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Voilà enfin l’épilogue de cette série d’aventure à l’écriture et au graphisme remarquable. Mais attention si Le Scorpion va enfin savoir qui est son père et qui se cache derrière ses ennemis, il ne fait que fermer une page pour reprendre son envol. « Il faut désormais qu’il crève l’abcès » m’explique Stephen Desberg « pour vivre sa destinée sans contrainte ».
Depuis son retour à Rome, Le Scorpion s’accroche au pape Trebaldi comme une véritable sangsue. Il est bien décidé à le faire payer le prix fort pour sa responsabilité dans l’exécution de sa mère. Mais, le héros tatoué, à la lame virevoltante, apprend que son ennemi n’est pas celui qu’il croyait. Tout se complique avec l’arrivée de Tiberio, un assassin à la solde d’un mystérieux commanditaire, qui cherche notre Scorpion depuis plus de 20 ans. Notre héros se retrouve dans un richissime palais, celui de la famille Latal alors que de son côté, le pape, qui manque de soldats, recrute chez les lépreux. Tous les protagonistes se donnent rendez-vous pour un final époustouflant et tragique dans la Basilique Saint-Pierre.
« Il fallait terminer par un feu d’artifice » me dit en souriant Stephen Desberg. Le scénariste du Scorpion nous plonge dans une sarabande mortelle. D’une grande densité, le récit de ce 10 ème album multiplie les rebondissements et les flash-back tout en gardant sa lisibilité. Et comme toujours, la maestria du dessinateur Enrico Marini constitue le plus grand atout de cette série. Même s’il m’avoue « avoir eu du mal avec la Basilique Saint-Pierre » qui demande « beaucoup de travail à cause de sa richesse ornemental », il « s’en est sorti ».
Les combats sont un véritable monument graphique. Le panache des grands films de capes et d’épées trouve ici son accomplissement. « Fini les robes, place aux pantalons » m’explique Enrico Marini qui promet de nouvelles aventures loin de Rome. Bon vent, Scorpion !
Le Scorpion, t10 aux éditions Dargaud.
Scénario: Stephen Desberg.
Dessin: Enrico Marini.
La série « U-Boot » joue les prolongations. Jean-Yves Delitte propose un troisième tome à son diptyque sortie en 2011. Il faut dire que l’auteur avait largement la matière pour aller plus loin. « Je me suis engouffré dans les petits trous du scénario » m’explique le dessinateur.
Un nouveau récit qui s’attache à comprendre qui est « Jude », la fameuse tueuse qui met fin aux agissements de son employeur: la multinationale Maher crée par un ancien savant nazi capable de régénérer ses cellules. Meurtres, sauts dans le temps, le lecteur tente de replacer les pièces d’un puzzle complexe.
Jean-Yves Delitte m’explique qu’en montrant l’évolution d’une société toujours plus technologique où le « fichage » est constant, il affiche ses propres peurs. Celles d’une « perte de la créativité, de la folie qui faisait le propre de l’homme » me dit-il. Mais au-delà de ces réflexions, cette bd est un vrai divertissement où la multiplication des lieux et des époques permet un voyage graphique enthousiasmant: du fleuve Amazone à New-York, des U-Boot aux avions futuristes.
Bien connu pour son œuvre maritime le « Bélem », Jean-Yves Delitte m’avoue que déjà enfant il dessinait de la science-fiction. Avec ces albums, il montre son envie d’éclectisme et l’étendue de son talent.
U-Boot, t3 aux éditions 12 bis.
Scénario et dessin: Jean-Yves Delitte.
La moto, la musique, les seventies, la mélodie du bonheur pour Baudouin Deville. Avec « Rider On The Storm« , le dessinateur avait envie de retrouver l’esprit libertaire de ces années de transition où la crise économique commençait à pointer le bout de son nez. Si aujourd’hui, il circule en scooter, ce passionné de moto se rappelle avec nostalgie de sa « suzuki GT 380″.
