Elle est équipée par défaut de l’option « sans contact », très pratique pour les petits paiements en magasin. Le compte est alors activé, l’application est entièrement fonctionnelle et permet de définir son PIN pour la carte.

A la base, votre compte affiche 0 euro, forcément. Il faut donc faire un virement pour l’alimenter et pouvoir l’utiliser. Nous avons versé 20 euros à partir d’un compte belge et 24 heures plus tard, une notification arrivait sur l’application, signalait la transaction.

Qu’avez-vous avec la formule gratuite ?

Un vrai compte en banque allemand (il commence par DE42), une MasterCard un peu spéciale (voir plus bas), une application N26 très bien foutue (voir ci-dessous), 5 retraits gratuits par mois à des distributeurs de billets en Belgique uniquement (puis c’est 2€ par retrait…). Les retraits à l’étranger sont commissionnés (1,27%) par N26.

Voilà pour la base et c’est déjà pas mal.

Les versions N26 Black et Metal sont payantes et plutôt chères, mais elles offrent des assurances supplémentaires (vol de votre argent après un retrait, vol d’un smartphone acheté avec la carte, retard d’un avion, perte de bagages, etc). C’est assez bien orienté « voyageurs réguliers », ou personne à la recherche de certaines assurances. Tout ça vous coutera alors 9,90€ ou 16,90€ par mois, débité de votre compte N26.

Que peut-on faire avec la banque N26 ?

N26 est à la fois différent d’une banque traditionnelle (aucune agence, tout est dématérialisé et centré autour de l’expérience utilisateur), mais très proche.

Elle offre en effet toutes les opérations basiques: paiement en magasin ou en ligne avec carte MasterCard, virement vers d’autres comptes en banque, retrait d’argent. C’est largement suffisant pour la grande majorité des citoyens. Notez bien cependant que certains commerces n’acceptent pas la MasterCard. Pour prendre un exemple connu: tous les Colruyt de Belgique, qui exigent la carte Maestro. On a essayé, et notre carte N26 a été refusée. Donc renseignez-vous avant d’effectuer un achat en magasin. Dans d’autres pays européens, il est possible de commander une carte N26 Maestro en option, mais ce n’est pas le cas pour l’instant en Belgique.

On vous l’a dit, N26 est une vraie banque: elle vous a donc ouvert un vrai compte en banque au moment de l’inscription. Même si ce compte est allemand, n’importe qui peut vous virer de l’argent dessus, y compris votre employeur pour votre salaire mensuel. Il n’y a pas de frais cachés, les virements dans la zone SEPA (membres de l’Union européenne principalement) sont tous gratuits, dans un sens comme dans l’autre.

La seule limite est le conseil humain (il devra se faire par livechat ou réseaux sociaux, il n’y a pas de téléphone), et les services bancaires plus poussés: oubliez les comptes épargne pour enfant, les comptes de garantie locative, les crédits hypothécaires ou auto, etc… Pour tout ça, il faudra passer par un courtier, par exemple.

Une MasterCard de débit, et pas de crédit: A LIRE ABSOLUMENT

La notion de carte de crédit et de débit est assez claire en Belgique: il y a les cartes Maestro pour le débit (c’est-à-dire pour utiliser directement l’argent disponible sur votre compte) et les Visa/MasterCard pour le crédit (l’argent est retiré d’une limite mensuelle qui n’est pas immédiatement liée à l’argent disponible sur votre compte en banque, ce qui vous permet d’avoir accès à un « crédit » temporaire).

A l’étranger, la notion est un peu différente. Par exemple, en Angleterre, le montant utilisé par la carte de crédit n’est pas ponctionné d’un coup sur votre compte à la fin du mois, mais il peut être réparti sur plusieurs mois.

Cette différence entre crédit est débit est essentielle dans le cas de N26, car la MasterCard offerte est une MasterCard de DEBIT, et non de crédit. C’est indiqué sur la carte, d’ailleurs, dans la zone grise brillante.

Elle reste une MasterCard (vous pouvez la renseigner sur Amazon ou Netflix, par exemple), mais elle agit comme une carte de débit, c’est-à-dire que l’argent est débité immédiatement de votre compte, dont le solde doit être suffisant pour que l’opération soit effectuée.

Pour s’en rendre compte, on a fait quelque chose qu’on vous déconseille de reproduire chez vous.

Alors que notre solde disponible était toujours de 20€, on a passé une commande de 30 € sur Amazon. Voici ce qu’on a constaté, notifications à l’appui. Quelques secondes après notre commande: 1€ de retrait pour Amazon (pour la vérification de la MasterCard, il est rendu 10 jours plus tard). 5 minutes après la commande: 12,74 € de retrait d’Amazon (soit le montant de l’un des deux objets de notre commande). 10 minutes plus tard: « solde insuffisant, votre paiement a été annulé« .

Notre compte Amazon nous disait alors qu’il y avait un problème avec la commande, et qu’il allait réessayer de débiter le compte. On a préféré annuler toute la commande. Tout n’est pas immédiat, bien entendu, et il a fallu quelques temps pour que les serveurs d’Amazon et N26 se mettent d’accord et réparent le bazar qu’on a provoqué en réalisant notre test. Mais tout est rentré dans l’ordre et on a récupéré nos 12,74€.

Tout ça pour nous (et vous) prouver qu’il s’agit bien d’une MasterCard de débit, et non de crédit. C’est très important de s’en souvenir avant de passer à N26.

Bon à savoir: en Allemagne et en Autriche uniquement pour l’instant, il est possible d’activer en ligne une autorisation de découvert. Aller en négatif y coûte cependant de l’argent, N26 charge un taux annuel de 8,9%. Cette option pourrait débarquer chez nous.

Une application qui change tout : chaque mouvement d’argent est notifié immédiatement

L’un des reproches qu’on peut faire aux « vieilles » banques, c’est le manque de transparence des transactions. On voit peu d’informations, et souvent avec un délai de quelques jours (pour les cartes de crédit surtout).

Avec l’application N26, vous recevez une notification dès qu’une transaction a lieu, qu’elle soit entrante ou sortante. Exemple : on a fait un achat sur Amazon avec la carte, et dans la seconde, l’application nous prévenait. Idem pour notre premier versement sur le compte.

