BD

Cosey, grand prix du festival BD d’Angoulême

Par srosenfeld dans Angoulême, BD, grand prix, graphisme , le 27 janvier 2017 12h47 | Ajouter un commentaire

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cosey-71h-bf806La consécration à 66 ans. Le papa de « Jonathan » décroche le graal de la profession: le grand prix 2017 du festival BD d’Angoulême. Depuis des années, la rumeur citait son nom en vain.

De quoi décevoir de dessinateur sensible. Il reconnait d’ailleurs: « cela m’a un peu blessé ».Et voilà la bonne surprise pour Cosey.

L’homme a fait rêver plus d’un lecteur avec les déambulations de Jonathan au Tibet et au Népal. L’élégance de son trait associé à la douceur des ses couleurs sont les signes distinctifs de cet amoureux des grands espaces qui a commencé sous la houlette de Derib.

Plus récemment, le dessinateur a compté parmi les auteurs francophones autorisés par Disney à réinterpréter les aventures de Mickey. Il a ainsi livré au printemps 2016 « Une Mystérieuse Mélodie », où il imagine la rencontre entre la célèbre souris et Minnie.

Ecoutez sa réaction…

 

Tintin aux pays des soviets: une redécouverte en couleurs

Par srosenfeld dans action, BD, Hergé, Soviets, Tintin , le 14 janvier 2017 16h17 | Ajouter un commentaire

2016786502_B979996350Z_1_20161017212746_000_G5T7QNSKN_1-0N’en déplaise aux mauvaises langues, la mise en couleur de « Tintin au pays des soviets » publié en 1930 est une très bonne nouvelle. Cet album mythique était indigeste en noir et blanc pour un novice ou un lecteur curieux.

Grâce au travail inspiré de Michel Bareau au cœur des studios Hergé, les premières aventures du reporter trouvent une nouvelle jeunesse. Cette colorisation amplifie la lisibilité du récit, la clarté des dessins et surprend par sa modernité.

Les couleurs contiennent une pointe de noir qui n’existait pas l’époque d’Hergé. Des touches subtiles qui mettent en valeur les péripéties de Tintin à Moscou. Les gags trouvent une saveur oubliée.

L’album de 144 pages, comme un film avec Laurel et Hardy,  renoue avec son côté burlesque et enjoué.
L’éditeur espère écouler 500.000 exemplaires de cette nouvelle version de « Tintin au Pays des Soviets », rien qu’en 2017, soit le nombre d’albums de Tintin vendus en langue française chaque année.

 

Les Aigles de Rome: combats et sacrifices

Par srosenfeld dans action, BD, érotisme, Historique , le 25 décembre 2016 15h55 | Ajouter un commentaire

les-aigles-de-rome-tome-5-livre-v« Ce que je raconte dans le tome 5 me tient à cœur depuis le début » me lance Marini.  Grâce au soutient des lecteurs, le dessinateur et scénariste italien peut construire sur la durée une série qui lui est très personnelle, « Les Aigles de Rome ». Nous sommes ici à un moment clé du récit. Arminius, le chef rebelle des Germains va enfin pouvoir accomplir son projet: mettre fin à l’hégémonie romaine sur le territoire de ses ancêtres.

Elevé à Rome avec son frère d’arme Marcus, il  a réussi à s’élever dans la hiérarchie pour se trouver au près des généraux qu’il s’apprête à trahir. Marcus nepeut rien y faire. Il a conscience que les dés sont jetés. Sa seille obsession est désormais de sauver sa femme et son fils qui se retrouvent au cœur de la bataille. Les glaives sont levés…. Qui échappera à un sort funeste?

« Arminius est un personnage réel, comme Vercingétorix  pour les Gaulois, mais lui a gagné face à l’envahisseur romain » précise Marini. Ce personnage légendaire fascine l’auteur qui vit entre l’Allemagne, l’Italie, la France et la Suisse. Dans cet album « très viril », le dessinateur démontre une fois de plus la précision de son trait.

La construction de ses cases impressionne par la densité des détails et la fluidité de l’action. La double page de la bataille finale est d’une rare puissance visuelle. « Après, il va falloir que je me calme en mettant plus de volupté » m’explique Enrico qui dit avoir mangé des céréales et bu beaucoup de café pour boucler ce récit.  Un très grand album pour une saga qui garde plus que jamais son pouvoir d’attraction. Bravo.

Les Aigles de Rome aux éditions Dargaud

Scénario et dessin: Enrico Marini

Djinn: fin d’une saga érotique et exotique

Par srosenfeld dans BD, conte, érotisme, Historique, voyage , le 23 décembre 2016 10h12 | Ajouter un commentaire

Tome13« Toute bonne chose a une fin » me lance Jean Dufaux dans mon studio BD. Après 15 ans d’un voyage envoûtant au cœur du corps et du pouvoir, la série Djinn se termine sur un ultime album intitulé: « Kim Nelson ». Celle par qui tout a commencé, l’héroïne à la recherche de son passé et de son double, la Djinn qui sommeille en elle.

