Historique

Giant: au sommet de New-York

Par srosenfeld dans Aventure, BD, graphisme, Historique, mafia , le 10 juillet 2017 16h28 | Ajouter un commentaire

bd-giantIl y a des photos qui restent définitivement dans l’imaginaire collectif. Si je vous parle de ces hommes assis côte à côte sur une poutre métallique suspendue à des centaines de mètres au cœur des gratte-ciels new-yorkais. De suite, l’image vous revient.  Pour Mikaël, dessinateur et scénariste français immigré au Québec, cette photo est un point de départ idéal pour raconter la « grosse pomme » au temps de la Grande Dépression.

Nous sommes exactement en 1932. Les Irlandais se pressent chaque jour pour se faire engager auprès du contremaitre afin de planter des rivets au sommet des structures de fer qui ne semblent jamais s’arrêter de grandir.

Un homme ne passe pas inaperçu. Il s’appelle Giant, un colosse taciturne. Alors qu’il doit annoncer à la veuve d’un de ses collègues restée au pays son brutal décès, il préfère lui envoyer une somme d’argent et dactylographie une lettre racontant sa vie de chantier. Le début d’un mensonge qui n’est pas sans conséquence…

« J’avais envie de raconter New-York, ce tourbillon de bruits et d’images qui l’anime jour en nuit » m’explique Mikaël dans mon studio BD. A travers ses cadrages et ses ambiances subtiles, le créateur de « Giant » emmène le lecteur au sommet. « 

Je me suis beaucoup inspiré de films comme il était une fois en Amérique de Sergio Leone » me confie le dessinateur. Le récit mêle l’histoire de son héros à d’autres personnages attachants. Prévu en deux tomes, cette première partie séduit et laisse rêveur, une fois la dernière page tournée.

Giant aux éditions Dargaud

Scénario et dessin: Mikaël

Les chevaliers d’Héliopolis: fresque historique et alchimie

Par srosenfeld dans Aventure, ésotérisme, graphisme, Historique , le 27 juin 2017 15h06 | Ajouter un commentaire

9782344011324-L« C’est moi qui l’ai contacté » me confie le dessinateur Jérémy en parlant de Jodorowski. Le scénariste de « l’Incal », de « Bouncer » ou encore de « la légende du Lama Blanc » est un artiste qui a donné envie au jeune auteur de faire de la BD. Et miracle. Ca marche. Après lui avoir tiré les cartes, Jodorowski, décide d’inventer un nouveau récit autour du thème de l’alchimie. Et comme toujours avec cet artiste qui n’a pas de limite, le personnage principal est aussi fascinant que troublant: un être hermaphrodite.

Mais pour commencer cette nouvelle série, rien de mieux qu’une scène spectaculaire pour introduire notre héros. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle dans un monastère où se dissimule le temple sacré des Chevaliers d’Héliopolis : une assemblée d’alchimistes immortels et coupés du monde. Le disciple Dix-sept s’apprête à compléter sa formation et à intégrer l’ordre en affrontant un gorille initié. L’occasion de dévoiler aux autres membres de la confrérie le secret de ses origines. Il est le fils caché de Louis XVI et de Marie-Antoinette, l’héritier du trône de France!

Louis XVII a bien existé  et il serait mort à l’âge de 10 ans dans les geôles de la prison du Temps. Mais au même titre  que  L’Homme au masque de fer, il trouve dans Les chevaliers d’Héliopolis un nouveau destin. Jodorowski mêle habilement les connaissances alchimiques à une fresque romanesque. Jérémy (Barracuda) dont le trait précis ne cesse de progresser apporte toute sa technique pour donner du sens et du rythme aux cases. « J’aime son audace » m’avoue Jérémy dans mon studio Bd en parlant de Jodorowski. Un dessinateur qui sait aussi calmer les folies du scénariste pour y apporter sa jeunesse et sa modernité. Le duo nous propose une série enlevée prévue en 4 tomes qui ne manque pas de panache!

