Humour

Le Chat: la griffe d’un humour trempé à l’acide

Par srosenfeld dans BD, chat, Geluck, Humour , le 12 octobre 2017 17h02 | Ajouter un commentaire

chatGeluck livre un 21ème album qui ressemble cette fois-ci à une bd classique, du moins dans son format (fini les mini-livres surprises). Et une fois encore, l’auteur surprend par sa capacité à se renouveler. Le Chat continue de philosopher sur la vie quotidienne avec son humour décapant.

Ce qui marque, c’est la capacité du scénariste à ne jamais céder à la facilité. Sa plume trempée dans l’acide, il évoque à travers son double de papier la crise des migrants ou la religion.

Une planche n’hésite pas à raconter le suicide des enfants du Chat après une blague douteuse de leur père. Notre héros explique à son épouse : « Les enfants se sont suicidés cet après-midi parce que je leur ai fait croire que je ne les aimais pas« . Réponse de sa femme: « Ils n’ont jamais très bien compris ton humour« . L’auteur, invité sur le plateau de notre JT RTLinfo 13h s’explique sur son humour qui n’a pas peur de rien et qui caractérise ce côté « belge » qui lui est si cher à Philippe Geluck.

Publié à 300 000 exemplaires,  « Chacun son chat » est déjà un des succès de la rentrée. Une valeur sûre qui montre que lorsque l’esprit reste éveillé, la créativité n’a pas de limite.

En attendant le futur musée du Chat, les lecteurs peuvent patienter le sourire aux lèvres avec ce nouvel opus et cette citation : « Après la mort, l’esprit quitte le corps… sauf chez les cons…chez eux, ça s’est passé de leur vivant. »

Le Chat, t 21 aux éditions Casterman

Scénario et dessin: Philippe Geluck

 

Titeuf : le gamin reste au top

Par srosenfeld dans ados, BD, Enfants, générationnel, Humour , le 8 septembre 2017 17h19 | Ajouter un commentaire

titeuf-tome-15-a-fond-le-slip-25 ans et toujours au top. Nul doute, Zep est un artiste qui sait résister au temps en prenant comme modèle Roba, le père de Boule et Bill (il en parle sur le plateau du RTLinfo 13h). Ce 15ème album cartonne déjà en librairie et il n’a pas à en rougir. Car, le garnement à la mèche rebelle continue de faire rire avec son autodérision et son regard aussi original que ludique sur notre monde.

Avec « A fond le slip », Titeuf tente de comprendre ce qui se passe  autour de lui. L’occasion pour le dessinateur d’évoquer les derniers sujets d’actualité : manifs anti-IVG, crise des migrants, terrorisme… Une fois encore, la justesse de Zep fait des étincelles.

Ce nouvel album nous fait découvrir de nouveaux personnages. Au côté de Manu, son meilleur poste, notre héros croise « Loïc l’illuminé », un enfant qui passe son temps à regarder des vidéos complotistes et Momo, un intégriste musulman (« Salamiste », dit Titeuf), qui ne veut ni parler à la maîtresse ou se trouver à côté d’une fille.

Les gags s’enchaînent, alternant, humour potache et référence subtile. Un cocktail savoureux qui fait de Titeuf, la bd de la rentrée.

Titeuf, t15 aux éditions Glénat

Scénario et dessin: Zep

Gai Luron: un retour réussi

Par srosenfeld dans Aventure, BD, Humour, Non classé , le 17 octobre 2016 11h47 | Ajouter un commentaire

gai-luron_nouvelles_aventures« A l’âge de 7 ans, je lisais Pif gadget et déjà à cet époque là je flashait sur Gai luron » me lance enthousiaste Pixel Vengeur. Le dessinateur reprend le flambeau d’un des personnages les plus emblématiques de Gotlib. Pas facile de succéder au « patron » mais l’auteur en a sous le crayon et maîtrise parfaitement les courbes arrondies du chien le plus amorphe du 9ème art.

Aidé de Fabcao au scénario, Pixel Vengeur réveille ce personnage délirant qui sait mieux que personnage prendre du recul sur les agitations du monde. Dès sa naissance en 1964, Gai Luron a su imposer sa marque dans l’esprit des lecteurs. Au côté de son ami, le renard Jujube, il tente continuellement de séduire Belle-Lurette et fait éclater de rires des générations d’enfants et d’ados jusque dans les années 80.

Pour cette renaissance, toute la bande est là, notamment la petite souris qui sort des cases pour une seconde lecture décalée et ludique. « Ah la souris » me dit malicieusement Pixel Vengeur. Les deux compères nous livrent une version truffée de clins d’œil à l’œuvre originale. Le voyage dans le temps avec la DeLorean de Marty McFly fait partie des histoires les plus délirantes.

