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policier

Les mystères de la République: 3 flics, 3 époques

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, Historique, policier , le 2 avril 2014 15h24 | Ajouter un commentaire

 » Je suis Belge et je peux évoquer avec recul certaines pages  sombres de l’Histoire de France comme la guerre d’Algérie «  me lance Philippe Richelle. Le scénariste qui voue une passion aux petits et aux grands événements propose un projet longtemps mûri.

Sa série se construit sur plusieurs décennies avec comme marqueur de temps:  la IIIème, la IVème et la Vème République. A chaque fois, un dessinateur différent s’approprie sa période avec son univers personnel. Philippe Richelle orchestre le tout et donne à chacun un héros, une « gueule », un flic ordinaire mais tenace.

Que ce soit dans les années 30 au cœur des mouvements d’extrême droite ou à Marseille chez les dockers de la CGT en 1950 ou en 1959 sur fond de guerre d’Algérie, des policiers tentent de trouver des réponses à des morts violentes ou suspectes. Chaque enquête permet de plonger dans la société française de l’époque sur le plan social et politique.

« Ce qui m’intéresse c’est de restituer les enjeux, le climat » m’explique Philippe Richelle. L’auteur est sensible à l’atmosphère du moment. Ces récits policiers ne sont jamais les mêmes et utilisent plusieurs ressorts dramatiques pour varier les points de vue.

Un travail de précision qui donne toute sa force à cette série aussi audacieuse que séduisante. Si chaque dessinateur apporte sa touche, l’ensemble forme une famille graphique cohérente. Une bd incontournable pour les férus d’histoire.

Les mystères de la République, IIIème, IVème et Vème République.

Scénario: Philippe Richelle

Dessin: Wachs, Buscaglia,   Ravard.

 

Perico: du polar comme on aime signé Berthet

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, Historique, mafia, polar, policier, thriller , le 27 mars 2014 18h03 | Ajouter un commentaire

Le dessinateur de Pin Up se lance dans un véritable défi. Devenir le chef d’orchestre d’une nouvelle collection de bd dédiée au polar avec une seule signature graphique, la sienne. « Jusqu’ici, c’étaient les scénaristes  qui écrivaient des histoires différentes avec plusieurs dessinateurs, là c’est l’inverse, et je crois que je suis le premier » m’avoue Philippe Berthet.

Avec ses couleurs jaune et noire en référence aux  livres de la « série noire« ,  voici donc Perico, premier album de la Ligne Noire dédiée au polar.

Le récit s’ouvre sur le meurtre d’un Américain à la sortie d’un casino de La Havane, à Cuba.  Un meurtre lié aux affaires du chef de la pègre locale, Santo Trafficante et du président Batista.  De quoi agiter l’île. Sans le savoir, en aidant son frère en cavale, le jeune Joaquin, va se retrouver dans les pires ennuis.

Avec une valise de billets et un flingue, le serveur naïf rêve d’une autre vie. Pourquoi pas avec l’envoutante  Livia, propriété de Santo Trafficante? L’improbable duo s’enfuit alors aux États-Unis avec à leurs trousses des truands sans pitié.

Ce premier volet du diptyque Perico  scénarisé par Régis Hautière comporte tous les ingrédients du polar : corruption, mafia, jolies filles et suspense. Une belle entrée en matière qui se déguste avec avidité tant le graphisme de Philippe Berthet est travaillé. Couleurs chaudes, cadrages efficaces, jeux d’ombres et ligne claire: du très beau dessin. « Vous allez voir ce que vous allez voir » me lance amusé l’auteur qui sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Bravo. Jusqu’ici, c’est un sans faute.

Perico, t1 aux éditions Dargaud.

Scénario: Régis Hautière

Dessin: Philippe Berthet.

 

Le Dahlia noir: femmes fatales

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, mafia, polar, policier, sexe , le 5 décembre 2013 18h41 | Ajouter un commentaire

L’adaptation du célèbre roman noir de James Ellroy est un pari audacieux voir périlleux. Une inquiétude vite oubliée dès les premières pages tant le graphisme de Miles Hyman  ébloui par sa qualité et sa force d’attraction. Le dessinateur francophone d’origine américaine réussit avec  le scénariste Matz (aidé par le cinéaste David Fincher) une plongée envoutante dans le Los Angeles de l’après-guerre avec ses flics à moitié ripoux, ses femmes fatales, le tout sous une épaisse fumée de cigarettes parfumée au whisky.

