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Batchalo: le tragique destin des Roms

Par srosenfeld dans Historique, Non classé, policier , le 23 octobre 2012 14h31 | Ajouter un commentaire

« Les Roms sont les grands oubliés de l’Histoire » m’explique Michaël Balli, le scénariste de Batchalo. « Avec cet album je souhaite rétablir une injustice » me dit-il. Historien de formation, il va prendre plusieurs années pour aboutir à ce récit. Un récit qui raconte le destin tragique des Roms déportés par l’Allemagne nazie dans les camps d’extermination. Le sujet est grave mais fort intelligemment développé par l’auteur qui évite de tomber dans le coté « leçon d’histoire » pour proposer une aventure touchante.

1939, Europe de l’Est. Suite à l’enlèvement d’un groupe d’enfants, un clan tzigane, accompagné de Josef, un policier dont le fils est aussi porté disparu, organise une battue. Sur leurs traces, ils voyagent à travers la Bohême, jusqu’à être internés, puis déportés à Auschwitz. Parqués dans le camp de la mort, ils dépérissent, privés de ce qu’ils ont de plus cher : leurs enfants et la liberté.

« Nous avons voulu jouer avec les clichés comme celui du Rom voleur d’enfant » me précise Michaël Balli. Et de fait, Batchalo commence comme une enquête policière avant de se transformer en destin tragique. A travers cette quête de l’enfant perdu, le scénariste nous fait découvrir le peuple Rom, sa structure autour d’un chef mais aussi de sa guérisseuse, deux éléments clés de la communauté. L’histoire d’amour entre Josef le « gadjo » et la farouche gitane permet d’aborder avec subtilité la notion d’identité.

« Je me suis senti quelque fois très mal à l’aise en me demandant si j’étais légitime à raconter cette histoire » m’avoue le dessinateur Arnaud Bétend. Un soucis d’honnêteté qui se ressent dans son graphisme soigné rempli d’humanité. Même dans l’horreur,  il trouve la bonne distance pour illustrer ce drame. Le choix du sépia est particulièrement bien vu. Avec humilité, ce duo propose un album de grand qualité qui touche au cœur. A  ne pas manquer.

Batchalo aux éditions Delcourt.

Scénario: Michaël Galli.

Dessin: Arnaud Bétend.

Loup de pluie: un western moderne

Par srosenfeld dans Aventure, Non classé, western , le 23 octobre 2012 11h55 | Ajouter un commentaire

Cela commence par un duel. « Mais tout cela va très vite » explique le dessinateur  Ruben Pellejero. Car ce Loup de pluie n’est pas une succession d’affrontements mais une histoire construite autour d’une amitié impossible: celle d’un jeune indien fier et moderne et d’un des fils du plus grand propriétaire de la région.

Entre la famille Mc Dell qui tente d’établir des relations de respect mutuel avec la communauté indienne et le reste de la population, les tensions sont vives. Alors il suffit qu’un cow-boy mal luné Ingus débarque dans un saloon pour que tout dégénère …

Ce récit prévu en deux tomes se lit avec plaisir. Le scénariste Jean Dufaux sait trouver les mots justes pour économiser ses effets et rendre fluide les dialogues entre les protagonistes. Ses thèmes de prédilection,  l’amour et la différence, sont toujours aussi présents.

Le choix de Ruben Pellejero s’avère payant pour donner une dimension à la fois onirique et crépusculaire en fonction des moments. « Je suis un obsédé de la couleur «  me précise l’illustrateur originaire de Barcelone. Et cela se sent. Ce n’est pas le trait ici qui marque mais bien les impressions offertes par le travail subtil du dessinateur sur la lumière. Dans ce monde où la crasse se dispute à la pureté des sentiments, Loup de pluie est un album qui gagne à se lire plusieurs fois.

Loup de pluie aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Ruben Pellejero.

 

Alix Senator: Alix réinventé

Par srosenfeld dans Aventure, Historique, policier , le 22 octobre 2012 11h35 | Ajouter un commentaire

Toucher au personnage d’Alix, véritable icône de la BD, est toujours un pari audacieux. Comment s’y prendre pour renouveler le personnage  sans irriter les fidèles de Jacques Martin? La solution pour Valérie Mangin est simple: le vieillir.  Terminé l’adolescent fougueux, place au sénateur Alix, homme d’une cinquantaine d’année, père d’un enfant et protecteur du fils de son ami Enak mort mystérieusement. « Mais si Alix est Gaulois, son univers c’est d’abord Rome » m’explique la scénariste, « cette première aventure ne pouvait se passer qu’ à Rome » ajout-elle.