Les chevaliers d’Héliopolis aux éditions Glénat

Scénario: Jodorowski

Dessin: Jérémy

Laowai: au cœur de la Guerre de l’Opium

Par srosenfeld dans Aventure, BD, Historique, voyage , le 17 avril 2017 14h41 | Ajouter un commentaire

Couv_295053« Lors d’un voyage avec ma femme en Chine, j’ai découvert la Guerre de l’Opium, un conflit souvent méconnu du grand public » me précise Didier Alcante. Pour le scénariste l’expédition militaire conjointement menée par la France et la Grande-Bretagne contre l’Empire chinois est un cadre idéal pour un récit d’aventure.

L’histoire se déroule en 1859 sous l’Empereur Napoléon III. François Montagne et Jacques Jardin, soldats et amis veulent à tout prix participer à la campagne militaire contre la Chine. Malgré le danger, les places sont chères pour faire partie des élus.

Ce premier tome se concentre en partie sur l’entrainement et la sélection des hommes destinés à défendre les intérêts commerciaux de la France. François Montagne, à l’allure, le physique et l’esprit guerrier nécessaire. Son compagnon, par contre a plus de mal mais a un talent: le dessin.

Le récit pose intelligemment les bases d’une histoire qui très vite intrigue le lecteur. Les cadrages et la mise en couleur créent des scènes dynamiques.  Le dessin de Xavier Besse progresse au fil des pages avec notamment un abordage en mer de Chine spectaculaire.

« Je travaille avec un dessinateur qui connaît le Chinois et est passionné par ce pays » me lance enthousiaste Didier Alcante dans mon studio BD. Une jeune femme chinoise, servant d’interprète, permet aussi d’apporter un regard différent sur les évènements.

Entre découverte, exotisme et rebondissements, ce premier album constitue une base solide pour développer une aventure qui s’annonce palpitante. A suivre…

Laowai t 1 aux éditions Glénat

Scénario: Didier Alcante       Dessin: Xavier Besse

A découvrir aussi du même auteur la série d’horreur Dark Museum aux éditions Delcourt. Le pitch: pour entrer au Dark Museum, une toile doit provoquer chez son observateur une impression morbide que seule une origine mystérieuse semble pouvoir expliquer.

 

Les Aigles de Rome: combats et sacrifices

Par srosenfeld dans action, BD, érotisme, Historique , le 25 décembre 2016 15h55 | Ajouter un commentaire

les-aigles-de-rome-tome-5-livre-v« Ce que je raconte dans le tome 5 me tient à cœur depuis le début » me lance Marini.  Grâce au soutient des lecteurs, le dessinateur et scénariste italien peut construire sur la durée une série qui lui est très personnelle, « Les Aigles de Rome ». Nous sommes ici à un moment clé du récit. Arminius, le chef rebelle des Germains va enfin pouvoir accomplir son projet: mettre fin à l’hégémonie romaine sur le territoire de ses ancêtres.

Elevé à Rome avec son frère d’arme Marcus, il  a réussi à s’élever dans la hiérarchie pour se trouver au près des généraux qu’il s’apprête à trahir. Marcus nepeut rien y faire. Il a conscience que les dés sont jetés. Sa seille obsession est désormais de sauver sa femme et son fils qui se retrouvent au cœur de la bataille. Les glaives sont levés…. Qui échappera à un sort funeste?

« Arminius est un personnage réel, comme Vercingétorix  pour les Gaulois, mais lui a gagné face à l’envahisseur romain » précise Marini. Ce personnage légendaire fascine l’auteur qui vit entre l’Allemagne, l’Italie, la France et la Suisse. Dans cet album « très viril », le dessinateur démontre une fois de plus la précision de son trait.

La construction de ses cases impressionne par la densité des détails et la fluidité de l’action. La double page de la bataille finale est d’une rare puissance visuelle. « Après, il va falloir que je me calme en mettant plus de volupté » m’explique Enrico qui dit avoir mangé des céréales et bu beaucoup de café pour boucler ce récit.  Un très grand album pour une saga qui garde plus que jamais son pouvoir d’attraction. Bravo.

Les Aigles de Rome aux éditions Dargaud

Scénario et dessin: Enrico Marini

Djinn: fin d’une saga érotique et exotique

Par srosenfeld dans BD, conte, érotisme, Historique, voyage , le 23 décembre 2016 10h12 | Ajouter un commentaire

Tome13« Toute bonne chose a une fin » me lance Jean Dufaux dans mon studio BD. Après 15 ans d’un voyage envoûtant au cœur du corps et du pouvoir, la série Djinn se termine sur un ultime album intitulé: « Kim Nelson ». Celle par qui tout a commencé, l’héroïne à la recherche de son passé et de son double, la Djinn qui sommeille en elle.