Commençons par le début, l’histoire. Nous sommes le 15 janvier 1947, les journaux font leur Une sur une macabre découverte: un cadavre atrocement mutilé, celui de Betty short, surnommée le Dahlia noir. Deux anciens boxeurs devenus flics à la crime, Dwight Bleichert dit « Bucky », et Leland Blanchard surnommé « Lee », tentent de retrouver l’assassin.

Une quête qui vire à l’obsession nourrissant une fascination morbide pour la jeune Betty Short. Une investigation qui les plonge dans un monde faux-semblants. « Tous les personnages se mentent du début à la fin » m’explique Miles Hyman.

Le duo réussit à rendre lisible et haletant la puissance de ce roman noir. Le scénariste Matz arrive à intégrer l’essentiel de l’écriture de l’écrivain en y ajoutant des éléments pour mieux lier l’ensemble et en garder sa force brute.  Miles Hyman, adoubé par James Ellroy, construit chaque page comme des tableaux vivants. « J’ai élargi la gamme des couleurs pour que l’on soit ébloui et  que cela soit aussi menaçant que les ombres » me dit-il.

Son travail qui a duré deux ans retranscrit parfaitement l’ambiance de cette époque. « C’est bien d’avoir ce fond d’images presque inconscientes lorsque l’on aborde un tel projet » m’avoue le dessinateur qui a longtemps vécu à Los Angeles. Une réinterprétation magistrale. Sans nul doute, une des très grandes BD de l’année. Ne pas rater l’exposition à la galerie Champaka à Bruxelles jusqu’au 9 décembre.

Le Dalhia noir aux éditions Casterman

Scénario: Matz

Dessin: Miles Hyman.

 

Châteaux Bordeaux: le vin et ses secrets enfin dévoilés

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, policier, vin , le 2 décembre 2013 13h56 | Ajouter un commentaire

« Le lecteur peut s’identifier à l’héroïne qui ne connait rien au vin »  lance le dessinateur Espé. L’objectif de la série « Châteaux Bordeaux » est de transformer le lecteur en connaisseur tout en le plongeant dans une grande saga familiale. Du divertissement viticole en somme!  Et jusqu’ici, l’objectif est atteint avec la sortie de ce quatrième tome.

Nous retrouvons Alexandra, héritière du Chêne Courbe, qui veut redonner ses lettres de noblesse au vin familial. Alors que notre belle héroïne soupçonne un négociant d’être responsable de la mort de son père, celui-ci est victime d’un terrible accident de voiture et tombe dans le coma. Dans le même temps, l’un des principaux propriétaires du domaine veut récupérer ses terres. Pour Alexandra, désormais au pied du mur, la solution passe  par la reproduction d’une cuvée mythique…

Le titre de cet album ne s’appelle pas « millésimes » pour rien. Ce récit nous permet d’en savoir plus sur la fabrication du vin, ses assemblages, son vieillissement et ses ratés. Dans ce monde de passionnés, la concurrence est rude et, quelques fois, face à une mauvaise année, la tentation est forte de jouer avec le consommateur. « En fin de soirée, les langues se délient et la personne reconnaît que cette année là, son vin était vraiment dégueulasse » m’explique Espé. Tout le contraire de son graphisme élégant qui donne à cette bd une fraicheur agréable digne d’une bonne cuvée.

Le scénariste Corbeyran a récolté de nombreuses confidences et anecdotes pour rendre crédible cette saga. Un gage d’authenticité qui fait de cette série, un vrai plaisir pour les amateurs de divertissement intelligent.

Châteaux Bordeaux, t4 aux éditions Glénat.

Scénario: Corbeyran.

Dessin: Espé.

