Aller-retour: détective de l’imaginaire

Par srosenfeld dans autobiographie, contemporain, graphisme, policier , le 5 février 2012 11h31 | Ajouter un commentaire

aller-retour-bezian-couvertureUn homme descend d’un train. Il arrive dans un village paumé.  Avec son physique impressionnant (près de 2 m) qui flotte dans un imper trop grand et son regard presque inexpressif, que cherche-t-il? Dans l’hôtel où il pose son bagage, l’étranger dit s’appeler Basil Far. Il enquête sur une disparition. La gérante n’en sait pas plus et s’imagine déjà un roman… Elle n’a pas tort d’ailleurs car Bézian plonge le lecteur dans son livre personnel, celui de son enfance…

« Ce qui m’intéresse » me dit Bézian, « c’est la mémoire« . « Comment à travers des sons, des images, des instants, notre passé ressurgi » ajoute-t-il énigmatique dans mon studio BD. Et pour cela, le graphiste joue de multiples effets. Avec son crayonné hachuré où les décors sont minutieux et les êtres humains vaporeux,  l’auteur crée une atmosphère étrange.  » Ce village est le mien, je retourne 40 ans en arrière dans une époque déterminante pour moi, les années 60″ explique-t-il.  A travers la ballade de cet homme au « physique de Tintin monstrueux », Bézian tisse des liens avec le film Maigret et l’affaire Saint -Fiacre mais aussi les publicités des magazines mettant en exergue la femme au foyer moderne.

Pour Bézian, nous avons tous en nous une bande sonore  personnelle construite à travers ce que nous avons vécu durant notre enfance. Une réclame à la radio, une chanson, un film, un livre, des odeurs etc… L’auteur m’explique qu’il a d’abord tout écrit avant de dessiner comme un long flash-back dans sa mémoire. Aller-Retour est une expérience qui sort de l’ordinaire. Il faut se laisser, à l’image de son héros, guider dans cet rêverie. Cette BD sort des canevas habituels. Pour mieux comprendre son enjeu, je vous invite à découvrir l’interview de Bézian ci-dessous.

Aller-retour aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Bézian.

Laisser un commentaire