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autobiographie

La lune est blanche: une aventure humaine en Antarctique

Par srosenfeld dans Antarctique, autobiographie, Aventure, contemporain, graphisme , le 22 octobre 2014 08h04 | Ajouter un commentaire

« Nous ne parlions plus, tellement le spectacle, était inouï » raconte Emmanuel Lepage des images plein la tête. L’auteur explique qu’il a vécu une aventure incroyable et unique.

Lorsque je le rencontre dans mon studio BD, je réalise qu’il porte encore en lui toutes les sensations d’une expérience qui va le marquer à jamais.

L’auteur évoque notamment ces icebergs dont la couleur est impossible à reproduire en dessin. Un véritable défi graphique. Heureusement, il y a les clichés de François, le frère d’Emmanuel.

La lune est blanche est un récit qui mélange dessins et photos. Emmanuel Lepage se met en scène pour permettre aux lecteurs de le suivre pas à pas.

La bd mélange les grandes planches spectaculaire, l’intimité des frères Lepage et l’envers du décor d’une mission scientifique. Un récit de passion qui sait ménager le suspens.

Page après page, le défi du raid se dessine: 1200 km à parcourir de la base française antarctique Dumont d’Urville, en terre Adélie à celle de Concordia, isolée du monde.

Une plongée dans le continent blanc, dans un monde qui ne ressemble « a rien de terrestre » me dit Emmanuel Lepage.

Et de conclure, heureux, les yeux brillants: « on l’a fait ».

La lune est blanche aux éditions Futuropolis

Scénario et dessin: Emmanuel et François Lepage

 

Couleur de peau Miel: parcours d’un adopté coréen entre sourires et larmes

Par srosenfeld dans autobiographie, contemporain, voyage , le 12 novembre 2013 18h02 | Ajouter un commentaire

Jung, d’origine coréenne, est adopté à l’âge de 5 ans par une famille belge. Perdu, au milieu de ses frères et sœurs, au cœur d’une ferme en Wallonie, il va mettre toute une vie à comprendre qui il est ou plus exactement, accepté son destin.

« Nous, adoptés, ne sommes jamais à notre place » m’avoue-t-il lors de notre rencontre. Preuve, malgré un énorme travail sur soi et une bb autobiographique que la quête d’un adopté reste un éternel recommencement.

A travers trois albums, Jung nous plonge au plus profond de son être. Son arrivée en Belgique, son enfance faite de questionnements et de révoltes, ses rapports à la Corée. « Je voulais être honnête et sans concession » me dit l’auteur.

Rien n’est donc oublié: ni les coups de fouet des parents adoptifs (« justes mais sévères » justifie Jung), ni les premières expériences sexuelles ou la recherche d’un autre pays adoptif, le Japon.

Et puis, il y a ce retour vers la Corée du Sud, que relate le dernier tome. Un voyage à 44 ans qui est à la fois un soulagement et une déception. « Certains Coréens m’ont dit que j’étais un étranger » raconte Jung qui effectue ce retour aux sources à l’occasion de la réalisation du film d’animation, « Couleur de peau: Miel « sorti en 2012.

Grâce à son dessin, à la fois élégant et sobre, Jung nous embarque avec lui sans jamais nous lâcher et nous refermons la dernière page ému. A découvrir.

Couleur de peau: Miel, t1,2 et 3 aux édtions Soleil.

Scénario et dessin: Jung.

 

Aller-retour: détective de l’imaginaire

Par srosenfeld dans autobiographie, contemporain, graphisme, policier , le 5 février 2012 11h31 | Ajouter un commentaire

aller-retour-bezian-couvertureUn homme descend d’un train. Il arrive dans un village paumé.  Avec son physique impressionnant (près de 2 m) qui flotte dans un imper trop grand et son regard presque inexpressif, que cherche-t-il? Dans l’hôtel où il pose son bagage, l’étranger dit s’appeler Basil Far. Il enquête sur une disparition. La gérante n’en sait pas plus et s’imagine déjà un roman… Elle n’a pas tort d’ailleurs car Bézian plonge le lecteur dans son livre personnel, celui de son enfance…

« Ce qui m’intéresse » me dit Bézian, « c’est la mémoire« . « Comment à travers des sons, des images, des instants, notre passé ressurgi » ajoute-t-il énigmatique dans mon studio BD. Et pour cela, le graphiste joue de multiples effets. Avec son crayonné hachuré où les décors sont minutieux et les êtres humains vaporeux,  l’auteur crée une atmosphère étrange.  » Ce village est le mien, je retourne 40 ans en arrière dans une époque déterminante pour moi, les années 60″ explique-t-il.  A travers la ballade de cet homme au « physique de Tintin monstrueux », Bézian tisse des liens avec le film Maigret et l’affaire Saint -Fiacre mais aussi les publicités des magazines mettant en exergue la femme au foyer moderne.