 

Hell school: dans l’enfer du bizutage

Par srosenfeld dans action, ados, Aventure, policier , le 4 novembre 2013 14h17 | Ajouter un commentaire

Il y a des séries qui sortent dans l’air du temps. C’est le cas de « Hell school ». Alors que le débat sur les rituels d’intégration revient sur le devant de l’actualité, cette bd nous emmène dans le monde des ados. Au cœur de ce récit, trois jeunes qui refusent de se plier aux épreuves de leur école privée, un établissement perdu sur une île paradisiaque. Mais  dernière le paradis, se cache souvent l’enfer.

En n’acceptant pas leur bizutage, Bastien, Hina et Boris se retrouvent exclus. Véritables parias, ils ne peuvent pourtant s’échapper. Un groupe soudé qui tente de comprendre ce que cache leur directeur alors qu’un élève de leur promotion est mort dans des circonstances non élucidées. L’école privée est-elle vraiment ce qu’elle fait croire aux parents…

Déjà deux tomes pour cette série qui s’impose de plus en plus dans les librairies. Le scénariste Vincent Dugomier propose un univers crédible et fantasmé à travers un internat d’un autre temps. Ses héros (mélange de tous les stéréotypes possible chez les ados) sont très vite attachants. « Il y a un grand costaud qui ne veut pas être comme son papa qui a la main lourde ou encore un orphelin » décrit l’auteur.

« Il y a énormément de non-dits » précise le dessinateur Ers.  « L’objectif est de mettre le lecteur dans le même état d’esprit que les personnages » ajoute Vincent Dugomier. Pas question de décrire les rituels mais plutôt d’évoquer leurs impacts sur les ados. Même chose sur l’influence des adultes: le professeur et ses « cours du soir« , le psy manipulateur… Subtil et intrigant, « Hell school » mérite que l’on s’y attache.

Hell school, t1 et 2 aux éditions du Lombard.

Scénariste: Dugomier.

Dessin: Ers.

 

Tyler Cross: un anti-héros sans état d’âme

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, mafia, polar, policier, thriller, western , le 31 août 2013 14h50 | Ajouter un commentaire

C’est la sensation de cette rentrée BD. Un polar comme on les aime, un album dense, intense avec tous les ingrédients des grands films noirs et des westerns. Bienvenu à « Tyler Cross ». Un anti-héros sans état d’âme qui sait séduire les dames comme tous les mauvais garçons.

Tyler Cross est un spécialiste des coups délicats. Un indépendant qui vend ses services à la mafia tout en évitant de trop s’attacher. Il accepte de braquer le filleul du vieux caïd Di Pietro . Objectifs:  supprimer l’impétueux et récupérer les vingt kilos de mexicaine brune. Mais la mission tourne à l’affrontement sanglant avec des policiers véreux. Tyler Cross s’en sort mais se retrouve avec 17 kilos de came, sans voiture, avec à peine 21 dollars en poche. Et ce n’est que le début….sur sa route il va croiser la ville de Black Rock qui appartient à la famille Pragg.

Après une première collaboration réussie, Atar Gull,  Nury et Brüno remettent le couvert.  Et cette fois, les compères quittent l’Afrique pour venir aux cœurs des racines de l’Amérique. Cet album condense l’imagerie des États-Unis d’après-guerre : tueur solitaire, mafia, ville perdue aux mains d’un gros propriétaire terriens, enfants dégénérés et femme fatale. Le scénariste Fabien Nury s’amuse à multiplier les références aux livres ( Jim Thompson, Dashiell Hammett, Richard Stark, James Ellroy…) et aux films (Sam Peckinpah, Humphrey Bogart, Lee Marvinetc…) dans son récit. Une histoire en trois parties avec des ruptures de rythme parfaitement maîtrisées.

Sur le plan graphique, Brüno, fait preuve d’un art de la mise en scène époustouflant. Des cadrages très cinématographiques qui magnifient les dialogues de son complice. La lisibilité est maximale et le lecteur se sent comme happé par les images. Les scènes d’action sont des modèles du genre comme un Tarantino à son meilleur niveau. Seul bémol, les visages des personnages, notamment féminins, qui manquent de finesses. Dommage, car sans cela, la BD, aurait presque fait office de chef d’œuvre du genre. Un regret qui n’enlève rien à la réussite complète d’un album généreux de près de 100 pages. Et bonne nouvelle. Une suite est en cours.

Tyler Cross aux éditions Dargaud.

