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Complainte des Landes Perdues: final tragique et sensuel

Par srosenfeld dans action, Aventure, Heroïc Fantasy, Historique , le 17 décembre 2014 09h56 | Ajouter un commentaire

Difficile d’évoquer la sortie du dernier tome de la « Complainte des Landes Perdues » sans tristesse et nostalgie. Philippe Delaby, dessinateur emblématique du 9ème art s’est éteint brusquement à la page 33. Un choc. Son complice de toujours le scénariste Jean Dufaux s’en remet à peine. Dans mon studio, il le décrit par ces mots :« Philippe s’investissait tellement que parfois, il ne parvenait plus à gérer la limite entre la vie réelle et la vie rêvée. »

J’avais rencontré plusieurs fois le dessinateur et il me reste en mémoire son rire communicatif et son incroyable talent.

Un talent qui donne toute sa puissance dans ce « Sill Valt » qui clôture le deuxième cycle de cette série ambitieuse qui mélange chevalerie, magie et contrées sauvages.

Le lecteur va pouvoir découvrir qui est le Guinea Lord, cet être indestructible et pourtant si fragile. Car c’est là, la force de Jean Dufaux, trouver des surprises scénaristiques pour contrer les clichés et faire naitre la rêverie.

Le hasard fait que les dernières pages de Philippe Delaby incluent une scène érotique torride, un hymne au plaisir qui ne peut laisser indifférent. « Philippe était d’excellente humeur ce jour là » raconte Jean Dufaux « et il avait envie de cette scène extrêmement charnelle au premier degré. »

Celui qui lui succède pour terminer l’album, Jérémy, (ancien élève désormais grand comme le montre son « Barracuda » ) se plie à une autre scène du genre comme un effet miroir.

Sanglant, tragique, érotique, envoûtant, ce final tient toute ses promesses.  Ne pas rater plus bas, Jean Dufaux dans studio, un moment riche en révélations et émotions.

« La complainte des Landes Perdues », t8 aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux                 Dessin: Philippe Delaby

 

Angel Wings: une pilote sexy et sans peur

Par srosenfeld dans action, aviation, Historique, sexy , le 1 décembre 2014 15h35 | Ajouter un commentaire

Il suffit de voir la couverture d’ Angel Wings pour de suite avoir envie de dévorer les pages de cet album. Et le repas est plus que copieux. Le début d’une saga qui mélange aviation et histoire sur fond d’espionnage.

Un délice visuel qui se nomme Angela aux courbes avantageuses mais à l’esprit plus que brillant. Pas de sexisme, bien au contraire, cette série est un hommage à des femmes courageuses, pilotes oubliées de la Seconde Guerre Mondiale, héroïnes de l’ombre, les WASP!

WASP pour « Woman Airforce Service Pilot« , une unité d’élite composée entièrement de femmes chargée de livrer les avions des usines jusqu’au front. « Des femmes indispensables pendant la guerre à qui on a dit de retourner à leur casserole! » lance Romain Hugault. Le dessinateur voue une véritable admiration pour ces WASP « qui n’ont été réhabilitées qu’en 2009 par Barack Obama« .

Avec Yann au scénario, ce premier opus nous embarque en 1944 dans le massif himalayen avec  Angela McCloud et son C-47 Dakota. Celle-ci va faire connaissance avec la célèbre escadrille des « Burmas Banshees« , des pilotes barjos qui peignent des têtes de mort sur leur zinc.

Face à des hommes qui fonctionnent en meute, Angela va devoir prouver sa valeur. La belle a des arguments aussi percutants que sa poitrine car, un flingue à la main ou aux commandes d’un avion, rien ne lui résiste….

Une fois encore le graphisme de Romain Hugault fait merveille. Son trait précis et détaillé donne toute sa puissance dans les scènes aériennes tout en ne négligeant pas les décors et les personnages.

Yann donne naissance à une héroïne attachante et séduisante. « Nous voulions mettre en avant les femmes dans un monde d’homme, aller plus loin qu’une simple histoire de guerre » explique les dessinateur. Dans le genre, Angel Wings est sans doute ce qui se fait le mieux!

Ne pas rater l’interview passionnante de Romain Hugault ci-dessous.

Angel Wings, t1 aux éditions Paquet.