Nous sommes en 12 avant Jésus-Christ. Confronté à une série de meurtres mystérieux touchant des grands du régime, l’empereur Auguste charge son vieil ami Alix d’enquêter discrètement sur l’affaire. Celui qui est désormais sénateur va devoir se plonger dans de nouvelles intrigues au moment où le christianisme commence à s’imposer. Mais avec ses cheveux blancs, notre héros n’est plus aussi impétueux qu’avant, sa sagesse va devenir son meilleur allié pour découvrir la vérité.

Valérie Mangin (Le fléau des dieux, Le dernier troyen)  connaît bien l’Antiquité, ses histoires et ses légendes. Avec Alix Senator, elle s’éloigne de ses uchronies pour décrire un univers réaliste dans la veine d’une série comme Murena. Son récit qui reste très classique se lit avec plaisir. Le héros trouve ici une vraie crédibilité. Le graphisme de Thierry Démarez est dans le ton.« Je me suis inspiré de la série télévisé Rome pour l’ambiance tout en gardant les traits de l’Alix de Jacques Martin » me dit-il.  Au final, le lifting fonctionne. Il s’agit maintenant d’aller plus loin pour donner à cet Alix Senator une identité forte. A suivre….

Alix Senator aux éditions Casterman.

Scénario: Valérie MAngin.

Dessin: Thierry Démarez.

XIII Mystery, Steve Rowland: retour aux sources

Par srosenfeld dans action, Aventure, polar, policier, thriller , le 17 octobre 2012 08h51 | Ajouter un commentaire

 J’avais le choix lorsque l’on m’a proposé de participer à ce projet, alors je me suis dit, quoi de mieux que le personnage principal, XIII!  m’explique avec enthousiasme Richard Guérineau. Le dessinateur du Chant des Stryges reconnaît avoir été marqué par la puissance de cette série qui introduisait à l’époque le thriller politique dans la BD.  Cerise sur le gâteau, Fabien Nury est à la baguette. Le scénariste d’Il était une fois en France sait parfaitement synthétiser une matière particulièrement dense. Voici donc un duo de choc pour ce 5ème numéro qui raconte le passé de Steve Rowland, assassin du président de Etats-Unis.

Qui est donc ce Steve Rowland, brillante recrue des SPADS, une unité militaire d’élite?  Comment a-t-il reçu ce fameux numéro XIII symbole de treizième homme d’une conspiration politique aux objectifs terrifiants. Comment expliquer son geste? Pour cela, il faut  plonger dans son passé, celui d’un petit garçon qui, entre un père violent et raciste et une mère perdue et alcoolique, devient un homme impitoyable. Et Kim, sa femme rencontrée à l’université… qui est-elle vraiment? Agent double, triple…

Cet album est une véritable réussite. Fabien Nury rend cohérent le passé de Steve Rowland. « Un fasciste en herbe, un peu benêt »  précise Richard Guérineau. Le récit s’appuie sur une série de flash-back. Comme les balles qui frappent le président des Etats-Unis, chaque moment de la vie du personnage de la série, frappe le lecteur en quelques cases. Tout est là, réinventé et totalement crédible.

Richard Guérineau propose un dessin dans l’esprit de Wance mais avec toute la modernité de la BD actuelle. Précis et efficace, il renforce la tension par des cadrages intelligents qui alternent les points de vue. Il m’avoue que l’une des pages les plus magiques de cet album fut celle où il inscrit le fameux XIII. Je vous propose à ce sujet d’écouter son interview dans mon studio ci-dessous. Les deux compères signent ici, une BD sans faute qui ravira les amateurs d’action et les nostalgiques de la série mythique. Bravo.

XIII Mystery, t5, Steve Rowland aux éditions Dargaud.

Scénario: Fabien Nury.

Dessin: Richard Guérineau.