Ce dernier opus termine le troisième cycle centré sur l’Inde, après le « cycle ottoman » et le « cycle africain ». Durant ces 13 albums, la dessinatrice Ana Mirallès a fait des merveilles en proposant un graphisme d’une exceptionnelle beauté. Des décors à couper le souffle magnifiés par une belle palette de couleurs.

Le travail de l’artiste espagnole sur les corps (les tatouages), les vêtements et les bijoux est remarquable de subtilité. « J’ai essayé, même dans l’érotisme, d’apporter une touche d’élégance » me  dit-elle.

« C’est elle qui a mis un corps sur les mots » m’explique le scénariste. Dans ce dernier récit, Kim Nelson retrouve la trace de Jade et met fin à une malédiction. Sur un film, elle revoit la Djinn qui a fait de Lady et Lord Nelson les complices d’un jeu érotique et politique aux multiples rebondissements.

Fidèle à sa nature, Jean Dufaux a su créer avec Djinn une toile complexe où le sexe devient un moyen d’atteindre son but. Exotique et passionnant cette saga a été plébiscitée par des milliers de lecteurs et ce n’est pas sans regrets que la dernière page se tourne.

« Nous avons voulu comme Shéhérazade continuer à créer pour vivre une nuit de plus » me glisse l’auteur. Il nous laisse le parfum de Jade en guise de cadeau pour rêver nos propres aventures à ses côtés. Une Djinn ne meurt jamais.

Djinn, t13 aux éditions Dargaud

Scénariste: Jean Dufaux

Dessin: Ana Mirallès.

Thorgal: la série mythique relancée

Par srosenfeld dans action, Aventure, BD, fantastique, Historique , le 13 décembre 2016 16h13 | Ajouter un commentaire

thorgal-tome-35-feu-ecarlatePas facile de reprendre la série mythique Thorgal surtout quand le dessinateur historique a ses exigences. Grzegorz Rosinski est très clair: « Je ne travaille qu’avec les meilleurs mais ils ne pas souvent libres ».

Malgré un emploi du temps chargé, Xavier Dorison accepte de relever le défi. Il prend le relais d’Yves Sente qui avait remplacé Jean Van Hamme en 2007. « Je compte garder l’identité de la bd en y ajoutant une touche plus adulte » m’explique le scénariste du « Troisième testament » et de « Long John Silver ». N’en doutons pas, il a le profil idéal pour redonner un second souffle à la saga.

Les deux artistes mettent donc un point final au « cycle des mages rouges ». Une façon de s’ouvrir de nouveaux horizons. « Nous sommes en train de nous apprivoiser » lance malicieusement Grzegorz Rosinski dans mon studio bd. A 75 ans, le dessinateur, longtemps affaibli par une maladie, signe son retour en force.

Dans « le feu écarlate » Thorgal retrouve son fils Aniel, enlevé par des sorciers. Son objectif est simple: sortir l’adolescent des griffes des mages rouges. Une mission suicide dans une Bag Dadh assiégée. L’album baigne dans la couleur rouge. « Cela est surtout lié au contexte » précise le scénariste.

« Je suis un non-violent mais Xavier m’a convaincu que cette fois, cela se justifiait » lance Grzegorz Rosinski. Une fois encore, notre héros démontre ses qualités guerrières pour sauver sa famille, thème central de la série.

Les valeurs morales sont essentielles pour le dessinateur. « Je suis ancien » dit-il. L’auteur polonais observe avec tristesse et inquiétude  « la montée du populisme en Europe ». Cette 35 ème aventure est une réussite avec son rythme enlevé et son graphisme puissant. Le duo a toutes les cartes en main pour faire des étincelles…

Thorgal, t35, aux éditions Le Lombard

Scénariste: Xavier Dorison

Dessinateur: Grzegorz Rosinski

Gai Luron: un retour réussi

Par srosenfeld dans Aventure, BD, Humour, Non classé , le 17 octobre 2016 11h47 | Ajouter un commentaire

gai-luron_nouvelles_aventures« A l’âge de 7 ans, je lisais Pif gadget et déjà à cet époque là je flashait sur Gai luron » me lance enthousiaste Pixel Vengeur. Le dessinateur reprend le flambeau d’un des personnages les plus emblématiques de Gotlib. Pas facile de succéder au « patron » mais l’auteur en a sous le crayon et maîtrise parfaitement les courbes arrondies du chien le plus amorphe du 9ème art.

