SiteSelector

voyage

Wendy: naissance d’une espionne

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, voyage , le 10 mai 2013 08h40 | Ajouter un commentaire

« Wendy », mélange d’Indiana Jones et de James Bond au féminin, joue avec les codes du genre pour séduire ses futurs lecteurs. Le scénariste Fred Duval propose une nouvelle série historique où le divertissement et l’exotisme servent de moteurs à une action débridée.

Nous sommes en 1915. Wendy, femme émancipée travaillant pour les services secrets britanniques, s’apprête à connaître sa nouvelle mission après une course poursuite dans les rues de Porto. En pleine lutte d’influence sur le continent africain, elle doit procéder à l’évaluation d’un officier britannique, le capitaine William James, qui semble être en accointance avec l’ennemi allemand.  A elle, de décider si elle doit l’éliminer ….

« J’avais envie de parler de la première guerre mondiale et des grandes puissances de l’époque sans pour autant aller dans les tranchées » m’explique Fred Duval. Son récit s’attache donc à décrire ce qui se passe en dehors des combats, dans l’ombre. Bondissant, son récit s’inspire des grands films d’aventure. Du Portugal à la Normandie, de l’Egypte à l’Afrique, l’héroïne est constamment en mouvement.

L’histoire devient plus oppressante lors d’une chasse au léopard qui constitue le moment fort de cet album. Le dessinateur Christophe Quet quitte l’univers de la SF de la série « Travis« pour des paysages sauvages et colorés. Le duo promet un basculement progressive vers un univers plus fantastique. A suivre….

Wendy, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario: Fred Duval.

Dessin: Chritophe Quet.

 

Long John Silver: la fin d’une incroyable saga de pirates

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, voyage , le 9 mai 2013 09h19 | Ajouter un commentaire

 « J’ai tendance à privilégier l’envie et les énergies plus que le programme établi, du coup, on a mis trois ans à faire le bouquin! » m’explique en se marrant Mathieu Lauffray. Le dessinateur de « Long John Silver » savait comme son complice Xavier Dorison que l’attente du public était forte. Raison de plus pour se donner le temps de boucler de la meilleure des façons ce formidable récit de piraterie. Et le résultat est à la hauteur. Un incroyable crescendo au cœur d’une pyramide en pleine Amazonie…

Mais revenons, un peu en arrière. Cette bd raconte la révolte d’une femme Lady  Hastings qui refuse de se laisser enfermer dans un couvent, sous prétexte que son mari, disparu depuis des années dans le Nouveau Monde, a refait surface. Celui-ci, demande par l’intermédiaire de son frère, de vendre tous ses biens, pour armer un navire et le retrouver en Amérique du sud où il aurait enfin trouvé la cité de Guyanacapac.

Vivian décide alors de convaincre un ami médecin de lui faire rencontrer les pires pirates de Bristol dont le légendaire Long John Silver. Elle conclue avec  lui un pacte de sang  pour qu’il embarque avec ses compagnons  sur le Neptune afin d’en prendre  possession et, au final, se partager le trésor, tout en trucidant Lord Hastings.

Et les auteurs, de nous embarquer dans une folle aventure aux multiples rebondissements. Camaraderie, trahison, violence, indiens sanguinaires et bêtes monstrueuses constituent les ingrédients d’une saga aussi divertissante que fascinante. « Pour ce final, on a voulu monter les potards au max » m’explique enthousiaste Mathieu Lauffray. Dialogues ciselés, graphisme au découpage spectaculaire, la quête se termine en apothéose. L’occasion pour le duo d’artiste de donner aussi sa vision de la bd d’aventure et de crier haut et fort leur amour pour le pirate, héros libertaire.

Long John Silver, t4 aux éditions Dargaud.

Scénario: Xavier Dorison.

Dessin: Mathieu Lauffray.

 

Kongo: plongée au coeur de Conrad

Par srosenfeld dans Aventure, Congo, graphisme, voyage , le 31 mars 2013 17h08 | Ajouter un commentaire

Un livre plus qu’une bd, un voyage plus qu’une lecture. Une expérience graphique. « Kongo » sort des sentiers battus à l’image de son héros, Joseph Conrad. Celui qui n’est pas encore écrivain va vivre une aventure extraordinaire au Congo alors propriété du Roi Léopold II.

Grâce à l’entremise d’un membre de sa famille, le jeune lieutenant de la marine marchande accepte un contrat pour diriger un bateau sur le fleuve Congo. Celui qui a connu l’Indochine découvre une réalité aussi surprenante que brutale. De cette expérience, il va en tirer son chef d’œuvre « Au cœur des ténébres » publié en 1899.

S’appuyant sur les lèvres envoyés par Joseph Conrad à sa famille, le scénariste Christian Perrissin nous emmène dans un récit d’aventure où le lecteur suit pas à pas le périple de l’ancien immigré Polonais. Une histoire qui prend son temps pour mieux appréhender le sentiment qu’a pu avoir Joseph Conrad au fur et à mesure de son voyage au coeur de la jungle.