La Grande Odalisque: « les drôles de dames » réinventées

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, Humour , le 16 septembre 2012 15h10 | Ajouter un commentaire

la-grande-odalisque-bd-volume-1-simple-38991Il y a des albums qui se feuillette d’un air distrait sans grande conviction. Et puis, voilà, une réplique qui fait mouche, un graphisme moderne mais ancré dans la tradition et vos yeux s’illuminent. « La Grande Odalisque » fait cet effet. Au scénario comme au dessin, les trois auteurs Vivès, Ruppert et Mulot, fusionnent donc pour proposer un one shot original. Hommage décalé à la série tv « drôles de dames », cette histoire est une belle récréation animée par des créatures de rêve.

Alex et Carole, cambrioleuses à la silhouette féline et à la chevelure flamboyante, aiment plus que tout l’adrénaline que produit le vol d’une œuvre d’art de grande valeur. Grâce à leur mentor, les deux  filles multiplient les contrats juteux pour s’assurer un train de vie luxueux. Inséparables, seules leurs histoires d’amour les séparent. L’une est une romantique qui ne sait pas « plaquer » son mec et l’autre est une « mangeuse d’hommes ». Leur dernier casse tourne d’ailleurs au fiasco… Il faut désormais se refaire. Et pourquoi pas en dérobant « la Grande Odalisque » d’Ingres. Mais voilà, pour réussir ce coup, il faut un troisième comparse. Leur casting s’arrête sur Sam, cascadeuse et adepte du chessboxing (improbable mélange de boxe et d’échec). Il est temps de passer à l’action…

Avec leur trio de voleuses sexy, les trois auteurs s’offrent une belle galerie héroïnes. L’occasion de mélanger différents univers, les films de cambriolage et d’action, la chronique de mœurs et  les discussions post-ados. Un cocktail plutôt savoureux qui se déguste sans sourciller. Les fans de Vivès retrouvent son talent pour les dialogues décalés et le graphisme dépouillé. Ruppert et Mullot rajoutent leurs expériences.  Bravo.

La Grande Odalisque aux éditions Dupuis

Scénario et dessin: Vivès, Ruppert et Mullot.

Marcas: un flic franc-maçon loin des idées reçues

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, ésotérisme , le 16 septembre 2012 14h31 | Ajouter un commentaire

4322322-6522496Marcas, flic franc-maçon, enquêteur brillant et pourfendeur des idées reçues sur sa loge est bien connu des lecteurs de polars. Produit de l’imagination d’Éric Giacometti et Jacques Ravenne, le héros a déjà séduit des millions de lecteurs à travers le monde. Un personnage à fort potentiel donc et qui trouve ici assez naturellement sa place en BD. Au scénario, les deux auteurs originaux afin de garder l’authenticité de cet univers aussi étrange que séduisant.

Pour cette première aventure prévue en deux tomes, intitulée, « Le Rituel de l’ombre », le commissaire Marcas se retrouve confronté à une organisation nazie Thulé. Une société qui a réellement existé dans les années 20 et 40. Elle retrouve dans cette histoire un  prolongement en devenant une sorte de multinationale qui cherche à déstabiliser le monde occidental pour permettre au IIIe Reich de renaître de ses cendres. Rien de très original, vous me direz, mais pourtant la « sauce » prend car le découpage dynamique et la particularité du héros attirent l’attention.

Marcas doit enquêter sur les meurtres de Marek, un professeur d’archéologie spécialiste des rites francs-maçons sauvagement assassiné à Jérusalem et de Sophie Dawes, une historienne  dont le corps a été retrouvé dans les murs du palais Farnèse, l’ambassade de France à Rome. Tous deux s’intéressaient de près à une mystérieuse pierre gravée, la pierre de Thebbah. Marcas doit accepter contre son gré de travailler avec Jade Zewinski, une militaire sensuelle et volcanique qui ne porte pas les francs-maçons dans son cœur.

Loin de se limiter à un sage thriller ésotérique, cette BD n’hésite pas à multiplier les coups de théâtre avec une violence très crue. L’hémoglobine est partout, peut-être un peu trop. Le dessinateur italien Gabriele Parma propose un graphisme efficace et classique. Les décors sont précis, les traits des personnages un peu moins. Marcas est né après une soirée arrosée entre les potes de lycée que sont Éric Giacometti et Jacques Ravenne (lui-même franc-maçon) après la lecture du Da Vinci Code. Cette anecdote et d’autres, figure dans un cahier spécial à la fin de l’album. Marcas, une série à suivre.

Marcas, le rituel de l’ombre, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario: Giacometti, Ravenne.

Dessin: Parma.