C’est une manière simple et très sécurisante de savoir ce qui est fait avec votre argent. En cas de fraude, également, vous pouvez signaler un problème, ou bloquer la carte (de manière temporaire ou définitive).

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De gauche à droite: votre carte dans l’appli, la notion d’espaces et la catégorisation des transactions

Toutes les transactions sont labellisées de manière automatique (restaurant, courses, virement), mais vous pouvez créer des catégories vous-mêmes. Il est possible également de créer des espaces, qui agissent comme autant de comptes d’épargne thématiques. Typiquement, vous allez créer un espace « montre » et y mettre de temps en temps de l’argent de côté en un clic, afin de vous en offrir une au bout de l’épargne.

Il y a plusieurs subtilités du genre qui rendent l’expérience bancaire plus intelligente, plus ludique aussi. On pense à « Money Beam » ou « Demande », qui vous permet des transferts instantanés d’argent entre utilisateurs N26 présents parmi vos contacts, comme le permet Payconiq par exemple.

Et il y a bien sûr la base: le virement bancaire pour payer vos factures.

Conclusion

Sans conteste, N26 est une excellente option si comme la majorité des Belges, vous considérez surtout votre banque comme une tirelire et un moyen de (se faire) payer. N26 offre tout ça gratuitement, et même 5 retraits par mois en Belgique pour avoir du liquide.

Et c’est une vraie banque, avec un vrai numéro de compte (allemand, mais ça ne change rien en Europe), une vraie carte de débit (MasterCard, ceci dit, qui est acceptée dans plus d’endroit que la Maestro). Attention, cependant, certains commerces belges (comme les Colruyt) n’acceptent pas la MasterCard, même celle de débit de N26, nous l’avons essayé.

Le gros point fort de N26: une application très bien foutue, orientée « utilisateur », avec de nombreuses options pratiques et qui vous notifie au moindre mouvement sur votre compte.

A la question « Comment N26 gagne-t-il de l’argent si les comptes sont gratuits ?« , des responsables nous ont répondu: « N26 a un modèle commercial principalement axé sur les abonnements premium, tels que N26 Black ou N26 Metal. Nous croyons en la nécessité de mettre en place un modèle simple, transparent et juste, ce qui nous permet de constater que les utilisateurs sont prêts à payer pour les adhésions s’ils reçoivent un produit complet de grande valeur. Ceci est comparable à Netflix ou Spotify, qui a sans doute éduqué leurs industries respectives à cet égard« .

Dernier bémol dans cette expérience globalement très positive: impossible de savoir ce que l’avenir nous réserve. N26 est une ‘start-up’ allemande, elle pourrait disparaître dans 5 ans, ou décider dans 1 an de rendre son compte basique payant.

Mais c’est exactement ce que vient de faire ma « banque traditionnelle » (allemande elle aussi…) en m’envoyant uniquement un email. 

Voici le premier smartphone avec un écran “troué” disponible en Belgique

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 12 février 2019 10h28 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: voici le premier smartphone avec un écran “troué” disponible en Belgique

Le Honor View 20 ouvre le bal des smartphones de 2019. Sorti il y a quelques jours en Europe, il a une particularité inédite: sa caméra frontale est isolée dans l’écran, en haut à gauche. De quoi se passer d’une « encoche » qui ne plait pas à tout le monde. Mais est-ce bien pratique ?

Vous avez sans doute déjà entendu parler de la marque Honor. Elle appartient au groupe Huawei, qui en a fait depuis des années sa marque ‘jeune’ et ‘en ligne’. Il se vend principalement des Honor à l’étranger, car en Belgique, petit pays, la marque Huawei est déjà très présente et assez populaire. Le géant chinois des télécoms n’a donc jamais vraiment pris la peine de lancer en grandes pompes sa deuxième marque chez nous, à part lors de la sortie du Honor 9 que nous avons couverte en 2017.

En 2019, visiblement, Honor veut essayer d’attirer à nouveaux les projecteurs, de faire un peu plus parler d’elle dans notre pays. Le but, sans surprise, est de grappiller des parts de marché à la concurrence Android, donc à Samsung principalement dans notre pays. Les prix avec Huawei se chevauche cependant, on se demande dès lors s’il n’y aura pas un peu cannibalisme, mais les filières de distribution sont en partie différentes.

Pour y parvenir, Honor a lancé son View 20 en Belgique récemment, et il sera disponible dans plusieurs enseignes connues comme Vandenborre. Alors qu’à la base, Honor est une marque ‘en ligne’. Ironie de l’histoire: sur le site de Honor (France, pas le choix), on ne peut pas se faire livrer en Belgique. Bref, on se perd un peu au niveau de la stratégie, mais ça n’a pas vraiment d’importance pour vous, le client final.

549€ pour un écran… troué

Honor nous avait habitués à des smartphones milieu de gamme avec un prix abordable et des performances suffisantes. Rien à voir avec le View 20, que l’on trouve à 549€ chez Vandenborre ou Coolblue. Notez que Krefel distribue aussi des smartphones Honor, mais pas MediaMarkt… Et il s’agit de la version 128 GB. Celle avec 256 GB de mémoire interne se trouve à 649€ sur le web.

Le View 20 est un grand smartphone de 6,4’’, et ce qu’on remarque immédiatement, c’est le ‘trou’ dans son écran. Depuis peu, quelques constructeurs ont préféré ce moyen pour insérer la caméra frontale, tout en évitant la fameuse ‘encoche’ (notch) qui déplait à certains.

D’un point de vue esthétique, c’est plutôt pas mal. Et avec certaines applications (comme YouTube), il est possible d’avoir une sensation d’immersion inédite, car la vidéo occupe tout l’écran (moins le ‘trou’ de la caméra, voir photo). Sur une appli comme Chrome ou RTL info, ça ne change pas grand chose en revanche, et le ‘trou’ de 4,5 mm de diamètre n’est qu’une encoche déplacée.

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Du tout bon, à part l’écran

Concernant le reste de la fiche technique, on est plutôt gâté: puce Kirin 980 à 2,6 GHz (le même que le vaisseau-amiral de Huawei, le Mate 20 Pro), 6 GB de RAM, 128 GB de stockage interne (pas de port microSD mais nanoSD), appareil photo principal de 48 MP (25 MP à l’avant), batterie de 4.000 mAh, dos en verre aux reflets travaillés en forme de chevrons, Android 9.0.

