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Congo

Madame Livingstone : le Congo durant la Grande Guerre

Par srosenfeld dans Aventure, Congo, Historique, Première Guerre Mondiale, voyage , le 26 septembre 2014 14h27 | Ajouter un commentaire

En cette période des commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, les éditeurs multiplient les propositions de récits. Une situation qui conduit quelque fois l’amateur de bd à une overdose au risque de laisser passer de véritables pépites. « Madame Livingstone » en fait partie. Cet album se distingue pour plusieurs raisons. Il évoque 14-18 à travers les combats qui ont eu lieu au Congo belge et surtout privilégie l’intime sur les batailles.

« Madame Livingstone » est aussi, à l’image de son titre, un trompe l’œil. Le héros n’est pas une femme mais un homme, un  métis, qui par provocation s’habille en kilt (objet récupéré en échange d’une caisse de bière à des Ecossais) et qui est constamment pris dans des sentiments contradictoires face à l’état major belge. Trompe l’œil aussi car, cette histoire, se sert du contexte de la guerre pour en fait raconter le Congo et la recherche des origines de celui qui est à la base de cet album, le dessinateur Barly Baruti.

« Jusqu’à l’âge de 13 ans, je me suis appelé Livingstone » me dit l’auteur dans mon studio BD. De quoi se poser des questions sur des liens éventuels avec l’explorateur britannique David Livingstone, héros de l’époque victorienne. Au final, la réponse semble être une éternelle interrogation mais l’essentiel n’est pas là. L’objectif de « Madame Livingstone » est de se plonger dans les relations entre la Belgique et le Congo.

Nous suivons la naissance d’une amitié entre deux hommes. D’un côté, l’aviateur Gaston Mercier, lieutenant de l’armée royale belge, chargé de couler un cuirassé allemand et de l’autre un métis énigmatique et instruit. L’occasion de dialogues sur la réalité d’un pays-continent où les puissances coloniales tentent de s’imposer dans un bain de sang.

Le graphisme de Barly Baruti particulièrement soigné apporte beaucoup à la réussite de ce projet ambitieux. Avec son crayonné maîtrisé et sa palette de couleurs, le dessinateur propose une bd envoûtante. « Cette bd n’a pas un esprit frondeur » m’explique-il mais « tente de poser des questions« . Pour achever de vous convaincre, je vous invite à suivre notre rencontre dans mon studio ci-dessous. Une exposition est d’ailleurs consacrée actuellement à Barly Baruti au Centre Belge de la bande dessinée à Bruxelles.

Madame Livingstone aux éditions Glénat.

Scénario: Cristophe Cassiau.

Dessin: Barly Baruti.

 

Kongo: plongée au coeur de Conrad

Par srosenfeld dans Aventure, Congo, graphisme, voyage , le 31 mars 2013 17h08 | Ajouter un commentaire

Un livre plus qu’une bd, un voyage plus qu’une lecture. Une expérience graphique. « Kongo » sort des sentiers battus à l’image de son héros, Joseph Conrad. Celui qui n’est pas encore écrivain va vivre une aventure extraordinaire au Congo alors propriété du Roi Léopold II.

Grâce à l’entremise d’un membre de sa famille, le jeune lieutenant de la marine marchande accepte un contrat pour diriger un bateau sur le fleuve Congo. Celui qui a connu l’Indochine découvre une réalité aussi surprenante que brutale. De cette expérience, il va en tirer son chef d’œuvre « Au cœur des ténébres » publié en 1899.

S’appuyant sur les lèvres envoyés par Joseph Conrad à sa famille, le scénariste Christian Perrissin nous emmène dans un récit d’aventure où le lecteur suit pas à pas le périple de l’ancien immigré Polonais. Une histoire qui prend son temps pour mieux appréhender le sentiment qu’a pu avoir Joseph Conrad au fur et à mesure de son voyage au coeur de la jungle.

Une atmosphère oppressante chère au dessinateur Tom Tirabosco qui opte pour un graphisme noir et blanc puissant. Le duo va mettre près de deux ans et demi pour accoucher de « Kongo ». Un très beau livre, sans concession, qui plaira aux amateurs de voyage et aux amoureux du continent africain.

Kongo aux éditions Futuropolis.

Scénario: Christian Perrissin.

Dessin: Tom Tirabosco.

 

 

Rose d’Elisabethville: diamants bruts mortels dans le Congo des années 60

Par srosenfeld dans Aventure, Congo, Historique , le 30 août 2010 11h09 | Ajouter un commentaire

rose-1Il y a quelques semaines le Congo (RDC) fêtait les 50 ans de son indépendance. De nombreux éditeurs de bd profitent de cette occasion pour revenir sur le passé colonial du pays et ses liens étroits avec la Belgique. Pour cette rentrée, Dupuis, propose une belle histoire intitulée « Rose d’Elisabethville ». Nous suivons les aventures de Rose, née au Congo qui vit désormais à Bruxelles.

Cette belle infirmière s’occupe des nombreux colons rapatriés alors que le pays tente de prendre son destin en main sous l’impulsion de Lumumba. Amoureuse d’Eric Vermeer, un jeune journaliste idéaliste qui défend l’émancipation des Congolais, Rose reçoit un jour un héritage très convoité. Des diamants bruts. En ces temps troublés, la jeune femme va devoir affronter des hommes sans scrupules et violents.

Ce récit très attachant permet au lecteur de mieux comprendre l’atmosphère qui régnait dans les années 60 au moment de la décolonisation. Les antagonismes étaient très forts entre les Belges obligés de quitter la terre de leur naissance et les aspirations des Congolais. De façon subtile la scénariste  Thilde Barboni explique à travers les aventures de son héroïne à quel point ce pays était et est convoité pour ses richesses minières. Le rythme est efficace et la bd évite l’écueil de se perdre dans des descriptifs interminables. Le caractère et les motivations de chaque protagoniste sont comprises en quelques cases. Rose est une femme comme les autres qui doit se dépasser pour sauver ses amis.

Le dessin de Séraphine très impliquée dans ce projet est de toute beauté. Il se dégage de son trait un mélange de douceur et précision très agréable à regarder. « Rose d’Elisabethville » est un one shot (un tome) qui se distingue de la production actuelle sur le sujet. Un supplément de quelques pages revient sur la période et permet de mieux comprendre le contexte historique du récit.

Rose d’Elisabethville aux éditions Dupuis.

Scénario: Thilde Bardoni.

Dessin: Séraphine.