Scénario: Fabien Nury.

Dessin: Brüno.

 

U-Boot: aux origines d’une tueuse

Par srosenfeld dans action, anticipation, Aventure, policier, science fiction , le 1 janvier 2013 18h19 | Ajouter un commentaire

La série « U-Boot » joue les prolongations. Jean-Yves Delitte propose un troisième tome à son  diptyque sortie en 2011. Il faut dire que l’auteur avait largement la matière pour aller plus loin. « Je me suis engouffré dans les petits trous du scénario » m’explique le dessinateur.

Un nouveau récit qui s’attache à comprendre qui est « Jude », la fameuse tueuse qui met fin aux agissements de son employeur: la multinationale Maher crée par un ancien savant nazi capable de régénérer ses cellules. Meurtres, sauts dans le temps, le lecteur tente de replacer les pièces d’un puzzle complexe.

Jean-Yves Delitte m’explique qu’en montrant l’évolution d’une société toujours plus technologique où le « fichage » est constant, il affiche ses propres peurs. Celles d’une « perte de la créativité, de la folie qui faisait le propre de l’homme » me dit-il. Mais au-delà de ces réflexions, cette bd est un  vrai divertissement où la multiplication des lieux et des époques permet un voyage graphique enthousiasmant: du fleuve Amazone à New-York,  des U-Boot aux avions futuristes.

Bien connu pour son œuvre maritime le « Bélem », Jean-Yves Delitte m’avoue que déjà enfant il dessinait de la science-fiction. Avec ces albums, il montre son envie d’éclectisme et l’étendue de son talent.

U-Boot, t3 aux éditions 12 bis.

Scénario et dessin: Jean-Yves Delitte.

 

 

Rider On The Storm: motards des seventies, à vos guidons!

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, Non classé, policier , le 1 janvier 2013 15h19 | Ajouter un commentaire

La moto, la musique, les seventies, la mélodie du bonheur pour Baudouin Deville. Avec « Rider On The Storm« , le dessinateur avait envie de retrouver l’esprit libertaire de ces années de transition où la crise économique commençait à pointer le bout de son nez. Si aujourd’hui, il circule en scooter, ce passionné de moto se rappelle avec nostalgie de sa « suzuki GT 380″.

Dans ce récit, le héros enfourche une autre deux roues mythique, une suzuki GT 750, surnommée « la bouillotte ». Nous sommes en octobre 1974 et Gaspard Sarini, 20 ans, rêve de devenir pilote professionnel. Le garçon qui a vécu l’essentiel de son éducation en internat s’éloigne toujours plus de ses parents qui ne comprennent pas sa passion.

Mais voilà qu’au moment d’une nouvelle confrontation familiale, des tueurs abattent froidement les parents de Gaspard. Celui-ci échappe de justesse aux balles mortelles après une course poursuite épique. Le voilà réfugié  chez Jo,  garagiste au grand cœur, ancien pilote et Bruxellois pur jus. Godferdom !

Loin de se limiter à une bd moto, cette aventure fait revivre l’atmosphère des seventies à Bruxelles. « L’envie du scénariste était de mettre aussi en valeur le parler bruxellois » m’explique le dessinateur. D’où une belle succession de jurons pour « colorer » les dialogues.

Une façon aussi de ne pas trop se prendre au sérieux pour rester dans l’esprit de ces années où tout était possible. Cette nouvelle série joue donc sur plusieurs registres pour créer sa propre identité. Un bon début. Ne pas rater l’interview ci-dessous de Baudouin Deville pour achever de vous convaincre.

Rider On The Storm, t1 aux éditions Paquet.

Scénario: Giro

Dessin: Baudouin Deville.

 

Juarez: dans la cité mexicaine, les femmes sont des cibles

Par srosenfeld dans action, Aventure, policier, thriller , le 8 décembre 2012 14h14 | Ajouter un commentaire

« Au moment de l’écriture, j’allais régulièrement prendre des nouvelles de la ville et j’étais à chaque fois en deçà de la réalité »  m’explique Nathalie Sergeef.  Les meurtres de femmes à Ciudad Juárez sont régulier depuis 1993.  Les chiffres font froid dans le dos. Plus de 1653 cadavres ont été trouvés. Selon les sources 2000 à 2500 femmes sont considérées comme disparues. La plupart des victimes sont âgées de 13 à 25 ans.