Scénario: Yann    Dessin: Hugault

Madame Livingstone : le Congo durant la Grande Guerre

Par srosenfeld dans Aventure, Congo, Historique, Première Guerre Mondiale, voyage , le 26 septembre 2014 14h27 | Ajouter un commentaire

En cette période des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, les éditeurs multiplient les propositions de récits. Une situation qui conduit quelque fois l’amateur de bd à une overdose au risque de laisser passer de véritables pépites. « Madame Livingstone » en fait partie. Cet album se distingue pour plusieurs raisons. Il évoque 14-18 à travers les combats qui ont eu lieu au Congo belge et surtout privilégie l’intime sur les batailles.

« Madame Livingstone » est aussi, à l’image de son titre, un trompe l’œil. Le héros n’est pas une femme mais un homme, un  métis, qui par provocation s’habille en kilt (objet récupéré en échange d’une caisse de bière à des Ecossais) et qui est constamment pris dans des sentiments contradictoires face à l’état major belge. Trompe l’œil aussi car, cette histoire, se sert du contexte de la guerre pour en fait raconter le Congo et la recherche des origines de celui qui est à la base de cet album, le dessinateur Barly Baruti.

« Jusqu’à l’âge de 13 ans, je me suis appelé Livingstone » me dit l’auteur dans mon studio BD. De quoi se poser des questions sur des liens éventuels avec l’explorateur britannique David Livingstone, héros de l’époque victorienne. Au final, la réponse semble être une éternelle interrogation mais l’essentiel n’est pas là. L’objectif de « Madame Livingstone » est de se plonger dans les relations entre la Belgique et le Congo.

Nous suivons la naissance d’une amitié entre deux hommes. D’un côté, l’aviateur Gaston Mercier, lieutenant de l’armée royale belge, chargé de couler un cuirassé allemand et de l’autre un métis énigmatique et instruit. L’occasion de dialogues sur la réalité d’un pays-continent où les puissances coloniales tentent de s’imposer dans un bain de sang.

Le graphisme de Barly Baruti particulièrement soigné apporte beaucoup à la réussite de ce projet ambitieux. Avec son crayonné maîtrisé et sa palette de couleurs, le dessinateur propose une bd envoûtante. « Cette bd n’a pas un esprit frondeur » m’explique-il mais « tente de poser des questions« . Pour achever de vous convaincre, je vous invite à suivre notre rencontre dans mon studio ci-dessous. Une exposition est d’ailleurs consacrée actuellement à Barly Baruti au Centre Belge de la bande dessinée à Bruxelles.

Madame Livingstone aux éditions Glénat.

Scénario: Cristophe Cassiau.

Dessin: Barly Baruti.

 

Les Merveilles: l’Antiquité revisitée

Par srosenfeld dans Aventure, graphisme, Historique, policier , le 22 juillet 2014 10h54 | Ajouter un commentaire

 » En une semaine, j’avais tous les récits en tête » m’avoue Luca Blengino. Le scénariste féru d’histoire aime plus que tout se plonger dans sa passion.

Cette série concept autour des 7 merveilles du monde pendant l’Antiquité est partie d’une envie:  raconter les jardins suspendus de Babylone. « Pour moi, c’est l’occasion de faire jouer mon imagination, car nous n’avons pas de description de cette merveille » me précise l’Italien.

Un premier essai qui donne envie à l’éditeur d’élargir finalement la thématique pour le plus grand bonheur de l’auteur.

Le premier tome se concentre sur la statue de Zeus à Olympie. Son créateur, le sculpteur Phidias, cache à l’intérieur un secret. Mais lequel? Alors que les jeux commencent deux athlètes se retrouvent au cœur d’une mystérieuse intrigue: le noble Kionis et Aurelios de Mykonos, le guerrier qui pleure.

Dans le second tome nous suivons le destin  Hesediel, dont les exceptionnelles connaissances en botanique vont faire de lui le jardinier des jardins suspendus de Babylone en 585 avant JC.  Nabuchodonosor, le roi fou,  lui lance un défi mortel. Il a un an pour faire éclore une fleur légendaire. S’il échoue, lui et 99 autres esclaves seront tués.