Dans ce récit, le héros enfourche une autre deux roues mythique, une suzuki GT 750, surnommée « la bouillotte ». Nous sommes en octobre 1974 et Gaspard Sarini, 20 ans, rêve de devenir pilote professionnel. Le garçon qui a vécu l’essentiel de son éducation en internat s’éloigne toujours plus de ses parents qui ne comprennent pas sa passion.
Mais voilà qu’au moment d’une nouvelle confrontation familiale, des tueurs abattent froidement les parents de Gaspard. Celui-ci échappe de justesse aux balles mortelles après une course poursuite épique. Le voilà réfugié chez Jo, garagiste au grand cœur, ancien pilote et Bruxellois pur jus. Godferdom !
Loin de se limiter à une bd moto, cette aventure fait revivre l’atmosphère des seventies à Bruxelles. « L’envie du scénariste était de mettre aussi en valeur le parler bruxellois » m’explique le dessinateur. D’où une belle succession de jurons pour « colorer » les dialogues.
Une façon aussi de ne pas trop se prendre au sérieux pour rester dans l’esprit de ces années où tout était possible. Cette nouvelle série joue donc sur plusieurs registres pour créer sa propre identité. Un bon début. Ne pas rater l’interview ci-dessous de Baudouin Deville pour achever de vous convaincre.
Rider On The Storm, t1 aux éditions Paquet.
Scénario: Giro
Dessin: Baudouin Deville.
« Au moment de l’écriture, j’allais régulièrement prendre des nouvelles de la ville et j’étais à chaque fois en deçà de la réalité » m’explique Nathalie Sergeef. Les meurtres de femmes à Ciudad Juárez sont régulier depuis 1993. Les chiffres font froid dans le dos. Plus de 1653 cadavres ont été trouvés. Selon les sources 2000 à 2500 femmes sont considérées comme disparues. La plupart des victimes sont âgées de 13 à 25 ans.
Dans ce lieu de perdition où les gangs font la loi et où la police est impuissante ou corrompue, « l’impunité est la règle » dit la scénariste. Le déclic me dit-elle « est venu d’une interview radio de deux journalistes d’investigations qui venaient de publier un livre sur leur enquête sur place« .
Mais Juarez n’est pas simplement une description de la cité et de ses dérives. Le cœur du récit se centre sur une enquête marquée par de nombreux rebondissements.
Gaël débarque dans la ville-frontière avec la ferme intention de découvrir où sa sœur a disparu et pourquoi les autorités ne font rien. Au même moment, 5 corps de femmes se retrouvent aux portes de la cité dans le désert. Un nouveau massacre qui s’ajoute à tant d’autre.
Nathalie Sergeeff construit un thriller efficace qui utilise Ciudad Juarez comme un personnage à part entière. A travers l’enquête de Gaël, le lecteur se déplace dans la ville et découvre ses vices. La scénariste évite de rester seulement collé à son héros pour créer une histoire avec plusieurs ramifications jusqu’au dénouement final.
Pour illustrer cela, il fallait un grand dessinateur qui sache distiller l’atmosphère adéquate. Corentin Rouge (un jeune artiste prometteur) réalise un travail superbe avec un sacré coup de crayon . Sensible à la lumière, il porte une grande attention à la couleur: « pour donner au lecteur l’impression que le temps passe » précise-t-il. Fasciné par l’Amérique Latine, Corentin Rouge me dit dans mon studio qu’il y a, là-bas, « une liberté dans la sauvagerie » qui interpelle. Juarez est un excellent one shot. Une belle surprise.
Juarez aux éditions Glénat.
Scénario: Nathalie Sergeef.
Dessin: Corentin Rouge.
Edgar P. Jacobs fait partie des maîtres du 9ème art. Contemporain d’Hergé, dont il a été un collaborateur et un ami avant de devenir un concurrent avec la création des aventures de Blake et Mortimer, l’homme se révèle un touche-à-tout étonnant. « Un créateur » comme l’explique Rodolphe, avec de multiples talents. Dans La Marque Jacobs, le lecteur découvre un destin passionnant qui traverse le XXème siècle: les deux guerres mondiales, l’épuration, la société de consommation et les évolutions techniques. « Il a du connaitre les postes à galène et il termine avec la télévision qui vient le filmer chez lui » précise le scénariste.
