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Archives du février, 2012

Masqué: un super héros européen

4914_c« Le super héros européen existe, il a disparu durant la Seconde Guerre mondiale pour se créer aux États-Unis, il s’agit désormais de le réveiller » me lance Serge Lehman dans mon studio. Le scénariste de Masqué ne cache pas une certaine ambition. Plutôt que de recycler le mythe sous influence américaine, il utilise les racines de l’histoire européenne pour inventer son propre super héros. Inspiré par la noirceur du Fantomas original et non par la caricature cinéma des films de De Funès, l’auteur plonge le lecteur dans un Paris futuriste mais graphiquement encore proche de celui qui existe aujourd’hui. Au cœur de cette histoire, un soldat.

Blessé au cours d’une mission dans le Caucase, le sergent Frank Braffort regagne Paris après six ans d’absence. Il découvre une ville en pleine mutation orchestrée par le Préfet Beauregard : Paris-Métropole. Une ville où le gigantisme rétro fait fureur et où se multiplient les anomalies, évènements mystérieux que nul ne peut expliquer. Cela va de l’apparition du surfeur d’argent à la projection la nuit d’une image gigantesque d’un homme masqué habillé en dandy en passant par des êtres mécaniques… Des forces étranges semblent en action sans que personne ne comprenne leur objectif ni leur évolution. Braffort semble connecté à ces éléments  au point de le transformer…

« La puissance des Etats-Unis est née de l’aviation et naturellement ses super héros trouvent leur place dans les airs, la France, elle, trouve sa force dans son histoire, ses fondations, ses super héros ne peuvent naitre que du sous-sol » me raconte Serge Lehman. Et effectivement le récit nous entraine dans les égouts de Paris. Mais cela n’est qu’une étape. Le scénariste réussit dès les premières planches à susciter  la curiosité. Aidé par le graphisme très réaliste et précis de Stéphane Créty, il construit une histoire crédible. Cela va très vite. Les personnages, les situations, le mode de vie, les anomalies. De quoi demander une seconde lecture pour apprécier toute la richesse de l’univers qui se met en place. Ce premier tome d’une série qui doit en compter quatre est sans conteste à la hauteur des ambitions de ses auteurs. L’évènement de ce début d’année.

Masqué aux éditions Delcourt.

Scénario: Serge Lehman.

Dessin: Stéphane Créty.

Big K: ça va saigner!

Par srosenfeld dans action, manga, polar , le 5 février 2012 19h09 | Ajouter un commentaire

big-k-tome-1-l-appel-du-sangLorsque vous êtes animé par des pulsions de meurtres, que vous reste-t-il à faire? Trouver une planque pour assumer vos envies sans trop attirer l’attention. Et dans les années 70, l’endroit idéal, s’appelle la mafia. Big K est son arme la plus redoutable. Un tueur à gages froid, impassible, la noirceur incarnée. La terreur des mauvais payeurs. Mais derrière son physique, il cache une petite part d’humanité. Et lorsqu’il s’aperçoit qu’un des dealers qu’il doit juste « secouer » prostitue des enfants, sa réponse est expéditive…

« Big K » se veut un polar à la violence assumée. Une BD qui s’inspire librement de  Richard Kuklinski qui travailla pour plusieurs familles mafieuses et avoua avoir tué au moins 200 personnes! « Un bon terroir pour raconter une histoire » m’explique le scénariste. Et dès les premières pages, le ton est donné. Le personnage principal exécute un contrat avec une clef anglaise… Ça saigne. De quoi mériter amplement le titre de ce premier tome: « l’appel du sang« .  Et ce n’est qu’un début. Accroché aux basques de « Big K « , le lecteur plonge dans les bas-fonds. Mais le récit ne se contente pas de décrire un monstre. A l’aide de flashbacks et d’une voix off, Fabian Ptoma construit un serial killer plus complexe qu’il n’y paraît.

« J’aime cette époque des années 70 avec ses bagnoles cabossée et ses vêtements avec des cols pelle à tarte » me lance Nicolas Duchêne dans mon studio BD. Le dessinateur avoue prendre un énorme plaisir à croquer des « gueules » et un univers si particulier. La graphisme qui s’appuie sur des crayonnés  très marqués donne une ambiance plutôt réussie. Il est étonnant d’ailleurs de voir ces deux gars si calmes s’amuser à raconter leur « fascination » pour ce type de personnage « déviant ». Un  enthousiasme payant car ce « Big K » séduit autant qu’il fait peur. A suivre sauf pour les âmes sensibles…

Big K, t1 aux éditions Casterman

Scénario: Fabian Ptoma.

