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Streamliner: western mécanique et sexy

Par srosenfeld dans action, Aventure, BD, mécanique, western , le 15 mai 2017 15h23 | Ajouter un commentaire

Couv_300163« Je voulais faire quelque chose de rythmé, ma grosse bd mécanique ! » me lance Fane dans mon studio BD. Le dessinateur qui s’est fait un nom grâce à la série« Joe Bar team » qui raconte la vie d’une bande de motards délirants sait de quoi il parle.

Mais attention. Pas question ici, de proposer une énième histoire de bécanes. L’auteur recycle plutôt ses fantasmes de cinéma grand format dans une histoire épique à l’allure d’un bon vieux western.

Une route désaffectée en plein désert, une vieille station service… et au loin de la poussière. C’est Billy Joe. Cuir, santiags, carabine et Ford V8, le chef des Red Noses pousse la porte de chez les O’Neil. Son but: organiser loin des flics la plus grande course sauvage de tous les temps.

Le lieu n’est pas anodin. Le vieux pompiste est une vieille gloire oubliée de la course automobile. Sa fille, une belle brune avec un sacré tempérament, n’a pas le choix. Elle doit faire face à une bande qui bientôt devient une meute. Et voilà que s’ajoute un gang de filles, version amazones à moto.

Régressif à souhait, cette bd est une vraie récréation. Il n’est pas nécessaire d’être fan de bagnoles ou de motos pour aimer ( ce qui est mon cas) car il s’agit surtout d’un divertissement inspiré des références de l’auteur.  « C’est parti des fantasmes que j’avais depuis gamin notamment du Far West. Un univers baigné de légendes comme Billy the kid ou Calamity Jane » m’explique Fane.

Le récit joue avec les codes classiques d’un amour improbable entre une fille bien et un mauvais garçon sur fond de duels mécaniques. Ajoutez à cela, des cadrages inspirées, une histoire construite en épisodes et vous obtenez une bd grand public pour grands adolescents. Dans le genre, c’est de la dynamite!

Streamliner aux éditions Rue de Sèvres

Scénario et dessin: Fane.

Lucky Luke fait la nounou !

Par srosenfeld dans action, Aventure, Enfants, générationnel, Humour, western , le 12 novembre 2014 14h18 | Ajouter un commentaire

Un nouvel album de Lucky Luke reste toujours un évènement. Et heureusement, depuis la mort de Morris, ses plus grands fans (Achdé, Gerra et Pessis) perpétuent le mythe ancré dans nos souvenirs d’enfance. Le piège consiste à rester prisonnier d’un monde où les personnages et les décors sont gravés dans le marbre du 9ème art. Et miracle, la magie fonctionne avec « les tontons Dalton« . Comme le dit le dessinateur Achdé : « pire que les indiens, pire que les outlaws, un enfant! »

Tout commence avec nos Daltons préférés qui comme à leur habitude végètent en prison. Mais voilà que nos desperados apprennent qu’ils sont tontons d’un petit garçon dont ils doivent momentanément assurer l’éducation. A la clé peut-être un magot! Seul problème, Lucky Luke, qui, a son corps défendant doit devenir nounou!  Toute cette petite « famille » débarque à Rupin City où les habitants ne voient pas d’un bon œil ces étrangers…

« Cette histoire s’inspire du film les Tontons Flingueurs mais ce n’est pas un remake juste un emballage pour avoir un univers différent » explique le scénariste Jacques Pessis. Les auteurs, bien sûr, n’hésitent pas à remettre des répliques cultes (« Il connaît pas Raoul! ») et des scènes inoubliables comme celle de la cuisine avec une Ma Dalton d’anthologie. L’humour de Laurent Gerra transparait dans les dialogues. Drôle et tendre à la fois, cet album se lit comme une friandise. Ou à boire cul sec!

Pour tout comprendre, je vous invite à écouter et regarder Achdé et Pessis dans mon studio BD.

Lucky Luke, les Tontons Dalton aux éditions Lucky Comics

Scénario: Gerra, Plessis

Dessin: Achdé.

 

Tyler Cross: un anti-héros sans état d’âme

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, mafia, polar, policier, thriller, western , le 31 août 2013 14h50 | Ajouter un commentaire

C’est la sensation de cette rentrée BD. Un polar comme on les aime, un album dense, intense avec tous les ingrédients des grands films noirs et des westerns. Bienvenu à « Tyler Cross ». Un anti-héros sans état d’âme qui sait séduire les dames comme tous les mauvais garçons.

Tyler Cross est un spécialiste des coups délicats. Un indépendant qui vend ses services à la mafia tout en évitant de trop s’attacher. Il accepte de braquer le filleul du vieux caïd Di Pietro . Objectifs:  supprimer l’impétueux et récupérer les vingt kilos de mexicaine brune. Mais la mission tourne à l’affrontement sanglant avec des policiers véreux. Tyler Cross s’en sort mais se retrouve avec 17 kilos de came, sans voiture, avec à peine 21 dollars en poche. Et ce n’est que le début….sur sa route il va croiser la ville de Black Rock qui appartient à la famille Pragg.

Après une première collaboration réussie, Atar Gull,  Nury et Brüno remettent le couvert.  Et cette fois, les compères quittent l’Afrique pour venir aux cœurs des racines de l’Amérique. Cet album condense l’imagerie des États-Unis d’après-guerre : tueur solitaire, mafia, ville perdue aux mains d’un gros propriétaire terriens, enfants dégénérés et femme fatale. Le scénariste Fabien Nury s’amuse à multiplier les références aux livres ( Jim Thompson, Dashiell Hammett, Richard Stark, James Ellroy…) et aux films (Sam Peckinpah, Humphrey Bogart, Lee Marvinetc…) dans son récit. Une histoire en trois parties avec des ruptures de rythme parfaitement maîtrisées.