Bref, niveau matériel, on est gâté, tout sera fluide durant quelques années, et le stockage devrait suffire, même pour les plus gros utilisateurs. Quant à la batterie, après 48 heures d’utilisation normale, notre View 20 ne rendait pas encore l’âme. C’est l’un des plus endurants que nous ayons pu tester.

Seul bémol: la qualité de l’écran. La dalle IPS de 1080 x 2310 pixels tire vers le bleu, et elle est loin de l’OLED qui équipe plusieurs smartphones dans cette gamme de prix. Les noirs sont donc gris, les couleurs moins vives, c’est inévitable. La luminosité maximale est heureusement suffisante pour une lecture agréable en plein soleil.

Enfin, et ça justifie en partie l’écart avec les smartphones à 1.000€, il n’y a pas d’étanchéité, pas de capteur d’empreinte intégré à l’écran, pas de charge sans fil (mais bien une charge rapide avec un bloc de 22,5W)

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Et les photos ?

Avec un objectif principal de 48 MP, on s’attend surtout à des capacités de zoom intéressantes. En réalité, Honor est le premier smartphone à être équipé du dernier capteur IMX 586 de Sony.

Un capteur un peu plus grand que la moyenne, qui peut donc capturer plus de lumière. Et c’est très utile pour les photos à l’intérieur, en soirée, de nuit, etc. Tous nos clichés ont été réussis, avec peu de bruit numérique.

A l’extérieur, sans surprise, les photos sont parfaites. Le zoom est x2 sans perte de qualité, car les photos par défaut du Honor View 20 font 12 MP.

Le capteur supplémentaire à l’arrière exploite ce qu’on appelle la technologie ToF (Time of Flight). Il permet principalement de capturer des scènes en 3D, grâce à l’envoi d’impulsions laser et au calcul de leurs rebondissements. Ces fonctionnalités sont intégrées dans l’application ‘Appareil photo’, et notamment dans le suivi de la silhouette, dans la retouche vidéos (détouré du corps en mouvement). La 3D ToF peut également servir dans certains jeux, mais on ignore lesquels…


Conclusion

Belle surprise pour ce début d’année que ce Honor View 20, un appareil haut de gamme vendu 549€, et qui s’oppose donc au très bon OnePlus 6T qu’on a testé récemment.

Les performances sont là, cela ne fait aucun doute. Le design avec reflet en chevrons est particulier, osé, et orienté davantage vers les jeunes, sans doute. Les concessions sont faites uniquement au niveau de l’écran (qui n’est pas OLED) et de quelques options un peu gadget, comme l’étanchéité et le capteur d’empreinte intégré à l’écran. Bref, c’est l’un des meilleurs rapports prix/puissance du moment.

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L’ordinateur de bord de cette Mercedes est aussi grand qu’une télévision: à quoi sert-il ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 18 janvier 2019 15h49 | Ajouter un commentaire

Depuis quelques années, nos voitures deviennent de plus en plus intelligentes. Equipées d’une carte SIM pour se connecter elles-mêmes à internet, d’un port USB pour relier votre smartphone et transformer l’écran (Android Auto, Apple CarPlay), d’une panoplie de capteurs et de gadgets contrôlables via l’ordinateur de bord ou une application sur smartphone, elles sont à l’aube de leur évolution ultime: devenir entièrement autonomes.

Et comme dans une voiture autonome vous ne devez théoriquement plus regarder la route, les constructeurs prennent les devants et élargissent de plus en plus les écrans présents à l’avant des voitures. Ce prototype de Byton, une jeune entreprise ambitieuse présente à nouveau au CES de Las Vegas cette année, annonce la couleur :

Mercedes est forcément plus terre-à-terre. On sait qu’il faut de longs mois pour valider une technologie ou un accessoire présent dans une voiture, pour des raisons de sécurité principalement. Le concept Mercedes Me et les écrans de la Classe A sont cependant déjà impressionnants, comme j’ai pu le constater durant un test de quelques jours.

C’est la taille qui étonne le plus, surtout pour une voiture représentant l’entrée de gamme du constructeur, son plus « petit » modèle (qui ne l’est pas tellement, en fait). En effet, l’espèce de télévision de près d’un mètre de large présente sur la planche de bord renferme en réalité deux écrans distincts, et de grande taille. Ils sont de bonne qualité et en haute définition: on dirait des tablettes…

Celui derrière le volant est plus limité, mais paramétrable à souhait: style, taille des compteurs, infos centrales (GPS ou musique, trajet, etc). Il bien grand, bien visible, et se contrôle à l’aide de la partie gauche du volant: boutons, petit pavé tactile à balayer… c’est précis et complet.

Une bon infotainment

Le plus intéressant est celui qui fait office d’écran principal, d’infotainment, comme on dit. La dalle de plusieurs dizaines de centimètres est tactile, et rassemble toutes les fonctions qu’on est en droit d’attendre en 2019: navigation, musique, accès au téléphone (pour appels/messages mais aussi musique), réglages du véhicules en tout genre (clim, lumière, etc), quelques applications comme un navigateur internet via Mercedes Me (la plateforme cloud qui fait le lien entre vous et votre voiture).

Le tout est animé par une interface fluide et réactive, l’une des meilleures que j’ai pu essayer jusqu’à présent. Elle est assez intuitive et se commande de 3 manières: écran tactile, pavé avec bouton et zone tactile près de l’accoudoir, partie droite du volant (boutons, molette de volume et petit pavé tactile que l’on peut balayer, c’est très bien foutu).

Il est également possible de commander une partie de cette interface avec la voix (Linguatronic). Mais « Bonjour Mercedes » n’est pas toujours le moyen le plus simple d’effectuer une tâche, à part pour appeler un contact dans le répertoire du smartphone relié.

On regrette l’absence d’Android Auto et de CarPlay, Mercedes imposant son interface maison. Pour Spotify, par exemple, il faudra le lancer via le smartphone (mais après, on peut faire défiler les morceaux et gérer le volume via l’interface de la voiture).

La serrure connectée Nuki s’améliore grâce à des accessoires

Par Mathieu Tamigniau dans IoT, Pratique, Test , le 18 janvier 2019 09h36 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: la SERRURE CONNECTÉE européenne devient enfin utilisable

Nuki vient de sortir une deuxième version de sa serrure connectée. Désormais contrôlable de nombreuses manières différentes, elle peut même (théoriquement) être commandée par la voix, à partir des plus grands assistants vocaux. J’ai pu la tester durant trois semaines et voici mes conclusions.