Voici les deux premières évocations des Merveilles, les autres sortiront dans les prochains mois.  Avec la statue de Zeus, Luca Blengino démontre son savoir-faire en construisant un divertissement entre mythe et réalité. « Je voulais ancrer mes récits dans l’époque  » me dit-il.

Il faut imaginer ce que représentait le monument pour la population: un géant (un Zeus de plus de douze mètres fait d’un mélange d’or et d’ivoire). La sueur et le  sang à Olympie d’un côté, l’élégance des jardins de Babylone de l’autre, le lecteur voyage sans se lasser. Avec son graphisme classique et ses couleurs chaudes, cette plongée dans l’Antiquité séduira les amateurs de bd historique.

Les Merveilles, t1 et 2 aux éditions Delcourt.

Scénario: Luca Blengino.

Dessin: Stefano Andreucci, Roberto Ali.    

 

Errance en mer Rouge

Par srosenfeld dans action, Aventure, biographie, contemporain, graphisme, Historique, peinture, voyage , le 10 mai 2014 09h57 | Ajouter un commentaire

« Il s’agit d’une bd en partie autobiographique » m’explique Joël Alessandra à propos d’Errance en mer Rouge. Le lecteur suit les pas d’un professeur à Djibouti (l’auteur, lui, travaillait pour l’Ambassade de France au centre culturel) qui fait la rencontre d’un baroudeur illuminé et trafiquant dans une zone où sévissent les pirates somaliens.

Alors que le héros imagine se retrouver dans une Afrique de savane avec des girafes, le voilà sur un caillou où la population tente de survivre entre pauvreté, corruption et conflits armés. Au côté de Fred, l’aventurier, l’enseignant en dessin quitte ses crayons pour s’engager dans une voie aussi dangereuse qu’enivrante.

« Fred, c’est Nicolas, une sorte d’Henry de Monfreid moderne » me lance Joël Alessandra. L’auteur fait référence à cet écrivain voyageur français dont les écrits sur la Corne de l’Afrique raconte sa vie de contrebandier (voir « Les secrets de la mer Rouge », « la croisière du hachich » etc…).

Cet bd est un hymne à l’aventure mais aussi une mine d’information pour comprendre la réalité de la Somalie avec ses pirates sanguinaires mais aussi ses pêcheurs victimes de forces qui les dépassent.

L’auteur utilise tout le matériel récolté durant ses différents séjours à Djibouti et ses expériences au côté de son ami pour créer un bd qui navigue entre le reportage de terrain et la fiction. L’intégration de ses dessins et photos à l’intérieur du récit apporte une vrai plus-value.

Sa maîtrise de l’aquarelle évoque les carnets de peintres comme Delacroix. Divertissante et enivrante, cet « Errance en mer Rouge » est un vrai coup de cœur.

Errance en mer Rouge aux éditions Casterman.

Scénario et dessin: Joël Alessandra.

 

Le Horla: la peur au corps

Par srosenfeld dans conte, fantastique, graphisme, Historique, Non classé , le 7 mai 2014 13h11 | Ajouter un commentaire

« J’ai lu la nouvelle de Maupassant lorsque j’avais 12 ans, je vivais sur le lieu de la nouvelle, à quelques centaines de mètres de la forêt dont il est question » m’explique Guillaume Sorel. Autant dire que l’histoire du romancier est un récit ancré dans l’imaginaire de l’auteur. En l’adaptant, le scénariste et dessinateur, réalise un vieux projet qui lui tient à cœur. L’occasion de s’aventurer dans l’univers de l’épouvante.

Le récit débute avec le narrateur qui mène une vie tranquille dans sa maison au bord de la Seine. Il raconte que soudain d’étranges phénomènes commencent à se produire. Des objets  disparaissent ou se brisent, une fleur s’envole cueillie par une main invisible, une carafe d’eau se vide … Pour notre homme, peu à peu une certitude se fait jour: un être surnaturel et immatériel vit chez lui et se nourrit de ses provisions. Il le baptise le Horla….