Biribi: un bras d’honneur à l’armée

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique , le 8 juillet 2012 11h27 | Ajouter un commentaire

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Biribi plonge le lecteur dans la violence des camps disciplinaires français où la tyrannie des gardiens atteignaient des sommets de sadisme loin des regards en plein milieu du désert. Le lieu a bel et bien existé même s’il est aujourd’hui enfoui dans le sable comme effacé de la mémoire des hommes. Nous sommes en 1858 au Maroc. Un soldat français condamné à la cour martiale débarque au milieu des détenus avec un regard qui en dit long. Ange Lucciani dit le corse est un dur à cuir, un insoumis. Pas question de subir la perversité instaurée par le chaouch. L’homme qui va subir de multiples tortures sait que son temps est compté. Il faut qu’il s’évade s’il ne veut pas crever. Y parviendra-t-il? Quel est son plan pour ne pas mourir dans ces contrées désertiques et rejoindre la mer?

Sylvain Ricard connait bien le milieu carcéral pour avoir travaillé avec une association de visiteurs de prison. « Biribi n’a rien à voir avec les prison modernes » précise-t-il, « il s’agit d’un camp disciplinaire militaire où la torture est quotidienne« . Après avoir lu un livre sur le sujet et consulté toute sorte de documents comme des photos de prisonniers, le scénariste se dit qu’il tient là une bonne histoire. Au même moment David Chauvel lance chez Delcourt une nouvelle collection sur le thème de l’évasion. Il propose à Sylvain d’y intégrer son récit.  Biribi est donc le premier album d’une succession de one shot dans l’esprit du Casse (des bd avec comme fil conducteur des hold-up).

Porté par son sujet Sylvain Ricard propose une aventure divertissante à l’esprit frondeur. Il y a du rythme, de l’action et des gueules. « Je voulais trouver une idée originale pour cette évasion et éviter une classique course poursuite «  me raconte l’auteur. Je n’en dit pas plus. Le dessin d’Olivier Thomas reste dans la veine de la bd semi-réaliste. Le héros a sur sa poitrine un « Tout me fait rire ». Un tatouage photographié sur le corps d’un des détenus de Biribi. Durant cette période, la plupart d’entre eux avaient d’ailleurs un slogan provocateur  gravé dans leur chair. Sylvain Ricard  avoue de la sympathie pour les rebelles. « Le drapeau noir ne me fait pas peur  » dit-il. Et puis « je tenais à ce que cette histoire se termine par un bras d’honneur car j’ai une aversion particulière pour l’armée » ajoute-t-il avec force.

Biribi aux éditions Delcourt.

Scénario: Sylvain Ricard.

Dessin: Olivier Thomas.

Du vent sous les pieds emporte mes pas: vivre sa vocation

Par srosenfeld dans Aventure, conte, graphisme, Historique , le 8 juillet 2012 09h10 | Ajouter un commentaire

5087_cLa vocation d’artiste naît souvent dans l’enfance. Cette histoire nous raconte ce cheminement en invitant les lecteurs à suivre les pas de Léon. Alors que la première guerre s’annonce, ce gamin qui préfère faire les quatre cents coups avec son pote Fernand qu’aller à l’école, découvre un étrange bateau échoué au milieu de nulle part. À son bord, un vieil homme, un peu bourru, qui va faire découvrir à Léon le plaisir du dessin et de la couleur.

Mais ce bonheur est de courte durée. La maman du garçon décède subitement. Perdu, se sentant de plus en plus en décalage avec le monde qui l’entoure, Léon va se réfugier dans le dessin et tomber amoureux de la plus belle fille du village. Mais le destin fait perdre sa muse  à notre héros emporté par la violence des hommes….

« Je porte cette histoire depuis des années » m’explique Gaëtan Brynaert.  Comme souvent, le projet reste dans les tiroirs jusqu’à sa rencontre avec le scénariste Frédéric Castadot.  Une solide amitié se créer entre les deux Bruxellois qui décident de concrétiser « Du vent sous les pieds emporte mes pas ». Le récit séduit d’emblée par son élégance. Les dialogues sont bien construits et les personnages attachants.

Le choix de la couleur directe est judicieux car il renvoie naturellement à l’initiation du héros au dessin. Au début prévu en deux tomes, la BD est finalement synthétisée en un one shot en cours de création ce qui se ressent un peu sur la fin. Cela ne gâche pourtant pas le plaisir de la lecture pour ces jeunes artistes en devenir. « Je ne sais si j’ai réussi », me dit Gaëtan Brynaert « mais je crois que j’ai accompli quelque chose ». Une belle découverte par de jeunes auteurs encore en devenir.

