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Silas Corey: aventure bd haut de gamme

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, polar, Première Guerre Mondiale , le 2 mars 2015 13h36 | Ajouter un commentaire

501 SILAS COREY T03[BD].indd« Il est de retour » me lance sourire aux lèvres le dessinateur Pierre Alary. Silas Corey, détective privé, ancien espion, au physique longiligne de chasseur va dévorer de nouvelles proies…. et le lecteur que je suis en frémis d’avance.

Nous sommes en 1918 au lendemain de la victoire sur l’ennemi allemand. La boucherie prend fin, enfin. Silas Corey qui mis fin au complot contre Clémenceau se perd dans les vapeurs d’opium horrifié par les bêtise humaine. Mais le cadavre d’un ancien ami dans une baignoire le remet d’aplomb car derrière ce meurtre se cache Madame Zarkoff, la maléfique. La baronne du trafic d’armes n’en a plus pour très longtemps à vivre… Silas Corey doit retrouver son héritier…

Après un premier diptyque acclamé par la critique (Prix de la BD Fnac Belgique 2014) et plus de 50000 exemplaires vendus, le scénariste Fabien Nury et son complice Pierre Alary nous invite pour une nouvelle aventure aux cœurs des années 20. Il délaisse Paris pour nous faire voyager mais surtout nous happer dans un récit à la fois sombre et lumineux.

Les dialogues ciselées de Fabien Nury couplé à un découpage puissant donne une dimension supplémentaire à ce nouveau cycle. « L’idée, c’est du faire du Carol Reed avec Michael Bay derrière la caméra » m’explique les dessinateur. Une ambition qui se ressent tant l’histoire à la noirceur du film du Troisième homme et la puissance visuel du réalisateur des Transformers. Si vous ajoutez à cela une galerie de trognes et une scène érotique avortée, vous avez une réussite. Bravo les gars!

Silas Corey, t3 aux éditions Glénat.

Scénario: Fabien Nury

Dessin: Pierre Alary.

Holly Ann: une enquêtrice envoûtante

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, policier, sexy , le 4 février 2015 17h18 | Ajouter un commentaire

Elle s’appelle Holly Ann, elle est métis, d’une beauté sensuelle et mystérieuse grâce au dessin de Stéphane Servain et elle risque de nous envoûter pendant un bon moment. Ce premier album très prometteur commence une série qui nous embarque dans l’atmosphère toute particulière de la Nouvelle Orléans.

A l’origine de cette histoire, le scénariste Kid Toussaint qui s’inspire de son expérience lors d’un voyage dans la ville de Louisiane en 2011. « J’ai tout de suite été séduit par cet endroit notamment le quartier français » me dit-il dans mon studio bd. Tout naturellement, il s’intéresse au vaudou mais comprend très vite que cela ne représente aujourd’hui qu’un folklore pour touristes en mal de sensations. Reste une ambiance unique que l’auteur tente de restituer dans ce titre intrigant « la chèvre sans cornes ».

Cela fait référence en language vaudou au meurtre rituel d’un enfant blanc. Et précisément, le fils d’un riche propriétaire de plantation a disparu.  Nous sommes au 19ème siècle où les progrès techniques dans les enquêtes de police font un bond spectaculaire mais rien ne remplace l’instinct. Holly Ann possède plus que ça, elle semble doter de pouvoirs surnaturels qui lui permettent de réussir là où les autres échouent. Et justement un enfant noir est aussi manquant…

« Je voulais faire un Sherlock Holmes au féminin » m’avoue Kid Toussaint. Et voilà, Holly Ann, un personnage qui va continuer selon le scénariste à s’étoffer au fur et à mesure de la série. 3 tomes sont déjà en route et tant mieux car cette enquêtrice a tout pour séduire le public. Epaulé par un graphisme puissant, cet album constitue une belle entrée en matière. Bravo.

Holly Ann, t1 aux éditions Casterman

Scénario: Kid Toussaint

Dessin: Stéphane Servain

 

 

La main de Pangboche: sur les traces du Yéti

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, polar, policier, voyage , le 13 janvier 2015 16h29 | Ajouter un commentaire

Nouveau départ pour André Taymans. L’auteur abandonne son héroïne fétiche, Caroline Baldwin, pour une autre femme de tempérament, Roxane. L’occasion de retrouver, à travers ce personnage féminin, le Népal au cœur de nombreuses légendes dont la plus célèbre est le Yéti!

