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Charly 9: roi bouffon et massacreur

Par srosenfeld dans graphisme, Historique, Humour, plus de 16 ans , le 10 février 2014 16h38 | Ajouter un commentaire

« Pour me lancer en solo, il me fallait quelque chose de fort comme adapter un livre de Jean Teulé »  me lance Richard Guérineau.

Le dessinateur du Chant des Stryges désormais aussi scénariste pense alors au roman Mangez-le si vous voulez mais son éditeur trouve cela trop « trash », ce sera donc Charly 9, le roi massacreur de la Saint-Barthélemy et son fameux « tuez-les tous! »

Le personnage est un être aussi excessif que fascinant. Manipulé par sa mère Catherine de Médicis et son frère  trop maquillé  Henri, Charles IX endosse la responsabilité du massacre qui va le ronger jusqu’à la mort.

Il a 22 ans, ne pense qu’à chasser et s’occuper de sa maîtresse (protestante!) lorsqu’il décide l’une des pires boucheries de l’Histoire. Rongé par la culpabilité, monarque aux manies étranges, il se fait dévorer par sa psychose.

Comme l’explique Richard Guérineau, « non content d’être fou, il n’a que de mauvaises idées: faire de la fausse monnaie, changer la date du début d’année du 1er avril au 1er janvier  avec comme conséquence de faire mourir de froid son peuple  car les paysans gardent la tradition de la fête originelle en s’habillant légèrement. »

Ses sujets se vengeront d’ailleurs en faisant du 1er avril un jour de moqueries avec un poisson dans le dos…

Cette bd retranscrit avec précision le ton moqueur de Jean Teulé. Un texte truculent qui trouve une place de choix dans un graphisme audacieux où se mélange plusieurs styles (portraits académiques, actions débridées et incursion dans le monde Peyo).

L’auteur retranscrit l’ambiance de l’époque en y  apportant une touche contemporaine. La Reine Margot est une gothique avant l’heure, Charly 9, un esprit punk, Henry ressemble à Marilyn Manson.

Un réussite qui méritait bien une sélection au Festival d’Angoulême.

Charly 9 aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Richard Guérineau.

 

Histoires inavouables: porno chic par Ovidie

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, érotisme, plus de 16 ans, sexe , le 21 décembre 2013 15h48 | Ajouter un commentaire

« Je ne me suis pas levé un matin en pensant que j’allais révolutionner le bd érotique » me lance Ovidie. L’ancienne actrice porno aime depuis longtemps jouer sur des registres différents pour explorer sa vision de la sexualité. Après plusieurs livres et films (dont certains encore pornographiques), l’auteur propose donc une bd. Plusieurs histoire sexuelles de quelques pages chacune qui se veulent le reflet de la société d’aujourd’hui.

Masturbation féminine, adultère impromptue, drague en boîte qui tourne à la leçon de choses, pulsion sexuelle malgré l’écart d’une génération, ou échangisme avec jalousie interruptive. Ces scènettes se veulent réalistes et drôles loin des clichés de l’industrie du X. « Ce n’est pas comme dans un film avec ses obligations où on fait le tour du propriétaire avec fellation vaginale, éjaculation faciale etc… » précise la scénariste. Celle-ci veut rompre avec la vision machiste d’une pornographie où les femmes sont sous domination.

Ovidie est aidée par le dessinateur Jérôme d’Aviau dont le trait en noir et blanc illustre la volonté d’éviter les artifices inutiles. Une collaboration respectueuse et ludique dont les auteurs parlent plus bas lors de notre rencontre en studio. L’ancienne actrice X ne souhaite pas obligatoirement arrêter de parler de sexe. « Cet univers me plaît » dit-elle « et c’est d’abord à travers les femmes et le féminisme qu’il m’intéresse ». « Ces histoires inavouables » n’ont rien de choquantes. Cette bd illustre une tendance de plus en plus forte chez les éditeurs grand public de ne plus hésiter à se lancer dans des collections adultes comme ici avec Erotix.

Histoires inavouables aux éditions Delcourt.

Scénario: Ovidie.

Dessin: Jérôme d’Aviau.

