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Archives du mars, 2011

L’appel des origines: une métisse sensuelle, du jazz et l’Afrique

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, Historique , le 19 mars 2011 15h45 | Ajouter un commentaire

appel_origines-011Nous plongeons dans le New York de l’entre-deux-guerres. Celui du Jazz avec Duke Ellington, de la prohibition et des inégalités raciales. Et notre regard se porte sur la magnifique Anna, serveuse dans un petit restaurant de Harlem. Sérieuse et réservée, le jour, la belle se transforme la nuit et profite de la folie des clubs interdits.  Depuis son enfance, Anna, la métisse tente de d’exister dans un monde où elle la « mal blanchie » pour les uns et la négresse pour les autres. Un jour, elle découvre l’existence d’un père inconnu, un blanc, chasseur mystérieusement disparu en Afrique. Elle va tout quitter pour partir  à la recherche de ses origines.

Dans cette BD souffle l’esprit romanesque des grands romans d’aventures et des films à la « Out of Africa ». Le scénariste Joël Callède crée un récit qui rend bien compte de l’atmopshère d’une époque et tisse adroitement les caractères de chaque protagoniste. Un premier tome qui sert d’introduction avant le grand départ pour le continent noir. Mais loin d’être une simple mise en bouche, cet album montre les tensions raciales dans un Harlem en plein ébulition. Les dessins de Gaël Séjourné sont superbes. Une ligne claire. Une atmosphère parfaitement retranscrite. Des personnages avec des traits qui mélangent finesse et caractère. Magnifique.

Pour en savoir plue, je vous propose d’écouter mon interview de Joël Callède sur Bel RTL.

L’appel des origines aux éditions Vents d’Ouest

Scénario: Joël Callède.  Dessin: Gaël Séjourné.

 

 

Zarla: son chien est un boxer-guerrier

Par srosenfeld dans action, Aventure, Enfants, Heroïc Fantasy, Humour , le 19 mars 2011 15h44 | Ajouter un commentaire

Zarla3-cover.inddZarla est la fille de deux redoutables chasseurs de dragons mystérieusement disparus. Cette adorable gamine tient à se montrer digne de ses valeureux parents et se lance dans toutes sortes de défis. Elle ne sait pas que c’est son vieux chien Hydromel qui combat à sa place. Elle ignore sa face cachée de bull-guerrier – mi-chien, mi-guerrier – doué d’une force et d’une science des armes prodigieuses. De plus, il suffit à Hydromel de masquer la vue de sa maîtresse pour qu’elle déduise que la  »colère l’aveugle » et qu’elle est prise d’une furie meurtrière. Zarla n’a peur de rien. Et pourtant, elle se retrouve face aux dragons, monstres et créatures inquiétantes du  »vieux peuple »

Nous sommes déjà la troisième aventure de cette adorable héroïne qui connaît un succès grandissant auprès des enfants. Et pour cause. L’univers d’héroïc fantasy inventé Jean-Louis Janssens est à la fois facile d’accès et complexe. La jeune fille évolue dans une société hiérachisée autour d’un mystérieux ordre féminin. Chaque tome est l’occasion de flash back pour décrire chaque personnage tout en gardant une légerté dans le rythme comme dans le ton.

Le dessinateur de Guilhem m’explique dans Studio BD que la mise en place de ce monde a été objet de longues discussions avec le scénariste. « Je voyais le chien comme un berger allemand, Jean-Louis , voyait Hydromel comme un mélange de Dr Jeckyll et Mr Hyde » me dit-il. « Ce fut finalement un boxer » . « La couleur rouge du chien guerrier est même née «  m’avoue-t-il « d’une erreur de la coloriste qui a mis un filtre rouge sur toute une page ». Avec ce trosième volume (qui peut se lire séparemment des autres), les auteurs continuent d’offrir une bd grand public qui plaît aussi bien aux petites filles qu’aux petits garçons.