Pour cela, rien de mieux, que de s’appuyer sur une histoire vraie et pourtant farfelue: le vol d’un doigt momifié d’un « Yéti » par le chef d’une expédition américaine confié à l’acteur James Stewart qui le cache dans les sous-vêtements de sa femme… avant d’être retrouvé en 1990 au British Museum!

Et nous voici aujourd’hui, à Katmandou, aux côtés de Roxane Leduc, une jeune femme spécialiste des antiquités, qui assiste  à l’accident mortel d’un homme qui venait de lui confier les secrets de la « main de Pangboche ».

Aux côtés d’un policier qui enquête sur le vol de la relique, nous retrouvons notre curieuse aventurière aux portes du parc national du Langtang, le « royaume des trekkeurs » bien décidée à percer les mystères qui l’entourent….

« Je suis allé au Népal faire un voyage avec mes enfants et à mon retour j’avais toute mon histoire » m’explique André Taymans. La marche à plus de 4000 mètres laisse, en effet, le temps de la rêverie…

D’une facture classique, cet album propose un graphisme élégant avec des couleurs directes (une première pour le dessinateur). Un choix payant qui apporte beaucoup à ce polar des montagnes envoûtant.

Seul petit bémol, ses personnages notamment Roxane manque un peu de finesse de trait… Un détail tant cette première partie de diptyque reste attachante avec en toile de fond un petit air de Tintin au Tibet. Un bon bol d’air frais en ce début d’année.

La main de Pangboche, t1 aux éditions Paquet.

Scénario et dessin: André Taymans.

 

Complainte des Landes Perdues: final tragique et sensuel

Par srosenfeld dans action, Aventure, Heroïc Fantasy, Historique , le 17 décembre 2014 09h56 | Ajouter un commentaire

Difficile d’évoquer la sortie du dernier tome de la « Complainte des Landes Perdues » sans tristesse et nostalgie. Philippe Delaby, dessinateur emblématique du 9ème art s’est éteint brusquement à la page 33. Un choc. Son complice de toujours le scénariste Jean Dufaux s’en remet à peine. Dans mon studio, il le décrit par ces mots :« Philippe s’investissait tellement que parfois, il ne parvenait plus à gérer la limite entre la vie réelle et la vie rêvée. »

J’avais rencontré plusieurs fois le dessinateur et il me reste en mémoire son rire communicatif et son incroyable talent.

Un talent qui donne toute sa puissance dans ce « Sill Valt » qui clôture le deuxième cycle de cette série ambitieuse qui mélange chevalerie, magie et contrées sauvages.

Le lecteur va pouvoir découvrir qui est le Guinea Lord, cet être indestructible et pourtant si fragile. Car c’est là, la force de Jean Dufaux, trouver des surprises scénaristiques pour contrer les clichés et faire naitre la rêverie.

Le hasard fait que les dernières pages de Philippe Delaby incluent une scène érotique torride, un hymne au plaisir qui ne peut laisser indifférent. « Philippe était d’excellente humeur ce jour là » raconte Jean Dufaux « et il avait envie de cette scène extrêmement charnelle au premier degré. »

Celui qui lui succède pour terminer l’album, Jérémy, (ancien élève désormais grand comme le montre son « Barracuda » ) se plie à une autre scène du genre comme un effet miroir.

Sanglant, tragique, érotique, envoûtant, ce final tient toute ses promesses.  Ne pas rater plus bas, Jean Dufaux dans studio, un moment riche en révélations et émotions.

« La complainte des Landes Perdues », t8 aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux                 Dessin: Philippe Delaby

 

Angel Wings: une pilote sexy et sans peur

Par srosenfeld dans action, aviation, Historique, sexy , le 1 décembre 2014 15h35 | Ajouter un commentaire

Il suffit de voir la couverture d’ Angel Wings pour de suite avoir envie de dévorer les pages de cet album. Et le repas est plus que copieux. Le début d’une saga qui mélange aviation et histoire sur fond d’espionnage.