Pour Bézian, nous avons tous en nous une bande sonore  personnelle construite à travers ce que nous avons vécu durant notre enfance. Une réclame à la radio, une chanson, un film, un livre, des odeurs etc… L’auteur m’explique qu’il a d’abord tout écrit avant de dessiner comme un long flash-back dans sa mémoire. Aller-Retour est une expérience qui sort de l’ordinaire. Il faut se laisser, à l’image de son héros, guider dans cet rêverie. Cette BD sort des canevas habituels. Pour mieux comprendre son enjeu, je vous invite à découvrir l’interview de Bézian ci-dessous.

Aller-retour aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Bézian.

La Mémoire d’Abraham: 20 siècles d’histoire au coeur d’une famille

Par srosenfeld dans autobiographie, Aventure, Historique , le 28 septembre 2010 18h03 | Ajouter un commentaire
abrahamBest seller international depuis sa parution initiale en 1983, « La Mémoire d’Abraham » trouve aujourd’hui un prolongement en bd. Une aventure qui enthousiasme l’écrivain Marek Halter qui espère ainsi faire passer auprès de la jeune génération « son message de tolérance ».
Ce premier tome commence au coeur de l’Antiquité, en l’an 70 après J.-C., à la rencontre d’un scribe de Jérusalem nommé Abraham, l’un des premiers de la lignée. Celui-ci est le point de départ d’une histoire qui va se prolonger de génération en génération jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et à Varsovie, lieu de naissance de l’auteur, Marek Halter.
C’est après une rencontre avec Rosinski, l’auteur de Thorgal, que l’écrivain décide d’accepter que son oeuvre devienne une bd. « Il m’a dit avoir lu le livre en Pologne lorsqu’il était plus jeune et qu’il adorait cette histoire » me raconte Marek Halter dans Studio bd. Très vite un ensemble d’une dizaine de personnes, scénaristes et dessinateurs, se regroupent autour de ce projet. Rosinski ne signe ici que la couverture, le graphisme est l’oeuvre de Ersel. L’adaptation est dirigée par Jean David Morvan avec le concours actif de Marek Halter. « Cela m’a étonné de me retrouver dans la bd car je suis un personnage dans cette histoire » me confie l’écrivain. Ce premier chapitre mélange les scènes intimistes et les grandes périodes historiques. Malgré un dessin un peu décevant, ce premier tome est une invitation à la découverte, au voyage à travers la mémoire d’un peuple.
La Mémoire d’Abraham,t1 chez Casterman.
Scénario: Jean David Morvan.
Dessin: Ersel.

La Parenthèse: 4 ans sans mémoire

Par srosenfeld dans autobiographie, contemporain , le 13 juin 2010 17h32 | Ajouter un commentaire

parenthese« Judith, c’est aussi Elodie,  c’est moi, c’est mon deuxième prénom » avoue l’auteur de la Parenthèse. A 21 ans, cette jeune fille pleine de rêve et de vie voit son avenir s’effondrer.  Les médecins diagnostiquent une tumeur au cerveau inopérable. L’héroïne réalise que peu à peu sa mémoire disparaît. Elle souffre plus de l’oubli que de la douleur. Sa famille et son carnet à dessin deviennent ses armes pour sauver les bribes d’un passé qui inexorablement s’efface.

Elodie a mis plusieurs années avant de réaliser cet album. « Trop douloureux » m’avoue-t-elle dans Studio Bd. Ce récit autobiographique permet de suivre pas à pas l’évolution de la maladie et son traitement. Pudique et subtile, l’ensemble ne tombe pas dans le misérabilisme ou l’excès de pathos. Elodie Durand illustre son histoire avec un graphisme noir et blanc élégant et des cadrages audacieux. « Des dessins rapides » sont aussi intégrés. Il s’agit de griffonnages réalisés à l’époque de la maladie qui montrent l’état psychologique de la jeune femme. Au final, cette Parenthèse est un album réussi qui sait toucher le coeur et rappelle à tous que la vie n’est jamais un chemin tout tracé.

La Parenthèse aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Elodie Durand.