 

Dracula, l’Immortel: tueurs de vampires et nymphomanes

Par srosenfeld dans action, fantastique, plus de 16 ans, sexe, vampire , le 16 octobre 2011 17h21 | Ajouter un commentaire

album-cover-large-13503Et revoilà, une nouvelle Bd sur Dracula me direz-vous. Oui et non.  S’il s’agit bien d’une adaptation d’un livre, ce n’est pas celui de Bram Stocker dont nous parlons mais de sa suite, romancée en 2009 par l’arrière-petit neveu de l’écrivain, Dacre Stocker épaulé par Ian Holt.

Nous sommes en1912. Vingt-cinq ans après avoir détruit le vampire en Transylvanie, ceux qui ont mis un terme à son sanglant parcours sont dispersés de par le monde, et souvent perturbés par l’aventure hors du commun qu’ils ont vécue et partagée. Or voilà qu’une mort inexpliquée devant un théâtre parisien, puis un deuxième assassinat d’une effroyable cruauté au cœur de Londres semblent tout remettre en cause. Du Quartier latin à Piccadilly Circus, l’ombre du prince des ténèbres semble à nouveau planer…

Cette suite inventée par Dacre Stoker s’appuie sur des notes retrouvées par la famille. Comme me l’explique dans Studio BD le scénariste Michel Dufranne, « le succès du roman a dépassé les Stoker qui avaient envie de reprendre la main sur l’héritage de cette œuvre majeure de la littérature fantastique « . Nous retrouvons une nouvelle génération de chasseur de vampires chargée de procéder à un nouveau nettoyage en règle. Un récit dense et graphiquement spectaculaire. Pour cette plongée horrifique, Michel Dufranne s’associe à Piotre Kowalski, dessinateur polonais qui réalise ici sa première expérience en BD.

Ces créatures, jeunes femmes sexy et nymphomanes font froid dans le dos. Les encrages qui jouent sur les scènes semi-obscures proposent un opposition rouge sang et noir efficaces. Il faut néanmoins s’accrocher car les informations sont nombreuses. « Je pari sur l’intelligence du lecteur » me dit Michel Dufranne et « le fait qu’il connaisse déjà le livre de Bram Stoker ». Ce premier tome d’une trilogie constitue une bonne surprise au milieu des nombreuses productions qui sortent sur ce thème actuellement. A découvrir.

Dracula, l’Immortel, aux éditions Casterman.

Scénario: Michel Dufranne.    Dessin: Piotre Kowalski

Une vidéo à découvrir sur www.rtl.be

Fluide.G: sexe, humour et bd au féminin

Par srosenfeld dans action, Aventure, plus de 16 ans, sexe , le 19 février 2011 15h23 | Ajouter un commentaire

fluide-g-saint-valentin1Ce hors sery édité par Fluide Glacial est à son deuxième numéro. A l’intérieur des extraits de BD, des dessins, des articles décalés et provocateurs. L’idée est de bousculer un peu les magazines féminins actuels en proposant un regard décalé.  L’occasion de découvrir les planches d’un album comme « Pêché Mignons » par exemple d’Arthur de Pins et Maia Mazaurette qui raconte les déboires amoureux et sexuelles d’une bande de copains.

Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres. La Saint Valentin fait bien sûr la Une de Fluide G avec en couverture une femme dévêtue version fétichiste qui se demande si on l’a reconnait ou non. Mais attention, mesdames, ici pas question de blagues machistes, le magazine est dirigée par une femme, Anaïs Vanel. Et justement, la rédactrice en chef est en ligne avec nous. Extrait de ma chronique BD sur Bel RTL.

Fluide.G aux éditions Fluide Glacial.

Péchés Mignons,t4 aux éditions Fluide Glacial.

Scénario: Maïa Mazaurette et Arthur De Pins.

Dessin: Arthur De Pins.

 

Valentine Pitié: serial killer Inuit, amour et aéroplane

Par srosenfeld dans action, Aventure, plus de 16 ans , le 19 février 2011 14h58 | Ajouter un commentaire

pitieScénariste et dessinateur inspiré, Benn nous concocte un récit en deux parties passionnant et  envoûtant. Nous sommes en 1907, Valentine, jeune adolescente affronte les rigueurs de l’hiver en pays Yukon, en compagnie de ses parents, prospecteurs d’or. Mais un drame survient aussi brutal qu’inattendu.