Un délice visuel qui se nomme Angela aux courbes avantageuses mais à l’esprit plus que brillant. Pas de sexisme, bien au contraire, cette série est un hommage à des femmes courageuses, pilotes oubliées de la Seconde Guerre Mondiale, héroïnes de l’ombre, les WASP!

WASP pour « Woman Airforce Service Pilot« , une unité d’élite composée entièrement de femmes chargée de livrer les avions des usines jusqu’au front. « Des femmes indispensables pendant la guerre à qui on a dit de retourner à leur casserole! » lance Romain Hugault. Le dessinateur voue une véritable admiration pour ces WASP « qui n’ont été réhabilitées qu’en 2009 par Barack Obama« .

Avec Yann au scénario, ce premier opus nous embarque en 1944 dans le massif himalayen avec  Angela McCloud et son C-47 Dakota. Celle-ci va faire connaissance avec la célèbre escadrille des « Burmas Banshees« , des pilotes barjos qui peignent des têtes de mort sur leur zinc.

Face à des hommes qui fonctionnent en meute, Angela va devoir prouver sa valeur. La belle a des arguments aussi percutants que sa poitrine car, un flingue à la main ou aux commandes d’un avion, rien ne lui résiste….

Une fois encore le graphisme de Romain Hugault fait merveille. Son trait précis et détaillé donne toute sa puissance dans les scènes aériennes tout en ne négligeant pas les décors et les personnages.

Yann donne naissance à une héroïne attachante et séduisante. « Nous voulions mettre en avant les femmes dans un monde d’homme, aller plus loin qu’une simple histoire de guerre » explique les dessinateur. Dans le genre, Angel Wings est sans doute ce qui se fait le mieux!

Ne pas rater l’interview passionnante de Romain Hugault ci-dessous.

Angel Wings, t1 aux éditions Paquet.

Scénario: Yann    Dessin: Hugault

Largo Winch: complot, séduction et grand plongeon!

Par srosenfeld dans action, ados, Aventure, contemporain, graphisme, policier , le 19 novembre 2014 15h43 | Ajouter un commentaire

« Cela aurait été assez élémentaire, un complot, une bombe, comment aller la poser…. et bien ce n’est que pas vraiment ça, c’est le principe avec Largo Winch, derrière les apparences, il y a toujours une réalité que j’espère inattendue » me lance Jean Van Hamme.

En vieux routier de la bd, le scénariste de l’aventurier milliardaire, sait que son défi est de surprendre le lecteur. Créer de la nouveauté et du désir dans un univers déjà bien balisé.

Et ce 19ème album, « Chassé-Croisé » remplit parfaitement son contrat. Comme toujours, il s’agit de la première partie d’un diptyque dont l’action se déroule au cœur de la City.

Et dès les première pages se tisse la toile d’un intrigue où des personnages emblématiques comme, la  secrétaire du groupe W, Miss Pennywinkle ou  le numéro 2 Dwight Cochrane tombent dans les griffes de séducteurs professionnels.

Et notre Largo dans tout ça? Le voilà pris pour cible à cause de sa vision idéale d’un capitalisme à visage humain. Mais surtout, lui aussi, cède au coup de foudre. La belle Saïdée lui procure un sentiment oublié… un sentiment qui pourrait le conduire à sa fin…

« Sans femme, Largo Winch serait un récit de militaire » m’explique pince-sans-rire Jean Van Hamme. Celles-ci sont, une fois de plus, au cœur du récit.

Un récit qui bénéficie du graphisme méticuleux de Philippe Francq. Le dessinateur fait preuve d’une véritable maestria pour donner du rythme et de l’intensité dans chaque scène.

Le 18 novembre, je le retrouvais d’ailleurs sous l’eau à Némo 33 (la fosse la plus profonde du monde) pour découvrir les 33 planches de l’album à 10 mètres sous l’eau… Une expérience que je vous invite à découvrir plus bas.

Largo Winch, t19, chassé croisé

Scénario: Jean Van Hamme.

Dessin: Philippe Francq

Lucky Luke fait la nounou !