Avec des gags aussi désopilants que ceux de Gotlib sur fond de modernité (speed dating…), ce Gai Luron version XXIème siècle est une réussite. Pour en savoir plus, écoutez l’interview de Pixel Vengeur, il dit tout ou presque sur cette renaissance.

Les nouvelles aventures de Gai Luron t1

Dessin: Pixel Vengeur

Scénario: Fabcaro

 

Superdupont: renaissance du Super-héros franchouillard

Par srosenfeld dans action, ados, Aventure, comics, Humour , le 25 septembre 2015 17h40 | Ajouter un commentaire

superdupont-tome-1-renaissanceAh Superdupont… Le personnage né en 1972 dans les pages de Pilote avait laissé dans les mémoires des pages délirantes puis s’était endormi. Gotlib, son co-créateur avec Lob rêvait depuis longtemps de lui redonner vie car le potentiel comique de l’univers du super-héros en charentaises était loin d’avoir été entièrement exploité.

Mais voilà, encore fallait-il trouver le dessinateur capable de relever le défi. Et qui de mieux que François Boucq avec son trait reconnaissable, mélange de caricature et de semi-réalisme.

Les deux compères se mettent d’accord dès le départ. Pas question de répéter le Superdupont, beauf qui lutte contre l’Anti-France.  Il faut une renaissance…. qui passe par la relève: un enfant.

« Au départ,  le fils de Superdupont devait reprendre la boutique en trois, quatre pages.  Mais il y a eu un gag, puis un autre. Je me suis retrouvé avec soixante deux pages, rien qu’avec le bébé! » me dit François Boucq en souriant.

Le récit surfen sur les relations parents enfants en pastichant les super-héros américains comme Superman. Et puis, il y a SM, super méchant.

« Contre Superdupont, il ne pouvait y avoir qu’un pape des méchants entouré d’hystériques » explique le dessinateurMais derrière les combats d’onomatopées se cache aussi une envie.

« Superdupont défend des valeurs comme l’égalité, la liberté et la fraternité. L’idée n’est pas de les mettre en avant comme un propos politique mais de les évoquer de façon marrante » précise François Boucq.

Au final, cet album réussit son pari de nous embarquer dans un délire graphique qui délie les zygomatiques. La saga de la famille Superdupont ne fait que commencer.

Superdupont, renaissance aux éditions Dargaud

Scénario: Gotlib

Dessin: Boucq et Belkrouf

 

Lucky Luke fait la nounou !

Par srosenfeld dans action, Aventure, Enfants, générationnel, Humour, western , le 12 novembre 2014 14h18 | Ajouter un commentaire

Un nouvel album de Lucky Luke reste toujours un évènement. Et heureusement, depuis la mort de Morris, ses plus grands fans (Achdé, Gerra et Pessis) perpétuent le mythe ancré dans nos souvenirs d’enfance. Le piège consiste à rester prisonnier d’un monde où les personnages et les décors sont gravés dans le marbre du 9ème art. Et miracle, la magie fonctionne avec « les tontons Dalton« . Comme le dit le dessinateur Achdé : « pire que les indiens, pire que les outlaws, un enfant! »

Tout commence avec nos Daltons préférés qui comme à leur habitude végètent en prison. Mais voilà que nos desperados apprennent qu’ils sont tontons d’un petit garçon dont ils doivent momentanément assurer l’éducation. A la clé peut-être un magot! Seul problème, Lucky Luke, qui, a son corps défendant doit devenir nounou!  Toute cette petite « famille » débarque à Rupin City où les habitants ne voient pas d’un bon œil ces étrangers…

« Cette histoire s’inspire du film les Tontons Flingueurs mais ce n’est pas un remake juste un emballage pour avoir un univers différent » explique le scénariste Jacques Pessis. Les auteurs, bien sûr, n’hésitent pas à remettre des répliques cultes (« Il connaît pas Raoul! ») et des scènes inoubliables comme celle de la cuisine avec une Ma Dalton d’anthologie. L’humour de Laurent Gerra transparait dans les dialogues. Drôle et tendre à la fois, cet album se lit comme une friandise. Ou à boire cul sec!

Pour tout comprendre, je vous invite à écouter et regarder Achdé et Pessis dans mon studio BD.

Lucky Luke, les Tontons Dalton aux éditions Lucky Comics

Scénario: Gerra, Plessis

Dessin: Achdé.

 

Sortilèges: une reine sensuelle et rebelle

Par srosenfeld dans action, Aventure, conte, fantastique, Humour , le 9 octobre 2014 17h27 | Ajouter un commentaire

« Je suis un dessinateur un peu loufoque » loin de l’univers du scénariste Jean Dufaux m’avoue Munuera. Et c’est justement, cette touche de modernité et de folie qui donne envie au scénariste de s’associer avec le dessinateur espagnol. Un nouveau duo pour créer un univers proche des contes classiques des frères Grimm mais aussi de Disney.