Mais la grande révélation dans cette biographie à bulles est la voix du créateur de La Marque Jaune. Le grand public, sait-il que Edgard P. Jacobs est un chanteur d’opéra professionnel dont la carrière est fulgurante durant l’entre-deux-guerres. Son avenir bascule car il doit quitter Lille où il se produit régulièrement pour des questions de quota. Et de se retrouver à Bruxelles pour ensuite créer en 1946, le nouveau Journal de Tintin qui publie Le Secret de l’Espadon par planches hebdomadaires. De sa naissance à sa mort, ce génie amoureux (Ninie est la femme de sa vie), se révèle une personnalité d’une grande originalité.
Ce récit s’avère très plaisant à découvrir. Rodolphe réussit à synthétiser les grands moments de la vie de l’auteur. Le scénariste lui voue une véritable admiration et cela se sent. « Il avait l’art de créer des ambiances et des atmosphères qui prenaient le lecteur » me dit-il. Un élément, qui aujourd’hui encore, inspire le travail de Rodolphe dans la bd. Le dessinateur Alloing propose ici un graphisme dans l’esprit d’Edgar P. Jacobs. Une façon de saluer le maître sans le copier. Un album qui mérite de trouver sa place aux cotés de ceux de son inspirateur. Et pour aller plus loin, je vous invite à écouter notre duo dans mon studio ci-dessous.
La Marque Jacobs aux éditions Delcourt.
Scénario: Rodolphe.
Dessin: Alloing.
Cela fait des années que cela dure et il faut bien l’avouer, le « Petit Spirou » garde toujours une place privilégiée dans notre bibliothèque bd. Depuis ses débuts en 1990, le petit bonhomme à l’habit de groom continue de nous faire rire avec son regard décalé sur le monde des grands.
« Les tabous restent toujours le cœur de la série » m’explique Tome dans mon studio. Toujours un peu voyeur et amoureux de Suzette, notre héros multiplie les aventures rocambolesques. Monsieur Mégot, le prof de gym, Grand Papy et Madame Spirou ( qui se dénude…) se retrouvent souvent dans des gags désopilants.
Après deux ans d’absence, les auteurs maintiennent une belle qualité d’écriture et de dessin. Mais si Tome m’explique que trouver la bonne histoire s’apparente souvent à « une souffrance », le plaisir reste intact. La couverture est toujours aussi suggestive (un ballon pour soulever innocemment la robe de la vendeuse) et accrocheuse.
Dans ce nouvel opus, les adultes se lâchent aussi et deviennent un peu zinzin comme Grand Mamy qui fait la gâteuse dans le bus ou encore Langélusse qui joue aux indiens. Drôle et efficace, ce 16ème opus ne peut que trouver une belle place sous le sapin. A lire, l’interview décalé de Tome ci-dessous.
Le Petit Spirou, t16 aux éditions Dupuis.
Scénario et dessin: Tome et Janry.
« Billy Brouillard » est une série hors du commun qui invente un nouveau lexique graphique pour vous emporter dans son imaginaire. Guillaume Bianco, son auteur, cache, derrière sa nonchalance affichée, un esprit vif et un savoir encyclopédique qui trouve dans le 9ème art une nouvelle forme d’exutoire. Il faut avoir dans les mains un de ses « objets » (la bd fait près de 130 pages) pour comprendre que l’on a à faire à quelque chose de très spécial. « Il n’y rien de plus triste que de perdre son imaginaire » m’explique l’auteur. « La vie est faite d’expériences visibles ou invisibles » ajoute-t-il.