Ce dernier opus termine le troisième cycle centré sur l’Inde, après le « cycle ottoman » et le « cycle africain ». Durant ces 13 albums, la dessinatrice Ana Mirallès a fait des merveilles en proposant un graphisme d’une exceptionnelle beauté. Des décors à couper le souffle magnifiés par une belle palette de couleurs.

Le travail de l’artiste espagnole sur les corps (les tatouages), les vêtements et les bijoux est remarquable de subtilité. « J’ai essayé, même dans l’érotisme, d’apporter une touche d’élégance » me  dit-elle.

« C’est elle qui a mis un corps sur les mots » m’explique le scénariste. Dans ce dernier récit, Kim Nelson retrouve la trace de Jade et met fin à une malédiction. Sur un film, elle revoit la Djinn qui a fait de Lady et Lord Nelson les complices d’un jeu érotique et politique aux multiples rebondissements.

Fidèle à sa nature, Jean Dufaux a su créer avec Djinn une toile complexe où le sexe devient un moyen d’atteindre son but. Exotique et passionnant cette saga a été plébiscitée par des milliers de lecteurs et ce n’est pas sans regrets que la dernière page se tourne.

« Nous avons voulu comme Shéhérazade continuer à créer pour vivre une nuit de plus » me glisse l’auteur. Il nous laisse le parfum de Jade en guise de cadeau pour rêver nos propres aventures à ses côtés. Une Djinn ne meurt jamais.

Djinn, t13 aux éditions Dargaud

Scénariste: Jean Dufaux

Dessin: Ana Mirallès.

Thorgal: la série mythique relancée

Par srosenfeld dans action, Aventure, BD, fantastique, Historique , le 13 décembre 2016 16h13 | Ajouter un commentaire

thorgal-tome-35-feu-ecarlatePas facile de reprendre la série mythique Thorgal surtout quand le dessinateur historique a ses exigences. Grzegorz Rosinski est très clair: « Je ne travaille qu’avec les meilleurs mais ils ne pas souvent libres ».

Malgré un emploi du temps chargé, Xavier Dorison accepte de relever le défi. Il prend le relais d’Yves Sente qui avait remplacé Jean Van Hamme en 2007. « Je compte garder l’identité de la bd en y ajoutant une touche plus adulte » m’explique le scénariste du « Troisième testament » et de « Long John Silver ». N’en doutons pas, il a le profil idéal pour redonner un second souffle à la saga.

Les deux artistes mettent donc un point final au « cycle des mages rouges ». Une façon de s’ouvrir de nouveaux horizons. « Nous sommes en train de nous apprivoiser » lance malicieusement Grzegorz Rosinski dans mon studio bd. A 75 ans, le dessinateur, longtemps affaibli par une maladie, signe son retour en force.

Dans « le feu écarlate » Thorgal retrouve son fils Aniel, enlevé par des sorciers. Son objectif est simple: sortir l’adolescent des griffes des mages rouges. Une mission suicide dans une Bag Dadh assiégée. L’album baigne dans la couleur rouge. « Cela est surtout lié au contexte » précise le scénariste.

« Je suis un non-violent mais Xavier m’a convaincu que cette fois, cela se justifiait » lance Grzegorz Rosinski. Une fois encore, notre héros démontre ses qualités guerrières pour sauver sa famille, thème central de la série.

Les valeurs morales sont essentielles pour le dessinateur. « Je suis ancien » dit-il. L’auteur polonais observe avec tristesse et inquiétude  « la montée du populisme en Europe ». Cette 35 ème aventure est une réussite avec son rythme enlevé et son graphisme puissant. Le duo a toutes les cartes en main pour faire des étincelles…

Thorgal, t35, aux éditions Le Lombard

Scénariste: Xavier Dorison

Dessinateur: Grzegorz Rosinski

Sambre: la saga sanglante est de retour

Par srosenfeld dans graphisme, Historique, social, tragique , le 7 novembre 2016 18h52 | Ajouter un commentaire

Couv_288310Le premier tome de Sambre sort en 1986. Et dès les premières pages, Yslaire impose une œuvre majeure qui séduit de très nombreux lecteurs. A travers le récit d’une famille au XIXe siècle marquée par une malédiction, des yeux rouges, l’auteur crée une fresque d’une extrême densité.