Son père fait exploser un baril de poudre en tentant de montrer à sa fille le lieu où il a découvert le filon qui l’a rendu riche. Les parents décèdent et Valentine se retrouve seule au milieu d’un désert glacé. Elle est sauvée in extremis par un chasseur de phoque Inuit. Séduit, il l’a prend comme deuxième femme. Notre héroïne découvre alors l’amour et les mœurs des Inuits. Mais un serial killer rôde…

Valentine Pitié, est une héroïne digne des grandes sagas hollywoodiennes. Il y a un peu de Scarlett dans ce petit bout de femme aussi sensuelle qu’indépendante. Deux tomes pour deux aventures et deux amours. Le premier chez les Inuits, le second dans le Paris du début du XX ème siècle à l’époque des premiers aéroplanes. Du souffle, du rythme, des personnages hauts en couleurs, ce dytique est une réussite. Les dessins d’une grande finesse parachève un très beau moment de BD. Ci-joint, l’interview avec l’auteur lors de ma chronique sur Bel RTL.

Valentine Pitié, t1 et 2 aux éditions Dargaud.

Scénario et dessin: Benn.

 

Djinn: l’érotisme au coeur du pouvoir

Par srosenfeld dans Aventure, érotisme, ésotérisme, fantastique, Historique, plus de 16 ans , le 29 novembre 2010 14h06 | Ajouter un commentaire

couv_1159531Après le harem ottoman et la magie de l’Afrique noire, « Djinn » nous donne rendez -vous en Inde dans un nouveau lieu interdit, le « pavillon des plaisirs ». Il s’agit du troisième cycle de cette magnifique série érotico historique dont on ne se lasse pas. Une fois encore Jean Dufaux et sa complice dessinatrice Ana Mirallès nous offre une histoire haute en couleurs et en chaleurs…

Jade est invitée par la mère du Maharadjah pour une mission délicate. Elle souhaite que celle-ci déploie tout son talent de « Djinn » pour s’occuper de la future femme de son fils, fille d’un chef rebelle opposé à la domination britannique et au pouvoir en place. Jade reçoit alors la clé du « Pavillon des plaisirs » où se trouve un harem avec des femmes expertes dans l’art de donner du… plaisir. Mais une étrange malédiction semble habiter le lieu.

Les auteurs tissent une nouvelle intrigue passionnante avec en toile de fond, la naissance des premiers mouvements de résistance contre l’Empire des Indes britanniques. Gandhi et d’autres commencent à faire parler d’eux. Mais ici, comme me l’explique Jean Dufaux dans Studio Bd « tout se passe par les corps, sur les peaux ». A travers des scènes sensuelles mais jamais gratuites, il crée un récit sophistiqué. Le dessin d’Ana Mirallès est une merveille de délicatesse et d’érotisme assumé. Les décors sont minutieux, remplis de détails mais sans surcharge. Les couleurs sont parfaitement choisies. « Les situations érotiques ne sont jamais dominées par Jean Dufaux ou Ana Mirallès » m’avoue le scénariste. L’esprit du « Djinn » semble dominer le duo qui nous offre ici encore une belle et intense expérience.

Djinn, t10, nouveau cycle, aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Ana Mirallès.

 

Medina: bienvenue dans un monde de frayeur

Par srosenfeld dans action, Aventure, fantastique, plus de 16 ans, science fiction , le 17 octobre 2010 15h24 | Ajouter un commentaire

medinaSi vous êtes amateur de films comme Starship Troppers ou Aliens, cette nouvelle série est faite pour vous. Medina est le dernier bastion de résistance de la race humaine. Dans un  futur post-apocalyptique, une ville fortifiée tente de survivre contre l’invasion de créatures venues de l’espace, les Drax. Le moindre contact  humain avec ces monstrueux extra-terrestres se solde par d’atroces mutations. Les survivants n’ont pas d’autre choix que d’éliminer les infectés. Mais un espoir se dessine lorsque le soldat Karlov réussit à enlever une jeune femme de 14 ans aux Drax. La prophétie veut qu’elle porte en elle la « Grande Rédemption« .