Billy Brouillard n’est pas un garçon comme les autres. Lorsqu’il enlève ses lunettes, il voit des choses extraordinaires que ne perçoivent pas les adultes, il a un don de « trouble vue ». Une faculté qui l’empêche quelque fois de vivre sa vie comme les autres, alors dans ce troisième opus, il préfère remettre ses lunettes. L’occasion pour lui de profiter pleinement de ses vacances au bord de la mer chez Mémé Sardine. Il fait une rencontre curieuse avec une fillette de son âge au caractère bien trempé qui se prétend une sirène! Elle s’appelle Prune et ne cesse de vouloir réveiller l’imaginaire de Billy, jusqu’ici en vain. Mais voilà que Prune est enlevée par des monstres aquatiques ! Retenue prisonnière dans les abysses infernaux, ses heures sont comptées… Billy commence à ressentir un « je ne sais quoi » pour la belle, un sentiment qui s’appelle l’amour. De quoi vous donner envie de redevenir un héros.
Le chant des sirènes se lit de plusieurs façons. Soit de la première à la dernière page, soit en le feuilletant au hasard, soit en choisissant des thèmes graphiques. Car cet album est aussi bien un conte illustré qu’une bd classique. Guillaume Bianco alterne les histoires courtes avec de petites anecdotes, des fiches pratiques, des extraits de journaux, diverses informations sous forme de planches explicatives (séduire une fille…) et des poèmes. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce mélange hétéroclite possède une véritable cohérence et a le mérite de faire fonctionner les méninges. « J’essaie de garder l’émerveillement de l’enfance dans mon quotidien ». Billy Brouillard résonne comme le héros qui sommeille en vous (en nous), lointain (proche) souvenir de notre enfance.
Billy Brouillard, t3 aux éditions Soleil.
Scénario et dessin: Guillaume Bianco.
Les Daltons se séparent, rien ne va plus! Ce 5ème épisode des « aventures de Lucky Luke » immerge le lecteur dans une expérience inconnue : la division de la fratrie Dalton. Joe, Jack, William et Averell décident de partir, chacun de leur côté, réaliser leur rêve: devenir… riche! En 65 ans et plus de 90 albums, jamais ni Morris, ni Goscinny n’avaient eu cette idée saugrenue. Et comme toujours, lorsque les scénaristes sortent des sentiers battus, il se dégage, ici, une énergie et une liberté salutaire. Et pourtant, me l’avoue, le dessinateur Achdé « j’avais demandé de revenir aux fondamentaux, à un bon vieux western, mais voilà, Daniel Pennac et Tonino Benacquista avaient une idée! »
Tout commence par un grand classique. Les Daltons tentent, une fois de plus, de dévaliser une diligence, mais échouent face à Lucky Luke, toujours à l’affût. Sauf que cette fois, dans la prison, la situation s’envenime. Joe, le petit teigneux, ne fait plus l’unanimité. Les frangins décident donc de se séparer avec, à la clé, un pari: celui qui ramènera un million de dollars sera le nouveau chef de la bande.
Et chacun de faire son propre tunnel pour s’échapper et tenter sa chance par ses propres moyens. Jack se lance dans le kidnapping de milliardaires. Toujours affamé, Averell fait fortune dans la restauration rapide, avant de diriger une chaîne de fast-food aux relents mafieux. William s’attaque aux casinos. Seul, Joe pratique avec rigueur et enthousiasme le vol de banque. Pendant ce temps, Lucky Luke ne sait plus où donner de la tête….
Dès les premières pages, le ton est donné. De la fantaisie, de l’humour et un rythme d’enfer. Ce « Cavalier seul » est à l’image de son titre, rempli de trouvailles visuelles et de bon mots. Grâce à la maîtrise graphique d’Achdé, les quatre Daltons sont identifiables et rentrent aussi facilement dans leur nouveau costume que dans leur vêtement rayé de prisonnier. Daniel Pennac et Tonino Benacquista rivalisent d’idées originales pour permettre aux Daltons de récolter de l’argent. Mais la surprise du chef vient du personnage de Lucky Luke qui se retrouve dans une situation inédite. « Il va comprendre que la loi n’est pas obligatoirement juste » explique Achdé. Un très bel album qui mérite de figurer dans les cadeaux de fin d’année.
Les aventures de Lucky Luke, t5 aux éditions Lucky Comics
Scénario: Daniel Pennac et Tonino Benacquista.
Dessin: Achdé.