Aidé de Fabcao au scénario, Pixel Vengeur réveille ce personnage délirant qui sait mieux que personnage prendre du recul sur les agitations du monde. Dès sa naissance en 1964, Gai Luron a su imposer sa marque dans l’esprit des lecteurs. Au côté de son ami, le renard Jujube, il tente continuellement de séduire Belle-Lurette et fait éclater de rires des générations d’enfants et d’ados jusque dans les années 80.

Pour cette renaissance, toute la bande est là, notamment la petite souris qui sort des cases pour une seconde lecture décalée et ludique. « Ah la souris » me dit malicieusement Pixel Vengeur. Les deux compères nous livrent une version truffée de clins d’œil à l’œuvre originale. Le voyage dans le temps avec la DeLorean de Marty McFly fait partie des histoires les plus délirantes.

Avec des gags aussi désopilants que ceux de Gotlib sur fond de modernité (speed dating…), ce Gai Luron version XXIème siècle est une réussite. Pour en savoir plus, écoutez l’interview de Pixel Vengeur, il dit tout ou presque sur cette renaissance.

Les nouvelles aventures de Gai Luron t1

Dessin: Pixel Vengeur

Scénario: Fabcaro

 

Marina: un double récit sanguinaire et ludique

Par srosenfeld dans BD, Historique, Venise , le 6 septembre 2016 16h35 | Ajouter un commentaire

Couv_279956« Razzias »! Le titre de ce troisième album de Marina annonce la couleur. Nous sommes en 1345.  Notre héroïne, Marina, rejetée par son père le Doge, qui l’associe malgré elle, à la 6ème malédiction de Dante, compte bien se venger.

Elle est désormais à la tète de pirates sanguinaires. Son objectif : détruire la ville de son enfance. La Sérénissime, née des flots semble condamnée à sombrer…

« Ce récit historique est aussi une façon de réfléchir à la Venise d’aujourd’hui » me précise le dessinateur Matteo.

Ce n’est donc pas un hasard si, en parallèle des aventures de Marina se déroule une autre histoire, contemporaine, celle là, avec un navire de croisière qui éventre la place Saint Marc.

Venise possède un tel passé que la moindre ruelle, sculpture ou inscription invitent à l’imagination. « Avec Zidrou, le scénariste, nous sommes tentés à chaque fois d’ajouter des éléments à notre récit mais ce n’est pas toujours possible » me lance Matteo.

L’artiste est plus que jamais amoureux de sa cité même s’il s’inquiète de son avenir face au tourisme de masse (voir interview ci-dessous).

Une fois de plus, la qualité graphique de Marina saute aux yeux. Le trait est aussi sûr et délicat que les personnages sont hésitants et sanguinaires. L’utilisation de la couleur directe illumine les pages.

« Nous voulions moins de textes et plus d’images pour donner du rythme et reposer le lecteur » explique Matteo. Ce troisième opus continue brillamment la saga.

Une série historique séduisante qui donne envie de prendre un vol pour Venise.

Marina, tome 3 aux éditions Dargaud

Scénariste: Zidrou

Dessinateur : Matteo

L’héritage du diable: un magnifique cocktail d’aventures

Par srosenfeld dans Aventure, BD, ésotérisme, Historique, Seconde Guerre mondiale , le 23 août 2016 20h01 | Ajouter un commentaire

Couv_281689« Des sociétés secrètes, des trésors, des abbayes en ruine, tout ça, c’est le souffle de l’aventure » me lance enthousiaste le scénariste Félix Jérôme. Nul doute, la volonté de cette bd est d’en mettre plein la vue et ça marche ! C’est dense, intense, mystérieux, accrocheur. Un divertissement haut de gamme mis en valeur par de grandes qualités graphiques.

Tout commence par un rêveur: Constant. Il ne pense qu’à une femme rencontrée une nuit et disparue depuis. Son chemin va le conduire à un tableau mystérieux où sa muse apparait. Un secret semble caché dans la toile. Et voilà notre héros, un naïf, face à des ennemis redoutables. A leur tête, la troublante cantatrice Emma Calvé. Elle croit à un pouvoir hérité du diable en personne. Ses alliés nazis y croient aussi. La réponse est peut-être dans un village isolé du Languedoc, Rennes-le-Château.

Ce n’est que le début de nombreux rebondissements où se croisent de multiples personnages : voleuse amoureuse, écrivain curieux, cardinal manipulateur. Tous sont bien décidés à résoudre le mystère.

Cette série débuté en 2009 se termine sur un quatrième tome qui ne déçoit pas. Impossible de résumer l’ensemble de ce récit à la fois ludique et dynamique. Les auteurs y mélangent tous les ingrédients qui font le succès de ce type de quête: ésotérisme, messages codés etc..

« J’avais lu le Da Vinci Code, à l’époque et j’avais envie de créer une bd dans le même esprit » me raconte Paul Gastine. Cela tombe bien car son professeur d’atelier d’écriture et de bd aime aussi ça. Le début d’une belle histoire.

