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Archives du décembre, 2011

Metropolitan: un polar efficace inventé par deux frangins

Par srosenfeld dans action, contemporain, graphisme, mafia, polar, policier , le 31 décembre 2011 10h56 | Ajouter un commentaire

album-cover-large-14149Une bonne action peut vous coûter très cher et faire basculer votre vie. Metropolitan s’appuie sur cette idée simple pour inventer une intrigue aux multiples ramifications. Tout commence un beau matin de mai. L’inspecteur Vincent Revel sauve la vie d’Alexeï, foudroyé par un malaise sur la ligne 6 du métro parisien. Dans la même rame, Marc un anonyme à qui personne ne prête attention.

Un trio qui se retrouve huit ans plus tard dans une capitale à l’atmosphère toujours aussi  suffocante. Vincent, le policier, enquête sur le meurtre d’un joaillier, Alexeï a fait fortune dans l’informatique, Marc vit très mal son licenciement. Une fois de plus, les lignes de leur vie vont se croiser  jusqu’à la folie…

Si vous aimez le polar et les univers étranges, Metropolitan, est une série pour vous. Bien sûr, cette trilogie (existe en coffret) a ses défauts et ses qualités. « Si je devais refaire le dessin, je ferais différemment » m’explique de façon un peu abrupte Laurent Bonneau dans mon Studio BD. En limitant au maximum les décors, en jouant sur des contrastes puissants, en intégrant des flous comme une caméra et en colorant à l’aquarelle, le garçon a le goût du risque. Un risque payant car cela donne à cette BD une tonalité qui lui est propre.

« Comme je suis aussi infirmier,  je voulais aussi parler de la folie tout en créant un récit très cinématographique » me précise Julien Bonneau. Comme dans toute première BD, l’histoire est née d’un mélange de plusieurs envies. Julien avoue que travailler avec son frère est un vrai plus dans ce type de projet. « On se dit tout, on s’engueule et on se rapproche » me dit-il. « Le problème, c’est sa lenteur «  lance ironique Laurent. Un duo familial qui fonctionne à l’image de cette trilogie. Bonneau. Un nom à suivre.

Metropolitan, t1,2,3 aux éditions Dargaud.

Scénario: Julien Bonneau.

Dessin: Laurent Bonneau.

François Villon: un poète « maudit » adepte de la fornication

Par srosenfeld dans graphisme, Historique, Humour, sexe , le 19 décembre 2011 16h08 | Ajouter un commentaire

je-francois-villon-1En l’an de mon trentïesme aage, Que toutes mes hontes j’euz beues, Ne du tout fol, ne du tout saige…

Non, je ne suis pas fou. Ces vers sont de François Villon, le poète le plus connu du Moyen Age mais qui aujourd’hui est tombé dans l’oubli. Tiré du Testament, ces lignes semblent obscures car en vieux français et pourtant elles révolutionnent à l’époque la littérature. L’écrivain Jean Teulé décide en 2006 de rendre hommage au premier « poète maudit » avec son livre « Je, François Villon » . Il faut dire que l’homme mort à 30 ans est un personnage hors norme. Un  être excessif qui possède à la fois la rébellion et la grâce des fous. Tout naturellement, il devient aujourd’hui un héros de BD haut en couleur!

Ce premier tome débute par la naissance de François Villon et déjà cela commence très mal. Un père pendu, une mère enterrée vivante, le garçon connaît les pires atrocités de la vie dès son plus jeune âge. Recueilli par le chanoine de Saint-Benoît, il est envoyé dans le meilleur collège de Paris. Mais à ses études, il préfère la poésie, l’hypocras et la fornication. Poète et ribaud à la fois, il commet tous les actes possibles, des plus sublimes aux plus abominables.

« J’ai voulu transcrire à travers mon dessin mes impressions sur cet homme au destin terrible » me raconte Luigi Critone. Dessinateur et scénariste italien, il se lance dans cette adaptation en BD du livre de Jean Teulé avec tous les risques que cela supposent. Et le résultat est tout à fait convainquant. Le lecteur se retrouve plongé dans un Moyen Age réaliste où la violence est partout. Sans portrait existant du poète, Luigi Critone invente son visage qui n’est autre que lui. « Je n’ai réalisé qu’il me ressemblait qu’au moment de voir la couverture » avoue-t-il. Avec son graphisme original qui multiplie les audaces, cette BD réussit à susciter des impressions multiples: dégoût, admiration, curiosité… A découvrir pour ceux qui aiment sortir des sentiers battus.

Je, François Villon, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Luigi Critone.

Muraqqa’: une séduisante dessinatrice au coeur d’un harem

Par srosenfeld dans action, Aventure, érotisme, Historique , le 19 décembre 2011 15h17 | Ajouter un commentaire

muraqqa-1Comment attirer le regard en 2 pages. L’album Muraqqa’ commence par une introduction pour le moins sensuel. Imaginer  l’Inde au début du XVIIè siècle, une prairie et au milieu des bêtes sauvages, une femme nue, « vêtue par le ciel «  qui  cherche l’inspiration. Mais ce n’est pas sa beauté qui va changer le destin de Priti mais son incroyable talent pour le dessin. Repérée par les émissaires de l’impératrice, elle se rend au gynécée de la Reine pour une mission aussi délicate que mystérieuse: enluminer un manuscrit, un Muraqqa’ à la gloire de l’Empereur Moghol à travers les femmes de son harem….