Ce n’est pas la première fois que nous vous parlons de Nuki. Cette jeune entreprise allemande est l’une des premières à avoir commercialisé une serrure connectée en Europe. En deux mots: un boitier se fixe à l’intérieur de votre porte à hauteur de la serrure, et tourne mécaniquement la clé insérée à votre place. Tout se contrôle via un smartphone et une application, à faible distance (Bluetooth) ou en déplacement (avec le Nuki Bridge, un autre boitier qui se connectera à internet via le Wi-Fi).

On avait apprécié l’appareil, mais on avait noté quelques défauts de jeunesse. Ce qui ne nous a pas empêché de l’utiliser ponctuellement (aller faire un jogging sans clé, ouvrir la porte à l’avance quand on est dans la voiture ou quand on a les bras chargés, etc). Deux ans, 35.000 installations et « aucun problème de sécurité » plus tard, une nouvelle version fait son apparition.

Une Smart Lock 2.0: quoi de neuf ?

La Nuki Smart Lock 2.0, extérieurement, est parfaitement identique à la V1, tout comme sa mécanique interne, m’a confirmé son CEO Martin Pansy, lors d’une visite à RTL.

Sa principale nouveauté: intégrer la norme Bluetooth 5, qui amène une plus grande portée (jusqu’à 50 mètres) que la première version de 2017 (avec Bluetooth 4). De quoi améliorer l’expérience utilisateur, surtout au niveau de la rapidité, qui n’était pas le point fort de cette serrure connectée. « C’est 3 fois plus rapide« , nous promet le patron, précisant que « la partie électronique a été refaite » dans la serrure.

Elle est également compatible avec la norme HomeKit d’Apple, qui l’intègre dans l’environnement smart home de iOS. Via un iPhone, il est possible de contrôler la serrure facilement, sans forcément lancer l’application. Ou via Siri, l’assistant vocal d’Apple présent sur l’iPhone ou l’Apple Watch. On peut donc théoriquement ouvrir sa porte en parlant à sa montre (mais nous n’avons pas testé cette fonction). D’après M. Pansy, « 2/3 des utilisateurs sont sous iOS« , et ils seront donc contents.

Enfin, pour les 5% d’Européens qui en sont équipés, sachez que la V2 est compatible avec les boutons remplaçant la clé pour verrouiller et déverrouiller de l’intérieur.

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La serrure n’a pas fort changé, mais elle a de nouveaux accessoires, dont le capteur d’état (porte réellement ouverte ou fermée)

Capteur d’état de la porte et clavier externe

J’ai pu tester deux autres nouveautés. La première, c’est le capteur d’ouverture (fourni de base avec la serrure). Il s’agit d’un petit aimant à coller le plus près possible de la smart lock, mais bien entendu sur l’encadrement de la porte. L’idée est de savoir l’état réel de la porte, ouverte ou fermée. Car la V1 ne faisait que tourner la clé: si votre porte est grande ouverte et que vous la verrouillez via l’application, celle-ci va tourner le cylindre et estimer que la porte est verrouillée. Donc avec ce capteur, la serrure (et donc l’application) sait si la porte est réellement ouverte ou fermée, et ne se base plus uniquement sur la position de la clé dans le cylindre.

La deuxième nouveauté, qui date de fin 2018, c’est le Keypad. Vendu à part (79€), ce petit boitier à 9 chiffres (et une flèche pour verrouiller) permet de contrôler la serrure sans devoir lancer l’application. Protégé contre les intempéries, il est recouvert d’un gros caoutchouc, ce qui rend l’appui sur les chiffres parfois délicat, d’autant qu’il faut choisir un code à 6 chiffres (il y a heureusement des LED au-dessus qui confirment chaque appui). C’est une option qui s’avère intéressante, rassurante (par exemple si n’avez pas vos clés et que la batterie de votre smartphone est morte) et surtout très rapide (comparé au lancement de l’application) pour ouvrir ou fermer votre porte. Le Keypad décuple l’intérêt de la serrure connectée, tout comme peuvent le faire les « fob », ces accessoires sous forme de pastilles à accrocher au porte-clé et qui permettent d’ouvrir ou fermer la serrure. Au niveau de la stabilité du Keypad, elle est d’environ 90% d’après notre test durant trois semaines: en effet, parfois, rien ne se passe quand on entre le bon code. Il suffit heureusement de le recomposer pour ouvrir la porte.

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Le Keypad rend la Smart Lock nettement plus pratique à utiliser

Contrôlable (théoriquement) par la voix: que peut-on faire réellement ?

Précisons que la Smart Lock 2.0 est désormais officiellement compatible avec toutes les « normes » de la maison connectée et intelligente: non seulement Siri, mais aussi les assistants vocaux d’Amazon (Alexa) et de Google (Google Assistant). Elle est également compatible Zigbee, un protocole de communication standard permettant d’être contrôlée via d’autres applications.

Mais concrètement, comment ça fonctionne ? On a connecté la Smart Lock 2.0 à Alexa et Google Assistant. Et c’est loin d’être pratique… quand ça fonctionne.

Avec Google Assistant, c’est décevant. Via l’application Google Home, on peut effectivement lier la serrure, et l’assigner dans une pièce. Remarque: il faut créer un code PIN. Mais il est impossible de la contrôler. Déjà, il faut parler d’une manière atypique à « Ok Google »: « Parler avec Nuki pour verrouiller la porte d’entrée » au lieu de, par exemple, « ouvre la porte d’entrée ». La réponse est navrante: « Nuki n’est pas disponible sur les appareils paramétrés dans votre langue ou pays« .

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On vous déconseille de lier votre serrure aux assistants vocaux: galère en vue et peu de réel avantage en retour…

C’est à peine mieux avec Alexa d’Amazon. La liaison est aisée avec la skill dédiée (attention, il y en a deux du même nom…), et nous sommes parvenus à verrouiller la serrure en disant à Alexa « Verrouille la serrure de la porte d’entrée ». Impossible d’ouvrir la porte, par contre : « Ouvre la porte d’entrée » ne donne rien et « ouvre la serrure de la porte d’entrée » donne comme réponse « Cette commande n’est pas prise en charge par l’appareil ». On peut tenter « Déverrouille la porte d’entrée », un code PIN configuré au préalable via l’application Alexa est alors demandé et on doit le dire à voix haute. Mais après une tentative infructueuse, Alexa nous a conseillé de désactiver et réactiver la skill, ce qui nous a fait abandonner la tentative.