Du vent sous les pieds emporte mes pas aux éditions Quadrants.

Scénario: Frédéric Castadot.

Dessin: Gaëtan Brynaert.

La mort de Staline: les successeurs s’entretuent

Par srosenfeld dans action, graphisme, Historique , le 7 juillet 2012 17h54 | Ajouter un commentaire

couverture_bd_9782205068221Le 2 mars 1953, en pleine nuit, Joseph Staline, le Petit Père des peuples, l’homme qui régna en maître absolu sur toutes les Russies, fait une attaque cérébrale. Il est déclaré mort deux jours plus tard. Car durant ces deux jours, une lutte acharnée se joue en coulisse pour le pouvoir suprême. Autour de la table des êtres sans scrupules tentent de sonder leurs « camarades » pour savoir si leur nom n’est pas le prochain sur la listes des fusillées.

Après un premier acte (tome 1) où Béria semble prendre l’avantage sur Khrouchtchev, la suite s’annonce sanglante… Traîtrise, manipulation sur fond d’enterrement « grand guignolesque », les masques tombent peu à peu…

« J’ai toujours eu envie de faire quelque chose sur cette période » m’explique le dessinateur Thierry Robin « j’avais même commencer à écrire un livre dessus » et puis « Fabien est venu avec son projet et on s’est tout de suite trouvé ».  Il faut dire que le scénario de l’auteur d« Il était une fois en France » a l’art de transformer des faits réels en un récit haletant. Cette plongée dans la Russie stalinienne est particulièrement saisissante. La perversité des dirigeants et l’inhumanité du totalitarisme transpirent à chaque page.

Le graphisme qui passe de l’intime au grandiose dans une festival de rouge et de noir donne une dimension supplémentaire à ce diptyque d’une grande tenue. « Il fallait des visages à la fois proches des photos de l’époque et grotesques » me précise Thierry Robin pour « ne pas oublier que ces hommes ont tous du sang sur les mains« . Une BD de qualité à lire aussi bien pour les férus d’histoire que les fans de suspens.

La mort de Staline, t1 et 2 aux éditions Dargaud.

Scénario: Fabien Nury.

Dessin: Thierry Robin.

Esteban: marins du bout du monde

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, voyage , le 5 juillet 2012 15h56 | Ajouter un commentaire

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Esteban a douze ans. Ce jeune Indien rêve d’océan, d’aventure. Il réussit à embarquer sur un baleinier, direction : le cap Horn ! Le capitaine d’un baleinier va le prendre sous son aile au nom d’une « amitié » avec sa mère décédée. Après avoir fait ses preuves avec un harpon et séduit l’équipage avec ses histoires puisées dans les légendes de son peuple, notre héros se retrouve face au plus grand défi de sa vie: évader ses compagnons condamnés au bagne d’Ushuaïa. Il ne lui reste plus qu’à devenir gardien. La folie propre à son âge ne lui fait pas réaliser les dangers d’une telle mission. Va-t-il réussir l’impensable?

Matthieu Bonhomme continue de nous séduire en nous embarquant dans son univers maritime au cœur de la Patagonie argentine. Ce quatrième album est particulier car il quitte l’eau pour une parenthèse à terre mais pas n’importe où: dans le bagne le plus isolé du monde. « Je suis allé sur place » et « j’ai réalisé l’enfer que cela pouvait être  » me raconte le scénariste dans mon studio. Dans son récit, il décrit toute la difficulté pour des marins de vivre dans des murs loin de l’immensité de l’océan.

Toujours très proche de ses personnages, l’auteur trouve le juste équilibre entre la description des conditions de vie carcérale et les drames qui habitent ses personnages. La folie est partout dans ce lieu perdu. Le capitaine du baleinier devient suicidaire, la femme du directeur l’est déjà et Esteban l’est aussi dans ses choix audacieux. Le dessin classique s’offre quelques cadrages orignaux avec de belles explosions. « Je voulais du spectaculaire » me confirme Matthieu. Une façon de se détendre avant de reprendre la mer. Esteban est une série familiale parfaite pour s’évader en vacances.

Esteban, t4, aux éditions Dupuis.

Scénario et dessin: Matthieu Bonhomme.