Sur le plan graphique, Brüno, fait preuve d’un art de la mise en scène époustouflant. Des cadrages très cinématographiques qui magnifient les dialogues de son complice. La lisibilité est maximale et le lecteur se sent comme happé par les images. Les scènes d’action sont des modèles du genre comme un Tarantino à son meilleur niveau. Seul bémol, les visages des personnages, notamment féminins, qui manquent de finesses. Dommage, car sans cela, la BD, aurait presque fait office de chef d’œuvre du genre. Un regret qui n’enlève rien à la réussite complète d’un album généreux de près de 100 pages. Et bonne nouvelle. Une suite est en cours.

Tyler Cross aux éditions Dargaud.

Scénario: Fabien Nury.

Dessin: Brüno.

 

Lucky Luke: crise de famille chez les Daltons

Par srosenfeld dans Aventure, comics, Enfants, Humour, western , le 11 novembre 2012 10h13 | Ajouter un commentaire

Les Daltons se séparent, rien ne va plus! Ce 5ème épisode des « aventures de Lucky Luke »  immerge le lecteur dans une expérience inconnue : la division de la fratrie Dalton. Joe, Jack, William et Averell décident de partir, chacun de leur côté, réaliser leur rêve: devenir… riche! En 65 ans et plus de 90 albums, jamais ni Morris, ni Goscinny  n’avaient eu cette idée saugrenue. Et comme toujours, lorsque les scénaristes sortent des sentiers battus, il se dégage, ici, une énergie et une liberté salutaire. Et pourtant, me l’avoue,  le dessinateur Achdé « j’avais demandé de revenir aux fondamentaux, à un bon vieux western, mais voilà, Daniel Pennac et Tonino Benacquista avaient une idée! »

Tout commence par un grand classique. Les Daltons tentent, une fois de plus, de dévaliser une diligence, mais échouent face à Lucky Luke, toujours à l’affût. Sauf que cette fois, dans la prison, la situation s’envenime. Joe, le petit teigneux, ne fait plus l’unanimité. Les frangins décident donc de se séparer avec, à la clé, un pari: celui qui ramènera un million de dollars sera le nouveau chef de la bande.

Et chacun de faire son propre tunnel pour s’échapper et tenter sa chance par ses propres moyens. Jack se lance dans le kidnapping de milliardaires. Toujours affamé, Averell fait fortune dans la restauration rapide, avant de diriger une chaîne de fast-food aux relents mafieux. William s’attaque aux casinos. Seul, Joe pratique avec rigueur et enthousiasme le vol de banque. Pendant ce temps, Lucky Luke ne sait plus où donner de la tête….

Dès les premières pages, le ton est donné. De la fantaisie, de l’humour et un rythme d’enfer. Ce « Cavalier seul » est à l’image de son titre, rempli de trouvailles visuelles et de bon mots. Grâce à la maîtrise graphique d’Achdé, les quatre Daltons sont identifiables et rentrent aussi facilement dans leur nouveau costume que dans leur vêtement rayé de prisonnier. Daniel Pennac et Tonino Benacquista rivalisent d’idées originales pour permettre aux Daltons de récolter de l’argent. Mais la surprise du chef vient du personnage de Lucky Luke qui se retrouve dans une situation inédite. « Il va comprendre que la loi n’est pas obligatoirement juste » explique Achdé. Un très bel album qui mérite de figurer dans les cadeaux de fin d’année.

Les aventures de Lucky Luke, t5 aux éditions Lucky Comics

Scénario: Daniel Pennac et Tonino Benacquista.

Dessin: Achdé.

 

Loup de pluie: un western moderne

Par srosenfeld dans Aventure, Non classé, western , le 23 octobre 2012 11h55 | Ajouter un commentaire

Cela commence par un duel. « Mais tout cela va très vite » explique le dessinateur  Ruben Pellejero. Car ce Loup de pluie n’est pas une succession d’affrontements mais une histoire construite autour d’une amitié impossible: celle d’un jeune indien fier et moderne et d’un des fils du plus grand propriétaire de la région.

Entre la famille Mc Dell qui tente d’établir des relations de respect mutuel avec la communauté indienne et le reste de la population, les tensions sont vives. Alors il suffit qu’un cow-boy mal luné Ingus débarque dans un saloon pour que tout dégénère …

Ce récit prévu en deux tomes se lit avec plaisir. Le scénariste Jean Dufaux sait trouver les mots justes pour économiser ses effets et rendre fluide les dialogues entre les protagonistes. Ses thèmes de prédilection,  l’amour et la différence, sont toujours aussi présents.

Le choix de Ruben Pellejero s’avère payant pour donner une dimension à la fois onirique et crépusculaire en fonction des moments. « Je suis un obsédé de la couleur «  me précise l’illustrateur originaire de Barcelone. Et cela se sent. Ce n’est pas le trait ici qui marque mais bien les impressions offertes par le travail subtil du dessinateur sur la lumière. Dans ce monde où la crasse se dispute à la pureté des sentiments, Loup de pluie est un album qui gagne à se lire plusieurs fois.

Loup de pluie aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Ruben Pellejero.