Au fil du temps, nous suivons l’amour de Bernard Sambre et Julie et de leurs enfants. A leurs côtes des personnages sombres, complexes, vivent, meurent, souffrent. Au fil du temps, le récit se fait tortueux, social et brutal. 20 ans plus tard, Fleur de pavé, le tome 7 marque un tournant, celui de la chute vers le tragique final.

« La question n’est pas de savoir si cela va se finir mal, cela va se finir mal, la question c’est comment » m’explique Yslaire dans mon studio BD. A l’image d’un Balzac ou d’un Zola, l’auteur continue de sonder l’âme humaine dans une société bourgeoise hypocrite. Entre les cauchemars de Bernard-Marie Sambre, élevé par sa tante à la Bastide et Judith qui grandit dans un orphelinat à Paris, les histoires s’entrelacent sans jamais se perdre.

Une fois encore, Yslaire s’impose grâce à un graphisme sophistiqué et hypnotique. La scène d’ouverture de Fleur de pavé est d’une rare puissance visuelle. Elle imprègne l’esprit du lecteur au cœur des péripéties de Judith, libertaire et fille de la liberté. Dans un monde cruel, elle impose sa joie de vivre.

Au milieu d’un tourbillon de couleurs sépias apparait le rouge qui transperce les images comme un « éclair de sensualité, d’amour, de passion, de fulgurance, de sang qui coule ». Le Bruxellois, l’avoue, le rouge est la couleur qu’il met en dernier. « C’est ma couleur préférée depuis que je suis tout petit » dit-il. 

Sambre, t7 aux éditions Glénat

Scénario et dessin: Yslaire

Marina: un double récit sanguinaire et ludique

Par srosenfeld dans BD, Historique, Venise , le 6 septembre 2016 16h35 | Ajouter un commentaire

Couv_279956« Razzias »! Le titre de ce troisième album de Marina annonce la couleur. Nous sommes en 1345.  Notre héroïne, Marina, rejetée par son père le Doge, qui l’associe malgré elle, à la 6ème malédiction de Dante, compte bien se venger.

Elle est désormais à la tète de pirates sanguinaires. Son objectif : détruire la ville de son enfance. La Sérénissime, née des flots semble condamnée à sombrer…

« Ce récit historique est aussi une façon de réfléchir à la Venise d’aujourd’hui » me précise le dessinateur Matteo.

Ce n’est donc pas un hasard si, en parallèle des aventures de Marina se déroule une autre histoire, contemporaine, celle là, avec un navire de croisière qui éventre la place Saint Marc.

Venise possède un tel passé que la moindre ruelle, sculpture ou inscription invitent à l’imagination. « Avec Zidrou, le scénariste, nous sommes tentés à chaque fois d’ajouter des éléments à notre récit mais ce n’est pas toujours possible » me lance Matteo.

L’artiste est plus que jamais amoureux de sa cité même s’il s’inquiète de son avenir face au tourisme de masse (voir interview ci-dessous).

Une fois de plus, la qualité graphique de Marina saute aux yeux. Le trait est aussi sûr et délicat que les personnages sont hésitants et sanguinaires. L’utilisation de la couleur directe illumine les pages.

« Nous voulions moins de textes et plus d’images pour donner du rythme et reposer le lecteur » explique Matteo. Ce troisième opus continue brillamment la saga.

Une série historique séduisante qui donne envie de prendre un vol pour Venise.

Marina, tome 3 aux éditions Dargaud

Scénariste: Zidrou

Dessinateur : Matteo

L’héritage du diable: un magnifique cocktail d’aventures

Par srosenfeld dans Aventure, BD, ésotérisme, Historique, Seconde Guerre mondiale , le 23 août 2016 20h01 | Ajouter un commentaire

Couv_281689« Des sociétés secrètes, des trésors, des abbayes en ruine, tout ça, c’est le souffle de l’aventure » me lance enthousiaste le scénariste Félix Jérôme. Nul doute, la volonté de cette bd est d’en mettre plein la vue et ça marche ! C’est dense, intense, mystérieux, accrocheur. Un divertissement haut de gamme mis en valeur par de grandes qualités graphiques.