Ce conte fantastique de Maupassant invite le lecteur dans  un monde surnaturel. A l’époque, le romancier sombre lui aussi peu à peu dans la folie.  Guillaume Sorel en donne toute la puissance grâce à une économie de mots et une maîtrise graphique impressionnante. « La créature est née par hasard au fur et à mesure de mon dessin lors des différentes étapes du passage à la couleur, dans un intermédiaire, une semi-transparence » me raconte l’artiste.  Au final cette adaptation rend parfaitement l’ambiance de la nouvelle. La bd joue avec nos nerfs tout en traitant de la solitude, du suicide et de la peur de l’invisible. Une réussite.

D’autres révélations dans son interview ci-dessous.

Le Horla aux éditions Rue de Sèvres

Scénario et dessin: Guillaume Sorel.

 

Les mystères de la République: 3 flics, 3 époques

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, Historique, policier , le 2 avril 2014 15h24 | Ajouter un commentaire

 » Je suis Belge et je peux évoquer avec recul certaines pages  sombres de l’Histoire de France comme la guerre d’Algérie «  me lance Philippe Richelle. Le scénariste qui voue une passion aux petits et aux grands événements propose un projet longtemps mûri.

Sa série se construit sur plusieurs décennies avec comme marqueur de temps:  la IIIème, la IVème et la Vème République. A chaque fois, un dessinateur différent s’approprie sa période avec son univers personnel. Philippe Richelle orchestre le tout et donne à chacun un héros, une « gueule », un flic ordinaire mais tenace.

Que ce soit dans les années 30 au cœur des mouvements d’extrême droite ou à Marseille chez les dockers de la CGT en 1950 ou en 1959 sur fond de guerre d’Algérie, des policiers tentent de trouver des réponses à des morts violentes ou suspectes. Chaque enquête permet de plonger dans la société française de l’époque sur le plan social et politique.

« Ce qui m’intéresse c’est de restituer les enjeux, le climat » m’explique Philippe Richelle. L’auteur est sensible à l’atmosphère du moment. Ces récits policiers ne sont jamais les mêmes et utilisent plusieurs ressorts dramatiques pour varier les points de vue.

Un travail de précision qui donne toute sa force à cette série aussi audacieuse que séduisante. Si chaque dessinateur apporte sa touche, l’ensemble forme une famille graphique cohérente. Une bd incontournable pour les férus d’histoire.

Les mystères de la République, IIIème, IVème et Vème République.

Scénario: Philippe Richelle

Dessin: Wachs, Buscaglia,   Ravard.

 

Perico: du polar comme on aime signé Berthet

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, Historique, mafia, polar, policier, thriller , le 27 mars 2014 18h03 | Ajouter un commentaire

Le dessinateur de Pin Up se lance dans un véritable défi. Devenir le chef d’orchestre d’une nouvelle collection de bd dédiée au polar avec une seule signature graphique, la sienne. « Jusqu’ici, c’étaient les scénaristes  qui écrivaient des histoires différentes avec plusieurs dessinateurs, là c’est l’inverse, et je crois que je suis le premier » m’avoue Philippe Berthet.

Avec ses couleurs jaune et noire en référence aux  livres de la « série noire« ,  voici donc Perico, premier album de la Ligne Noire dédiée au polar.

Le récit s’ouvre sur le meurtre d’un Américain à la sortie d’un casino de La Havane, à Cuba.  Un meurtre lié aux affaires du chef de la pègre locale, Santo Trafficante et du président Batista.  De quoi agiter l’île. Sans le savoir, en aidant son frère en cavale, le jeune Joaquin, va se retrouver dans les pires ennuis.

Avec une valise de billets et un flingue, le serveur naïf rêve d’une autre vie. Pourquoi pas avec l’envoutante  Livia, propriété de Santo Trafficante? L’improbable duo s’enfuit alors aux États-Unis avec à leurs trousses des truands sans pitié.

Ce premier volet du diptyque Perico  scénarisé par Régis Hautière comporte tous les ingrédients du polar : corruption, mafia, jolies filles et suspense. Une belle entrée en matière qui se déguste avec avidité tant le graphisme de Philippe Berthet est travaillé. Couleurs chaudes, cadrages efficaces, jeux d’ombres et ligne claire: du très beau dessin. « Vous allez voir ce que vous allez voir » me lance amusé l’auteur qui sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Bravo. Jusqu’ici, c’est un sans faute.

Perico, t1 aux éditions Dargaud.