Une atmosphère oppressante chère au dessinateur Tom Tirabosco qui opte pour un graphisme noir et blanc puissant. Le duo va mettre près de deux ans et demi pour accoucher de « Kongo ». Un très beau livre, sans concession, qui plaira aux amateurs de voyage et aux amoureux du continent africain.

Kongo aux éditions Futuropolis.

Scénario: Christian Perrissin.

Dessin: Tom Tirabosco.

 

 

Esteban: marins du bout du monde

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, voyage , le 5 juillet 2012 15h56 | Ajouter un commentaire

este-04_00

Esteban a douze ans. Ce jeune Indien rêve d’océan, d’aventure. Il réussit à embarquer sur un baleinier, direction : le cap Horn ! Le capitaine d’un baleinier va le prendre sous son aile au nom d’une « amitié » avec sa mère décédée. Après avoir fait ses preuves avec un harpon et séduit l’équipage avec ses histoires puisées dans les légendes de son peuple, notre héros se retrouve face au plus grand défi de sa vie: évader ses compagnons condamnés au bagne d’Ushuaïa. Il ne lui reste plus qu’à devenir gardien. La folie propre à son âge ne lui fait pas réaliser les dangers d’une telle mission. Va-t-il réussir l’impensable?

Matthieu Bonhomme continue de nous séduire en nous embarquant dans son univers maritime au cœur de la Patagonie argentine. Ce quatrième album est particulier car il quitte l’eau pour une parenthèse à terre mais pas n’importe où: dans le bagne le plus isolé du monde. « Je suis allé sur place » et « j’ai réalisé l’enfer que cela pouvait être  » me raconte le scénariste dans mon studio. Dans son récit, il décrit toute la difficulté pour des marins de vivre dans des murs loin de l’immensité de l’océan.

Toujours très proche de ses personnages, l’auteur trouve le juste équilibre entre la description des conditions de vie carcérale et les drames qui habitent ses personnages. La folie est partout dans ce lieu perdu. Le capitaine du baleinier devient suicidaire, la femme du directeur l’est déjà et Esteban l’est aussi dans ses choix audacieux. Le dessin classique s’offre quelques cadrages orignaux avec de belles explosions. « Je voulais du spectaculaire » me confirme Matthieu. Une façon de se détendre avant de reprendre la mer. Esteban est une série familiale parfaite pour s’évader en vacances.

Esteban, t4, aux éditions Dupuis.

Scénario et dessin: Matthieu Bonhomme.

De Cape et de Crocs: tombé de rideau

Par srosenfeld dans action, Aventure, fantastique, voyage , le 13 mai 2012 15h56 | Ajouter un commentaire

t10Dernier acte de la série « De Cape et de Crocs » dont le succès ne se dément pas au fil des ans. Et pourtant, lorsque le premier album sort en 1995, le pari est pour le moins risqué: inventer une nouvelle forme de BD qui s’inspire du théâtre classique. « Nous étions parti pour faire une histoire en trois tomes comme dans une pièce » me raconte Alain Ayroles et puis « nous nous sommes rendus compte que cela ne suffirait pas ». Il faut dire, qu’en plus de nos deux héros, un loup andalou et un renard, la galerie de personnages est particulièrement riche et iconoclaste à l’image du lapin Eusèbe.

Sans revenir sur toute l’histoire, disons que tout commence avec une chasse au trésor, se poursuit dans des geôles puis vogue de galère en galères jusque sur la Lune! Dans ce tome 10, les aventuriers Don Lope, Maupertuis et Eusèbe croisent de nouveau la route de l’ignoble Mendoza. Amour, rebondissements, coups de théâtre et duels sont au rendez-vous. Nos gentilshommes vont devoir aller au bout d’eux mêmes.

Toujours aussi dense, ce récit maintient son rythme infernal comme dans les grandes pièces de Comedia del’arte. L’inventivité graphique de Jean-Luc Masbou fait merveille.  « Nous avons fait en sorte que ce soit le plus fluide possible » me précise Alain Ayroles. Et cela fonctionne.  Ce tombé de rideau ne déçoit pas et conclu une des séries les plus abouties de ces dernières années. Les auteurs prévoient de publier une dernière aventure indépendante consacré au lapin Eusèbe et puis ce sera le point final de cette épopée.

De Cape et de Crocs, t10 aux éditions Delcourt.

Scénario: Alain Ayroles.

Dessin: Jean-Luc Masbou.

Asgard: Moby Dick version viking

Par srosenfeld dans Aventure, graphisme, voyage , le 10 mai 2012 14h02 | Ajouter un commentaire

asgard« J’avais envie d’une histoire à la croisée de Moby dick et des Dents de la mer » me lance avec malice Xavier Dorison. Le scénariste s’allie donc au dessinateur Ralph Meyer pour nous offrir un récit haut couleur avec un héros hors norme au sens strict un terme. Nous partons à la rencontre d’un « skräeling ».