Nous n’avons pas été en mesure d’essayer avec HomeKit d’Apple, mais on imagine que ça fonctionne mieux, car la « certification » HomeKit est plus exigeante, plus concrète. Donc, théoriquement, Siri (l’assistant vocal d’Apple) peut déverrouiller votre porte.

De toute façon, soyons clair: pour verrouiller une porte, le recours à l’assistant vocal peut vous faire gagner du temps. Mais les assistants sont stricts au niveau de la sécurité et comme n’importe qui, à l’intérieur de votre maison, peut activer les activer en disant « Ok Google » ou « Alexa », il est pour l’instant impossible (Google) ou difficile (Amazon) d’ouvrir la serrure avec sa voix.

Nuki a sans doute été un peu trop vite en se vantant, y compris sur la boite, d’être compatible. Si cette compatibilité est chaotique, il vaut mieux ne pas en parler. Il s’agit d’une serrure de porte d’entrée, le sentiment de stabilité et de fiabilité devrait être la priorité.

Les défauts de jeunesse ont (pratiquement tous) disparu

Manquant de stabilité et de confort d’utilisation, les débuts de la serrure connectée V1 de Nuki en 2016 ont été délicats, du moins d’après notre expérience. Bonne nouvelle: pratiquement deux ans plus tard et avec la V2, ça va nettement mieux.

Lors de la procédure d’installation via l’application Nuki, on a hélas encore constaté quelques erreurs (sans doute de traduction). Exemple: lors de la configuration du capteur de porte aimanté, l’application demande de « verrouiller la porte » (donc de la fermer à clé). Mais si on le fait, la procédure se met en erreur car la serrure essaie de verrouiller une porte déjà verrouillée. L’application aurait dû indiquer « fermer la porte sans la verrouiller ».

A part ce détail, l’utilisation quotidienne est bien meilleure. C’est aussi dû aux dernières mises-à-jour de l’application, à n’en pas douter. Le smartphone se connecte plus rapidement à la serrure, même si après trois semaines d’utilisation, force est de constater que ce n’est jamais la même chose: éloigné de la maison (donc lorsqu’on accède la serrure via le Bridge), on a parfois été connecté à la serrure en 3 secondes. Alors que dans la maison (donc en Bluetooth a priori), on a parfois du attendre 20 secondes. Mais au final, on est toujours parvenu à s’y connecter pour la contrôler (heureusement…).

Nul ne doute que ces dernières instabilités vont disparaître avec le temps et l’amélioration de l’application. Mais avec un parc de smartphones Android toujours très fragmenté (différentes versions de l’OS, et différentes surcouches logicielles des fabricants), Nuki a du travail. Avec les iPhone d’Apple, la donne est plus simple, et l’application plus stable. Vous voilà prévenu…

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Ce smartphone a 4 capteurs photo à l’arrière, y a-t-il un réel intérêt ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Test , le 2 janvier 2019 11h04 | Ajouter un commentaire

Les tests de Mathieu: ce smartphone de Samsung a 4 capteurs photo à l'arrière, y a-t-il un réel intérêt ?

Le Galaxy A9 du géant coréen, qui est toujours la marque la plus populaire en Belgique (devant Apple et Huawei), est-il une démonstration de puissance, une vitrine technologique, ou une réelle innovation qui va bouleverser le monde de la photo sur smartphone ? Poser la question est un peu y répondre…

C’est assez paradoxal: Engadget, un célèbre média spécialisé anglosaxon, vient de décerner au Google Pixel 3 XL le prix du « photophone » de l’année. Ce smartphone, vous l’ignorez sans doute car il n’est pas commercialisé chez nous, n’est équipé que d’un seul capteur photo à l’arrière.

Or, 2018 a été l’année de la course aux capteurs photos placés à l’arrière. Après Huawei et les trois lentilles du P20 Pro et du Mate 20 Pro, Samsung a osé aller encore plus loin en sortant, en cette fin d’année, le Galaxy A9. Cet élégant smartphone que nous avons essayé dans sa version « Lemonade Blue » (dégradé de bleu, vert, jaune) possède en effet 4 capteurs alignés à l’arrière.

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Une fiche technique presque parfaite

Vendu 599 euros, un prix élevé sans être celui d’un flagship, le Galaxy A9 se doit d’avoir une solide fiche technique pou convaincre. Et c’est le cas sur pratiquement tous les points: écran 6,3″ AMOLED (2220 x 1080 px), 6 GB de RAM, 128 GB de stockage interne, grosse batterie de 3.800 mAh avec charge rapide, deux ports pour carte SIM et une place pour une carte microSD, finition soignée avec dos en verre.

Ce qu’il laisse à ses grands frères, les Galaxy S9 et Note 9: l’étanchéité, la puissance du meilleur processeur maison (le A9 n’est pas équipé d’un Exynos mais d’un Snapdragon 660 plutôt moyen), la charge sans fil, le stylet, et d’autres petits détails.

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Les quatre capteurs, plus ou moins utiles…

Le Galaxy A9 peut justifier son prix élevé (on est 60€ au-dessus de l’excellent OnePlus 6T) si la partie photo est rendue exceptionnelle grâce aux 4 capteurs alignés à l’arrière. Mais allons droit au but: c’est avant tout une démonstration de puissance. Je m’explique: face aux marques chinoises qui sortent une dizaine de smartphones par an, dont certains « innovent » en multipliant les capteurs à l’arrière, Samsung (à l’instar d’Apple) a été taxé d’immobilisme, d’attentisme. Avec à la clé, un légère diminution des parts de marché.

Vexé, le géant sud-coréen a sans doute voulu montrer au monde qu’il pouvait lui aussi sortir des ‘première mondiale’, et c’est ce qu’il a fait avec le Galaxy A9, qui est effectivement le premier avec autant de lentilles à l’arrière. De là à dire que c’est une innovation majeure, il y a un pas à ne pas franchir.

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L’idée de Samsung, c’est que chaque capteur doit jouer un rôle particulier. Le premier est la « caméra principale » (24 MP, ouverture F1.7): il va prendre l’écrasante majorité de vos photos car peu de gens chipotent dans les réglages.