Zarla, t3 aux éditions Dupuis.

Scénario: Jean Louis Janssens.

Dessin: Guilhem.

 

Orion: le héros de Jacques Martin ressuscité

Par srosenfeld dans Aventure, ésotérisme, Historique , le 2 mars 2011 12h47 | 2 commentaires

orionLes fans de Jacques Martin (Alix, Orion, etc..) peuvent se rassurer. Marc Jailloux reprend les aventures du héros athénien en restant fidèle à l’esprit de son créateur. Tout en modernisant le graphisme de ce tome 4 intitulé « Les oracles », l’auteur intègre tous les ingrédients qui font le succès de ce type de série. Densité du récit, précision du trait, action spectaculaire et théâtrale.

Dès les premières pages commence une course poursuite. Orion se lance à la recherche de Panaïotis, un orphelin mystérieusement disparu. Il découvre une crypte où se déroule une étrange cérémonie: Aspasie, la maîtresse de Périclès, est venue consulter les oracles sur la stratégie militaire qu’Athènes, alors en guerre, devrait adopter. Intrigué, le jeune homme découvre bientôt qu’un terrible complot est en cours, fomenté par les Spartiates. Parviendra-t-il à déjouer à temps la menace qui pèse sur la fragile démocratie athénienne?

Marc Jouilloux m’explique dans Studio BD que « tout est né après un voyage en Grèce dans un sanctuaire, le Nécromantéion ». Un lieu où les Grecs invoquaient les esprits des morts afin de communiquer avec eux. Un fait historique qui permet au scénariste de construire une intrigue qui s’en inspire très largement. Orion continue son parcours initiatique et plonge le lecteur dans la Grèce de Périclès. Les planches aux détails soignés donne à ces « Oracles » un bel écrin.  » Je voulais penser et inventer Orion comme si Jacques Martin le dessinait en 2011″ m’explique Marc Jailloux. La relève est parfaitement assurée.

Orion,t4 aux éditions Casterman.

Scénario et dessin: Marc Jailloux.

 

Les Combattants: la débâcle de 1940 à hauteur d’homme

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique , le 1 mars 2011 17h44 | Ajouter un commentaire

combattantsLaurent Rullier avait envie de décrire ce moment de flottement, cette  « drôle de guerre » où le choc des armes est suspendu. Une époque troublée, où les comportements sont exacerbés et qui offre la possibilité de faire se croiser des personnalités antagonistes issues d’horizons différents. Pour le scénariste, le lieutenant, héros presque caricatural, devait ressembler à… l’acteur Dupontel m’explique le dessinateur Hervé Duphot. « Je ne voyais pas le lien mais je me suis adapté » m’avoue-t-il. Son compagnon de route, mécano timide et d’un milieu populaire, « devait représenter les avancées techniques de ces années là » ajoute-t-il dans Studio BD.

Juin 1940, c’est la débâcle. Une grande partie de la population belge et française se retrouve sur la route et l’armée fuit l’avancée inexorable de la puissante Wehrmacht. Le lieutenant Beaujour reçoit l’ordre de retrouver parmi les fuyards le professeur Staelens, détenteur d’un secret qui pourrait bien changer le cours du conflit. La course contre la montre débute au beau milieu de l’exode. Un duo improbable qui fonce à moto sur les routes bombardées …

A l’arrivée, le graphisme classique de Duphot et ce récit de guerre trouve un bel équilibre pour décrire la France des années 40. Ce premier tome permet de s’attacher à deux personnages pris dans la tourmente. Un récit à hauteur d’homme. Moins trépidantes que d’autres, cette série historique gagne en atmosphère et en psychologie ce qu’elle perd en rythme.  Un choix qui assure à l’ensemble une crédibilité qui ravira les amateurs du genre.

Les combattants, t1 aux éditions Delcourt.

Scénario:  Laurent Rullier.

Dessin: Herve Duphot.