Dans le monde viking, ce nom désigne un infirme de naissance, autant dire une malédiction. Pourtant, Asgard, ancien guerrier de la Hilde, surnommé Pied-de-fer à cause de sa jambe d’acier, est le plus grand chasseur du Fjördland.

Embarqué sur un drakkar de fortune, il se lance à la poursuite d’un monstre marin mystérieux qui massacre les pêcheurs. Tandis qu’ils s’enfoncent dans les fjörds glacés, ses compagnons de voyage se persuadent que la créature qu’ils poursuivent est le serpent-monde, dont la venue annonce la fin du monde, Le Ragna Rök…

Après des séries comme WEST ou le one shot XIII Mystery, la mangouste, Xavier Dorison m’explique dans mon studio BD qu’il voulait « aller vers une histoire plus naturaliste dans l’esprit d’un film comme Jérémiah Johnson ». L’occasion pour son complice le dessinateur Ralph Meyer de « sortir des univers urbain pour un graphisme plus naturaliste ». Le duo nous propose un savant mélange d’action et de réflexion sur une civilisation en décrépitude.  Une vraie réussite.

Scénario: Xavier Dorison.

Dessin: Ralph Meyer.

La douceur de l’enfer: face à face en Corée du Nord

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, voyage , le 28 avril 2012 13h09 | Ajouter un commentaire

2760180710Sortie de la deuxième partie de cette histoire très attachante d’Olivier Grenson. La douceur de l’enfer raconte un face à face entre deux inconnus liés par un passé familial sur la la DMZ, la fameuse ligne de démarcation entre le Nord et le Sud de la Corée. Nous sommes le 13 avril 2006 et Billy Summer s’apprête à rencontrer son grand-père. Cet  ancien GI, officiellement mort durant la guerre de Corée de 1953 est étrangement encore vivant caché pendant des années par le régime de Pyongyang.

Cet homme est-il le mari de Martha, la grande-mère de Billy? Pourquoi est-il partie au front et pourquoi a t-il fait croire à son décès? Est-il l’instrument du régime communiste? Derrière ces mystères, il y a des blessures, des actes coupables, des regrets et en toile de fond l’amour… Il est temps de tout se dire.

Cette BD est née lors d’un voyage d’Olivier Grenson sur la célèbre DMZ. Impressionné par le lieu, avec son atmosphère étouffante chargé d’histoire, il crayonne fébrilement sur son papier. Et puis à son retour, il se lance dans une importante recherche de documentations pour aboutir à ce diptyque émouvant, « La douceur de l’enfer ».  Cette deuxième partie remplit toutes ses promesses. Le face à face entre les deux personnages principaux entraîne le lecteur dans des chemins tortueux avec comme fil rouge, l’amour. Un amour qui peut naître partout. Le trait de Grenson réussit à nous toucher au cœur. Subtil et nuancé, ce récit n’est pas une histoire de guerre où un pamphlet politique mais un hymne au bonheur.

La douceur de l’enfer,t2 aux éditions du Lombard

Scénario et dessin: Olivier Grenson.

Kiliana song: un esprit voyageur dans un archipel du Kenya

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, graphisme, voyage , le 15 avril 2012 16h44 | Ajouter un commentaire

resize_arr_bigimage_640kilianaNaïm, est un gamin dégourdi d’une dizaine d’années qui préfère aller chercher le qat (plante à effet euphorisant) pour un grand-père qui lui raconte de belles histoires que d’éplucher les crevettes d’un patron violent. Il passe une grande partie de son temps à courir dans les ruelles et sur les toits du petit port pour échapper à son frère qui désespère d’en faire un élève assidu de l’école coranique.

Il croise les expatriés blancs qui s’enrichissent grâce à différentes magouilles et profitent des femmes dans le besoin comme des drogues à bon marché. Un jour, il croise un gardien des secrets ancestraux. Le petit garçon curieux se retrouve embarquer dans une étrange aventure… une ballade initiatique, « Kiliana song »…

Benjamin Flao est un amoureux de ces contrées où la mer est source de vie. L’auteur a fait trois séjours au Kenya dans l’archipel de Lamu. Il m’explique dans mon studio qu’il avait l’habitude d’envoyer des dessins comme « carte postale » à ses amis pour leur raconter ce qu’il vivait. Et puis, un jour, il s’est dit qu’avec tout ce qu’il avait vécu peut-être qu’il était possible d’en faire une bd. Et voilà comment est né « Kiliana song ». En prenant comme fil conducteur, Naïm, Benjamin Flao nous entraîne à travers sa course dans le quotidien des habitants de cet archipel méconnu. Un récit captivant et très juste. Le dessin et les mots se marient avec intelligence dans ce bel album de voyage. Je vous invite à écouter l’interview de Benjamin Flao dans mon studio pour achever de vous convaincre d’acheter cet album coloré au goût de sable chaud…

Kiliana Song aux éditions Futuropolis

Scénario et dessin: Benjamin Flao.