Le second est « grand angle » (8 MP, ouverture F2.4), et couvre 120°: donc si vous ne pouvez pas vous éloigner d’une scène (ex: vous êtes à table et souhaitez photographier tout le monde), c’est toujours pratique, mais il y un effet arrondi sur les côtés (qui peut être corrigé par après via la galerie).

Il y a également un objectif dit « télé » (10 MP, F2.4): il permet un zoom optique 2X, ce qui, à nouveau, peut être pratique dans certains cas. La qualité de l’image ne se détériore pas comme c’est le cas avec d’autres smartphones qui zooment dans l’image (on appelle ça un zoom numérique).

Enfin, il y a un capteur dit « de profondeur » (5MP, F2.2). Il est là pour réussir les effets « bokeh »: quand vous faites la photo d’une personne ou d’un visage, il permet de détecter la profondeur de champs et donc de flouter l’arrière-plan.

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Les sapins permettent de passer de ‘normal’ (au milieu) à ‘grand angle’ (à gauche, d’où l’effet un peu arrondi) ou à ‘zoom’ (à droite)

Conclusion

Voilà pour la théorie. Dans la pratique, après avoir joué une semaine avec l’appareil photo du Galaxy A9, on n’est jamais tombé à la renverse, on n’y voit pas de révolution. Certes, on a remarqué que le grand angle, à activer manuellement, était plutôt sympa. Et que le zoom pouvait être utile, même si 2X, ce n’est pas énorme. Enfin, on a noté que les portraits étaient réussis surtout au niveau du contour du sujet, très bien découpé.

Mais Samsung oublie qu’il est possible, avec un bon traitement logiciel, de permettre à un seul capteur de faire de très belles photos, de réussir de magnifiques portraits. Il y a cependant la fonction « grand angle » et « zoom », sur lesquelles Google, par exemple, doit s’avouer vaincu avec son Pixel 3, couronné cependant en 2018 dans la presse spécialisée. Mais rappelons que la plupart des utilisateurs de smartphone prennent leurs photos en mode automatique, sans toucher à aucun réglage, à aucune option.

Donc, a priori, le Galaxy A9 s’adresse aux personnes exigeantes, qui veulent en faire plus avec leur smartphone au niveau de la photo. Il est cependant très élégant et rapide en toute circonstance. Reste un prix élevé (599€), ce qui nous fait dire que Samsung ne va pas écouler beaucoup de Galaxy A9 en Belgique et dans le monde – et surtout que ce smartphone est davantage une démonstration de puissance, une vitrine commerciale qui rappelle que le Coréen sait aussi bousculer les codes.






Voici le premier smartphone 5G qui sera lancé en Europe

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 6 décembre 2018 07h19 | Ajouter un commentaire

Le patron de OnePlus, Pete Lau, a annoncé mercredi soir que la fabricant sera le premier à lancer un smartphone 5G grand public en Europe. Pas en Belgique, hélas: il fera d’abord son entrée sur le marché britannique, où l’opérateur N.1 va déployer progressivement son réseau de nouvelle génération.

Celui qui devrait s’appeler le OnePlus 7 sera propulsé par la nouvelle plateforme mobile haut de gamme de Qualcomm, le Snapdragon 855, qui jouera un rôle crucial car ces puces contiennent un tas de choses, désormais, dont le « modem » 5G. Le OnePlus 7 sortira en 2019, probablement au printemps si le constructeur chinois reste sur une logique de deux smartphones par an.

Cette annonce a été faite lors d’un sommet de Qualcomm par rapport à sa technologie Snapdragon, qui anime une grande partie des smartphones Android dans le monde.

Fallout 76: le multijoueur imposé dans le célèbre jeu vidéo post-apocalyptique

Par Mathieu Tamigniau dans Jeu vidéo , le 23 novembre 2018 16h23 | Ajouter un commentaire

Je vous préviens tout de suite: Fallout est tout simplement mon jeu vidéo préféré, depuis 20 ans. Fallout, c’est la plus connue des franchises de jeu vidéo post-apocalyptique. Elle a même inventé le concept en 1997, tandis qu’à l’époque, il s’agissait d’un jeu de rôle en 2D isométrique. Les graphismes n’étaient pas terribles: c’est l’ambiance qui comptait, les décors nucléaires, les personnages et animaux atypiques…

Avec Fallout 3, en 2008, les nouveaux éditeurs (Bethesda) se lancent dans le FPS (vue de tir à la première personne). Un pari risqué mais qui fait mouche, car si le style change, l’ambiance reste très fidèle à l’esprit original, et la mayonnaise prend. Fallout 4 va dans le même sens en 2015, mais avec des graphismes nouvelle génération (pour Xbox One et PlayStation 4).

Dès lors, on attendait un Fallout 5. Mais il faut se contenter de Fallout 76, qui ose imposer (oui, imposer…) un mode multijoueur.

Pas vraiment multijoueur, pas vraiment solo

Certes, l’idée de parcourir les terres désolées des Appalaches (on est en Virginie Occidentale, dans les Etats-Unis en 2102) avec des amis peut être amusante.

Hélas, les mécanismes multi-joueurs sont limités, et on peut tout-à-fait terminer le jeu en mode solo – même s’il faut un abonnement Xbox Gold (ou l’équivalent PlayStation) pour lancer le jeu. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment d’intérêt à se grouper, à part pour finir certaines quêtes plus facilement.

Ce qui me fait dire que Fallout 76 est finalement un genre d’extension, une option multijoueur de Fallout 4 dont il garde la majorité du gameplay et de l’interface (avec ses défauts).

Personnellement, la solitude fait partie de Fallout. Se sentir seul et perdu dans un monde dévasté, et devoir s’en sortir à tout prix, c’est ce qui est le plus jouissif dans la franchise. Je me suis joint à un groupe, mais chacun évolue où il veut sur la carte, et partage son inventaire. Je préfère me débrouiller tout seul…

Du craft omniprésent

Fallout 76 impose également davantage le craft, c’est-à-dire le fait de construire et réparer des objets (armes, armures, bâtiments). Il faut pour cela sans cesse récupérer plein de bibelots, qu’il faut ensuite recycler dans un établi pour en extraire la matière première.