Dessin: Nicolas Duchêne.

Aller-retour: détective de l’imaginaire

Par srosenfeld dans autobiographie, contemporain, graphisme, policier , le 5 février 2012 11h31 | Ajouter un commentaire

aller-retour-bezian-couvertureUn homme descend d’un train. Il arrive dans un village paumé.  Avec son physique impressionnant (près de 2 m) qui flotte dans un imper trop grand et son regard presque inexpressif, que cherche-t-il? Dans l’hôtel où il pose son bagage, l’étranger dit s’appeler Basil Far. Il enquête sur une disparition. La gérante n’en sait pas plus et s’imagine déjà un roman… Elle n’a pas tort d’ailleurs car Bézian plonge le lecteur dans son livre personnel, celui de son enfance…

« Ce qui m’intéresse » me dit Bézian, « c’est la mémoire« . « Comment à travers des sons, des images, des instants, notre passé ressurgi » ajoute-t-il énigmatique dans mon studio BD. Et pour cela, le graphiste joue de multiples effets. Avec son crayonné hachuré où les décors sont minutieux et les êtres humains vaporeux,  l’auteur crée une atmosphère étrange.  » Ce village est le mien, je retourne 40 ans en arrière dans une époque déterminante pour moi, les années 60″ explique-t-il.  A travers la ballade de cet homme au « physique de Tintin monstrueux », Bézian tisse des liens avec le film Maigret et l’affaire Saint -Fiacre mais aussi les publicités des magazines mettant en exergue la femme au foyer moderne.

Pour Bézian, nous avons tous en nous une bande sonore  personnelle construite à travers ce que nous avons vécu durant notre enfance. Une réclame à la radio, une chanson, un film, un livre, des odeurs etc… L’auteur m’explique qu’il a d’abord tout écrit avant de dessiner comme un long flash-back dans sa mémoire. Aller-Retour est une expérience qui sort de l’ordinaire. Il faut se laisser, à l’image de son héros, guider dans cet rêverie. Cette BD sort des canevas habituels. Pour mieux comprendre son enjeu, je vous invite à découvrir l’interview de Bézian ci-dessous.

Aller-retour aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Bézian.

Le pilote à l’Edelweiss: des as de l’aviation aux bordels parisiens …

Par srosenfeld dans action, érotisme, Historique , le 5 février 2012 10h27 | Ajouter un commentaire

piloteedelweisst1Après la trilogie du « Grand Duc », Yann et Romain Hugault continuent d’explorer les différentes facettes de l’histoire de l’aviation avec une obsession: se démarquer de leurs ainés. Fini les Buck Danny avec son héros caricatural qui ne vit l’aventure qu’à travers les combats. Cette fois-ci les deux compères veulent donner du corps à leur récit. « Tous les héros peuvent avoir des côtés sombres » m’explique Romain dans mon studio BD. « Nous avions envie avec Yann de raconter la vie de l’époque de façon réaliste » ajoute-t-il.

Les premières pages débutent sur un affrontement. Nous sommes en 1917 sur le front Ouest dans l’enfer boueux des tranchées. Au-dessus de la tête des poilus deux pilotes s’engagent dans un duel sans pitié : Henri Castillac, pilote  de l’escadrille des Cygognes et un as teuton dont l’appareil est orné d’un Edelweiss géant. Étrangement, et sans raison, le Français rompt le combat… Est-il un lâche? Quel lien existe-t-il avec un tragique accident survenu sur le pont de l’Alma en janvier 1910. Et pourquoi, le frère jumeaux d’Henri est-il dans un char blindé et pas dans les airs?

Le récit de Yann emmène le lecteur dans un monde de faux-semblants. « Comme dans tout premier tome » me dit Romain, « il y a plus de questions que de réponses ». Avec ses flashs blacks réguliers, l’histoire gagne en épaisseur et donne de l’intérêt à une histoire qui pourrait être monolithique.   La maîtrise technique du dessinateur trouve, non seulement toute sa force dans les scènes de batailles, mais aussi dans les moments plus intimistes. « Nous voulons décrire une époque, avec ses as qui peuvent mourir demain mais aussi le Paris des nuits chaudes et de l’absinthe » précise Romain. Du cockpit des appareils aux soldats, en passant par l’inondation de Paris de 1910, le graphisme est d’une redoutable efficacité. Cette BD  sort des sentiers battus et tente de séduire un public  plus large que les fans d’aviation. Pari réussi. A découvrir.

Le pilote à l’Edelweiss, t1 aux éditions Paquet.

Scénario: Yann.      Dessin: Romain Hugault.