« Lorsque j’ai rencontré Paul, c’était un adolescent, avec un énorme talent » m’explique Félix Jérôme.  Cette bd est leur première collaboration. A travers elle, le dessinateur démontre que son coup de crayon est l’un des meilleurs de sa génération.

« L’héritage du diable » s’inscrit dans la lignée des grandes bd d’aventures. « J’avais envie de mettre tout ce qui me faisait rêver quand j’étais enfant «  m’explique le dessinateur. Pari réussi.

L’héritage du diable aux éditions Bamboo

Scénario: Félix Jérôme

Dessin: Paul Gastine

Silas Corey: jusqu’au bout de la folie des hommes

Par srosenfeld dans BD, Historique, polar, Première Guerre Mondiale, suspens , le 25 avril 2016 16h46 | Ajouter un commentaire

501 SILAS COREY T04[BD].indd« Fais attention Silas, tu es en train de devenir adulte » lance la belle espionne à Silas Corey. Et c’est vrai que notre héros a de quoi se poser des questions. L’humanité a-t-elle encore sa place dans cette Europe de l’entre-deux-guerres détruite par une boucherie innommable?

Lui, l’aventurier capable de trancher la gorge de son adversaire d’un coup de canne-épée, vit dans ce deuxième diptyque des heures sombres. Car une fois de plus, les cendres servent de terreaux à de nouvelles ambitions d’individus sans scrupules.

« J’ai cette atmosphère de film noir » me confie Pierre Alary. Le dessinateur joue avec les cadrages, les silhouettes, pour créer un monde inquiétant entre ombres et lumières.

Notre héros continue sa quête de l’héritier de la mère Zarkoff en prenant sous sa protection sa femme aussi séduisante que troublante. Car dans cette Allemagne en crise, un mouvement antibolchévique et antisémite, s’inspirant des exploits mythologiques du dieu Wotan, prend de l’ampleur. Son leader ressemble trait pour trait au destinataire de la fortune la milliardaire. Mais les apparences sont trompeuses…

Toujours aussi rythmé, ce récit tient le lecteur en haleine et remplit toutes ses promesses. Le duo d’auteurs continue de développer les différentes facettes de Silas Corey, sorte de Sherlock Holmes désabusé à l’esprit aiguisé.« A nous de l’emmener ailleurs » m’annonce Pierre Alary, enthousiaste à l’idée de retrouver dès que possible un nouveau terrain de jeux.

Silas Corey, Le Testament Zarkoff 2/2, aux éditions Glénat.

Scénario: Fabien Nury

Dessin: Pierre Alary

Chaos debout à Kinshasa: album coup de poing

Par srosenfeld dans BD, Congo , le 20 avril 2016 16h30 | Ajouter un commentaire

couv_16170Dès les premières pages, le dessin puissant de Barly Baruti invite à la lecture. Une fois de plus, son travail  en couleurs directes, fait des étincelles. Mais comment faire autrement pour évoquer le Zaïre de Mobutu en 1974 lors du célèbre combat de Mohammed Ali et Georges Foreman. A l’époque le président-dictateur est au sommet de sa gloire et de son système basé sur une économie rentière grâce à ses immenses richesses naturelles.

Le récit concocté par Thierry Bellefroid tente de rendre compte de la complexité d’une époque où Américains et Russes s’affrontent par continent interposé. Nous suivons les traces d’Enerst, petit voyou de Harlem, qui réussit à éviter de rembourser ses dettes grâce à la chance de sa vie. Un billet offert lors d’un concours radio pour assister au « combat du siècle » entre Mohammed Ali et George Foreman, à Kinshasa ! Sur place, il va faire la connaissance de Blanche, une congolaise qui rêve d’Amérique mais aussi de la réalité d’un pays dirigé d’une main de fer par Mobutu.

« Je voulais me réconcilier avec mon  petit passé Zaïre » me lance souriant Barly Baruti dans mon studio BD. Avec son chapeau Léopard sur la tête, il s’amuse à me livrer ses souvenirs.

Le dessinateur qui avait 15 ans lors du match de boxe restitue dans se dessins une atmosphère, une ambiance, propre à ces années 70. A travers sa palette graphique,  il éclaire le scénario de Thierry Bellefroid qui multiplient les personnages et les situations, au risque, parfois, de perdre le lecteur.

Mais cette densité prend tout son sens lorsque l’on prend le temps d’intégrer toutes les informations distillées tout au long de l’album. Barly Baruti espère que ce « Chaos debout à Kinshasa » se retrouvera dans les bibliothèques de la République Démocratique du Congo. Au milieu des nombreuses sorties bd, ce roman graphique mérite une place de choix.

Chaos debout à Kinshasa aux éditions Glénat

Scénario: Thierry Bellefroid

Dessinateur: Barly Baruti.