Le joueur doit y consacrer beaucoup trop de temps à mon goût, car sa capacité à transporter du matériel est limitée…

Mais c’est indispensable, car vos armes et armures tombent en rade assez vite. C’était déjà le cas pour les armures dans Fallout 4, mais pas les armes. Celles-ci s’abiment souvent de manière injustifiée dans Fallout 76, après une seule baston. Et j’ai déjà laissé tomber des bons flingues tellement j’en avais marre de les réparer…

Des bons côtés, tout de même

Heureusement, le monde ouvert de Fallout 76 est vaste, riche et beau. Les décors sont variés (voir une petite partie de la carte ci-dessus), les ambiances changeantes, les ennemis plus moches les uns que les autres. Comme dans Fallout 4, il existe d’innombrables missions secondaires très riches, qui n’ont souvent rien à voir avec la quête principale (dont on ne vous révélera rien, mais elle est assez classique).

Grosse particularité: il n’y a plus de personnages non joueurs. C’est-à-dire qu’à part vos amis et des quidams croisés par ci, par là, vous n’échangerez pas avec d’autres humains. Il y a certes des robots, des messages, un tas de quêtes liées à l’histoire de la région, mais jamais des missions où il faut interagir, tuer ou communiquer avec d’autres personnages plus ou moins humains, comme dans Fallout 4.

Finalement, Fallout 76 est un monde post-apocalyptique avec plein de goules, monstres et animaux bizarres, mais les seuls survivants « humains », ce sont ceux de l’abri 76 que vous quittez en début de partie. C’est-à-dire vous, et les autres joueurs du serveur sur lequel vous jouez… N’essayez pas de les tuer, vous perdrez du temps et deviendrez une cible à abattre.

Conclusion

En conclusion, je suis un peu déçu par Fallout 76, qui n’est ni multijoueur (c’est pourtant un mode imposé), ni solo (mais on peut terminer sans se joindre à un groupe). J’aurais largement préféré un mode solo basique, mais je suis sans doute un peu trop vieux jeu…

Certes, l’ambiance est toujours là, et les décors aussi. On se plait à traîner dans les terres désolées où des guerres nucléaires ont transformé à jamais le monde. Mais les nombreuses contraintes (multijoueur, craft, pas de personnage non joueur) n’améliorent pas du tout la franchise mythique.

J’ai hâte de retrouver dans Fallout 5 une vision plus classique du jeu…

Pour un avis plus complet et éclairé, voici celui de la référence JeuxVideo.com :

Envoyez du Wi-Fi dans tous les coins de votre maison grâce à la technologie « mesh »

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 16 novembre 2018 15h39 | Ajouter un commentaire

Comme la plupart des foyers, le vôtre est sans doute équipé d’un modem/routeur qui amène internet chez vous, et qui le diffuse via des ports réseau et le Wi-Fi.

Mais si vous possédez une maison, il est fort probable que dans certaines zones, il n’y ait pas ou peu de signal. Impossible pour un enfant de travailler correctement sur un ordinateur dans sa chambre, ou pour vous de regarder un film sur Netflix dans le lit, via une tablette. De plus, avec l’augmentation des produits connectés dans une maison, avoir du Wi-Fi partout est devenu indispensable.

Jusqu’à présent, il existait des solutions comme le CPL (courant porteur en ligne), qui, via des boitiers placés sur des prises de courant, se servent du réseau de câble électrique présent dans toutes les maisons pour envoyer du réseau partout. Mais cette solution manque souvent de stabilité et de fiabilité, et si le boitier en question est équipé de Wi-Fi, il émet son propre « réseau », différent du principal (le smartphone ou l’ordinateur doit alors passer de l’un à l’autre).

Maillez votre maison

C’est pourquoi la technologie « mesh » (maille en anglais) est en train de faciliter grandement les choses. Son principe de base, c’est d’utiliser tous les émetteurs de signal ou de réseau, et de les fusionner dans un même réseau. C’est principalement du travail logiciel au sein des routeurs et des répéteurs Wi-Fi, mais ça fonctionne drôlement bien.

Pour faire le test, on a pris un répéteur de chez AVM, le fabricant allemand de matériel de réseau est une référence au niveau de la qualité de fabrication de ses appareils et des logiciels qui y sont intégrés.

Il s’agit en particulier du Fritz!WLAN Repeater 1750E (99€), mais d’autres modèles et d’autres marques utilisent la même technologie.

Installation simple, utilisation transparente

La meilleur technologie est la plus simple, la plus invisible. Le principe du mesh, c’est ça. Et avec le répéteur Wi-Fi d’AVM, c’est un jeu d’enfant. Il suffit de brancher le boitier dans une prise électrique à mi-distance entre le routeur (comme la Bbox 3 de Proximus) et la zone à couvrir. Idéalement, sur le palier de l’étage d’une maison.

Ensuite, vous appuyez sur le bouton de connexion WPS du boitier, et endéans les deux minutes, sur le même bouton WPS situé sur le routeur. Et c’est fait. Sans vous en rendre compte, et sans devoir reconfigurer tout le matériel en le liant à un nouveau réseau, vous avez étendu le Wi-Fi à toute votre maison. Le boitier utilise donc les mêmes SSID (identité de réseau sans-fil), et s’il y en a deux (comme sur les Bbox, un pour le 2.4 GHz et un pour le 5GHz), il va les mixer au mieux pour aller chercher le réseau sur le routeur, tout en le diffusant vers les appareils à connecter.

Particulièrement performant, le Repeater 1750E élargit la portée du réseau local sans fil dans la bande des 5 GHz avec des vitesses pouvant théoriquement atteindre les 1300 Mbit/s (450 Mbit/s pour la bande des 2.4 GHz).

Un port Gigabit sous le capot

Pour plus d’options, il est toujours possible, via le navigateur d’un appareil connecté au boitier avec ou sans fil, d’aller sur http://fritz.repeater afin de configurer, ou de comprendre le « maillage » de votre maison.

Sachez que sous le Repeater 1750E, il y a un port réseau Gigabit, ce qui signifie que vous pouvez brancher un ordinateur, un décodeur ou tout ce qui a besoin d’une bonne connexion câblée.

