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Archives du novembre, 2011

Les ignorants: de la bd à la vigne, une initiation croisée

Par srosenfeld dans Non classé , le 13 novembre 2011 16h37 | Ajouter un commentaire

ignorantsEtienne Davodeau, auteur de bd du genre « documentaire contemporain » aime raconter des histoires de vies. Et voilà qu’un jour, alors qu’il discute avec son pote vigneron Richard, il réalise soudain que leurs deux mondes ont beaucoup de choses en commun, notamment le culte du travail bien fait. Après quelques verres de rouge, le scénariste propose à son ami un pari. Il va le suivre dans ses vignes pour comprendre le processus de fabrication de son nectar et en échange, l’artiste lui propose de l’emmener à la découverte du 9ème art. Commence alors un voyage de plus d’un an entre deux ignorants.

Dans ce récit bourré d’humanisme, Etienne Davodeau, réussit à nous séduire et à ne pas nous ennuyer. Nous suivons un parcours initiatique passionnant autour de la création. « Je voulais vivre physiquement les choses » m’explique dans mon studio le scénariste. Une méthode qui donne tout sa crédibilité à cette aventure. « C’était d’ailleurs bien là mon inquiétude » me raconte Richard, « le fait qu’Étienne allait toucher mes vignes!« .

Avec ce récit, le lecteur apprend beaucoup sur la naissance d’un vin et le dur labeur qu’il implique. Et tout cela, de façon naturelle sans tomber dans un côté trop technique réservé aux seuls connaisseurs. Richard initie son ami à la « biodynamie » qui consiste à pulvériser de la « silice de corne » qui permet une meilleur relation avec le cosmos. De quoi intriguer Étienne mais aussi le fasciner. De son côté, le vigneron découvre « Gibrat » et « Mauss ». Grâce à son rythme qui alterne intelligemment les deux univers, viticole et bédéphile,  cet album de 270 pages se lit sans difficulté. Un de mes coups de cœur de cette année.

Les Ignorants aux éditions Futuropolis.

Scénario et dessin: Etienne Davodeau.

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Une nuit de pleine lune: ne réveiller le tueur qui sommeille

Par srosenfeld dans action, contemporain , le 13 novembre 2011 15h11 | Ajouter un commentaire

couv_hermann_nuit_pleine_lune1Cinq jeunes hommes et une fille du même âge se préparent à cambrioler la riche demeure d’un couple de paisibles retraités dont ils connaissent les habitudes. Nerveuse et mal préparée,  la  bande croit que le jackpot est à portée de main. L’idée est simple: s’introduire dans la maison, vider le coffre et se partager la mise. Mais tout se complique car le coffre résiste. Seule solution, attendre les propriétaires et les obliger à dévoiler le code.

Seulement voilà,  le maître de maison est un ancien légionnaire plutôt têtu qui n’est pas le vieux monsieur sans défense auxquels tous croient avoir affaire. Commence alors une danse macabre où les cadavres s’accumulent…

Amateurs de sensations fortes, voici un « one shot » (histoire en un tome) calibré pour vous.  Yves H., le scénariste de cet album s’inspire des codes des films type « slasher » pour offrir à son papa, le grand Hermann, un superbe terrain de jeu graphique.  Tout y est : la vieille maison isolée, le soir tombant, les relations pas très nettes entre les protagonistes et une atmosphère glauque et suffocante.

Ce thriller d’une redoutable efficacité sait surprendre son monde avec son pépé psychopathe. « Lorsque je dessine, je vois un film, la scène, l’action de chaque personnage presque jusqu’aux poils de leurs peaux  » me confie Hermann dans mon studio (voir ci-dessous).

En vieux routier de la BD, il montre une nouvelle fois sa grande maîtrise de la lumière en multipliant les ombres et les clairs-obscurs soulignant les moments de tension. C’est d’ailleurs ce retour à un  « un dessin en noir et blanc et non plus en couleur directe » qui a convaincu Hermann de suivre le fiston dans Une nuit de pleine lune.

Une nuit de pleine lune aux éditions Glénat.

Scénario: Yves H. Dessin: Hermann.

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Le royaume de Borée: au-delà de la frontière de l’homme civilisé

Par srosenfeld dans Aventure, fantastique, Historique , le 3 novembre 2011 09h57 | Ajouter un commentaire

ROYAUME DE BOREE 01 - C1C4_ok2.inddAprès Les sept cavaliers, Jacques Terpant continue d’explorer l’univers de l’écrivain Jean Raspail, 86 ans, dont le thème favori est la confrontation des civilisations. L’occasion de partir une nouvelle fois sur les traces de la famille Pikkendorff et de retrouver de magnifiques paysages.

Nous partons loin, très loin, aux confins de l’Europe septentrionale. Là il existe une frontière que des géographes inventifs ont nommé bordure pour devenir au fil des ans, borée. Un matin de 1658, Oktavius de Pikkendorff, un jeune noble désargenté, se présente au Grand Duc de Valduzia, August III,. Il lui propose ses services. Le Prince souverain lui offre alors le commandement militaire de Ragen, une bourgade de 3000 âmes à la frontière-Est du territoire. Oktavius compte bien aller à la découverte de ce monde inconnu fidèle à la devise de sa famille: « Je suis d’abord mes propres pas ».

Dès les première pages, Jacques Terpant, nous emmène dans un monde sauvage et mystérieux. Son sens du détail et sa maîtrise des couleurs font merveille pour nous immerger dans une immensité où la nature fait loi. Le récit est une adaptation fidèle du roman de Jean Raspail qui va au fil des albums nous fait parcourir les siècles jusqu’au Mur de Berlin. « J’aime la nature, je ne suis pas à l’aise dans un deux pièces cuisine » me raconte  le scénariste dans mon studio. Une bd aussi élégante dans la forme que dans le fond où souffle l’esprit des grands explorateurs.

Le Royaume de Borée, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario: Jean Raspail et Jacques Terpant.

Dessin: Jacques Terpant.

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