Par srosenfeld dans action, Aventure, Enfants, générationnel, Humour, western , le 12 novembre 2014 14h18 | Ajouter un commentaire

Un nouvel album de Lucky Luke reste toujours un évènement. Et heureusement, depuis la mort de Morris, ses plus grands fans (Achdé, Gerra et Pessis) perpétuent le mythe ancré dans nos souvenirs d’enfance. Le piège consiste à rester prisonnier d’un monde où les personnages et les décors sont gravés dans le marbre du 9ème art. Et miracle, la magie fonctionne avec « les tontons Dalton« . Comme le dit le dessinateur Achdé : « pire que les indiens, pire que les outlaws, un enfant! »

Tout commence avec nos Daltons préférés qui comme à leur habitude végètent en prison. Mais voilà que nos desperados apprennent qu’ils sont tontons d’un petit garçon dont ils doivent momentanément assurer l’éducation. A la clé peut-être un magot! Seul problème, Lucky Luke, qui, a son corps défendant doit devenir nounou!  Toute cette petite « famille » débarque à Rupin City où les habitants ne voient pas d’un bon œil ces étrangers…

« Cette histoire s’inspire du film les Tontons Flingueurs mais ce n’est pas un remake juste un emballage pour avoir un univers différent » explique le scénariste Jacques Pessis. Les auteurs, bien sûr, n’hésitent pas à remettre des répliques cultes (« Il connaît pas Raoul! ») et des scènes inoubliables comme celle de la cuisine avec une Ma Dalton d’anthologie. L’humour de Laurent Gerra transparait dans les dialogues. Drôle et tendre à la fois, cet album se lit comme une friandise. Ou à boire cul sec!

Pour tout comprendre, je vous invite à écouter et regarder Achdé et Pessis dans mon studio BD.

Lucky Luke, les Tontons Dalton aux éditions Lucky Comics

Scénario: Gerra, Plessis

Dessin: Achdé.

 

Sortilèges: une reine sensuelle et rebelle

Par srosenfeld dans action, Aventure, conte, fantastique, Humour , le 9 octobre 2014 17h27 | Ajouter un commentaire

« Je suis un dessinateur un peu loufoque » loin de l’univers du scénariste Jean Dufaux m’avoue Munuera. Et c’est justement, cette touche de modernité et de folie qui donne envie au scénariste de s’associer avec le dessinateur espagnol. Un nouveau duo pour créer un univers proche des contes classiques des frères Grimm mais aussi de Disney.

Au départ « Sortilèges » est un projet qui se veut un diptyque. Mais le succès et, comme souvent, l’envie de Dufaux de poursuivre une aventure avec un de ses dessinateurs, aboutit aujourd’hui à un deuxième cycle.

Au début de cette histoire, le lecteur découvre une adolescente, Blanche. Une jeune fille innocente qui à la mort de son père devient la reine d’Entremonde. Sa mère et son frère cherchent à la tuer mais un étrange amoureux vient à son secours, le prince du monde d’En Bas, Maldoror. S’en suit une guerre, une vengeance, un assassinat. Blanche n’est désormais plus une enfant, elle devient femme et son destin comme les batailles s’enchaînent. Ce troisième tome est ainsi l’apothéose d’une bataille épique entre monstres inspiré du « Seigneur des anneaux ». Du grand spectacle…

Munuera et Dufaux jouent à fond la carte du divertissement. Le scénariste s’amuse à alterner l’intime et le grandiose pour permettre au dessinateur d’exprimer tout son talent. Son graphisme est sans conteste le point fort de cette bd. « J’aime laisserdes espaces vides, mettre mes personnages baignés dans de brouillard pour permettre aux lecteurs de jouer avec son imagination » m’explique Munuera. « Il m’évite du travail » dit-il avec ironie.

Sortilèges, t3, cycle 2 aux éditions Dargaud.

Scénario: Dufaux

Dessin: Munuera

 

Survivants: la belle Manon va-t-elle s’en sortir?