Bref, c’est simple, on ne se rend pas compte de grand-chose mais ça fonctionne: plus de problème de Wi-Fi…

Que vaut le dernier smartphone de Wiko, spécialiste « français » de l’entrée de gamme ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité , le 9 novembre 2018 13h15 | Ajouter un commentaire

On vous le répète assez souvent, le marché du smartphone est impitoyable. A part Apple qui  accapare l’écrasante majorité des bénéfices grâce à ses iPhone ultrapopulaires (et chers…), Samsung qui est présent depuis très longtemps avec une solide force de frappe commerciale, et Huawei qui ne cesse de conquérir des parts des marché, très peu d’entreprises parviennent à gagner beaucoup d’argent.

Pour y arriver, elles doivent jouer sur les prix, réduire leur marge et miser sur le nombre d’appareils écoulés, tout en étant innovantes en matière de marketing. OnePlus est certainement le meilleur exemple en la matière, on vient d’en parler lors de la sortie du 6T.

D’autres acteurs dits pure player (dont le smartphone est l’unique ou principal objet) parviennent, difficilement parfois, à tirer leur épingle du jeu. Et l’un d’eux est basé à Marseille : Wiko. Rappelons cependant que l’entreprise française est contrôlée à 100% par Tinno, une société chinoise qui lui fabrique ses smartphones.

Depuis toujours, Wiko vise l’entrée et le début du milieu de gamme. La stratégie est théoriquement de monter en gamme, mais c’est très compliqué et la marque reste principalement présente sous la barre des 200€.

Quoi de neuf avec le View 2 Plus ?

Wiko a soigné le look de son View 2 Plus, un appareil vendu 249€ en Belgique. Le dos est en plastique imitation verre poli, et l’effet est assez réussi en gris. La finition est bonne et on a l’impression de tenir un objet solide, ce qui n’a pas toujours été le cas pour Wiko. Seul hic: le port microUSB, qui en 2018 est devenu assez rare (pas de charge ni de transfert de données rapide, non réversible…).

L’écran d’environ 6″ avec encoche occupe une belle partie de la face avant. Il n’est hélas que HD, c’est-à-dire qu’il a une résolution de seulement 1512 x 720 pixels, ce qui peut se ressentir sur un smartphone de cette taille (on « voit » parfois les pixels).

Bon point: le stockage de 64 GB, la puce Snapdragon 450 épaulée par 4 GB de RAM, la batterie de 4.000 mAh. Tout ça assure un fonctionnement correct au quotidien et une autonomie d’environ deux jours.

Les photos sont toujours le point faible des appareils dans cette gamme de prix, et le View 2 Plus ne déroge pas à la règle. Il est cependant possible de réussir des effets ‘bokeh’ sans trop de souci pour faire de beaux portraits. Pour le reste, de jour, les photos sont agréables, mais dès qu’il fait un peu sombre, on perd nettement en qualité.

En conclusion, faut-il craquer pour le View 2 Plus ? Tout est une question de priorité. Dans cette gamme de prix, il faut accepter les concessions. Celles de Wiko ne sont pas liées à la performance ni au stockage (64 GB, c’est confortable) mais plutôt à l’écran, à l’usage de plastique et à l’absence d’un port USB Type-C (il faut se contenter d’un microUSB).

Logitech Craft: pourquoi mettre 199€ dans un clavier ?

Par Mathieu Tamigniau dans Mobilité, Pratique, Test , le 23 octobre 2018 13h57 | Ajouter un commentaire

L’accessoiriste suisse Logitech, qui utilise désormais la marque ‘logi’ pour son matériel de bureau, a sorti il y a quelques mois le Craft. Un ovni dans le petit monde des claviers sans-fil, un accessoire devenu très pratique car il évite les câbles sur le bureau et n’a besoin que de très peu d’énergie (deux piles = plusieurs années).

Pourquoi un ovni ? Car il coûte 199€ à la base, ce qui est déjà rare pour un clavier. Ce prix élevé a pour cause une finition en aluminium impeccable. On est sur du très haut-de-gamme: le Craft est lourd, bien assemblé, discret. Son look est résolument moderne: aucun problème pour le laisser sur le bureau en permanence, ni pour travailler dans la pénombre car il est rétroéclairé. De plus, il est très silencieux: les touches incurvées très fines s’enfoncent délicatement, c’est agréable pour l’oreille et confortables pour les doigts. Comptez également sur un clavier complet, avec pavé numérique et espace pour les flèches du curseur. Une belle largeur, donc, pour un espace de travail idéal. Sachez également qu’il se connecte en Bluetooth (jusqu’à 3 appareils peuvent être enregistrés) ou via le récepteur USB propre à Logitech (Unifying) inclus. Il est équipé d’une batterie rechargeable par via un câble USB Type-C fourni.

L’autre caractéristique du Craft, c’est la molette « cliquable » située sur le coin supérieur du clavier. Par défaut, elle va régler le volume Windows, ce qui n’est pas terriblement utile sachant qu’il y a des touches pour ça. Mais si vous utilisez l’application Logitech Options (144 MB tout de même), vous pouvez assigner à cette molette toute une série de commandes liées à certains logiciels. La suite Office (Word, Excel, PowerPoint) est concernée, mais ça n’est pas toujours très utile. Par exemple, sous Word, vous pourrez agrandir du texte sélectionné ou changer de police. Le plus intéressant est dans la suite de logiciel de création graphique d’Adobe: Photoshop, Illustrator, InDesign et Premiere Pro (dans leur version CC uniquement). La molette peut être assignée au zoom/dézoom, ce qui est sans doute le plus pratique, car sollicité régulièrement. Elle peut également, en fonction du contexte, modifier la luminosité, la taille de l’image, l’opacité, la taille du texte, etc. C’est pratique mais pas indispensable car dans ces quelques logiciels, il y a de multiples manières/raccourcis pour arriver à un même résultat. Cependant, ça aidera certains d’entre nous à gagner un peu de temps au jour le jour… Notez que d’autres logiciels pourront en profiter à l’avenir, car il y a un kit de développement disponible.

Nos conclusions sur le Craft de Logitech sont mitigées. Il est certes très design mais 199€, c’est une belle somme pour ce qui reste un clavier sans fil. La molette est originale mais elle nécessite l’installation d’un logiciel pour la configurer, et peut s’avérer utile sur un nombre limité d’applications (surtout la suite créative d’Adobe mais uniquement en version CC). Le Craft a du sens pour les graphistes ou ceux qui font de la retouche d’images et qui gagneront du temps. Pour les autres, c’est un peu cher, mais c’est très « exclusif »…