peinture

Frida Kahlo: une peintre mexicaine haut en couleur

Par srosenfeld dans graphisme, peinture, voyage , le 23 mars 2015 17h10 | Ajouter un commentaire

9782756039961v« Je ne sais pas si c’est le mescal qui fait que toutes ces personnalités sont un peu dingues » lance amusé Jean-Luc Cornette. En s’attaquant à la peintre Frida Kahlo, le scénariste sait qu’il met les pieds dans un univers haut en couleur comme sa principale protagoniste.

Nous sommes en 1937 au Mexique. L’artiste, femme libre et passionnée, accueille chez elle un homme sur le qui-vive: le révolutionnaire Léon Trotski. Forcé à l’exil par Staline, le père de la IVème internationale profite du régime bienveillant des autorités du moment pour s’installer loin de la Russie avec sa femme.

Mais très vite, Trotski devient l’amant de Frida Khalo marié à son tumultueux mari Diego Rivera, spécialiste des fresque monumentales. Un trio amoureux aussi surprenant qu’envoûtant se met en place. Trois destins hors normes qui s’entremêlent à l’Histoire. Rires, larmes, cris: la passion est partout dans ce récit tonitruant.

Le lecteur découvre une Frida Kahlo pleine de fougue qui bouscule tout sur son passage jusqu’au final annoncé: l’assassinat de Trotski. Appuyé par le graphisme élégant de Flore Balthazar, cette bd dense et ambitieuse constitue une belle surprise.

« Je ne mettrai pas une peinture de Frida chez moi pour l’a voir tous les matins au petit-déjeuner » avoue la dessinatrice. A l’image de sa personnalité, les tableaux de l’artiste provoque des émotions puissantes et parfois sombres. Rien à voir avec cet album coloré qui fait la part belle à l’aventure.

Frida Kahlo aux éditions Delcourt.

Scénario: Jean-Luc Cornette.

Dessin: Flore Balthazar.

 

Errance en mer Rouge

Par srosenfeld dans action, Aventure, biographie, contemporain, graphisme, Historique, peinture, voyage , le 10 mai 2014 09h57 | Ajouter un commentaire

« Il s’agit d’une bd en partie autobiographique » m’explique Joël Alessandra à propos d’Errance en mer Rouge. Le lecteur suit les pas d’un professeur à Djibouti (l’auteur, lui, travaillait pour l’Ambassade de France au centre culturel) qui fait la rencontre d’un baroudeur illuminé et trafiquant dans une zone où sévissent les pirates somaliens.

Alors que le héros imagine se retrouver dans une Afrique de savane avec des girafes, le voilà sur un caillou où la population tente de survivre entre pauvreté, corruption et conflits armés. Au côté de Fred, l’aventurier, l’enseignant en dessin quitte ses crayons pour s’engager dans une voie aussi dangereuse qu’enivrante.

« Fred, c’est Nicolas, une sorte d’Henry de Monfreid moderne » me lance Joël Alessandra. L’auteur fait référence à cet écrivain voyageur français dont les écrits sur la Corne de l’Afrique raconte sa vie de contrebandier (voir « Les secrets de la mer Rouge », « la croisière du hachich » etc…).

Cet bd est un hymne à l’aventure mais aussi une mine d’information pour comprendre la réalité de la Somalie avec ses pirates sanguinaires mais aussi ses pêcheurs victimes de forces qui les dépassent.

L’auteur utilise tout le matériel récolté durant ses différents séjours à Djibouti et ses expériences au côté de son ami pour créer un bd qui navigue entre le reportage de terrain et la fiction. L’intégration de ses dessins et photos à l’intérieur du récit apporte une vrai plus-value.

Sa maîtrise de l’aquarelle évoque les carnets de peintres comme Delacroix. Divertissante et enivrante, cet « Errance en mer Rouge » est un vrai coup de cœur.

Errance en mer Rouge aux éditions Casterman.

Scénario et dessin: Joël Alessandra.

 

La guerre des amants: l’amour, la révolution et Kandinski

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, peinture , le 17 mars 2013 17h18 | Ajouter un commentaire

« C’est ma première histoire d’amour » me confie Jack Manini. L’auteur de « La Guerre des Amants » est un grand romantique mais surtout un amoureux de la peinture et notamment de l’art de la fulgurance de Kandinski. Loin de tomber dans un récit abstrait, l’auteur nous guide à travers un couple attachant, Natalia Socolova, la révolutionnaire russe et Walter Hancock, l’américain pacifiste.

Ils se rencontrent en pleine prise du palais d’hiver en 1917. A défaut de coup de feu, c’est un coup de foudre. Les deux amants, disciples de Kandinski, vont faire partie d’un train spécial, l’Etoile Rouge, qui doit apporter la culture aux paysans russes. Entre naïveté, trahison et terreur, ils découvrent un monde en plein bouleversement où tous les repères éclatent….

Jack Manini nous emmène dans un tourbillon de vie et de passion. Les deux amants nous touchent dès la première page. Leurs aventures nous permettent de croiser les personnages marquants de l’époque, Kandinski ou Troski, Chagall… Subtil mélange de faits réels et d’invention, ce divertissement historique sur fond de création artistique est une vraie réussite. 

Bien que dessinateur, Jack Manini confie à Olivier Mangin le soin de donner corps à  ses idées. Le graphisme apporte une belle touche de tendresse dans ce monde révolutionaire. Les personnages principaux sont superbement dessinés à l’image de son héroïne Natalia à la fois sensuelle, naïve et fougueuse. L’intrigue est très lisible. « Ce récit est une trilogie qui s’étale sur trois époques comme les trois couleurs primaires » m’explique l’auteur. Une belle découverte.

La Guerre des Amants, t1 aux éditions Glénat.

Scénario: Jack Manini.

Dessin: Olivier Mangin.