Tout commence par un rêveur: Constant. Il ne pense qu’à une femme rencontrée une nuit et disparue depuis. Son chemin va le conduire à un tableau mystérieux où sa muse apparait. Un secret semble caché dans la toile. Et voilà notre héros, un naïf, face à des ennemis redoutables. A leur tête, la troublante cantatrice Emma Calvé. Elle croit à un pouvoir hérité du diable en personne. Ses alliés nazis y croient aussi. La réponse est peut-être dans un village isolé du Languedoc, Rennes-le-Château.

Ce n’est que le début de nombreux rebondissements où se croisent de multiples personnages : voleuse amoureuse, écrivain curieux, cardinal manipulateur. Tous sont bien décidés à résoudre le mystère.

Cette série débuté en 2009 se termine sur un quatrième tome qui ne déçoit pas. Impossible de résumer l’ensemble de ce récit à la fois ludique et dynamique. Les auteurs y mélangent tous les ingrédients qui font le succès de ce type de quête: ésotérisme, messages codés etc..

« J’avais lu le Da Vinci Code, à l’époque et j’avais envie de créer une bd dans le même esprit » me raconte Paul Gastine. Cela tombe bien car son professeur d’atelier d’écriture et de bd aime aussi ça. Le début d’une belle histoire.

« Lorsque j’ai rencontré Paul, c’était un adolescent, avec un énorme talent » m’explique Félix Jérôme.  Cette bd est leur première collaboration. A travers elle, le dessinateur démontre que son coup de crayon est l’un des meilleurs de sa génération.

« L’héritage du diable » s’inscrit dans la lignée des grandes bd d’aventures. « J’avais envie de mettre tout ce qui me faisait rêver quand j’étais enfant «  m’explique le dessinateur. Pari réussi.

L’héritage du diable aux éditions Bamboo

Scénario: Félix Jérôme

Dessin: Paul Gastine

Silas Corey: jusqu’au bout de la folie des hommes

Par srosenfeld dans BD, Historique, polar, Première Guerre Mondiale, suspens , le 25 avril 2016 16h46 | Ajouter un commentaire

501 SILAS COREY T04[BD].indd« Fais attention Silas, tu es en train de devenir adulte » lance la belle espionne à Silas Corey. Et c’est vrai que notre héros a de quoi se poser des questions. L’humanité a-t-elle encore sa place dans cette Europe de l’entre-deux-guerres détruite par une boucherie innommable?

Lui, l’aventurier capable de trancher la gorge de son adversaire d’un coup de canne-épée, vit dans ce deuxième diptyque des heures sombres. Car une fois de plus, les cendres servent de terreaux à de nouvelles ambitions d’individus sans scrupules.

« J’ai cette atmosphère de film noir » me confie Pierre Alary. Le dessinateur joue avec les cadrages, les silhouettes, pour créer un monde inquiétant entre ombres et lumières.

Notre héros continue sa quête de l’héritier de la mère Zarkoff en prenant sous sa protection sa femme aussi séduisante que troublante. Car dans cette Allemagne en crise, un mouvement antibolchévique et antisémite, s’inspirant des exploits mythologiques du dieu Wotan, prend de l’ampleur. Son leader ressemble trait pour trait au destinataire de la fortune la milliardaire. Mais les apparences sont trompeuses…

Toujours aussi rythmé, ce récit tient le lecteur en haleine et remplit toutes ses promesses. Le duo d’auteurs continue de développer les différentes facettes de Silas Corey, sorte de Sherlock Holmes désabusé à l’esprit aiguisé.« A nous de l’emmener ailleurs » m’annonce Pierre Alary, enthousiaste à l’idée de retrouver dès que possible un nouveau terrain de jeux.

Silas Corey, Le Testament Zarkoff 2/2, aux éditions Glénat.

Scénario: Fabien Nury

Dessin: Pierre Alary