Scénario: Régis Hautière

Dessin: Philippe Berthet.

 

Silas Corey: naissance d’un héros

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, Historique , le 19 mars 2014 14h25 | Ajouter un commentaire

« Ce n’est pas la fin de ses aventures, nous sommes en 1917 et Silas Corey a encore de longues années à vivre » me lance Fabien Nury. Et c’est tant mieux. Le scénariste vient d’inventer un des héros les plus emballant de ces dernières années. Comme le dit, le dos de couverture, sa devise est déjà tout un programme: détective, espion, tueur, héros ou escroc, ça dépend de l’employeur!

Le premier diptyque actuellement en librairie est salué par plusieurs prix du public, signe d’un engouement pour ce personnage haut en couleur. Cheveux blanc, tailleur élégant et canne-épée tranchante, Silas Corey navigue en eaux troubles comme un poisson dans l’eau. Alors que la guerre fait rage, Clemenceau l’engage pour retrouver un message codé.

Notre héros n’hésite pas à faire monter les enchères en se vendant aussi aux services secrets et à une riche industrielle en cheville avec les Allemands. Aidé de son fidèle serviteur Nam, Silas Corey entame une course contre la montre avec un ennemi redoutable, Aquila…

« L’efficacité prime, après si possible, on espère parvenir à une forme de mélancolie » m’explique Fabien Nury. Le scénariste d’ « Il était une fois en France » aime, plus que tout,  se plonger dans les méandres de l’Histoire. Mais il sait aussi que son objectif est d’abord de tenir en haleine son lecteur. Un exercice qu’il maîtrise parfaitement avec cette fiction historique.

A ses côtés, il bénéficie des talents graphiques de Pierre Alary qui se surpasse. Le dessinateur apporte au récit une véritable puissance grâce à un trait élégant et tranchant. Les décors sont magnifiques tout comme les choix des couleurs. « J’avais tendance à vouloir faire sourire Silas mais Fabien voulait un visage froid et distant, j’ai du m’adapter car ce n’est pas dans ma nature! » dit-il avec humour. Le duo réussit un divertissent de haute volée. Du plaisir de la première à la dernière page. Vivement la suite!

Silas Corey, t1 et 2 aux éditions Glénat.

Scénario:  Fabien Nury.

Dessin: Pierre Alary.

 

Ennemis de sang: affrontement au coeur des terrils

Par srosenfeld dans Aventure, charbonnage, Historique , le 19 mars 2014 13h24 | Ajouter un commentaire

« Je voulais rendre hommage à mon père et à mon grand-père » m’explique tout simplement Francis Carin. Le dessinateur et scénariste, qui a grandi au pied d’un terril, ressent l’histoire du charbonnage comme un legs. Mais pas question de faire dans la pédagogie laborieuse, « Ennemis de sang » veut raconter la Wallonie des gueules noirs en tissant une intrigue familiale qui commence par un enlèvement.

Nous sommes en 1896. Maria et Frans Desmet, paysans de Flandre occidentale,  perdent tragiquement leur bébé. La mère, effondrée, décide alors de voler un des deux jumeaux de la riche famille Van Tongen. Le couple brûle sa ferme et disparait pour se cacher dans les charbonnages de Wallonie.

L’enfant sera élevé comme leur propre fils.  Séparés, les deux frères grandiront dans des milieux opposés.  La vie simple et rude des mineurs pour Omer, le luxe et l’aisance pour Oscar. Jusqu’au jour où, les frères, devenus jeunes hommes, se croisent pour mieux se déchirer…

« Omer était le prénom de mon père » me raconte Francis Carin, « il était maréchal ferrant dans un charbonnage ». Et l’auteur d’utiliser ce passé pour raconter la vie au cœur de la mine où les chevaux, prisonniers de la terre, en devenaient aveugles. Subtilement dessiné, ce récit évoque le développement industriel de l’époque où la richesse se trouvait en Wallonie.

A travers le destin de ces frères de sang, Francis Carin construit une  fiction divertissante et attachante. Au côté de son fils David, il évoque notre passé avec pudeur et honnêteté. Un début prometteur en attendant la suite.

Ennemis de sang, t1 aux éditions Glénat.

Scénario et dessin: Francis Carin.

Dessin: David Caryn.