Dans ce lieu de perdition où les gangs font la loi et où la police est impuissante ou corrompue, « l’impunité est la règle  » dit la scénariste. Le déclic me dit-elle « est venu d’une interview radio de deux journalistes d’investigations qui venaient de publier un livre sur leur enquête sur place« .

Mais Juarez n’est pas simplement une description de la cité et de ses dérives. Le cœur du récit se centre sur une enquête marquée par de nombreux rebondissements.

Gaël débarque dans la ville-frontière avec la ferme intention de découvrir où sa sœur a disparu et pourquoi les autorités ne font rien. Au même moment, 5 corps de femmes se retrouvent aux portes de la cité dans le désert. Un nouveau massacre qui s’ajoute à tant d’autre.

Nathalie Sergeeff construit un thriller efficace qui utilise Ciudad Juarez comme un personnage à part entière. A travers l’enquête de Gaël, le lecteur se déplace dans la ville et découvre ses vices. La scénariste évite de rester seulement collé à son héros pour créer une histoire avec plusieurs ramifications jusqu’au dénouement final.

Pour illustrer cela, il fallait un grand dessinateur qui sache distiller l’atmosphère adéquate. Corentin Rouge (un jeune artiste prometteur) réalise un travail superbe avec un sacré coup de crayon . Sensible à la lumière, il porte une grande attention à la couleur: « pour donner au lecteur l’impression que le temps passe » précise-t-il. Fasciné par l’Amérique Latine, Corentin Rouge me dit dans mon studio qu’il y a, là-bas,  « une liberté dans la sauvagerie » qui interpelle. Juarez est un excellent one shot. Une belle surprise.

Juarez aux éditions Glénat.

Scénario: Nathalie Sergeef.

Dessin: Corentin Rouge.

 

Blast: une expérience BD à ne pas manquer

Par srosenfeld dans action, contemporain, policier , le 10 novembre 2012 17h05 | Ajouter un commentaire

« Je ne suis pas fondamentalement heureux quand je fais Blast » me dit Manu Larcenet dans un éclat de rire. L’humour et la distance sont les deux forces de cet auteur d’exception. Comme les réalisateurs de films d’épouvante, il sait jouer de son talent pour créer chez le lecteur des impressions dérangeantes.

Avec troisième opus, Manu Larcenet ne compte pas relâcher la pression mais bien nous donner un nouveau coup de massue avec un graphisme hypnotique.

Mais reprenons par le début. Blast continue de raconter le destin de Polza Mancini, homme de 38 ans pesant 150 kilos suspecté d’avoir agressé mortellement une jeune fille. Une fois encore, les deux flics qui tentent de lui faire « cracher le morceau » se retrouvent face à une énigme.

Car Polza ne parlera qu’à la condition d’être écouté et de pouvoir raconter son histoire. Il veut être compris. C’est ainsi qu’il embarque les deux policiers dans les méandres de son avilissement, qui a pour but de lui faire revivre le fameux blast, cette onde de choc provoquée par une explosion. Et le voyage s’annonce une fois de plus traumatisant….

Comme dans les deux autres tomes, Manu Larcenet se donne le temps et la place (200 pages!) pour construire un récit d’une grande densité. L’auteur du Combat ordinaire est en plein possession de son art. Il sait tout faire et le prouve de façon magistrale. Les grandes cases muettes alternent avec d’autres plus conventionnelles pour donner du rythme. Le noir et blanc omniprésent se retrouve traversé de couleurs.

Ce tome 3 ne révèle pas encore toute l’histoire et laisse encore de nombreuses zones d’ombres tout en donnant une part d’humanité au personnage. « On est tous un pauvre type le matin, pour arriver à être sympa le midi, parfois extraordinaire pendant quelques secondes » me lance le scénariste. Une façon de rappeler que nous sommes tous à un moment donné des monstres et à d’autre des anges. Blast est une expérience de BD à ne pas manquer. Une référence.

Blast, t3 aux éditions Dargaud.

Scénario et dessin: Manu Larcenet.