« Cette histoire est née après la découverte d’une exposition à Barcelone » me confie Ana Miralles. A l’époque la dessinatrice travaille sur la série Djinn qui évoque aussi le monde des harems. Elle apprend alors l’existence de « Muraqqa’  » qui signifie littéralement « patchwork ». Il désigne un album pouvant réunir des miniatures, des dessins et des calligraphies, composé à l’intention d’un personnage de haut rang. De là est venu l’idée de créer un livre qui s’inspire du monde des harems. « Nous n’avons que très peu d’information sur ce sujet » explique le scénariste Emilio Ruiz.  Les deux complices à la ville comme en BD décident donc d’inventer leur« Muraqqa ».

Ce récit conçu en 4 tomes nous entraine donc dans le monde secret des femmes. Comme Priti, nous découvrons cet univers au fil des pages. Le rythme est volontairement lent car les auteurs souhaitent initier les lecteurs en douceur par petites touches. Un choix qui pourra rebuter certains mais qui au final fonctionne grâce au graphisme pointilleux d’Ana Miralles. Son sens du détail et sa finesse de trait sont aussi séduisants que la courbe de ses héroïnes. Emilio Ruiz  promet que la suite va être bien plus agitée avec des rebondissements. A suivre…

Muraqqa’, t1 chez 12 bis

Scénario: Emilio Ruiz.

Dessin: Ana Miralles.

Siegfried: une trilogie au graphisme spectaculaire

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, Heroïc Fantasy , le 19 décembre 2011 13h29 | Ajouter un commentaire

9art-alice« Cela fait 10 ans que je travaille sur Siegfried » me dit presque étonné Alex Alice dans mon studio. Alors que cette formidable BD connaît aujourd’hui son épilogue dans un tome 3 au graphisme spectaculaire, l’auteur réalise le chemin accompli. Après la réussite de « Troisième Testament », œuvre magistrale qui avait en quelque sorte lancé la vague des thrillers ésotérico-historiques en BD, le dessinateur se lançait avec l’adaptation de « la légende du Nibelung » dans une aventure audacieuse.

Mais revenons à l’histoire. Tout commence avec l’enfance de Siegfried, fils des hommes et des dieux, élevé parmi les loups par Nime, une créature mi-humaine.  En grandissant, Siegfried, décide de quitter la forêt pour affronter son destin: combattre un dragon maléfique à l’aide d’une épée magique. Alors que le pouvoir de l’Or étend sa corruption et que la Terre est à l’agonie, Siegfried et Mime arrivent enfin au seuil de l’antre du dragon. Un combat titanesque va s’engager entre le jeune homme qui ne craint pas les dieux et le terrible monstre que l’avidité a rendu fou….

 » Je voulais revenir aux origines des histoires d’héroic fantasy » me lance Alex Alice lors de notre rencontre. Et en effet pour Siegrfried, l’auteur emprunte à différentes sources, des livres sur les légendes nordiques et bien sûr à Wagner et de sa Tétralogie. Chaque album commence d’ailleurs par une ouverture qui s’apparente à l’opéra. Pas de texte ou très peu et des images qui se succèdent pour créer une atmosphère et placer l’enjeu du récit. « J’écoute de la musique en travaillant » me raconte Alex Alice et « quelque fois, il y a eu des moments miraculeux où la structure de la page se faisait en symbiose avec les notes que j’écoutais ».

Alex Alice déploie avec maestria son savoir faire avec des planches superbement construites: plans larges pour planter des décors féeriques, plans serrés pour capter une émotion dans un regard, superbes fond bleutés lumineux. Une puissance visuelle qui donne un souffle épique à une BD qui divertit autant qu’elle instruit. Un magnifique cadeau à mettre sous le sapin.

Siegfried, t3 aux éditions Dargaud.

Scénario et dessin: Alex Alice.

Les nombrils: des « pétasses » venues du Québec

Par srosenfeld dans contemporain, Humour , le 16 décembre 2011 14h47 | Ajouter un commentaire

9782800150222Jenny et Vicky sont des chipies qui se prennent pour le nombril du monde. Avec leurs vêtements sexy, leur maquillage provocateur et leur coiffure toujours impeccable, elles attirent tous les regards. Et elles sont prêtes à tout pour être  le centre d’attraction  au prix de toutes les bassesses.  Pour les aider à garder l’attention des garçons, les pestes peuvent toujours utiliser Karine, trop grande, trop naïve et trop gentille.  Un souffre douleur idéal mais qui décide  dans ce cinquième tome de se rebeller. Amoureuse d’un guitariste albinos, Karine décide de se prendre en main…

Dialogues percutants, personnages attachants, cette série québécoise est une réussite. Maryse Dubuc et Delaf multiplient les situations cocasses tout en délivrant un message de tolérance. Cela nous ramène à nos années « lycées » .  Jenny et Vicky sont détestables mais super canon  ce qui rappellent certains souvenirs. Les mecs sont souvent idiots et maladroits à part le « guitariste albinos » qui joue les poils à gratter.

« Il y a toujours une grande part d’improvisation » dans notre travail m’avoue Delaf dans le studio BD. Et cela explique la fraîcheur qui se dégage de ces « nombrils » qui cartonnent auprès des adolescentes alors qu’au départ cette bd était conçu pour un mensuel de garçon! « C’est difficile à dire, mais on a toute un petit côté Jenny et Vicky » m’avoue Maryse durant notre rencontre. Et de me raconter d’autres anecdotes sur le rapport entre les hommes et les femmes au Québec. A découvrir plus bas.

Les nombrils,t5 aux éditions Dupuis

Scénario: Maryse Debuc.

Dessin: Delaf