« Je ne suis pas fondamentalement heureux quand je fais Blast » me dit Manu Larcenet dans un éclat de rire. L’humour et la distance sont les deux forces de cet auteur d’exception. Comme les réalisateurs de films d’épouvante, il sait jouer de son talent pour créer chez le lecteur des impressions dérangeantes.
Avec troisième opus, Manu Larcenet ne compte pas relâcher la pression mais bien nous donner un nouveau coup de massue avec un graphisme hypnotique.
Mais reprenons par le début. Blast continue de raconter le destin de Polza Mancini, homme de 38 ans pesant 150 kilos suspecté d’avoir agressé mortellement une jeune fille. Une fois encore, les deux flics qui tentent de lui faire « cracher le morceau » se retrouvent face à une énigme.
Car Polza ne parlera qu’à la condition d’être écouté et de pouvoir raconter son histoire. Il veut être compris. C’est ainsi qu’il embarque les deux policiers dans les méandres de son avilissement, qui a pour but de lui faire revivre le fameux blast, cette onde de choc provoquée par une explosion. Et le voyage s’annonce une fois de plus traumatisant….
Comme dans les deux autres tomes, Manu Larcenet se donne le temps et la place (200 pages!) pour construire un récit d’une grande densité. L’auteur du Combat ordinaire est en plein possession de son art. Il sait tout faire et le prouve de façon magistrale. Les grandes cases muettes alternent avec d’autres plus conventionnelles pour donner du rythme. Le noir et blanc omniprésent se retrouve traversé de couleurs.
Ce tome 3 ne révèle pas encore toute l’histoire et laisse encore de nombreuses zones d’ombres tout en donnant une part d’humanité au personnage. « On est tous un pauvre type le matin, pour arriver à être sympa le midi, parfois extraordinaire pendant quelques secondes » me lance le scénariste. Une façon de rappeler que nous sommes tous à un moment donné des monstres et à d’autre des anges. Blast est une expérience de BD à ne pas manquer. Une référence.
Blast, t3 aux éditions Dargaud.
Scénario et dessin: Manu Larcenet.
»Javais besoin de cette coupure » m’explique François Bourgeon. Une façon pour l’auteur de retrouver avec son complice Claude Lacroix, un nouveau souffle me confie le créateur des Passagers du vent. 5 ans après la sortie du tome 4 du « Cycle de Cyann », les fans peuvent enfin retrouver leur héroïne. Et le résultat est à la hauteur de l’attente comme en atteste le succès immédiat de l’album « Les couloirs de l’Entretemps » dans les librairies. François Bourgeon leur en est reconnaissant car comme il me le confie « le succès me permet d’être libre et de prendre le temps ce que ne peuvent s’offrir d’autres auteurs, malheureusement ».
L’Entretemps est le nom du vaisseau spatial dans lequel Cyann s’est embarquée après avoir fui Marcade. La belle rebelle ne rêve plus maintenant que de retrouver sa planète Olh. De retour sur sa planète natale, elle retrouve sa jeune sœur Azurée qui est alors en prison. Après l’avoir libérée, Cyann réalise que sa destinée reste encore bien aléatoire. Elle doit regagner la sinistre Marcade pour y tenir une promesse…Et se confronter à son pire ennemi.
Pas de désillusion, ce nouvel opus continue de faire de cette saga une référence. Le dessin est superbe. Soucis du détail, cadrage intelligents et lisibles, tout est harmonieux. Un beau travail d’orfèvre. Les deux compères n’ont pas perdu la main. « Des maquettes avaient déjà été faites lors des précédents albums pour les planètes ce qui nous a aidé pour la mise en image et les éclairages, il a par contre fallu construire le vaisseau » précise François Bourgeon. Dès la première planche, le lecteur se retrouve embarqué dans l’aventure sur les pas de l’héroïne. Voyages à travers le temps, créatures étranges (l’animal bizarre de l’Entretemps), soldats, robots et décors féeriques, la richesse de cet album donne le tournis. De la grande BD!
Le Cycle de Cyann, Les couloirs de l’Entretemps, t5 aux éditions 12 bis.
Scénario et dessin: Bourgeon/ Lacroix