Au départ « Sortilèges » est un projet qui se veut un diptyque. Mais le succès et, comme souvent, l’envie de Dufaux de poursuivre une aventure avec un de ses dessinateurs, aboutit aujourd’hui à un deuxième cycle.

Au début de cette histoire, le lecteur découvre une adolescente, Blanche. Une jeune fille innocente qui à la mort de son père devient la reine d’Entremonde. Sa mère et son frère cherchent à la tuer mais un étrange amoureux vient à son secours, le prince du monde d’En Bas, Maldoror. S’en suit une guerre, une vengeance, un assassinat. Blanche n’est désormais plus une enfant, elle devient femme et son destin comme les batailles s’enchaînent. Ce troisième tome est ainsi l’apothéose d’une bataille épique entre monstres inspiré du « Seigneur des anneaux ». Du grand spectacle…

Munuera et Dufaux jouent à fond la carte du divertissement. Le scénariste s’amuse à alterner l’intime et le grandiose pour permettre au dessinateur d’exprimer tout son talent. Son graphisme est sans conteste le point fort de cette bd. « J’aime laisserdes espaces vides, mettre mes personnages baignés dans de brouillard pour permettre aux lecteurs de jouer avec son imagination » m’explique Munuera. « Il m’évite du travail » dit-il avec ironie.

Sortilèges, t3, cycle 2 aux éditions Dargaud.

Scénario: Dufaux

Dessin: Munuera

 

Lady Elza: héroïne sexy et so british

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, Humour, polar, sexe , le 19 mars 2014 15h57 | Ajouter un commentaire

Si vous aimez le dessin Edgar P. Jacobs, les films d’Audrey Hepburn et l’humour anglais, « Lady Elza » vous tend ses bras. Mais attention, son pouvoir risque de vous ensorceler pour longtemps! L’héroïne a tout pour emporter l’adhésion du lecteur à travers une récréation policière du meilleur goût.

Cheveux court, jupe courte et esprit libre, Lady Elza, est une femme contemporaine  qui joue avec les hommes tout en gardant son indépendance. Mais cette séductrice née a aussi l’art d’attirer à elle les pires ennuis.

Alors qu’elle cherche désespérément un appartement pouvant loger ses 400 paires de chaussures, la voilà qui  tombe sur une affaire en or. Un magnifique flat ayant appartenu à Coco Brown : un journaliste chasseur de scoop très controversé que l’on a retrouvé assassiné le corps criblé de balles. De quoi piquer la curiosité de la belle qui tente de retrouver un carnet secret…

Humour léger, personnages décalés, action débridée mais sans brutalité, « Lady Elza » est une friandise. Un maître-mot peut décrire cette série attachante: l’élégance.

Les dialogues ciselées de Jean Dufaux s’inscrivent dans un décor travaillé avec soin par Philippe Wurm. Le dessinateur très inspiré par Edgar P. Jacobs arrive à construire sa vision de Londres tout en y ajoutant une touche de modernité. « J’aime me déplacer à vélo dans cette ville pour en tirer des images à 360° » me dit-il. Mais pas seulement, en écoutant son interview vous verrez qu’il aime aussi « exploiter ses étudiants« …

Le duo invente ici un style qui emprunte à beaucoup tout en devenant unique. Un peu comme le réalisateur Tarantino qui réinvente certains styles de cinéma, Dufaux et Wurm réinvente la bd à l’anglaise pour l’adapter à nos codes actuels. A chaque tome (déjà deux sortis) , l’héroïne vit une aventure aussi croustillante qu’amusante, pour notre plus grand plaisir. Idéal pour se changer les idées.

Lady Elza t1 et 2 aux éditions Glénat

Scénario: Jean Dufaux

Dessin: Philippe Wurm

 

Charly 9: roi bouffon et massacreur

Par srosenfeld dans graphisme, Historique, Humour, plus de 16 ans , le 10 février 2014 16h38 | Ajouter un commentaire

« Pour me lancer en solo, il me fallait quelque chose de fort comme adapter un livre de Jean Teulé »  me lance Richard Guérineau.

Le dessinateur du Chant des Stryges désormais aussi scénariste pense alors au roman Mangez-le si vous voulez mais son éditeur trouve cela trop « trash », ce sera donc Charly 9, le roi massacreur de la Saint-Barthélemy et son fameux « tuez-les tous! »

Le personnage est un être aussi excessif que fascinant. Manipulé par sa mère Catherine de Médicis et son frère  trop maquillé  Henri, Charles IX endosse la responsabilité du massacre qui va le ronger jusqu’à la mort.