Yacine Elghorri m’explique dans studio Bd que sa collaboration avec le scénariste Jean Dufaux ( Djinn et de Murena) est née d’une passion commune pour les films de genre « à la John Carpenter » (The Thing). Très rapidement les deux compères s’entendent pour travailler sur une série qui comporte tous les ingrédients de ce type de production.

Dès la première page, ils nous plongent au coeur de l’action et annoncent leur intention de faire frémir au maximum le lecteur.  Le dessin de Yacine  Elghorri peut s’exprimer avec un maximum de liberté. Cela donne des cadrages spectaculaires très cinématographiques et des graphismes inspirés des effets spéciaux des séries B et des mangas. « Je veux que le public entre dans mon univers » m’explique-t-il. Ce premier tome constitue une introduction sans concession qui peut séduire ou repousser. A découvrir.

Medina, t1 aux éditions Le Lombard.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Yacine Elghorri.

Et maintenant, allongez-vous: pratiques sexuelles sur canapé

Par srosenfeld dans contemporain, Humour, plus de 16 ans , le 8 juillet 2010 15h30 | Ajouter un commentaire

glenatAttention, il ne s’agit pas d’une bd érotique mais d’une belle tranche de rigolade. Et maintenant, allongez-vous décrit avec un humour corosif les travers de notre société.

Tout commence par Martin, un jeune paysan célibataire à la recherche de l’âme soeur. Il décide de quitter sa ferme pour un séjour de 2 semaines à Berlin. Dans la capitale, il va croiser le chemin d’une psychothérapeute émancipée, Silke, et de son secrétaire homo. La confrontation entre ces deux mondes que tout semble opposer va faire des étincelles…

Si vous aimez le burlesque, Ralf König est pour vous. L’auteur Allemand (très connu dans son pays) manie  avec finesse le sens de la dérision. Il brosse un portrait hilarant des mœurs de notre société. Au coeur des préoccupations de ses personnages: le sexe. 

Le scénariste démontre qu’il n’y a pas une « bonne façon » de s’épanouir sexuellement. A défaut de formule, le secret tient dans la communication et l’ouverture d’esprit. Un très bon moment détente avec des dessins efficaces qui ne se perdent pas dans un décor surdimentionné. Une découverte.

Et maintenant, allongez-vous aux éditions Glénat.

Scénario et dessin: Ralf Köning.

Syndrome 1866: naissance d’un tueur

Par srosenfeld dans action, contemporain, manga, plus de 16 ans , le 31 mars 2010 17h24 | Ajouter un commentaire

couv_106448Bienvenue dans l’univers étrange de ce manga japonais qui se veut une adaptation très libre de Crime et Châtiment, de Fédor Dostoïevski.  Le titre, Syndrome 1866, renvoie à l’année de parution de ce chef d’oeuvre de la littérature russe. Au départ de cette histoire, un jeune homme brillant et seul, Miroku. Il a cessé de suivre ses cours à l’université et survit grâce au peu d’argent que lui fait parvenir sa soeur. Le garçon vit enfermé dans un minuscule studio qui ne ressemble plus qu’à un dépotoir.  Un soir, sa route croise celle de Risa, une lycéenne se prostituant. Rapidement, Miroku s’attachera à la demoiselle en se rendant compte qu’elle se fait harceler et manipuler par une autre fille, Hikaru. C’est alors que naitra en lui pour la première fois une pulsion meurtrière…

Attention, ce manga s’adresse à des personnes âgées de plus de 16 ans. La violence (sans excès) dans ce manga japonais est typique de ce type de production. Un lecteur averti en vaut deux. Ceci étant, l’histoire permet d’évoquer plusieurs thèmes récurrents dans le Japon contemporain: la prostitution lycéenne, le phénomène « otaku » qui désigne des jeunes en marge de la société. Le graphisme très particulier de ce manga en noir et blanc peut surprendre. L’auteur joue sur des trames très sombre et des visages torturés. Pour les curieux et les fans.

Syndrome 1866 aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Naoyuki Ochiai.