Par srosenfeld dans action, anticipation, fantastique, graphisme, science fiction, voyage , le 6 octobre 2014 12h29 | Ajouter un commentaire

« C’est le bonheur » me lance Léo en souriant. L’auteur des Mondes d’Aldébaran, série écolo-fantastique à succès, s’amuse à créer encore et toujours. A 70 ans, il se donne un nouveau défi avec cette nouvelle série ou presque car nous en sommes déjà au tome 3.  Son histoire se  concentre plus sur les personnes que sur les créatures qui ont fait sa notoriété.

Pour nous guider sur une planète hostile, une jeune femme, Manon, 18 ans, libre , belle et frondeuse. Elle fait partie d’un  groupe de colons partis au départ pour Aldébaran qui se retrouve rescapé dans une terre inconnue. Heureusement, l’air y est respirable mais le danger est partout.

Des sauts dans le  temps se produisent de façon inexpliqués. En une journée, Manon, se retrouve 6 ans plus tard, mais avec le même âge alors que d’autres de son groupe ont vieilli!  Avec  l’aide de l’extraterrestre Antac, elle tente de comprendre ces perturbations…

« J’avais envie d’écrire et de dessiner cette histoire car elle m’est très personnelle » me raconte Léo. Manon, son héroïne, biberonnée par un père, militant écolo radical qui lui a appris à vivre en milieu hostile, renvoi peut-être l’auteur à son passé ( en 1971, Leo, militant de gauche, doit fuir le Brésil avec l’arrivée de la dictature militaire).

Mais l’essentiel n’est pas. Ce qui l’intéresse, Léo, c’est inventer des mondes et des êtres étranges. Avec « Survivants », il crée des territoires peuplés d’êtres extraterrestres mi-homme mi-animal. Des villes étranges se révèlent aux héros qui eux-mêmes vivent des histoires d’amour complexes.

Il y a un côté telenovela que reconnaît avec amusement le dessinateur. Léo avoue qu’il déteste les bd avec des héros masculins caricaturaux. Il préfère donner aux femmes le beau rôle comme avec Manon. Le scénariste défend un monde ouvert à l’inverse des esprits étroits. Les « Survivants » en sont l’illustration.

Survivants aux éditions Dargaud.

Scénario et dessin: Leo.

 

Errance en mer Rouge

Par srosenfeld dans action, Aventure, biographie, contemporain, graphisme, Historique, peinture, voyage , le 10 mai 2014 09h57 | Ajouter un commentaire

« Il s’agit d’une bd en partie autobiographique » m’explique Joël Alessandra à propos d’Errance en mer Rouge. Le lecteur suit les pas d’un professeur à Djibouti (l’auteur, lui, travaillait pour l’Ambassade de France au centre culturel) qui fait la rencontre d’un baroudeur illuminé et trafiquant dans une zone où sévissent les pirates somaliens.

Alors que le héros imagine se retrouver dans une Afrique de savane avec des girafes, le voilà sur un caillou où la population tente de survivre entre pauvreté, corruption et conflits armés. Au côté de Fred, l’aventurier, l’enseignant en dessin quitte ses crayons pour s’engager dans une voie aussi dangereuse qu’enivrante.

« Fred, c’est Nicolas, une sorte d’Henry de Monfreid moderne » me lance Joël Alessandra. L’auteur fait référence à cet écrivain voyageur français dont les écrits sur la Corne de l’Afrique raconte sa vie de contrebandier (voir « Les secrets de la mer Rouge », « la croisière du hachich » etc…).

Cet bd est un hymne à l’aventure mais aussi une mine d’information pour comprendre la réalité de la Somalie avec ses pirates sanguinaires mais aussi ses pêcheurs victimes de forces qui les dépassent.

L’auteur utilise tout le matériel récolté durant ses différents séjours à Djibouti et ses expériences au côté de son ami pour créer un bd qui navigue entre le reportage de terrain et la fiction. L’intégration de ses dessins et photos à l’intérieur du récit apporte une vrai plus-value.

Sa maîtrise de l’aquarelle évoque les carnets de peintres comme Delacroix. Divertissante et enivrante, cet « Errance en mer Rouge » est un vrai coup de cœur.

Errance en mer Rouge aux éditions Casterman.

Scénario et dessin: Joël Alessandra.