Il a 22 ans, ne pense qu’à chasser et s’occuper de sa maîtresse (protestante!) lorsqu’il décide l’une des pires boucheries de l’Histoire. Rongé par la culpabilité, monarque aux manies étranges, il se fait dévorer par sa psychose.

Comme l’explique Richard Guérineau, « non content d’être fou, il n’a que de mauvaises idées: faire de la fausse monnaie, changer la date du début d’année du 1er avril au 1er janvier  avec comme conséquence de faire mourir de froid son peuple  car les paysans gardent la tradition de la fête originelle en s’habillant légèrement. »

Ses sujets se vengeront d’ailleurs en faisant du 1er avril un jour de moqueries avec un poisson dans le dos…

Cette bd retranscrit avec précision le ton moqueur de Jean Teulé. Un texte truculent qui trouve une place de choix dans un graphisme audacieux où se mélange plusieurs styles (portraits académiques, actions débridées et incursion dans le monde Peyo).

L’auteur retranscrit l’ambiance de l’époque en y  apportant une touche contemporaine. La Reine Margot est une gothique avant l’heure, Charly 9, un esprit punk, Henry ressemble à Marilyn Manson.

Un réussite qui méritait bien une sélection au Festival d’Angoulême.

Charly 9 aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Richard Guérineau.

 

Les guerrières de Troy: filles sexy et mercenaires

Par srosenfeld dans action, ados, Heroïc Fantasy, Humour, sexe , le 2 décembre 2013 19h00 | Ajouter un commentaire

Christophe Arleston, inventeur de la saga « Lanfeust de Troy » invite Dany à jouer avec ses filles dans son univers. Un cocktail détonnant qui aboutit à un diptyque au titre évocateur « Les guerrières de Troy ». Le lecteur peut compter sur le duo pour lui offrir une aventure aussi sexy que divertissante. « On a les mêmes goûts pour les bonnes choses de la vie » explique rieur Dany.

Le lecteur découvre donc Raya, la rousse flamboyante et naïve, Lynche, la blonde intrépide et physique et Issan, la mystérieuse asiatique. Des donzelles court vêtues qui virevoltent au gré de leur destin qui croise un trésor amassé par des bonimenteurs. Trahies, elles doivent affronter Myrgl, un monstrueux homme-serpent. Elles parviennent à s’échapper de son emprise et compte bien prendre leur revanche et devenir riches.

Comme un bon film de série B, Arleston et Dany s’amusent dans ce récit trépidant à la limite de la caricature. Un délire presque d’ados qui fait passer un bon moment pour peu que l’on joue le jeu.

Dany montre qu’il a toujours un grand coup de crayon lorsqu’il s’agit de dessiner les demoiselles. « J’ai essayer d’éviter de répéter la même fille, ce que l’on me reproche souvent, avec raison d’ailleurs » m’avoue-t-il. Le dessinateur se lance même dans les dragons. Les compères envisagent déjà une suite aux aventures de leurs guerrières, histoire de prolonger le plaisir.

Les guerrières de Troy aux éditions Soleil.

Scénario: Arleston.

Dessin: Dany.

 

Le Bible selon le Chat: du délire pour rire

Par srosenfeld dans Aventure, Historique, Humour , le 6 novembre 2013 11h47 | Ajouter un commentaire

Enfin. Philippe Geluck, se lance dans l’œuvre de sa vie, un album avec une histoire complète, et quelle histoire… La Bible revisitée par le Chat. Dès le départ, les fans (dont je suis) en salive d’avance et le résultat est… à la hauteur.

Grotesque, drôle, émouvant, subtil, les « Testaments » (livre 1 et 2) deviennent soudain limpides. Oui, l’humanité est un peu conne mais elle a une excuse: Dieu est quelque fois un peu bourré!

Le Chat se pare donc donc de toge pour expliquer la Création et faire ses digressions. Avec ces deux petits objets qui tiennent dans un grand format ( voir itw dans le studio ci-dessous), Philippe Geluck, tente d’apporter les réponses que tout le monde se pose.

Par exemple : qui est la femme de Dieu? Un squelette avec une perruque? Et puis, il y a le compagnon du « Dieu-Chat », le mouton (l’agneau Pascal?). Une étrange relation les lie. De quoi faire quelques ratés. L’Homme d’ailleurs en souffre un peu… la Femme…aussi.

L’auteur libéré de ses obligations professionnelles (un dessin par jour dans un quotidien, des émission radios etc…), profite de son temps pour délirer. « J’essaye de vous donner des explications logiques » me  dit-il « à ce que j’ai fait mais il n’y en a pas, j’ai improvisé! ».

Toujours aussi corrosif et pertinent, Philippe Geluck propose une réflexion sur le monde sans se prendre la tête sauf avec un petit Muscadet… A déguster sans modération.

La Bible selon le Chat aux éditions Casterman.

Scénario et dessin: Philippe Geluck.


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