Archives du février, 2011

La Mano: jeunes idéalistes et terroristes

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain , le 28 février 2011 15h16 | Ajouter un commentaire

la-mano-bd-volume-1-simple-197161L’Italie des années 60 et 70. A l’époque, le terrorisme d’extrême gauche ensanglante le pays. Tout le monde se rappelle des « Brigades rouges » et de la mort d’Aldo Moro. Mais d’autres groupes sont à l’œuvre à la même époque. Notre récit s’immerge dans ces « années de plomb » où une partie d’une jeunesse en ébullition se laisse tenter par la violence et l’action directe.

Dans l’esprit du film « le péril jeune » de Cédric Klapisch, cette bd nous plonge dans le quotidien d’une bande de copains. « La Mano » est le nom qu’ils se choisissent pour se nommer durant leurs activités clandestines. Mais tous ne vivent pas la même révolte et surtout n’entendent pas aller jusqu’au sang…

Tout commence avec Sandro, médecin à Paris de nos jours. L’actualité du moment évoque un mouvement clandestin, Pugno. Ce groupe faisait partie de la mouvance des « Brigades Rouges ». Sandro pense alors à son amour d’ado, Raffaella, la tête pensante de celui-ci. Et à Dina, Piero et Aristo. Tous ses amis, liés à cette tragédie. A 70 km de Bologne en 1965, c’est là que tout a commencé…

Récit intriguant et rythmé. Description intelligente de cette période trouble qu’est le passage à l’âge adulte et de la révolte qui la caractérise. Compréhension des enjeux idéologiques du moment. Cette bd est une très belle surprise. Le graphisme original est un mélange de dessins réalistes et de formes plus audacieuses. Les couleurs volontairement atténuées donnent une étrange douceur et une distance à un monde de violence. Le cahier explicatif avec des photos à la fin de l’album permet de mieux bien comprendre cette période. Du très beau travail. Divertissant et historique. A ne pas manquer.

La Mano,t1 aux éditions Dargaud.

Scénario: Philippe Thirault

Dessin: Pagliaro.

Si seulement: revivre sa vie, encore et encore

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain , le 28 février 2011 14h20 | Ajouter un commentaire

et-siTout le monde a fait cette expérience. Vous vivez un accident plus ou moins grave ou vous avez fait un choix et cela a déterminé la suite de votre vie.  « Si seulement » reprend cette idée des possibles comme le film « Un jour sans fin » où l’acteur Bill Murray, présentateur météo exécrable  revit les mêmes 24 heures dans un bled paumé qui fête les marmottes (j’ai beaucoup aimé ce film..). Notre héros n’est pas présentateur météo mais écrivain.

Joe Horton est un auteur à succès. Sa vie a failli basculer plusieurs fois. Mais aujourd’hui en pénétrant dans la cave de la vieille maison qu’il retape, son destin bascule. Tout part d’un accident à l’âge de 17 ans. Sans la balafre que lui a fait ce jour là un chien, Joe aurait gardé sa gueule d’ange et serait devenu une rock star.  Et justement… en quelques secondes, l’homme perd sa vraie vie pour en vivre une autre. Sans repères, il tente de ne pas devenir fou…

Le scénariste Rodolphe s’amuse à concevoir un terrible jeu de pistes. Un puzzle éclaté où chaque pièce semble mener à une image, un destin différent. Ce premier tome remplit bien son rôle. Rythme soutenu, récit multiples, héros attachant. Louis Chabane (dessinateur de Golden Cup et Carmen) propose une mise en images dynamique qui complète bien l’histoire. La collection « Grand Angle » s’élargit avec une nouvelle série très prometteuse.

Et si seulement, t1 aux éditions Bamboo.

Scénario: Rodolphe.

Dessin: Louis Chabane.

Le Diurne: une sanglante saga de vampires

Par srosenfeld dans action, Aventure, fantastique, vampire , le 28 février 2011 13h49 | Un commentaire>

diurneEncore une histoire de vampires me direz-vous… Et pourtant, ne détournez pas les yeux, cette histoire là, s’annonce comme une saga sanglante que palpitante!

Corbeyran réussit à renouveler avec brio un genre éculé avec « le Diurne ».  Il reprend le mythe du vampire et le transpose dans une époque à la fois proche du XIXème siècle et complètement imaginaire. Fini le vampire romantique, ici il redevient bête. Une espèce animale et féroce qui n’a pas évoluée contrairement aux êtres humains.

Le « Diurne » fait référence à un vampire hybride. Il est recueilli enfant par le Bourgmestre de sa ville.  Élevé comme un être humain. Il vit sa vie quotidienne, le jour, parmi les hommes, et passe ses nuits à les protéger des hordes de vampires, en tant que capitaine de la brigade nocturne. Accusé à tort d’une série de meurtres sanguinaires par les humains, il va devoir échapper à ceux qui veulent en faire un bouc émissaire…

Brillamment mise en  scène ce premier tome séduit par la densité de son récit. Corbeyran bénéficie du graphisme magnifique de Celanovic. Trait fin et précis, atmosphère angoissante, alternance de cadre noir et blanc en fonction du jour et de la nuit, tout est fait pour hypnotiser le lecteur. Un excellent début. A suivre.

Le Diurne, t1 aux éditions 12 bis.

Scénario: Corbeyran.

Dessin: Celanovic.

Un héros « presque » parfait: ils sont courageux mais bêtes

Par srosenfeld dans action, Aventure, Heroïc Fantasy, Humour , le 28 février 2011 13h17 | Ajouter un commentaire

herosAvec leurs slips ridicules, leurs sourires ultra bright et leurs visions très binaires du monde, les super-héros sont des cibles parfaites pour le ridicule… Mais il faut avoir du talent et des idées ainsi qu’un bon coup de crayon pour réussir ce type de pari… Et bien, pari réussi pour ce premier volume d’un héros « presque parfait! Le rythme est bon, les dessins bien calibrés et les strips efficaces.

Héros d’Ouest terne, Samouraï de Chine ou Super zéro: derrière ces noms folkloriques se cache une bonne tranche de rire et des aventures piquantes.  Les scénarios multiplient les gags en boucle à la « Game Over » . Un jeu de massacre qui fonctionne bien et qui risque d’amuser les enfants comme les grands ados que nous sommes… C’est pas très malin mais cela fait du bien. La BD à mettre dans les toilettes pour se détendre…en toute tranquillité!

Un héros « presque » parfait, vol1 aux éditions Vents d’Ouest.

Scénario: Ludovic Danjou et Mady.

Dessin: Philippe Fenech.

Fluide.G: sexe, humour et bd au féminin

Par srosenfeld dans action, Aventure, plus de 16 ans, sexe , le 19 février 2011 15h23 | Ajouter un commentaire

fluide-g-saint-valentin1Ce hors sery édité par Fluide Glacial est à son deuxième numéro. A l’intérieur des extraits de BD, des dessins, des articles décalés et provocateurs. L’idée est de bousculer un peu les magazines féminins actuels en proposant un regard décalé.  L’occasion de découvrir les planches d’un album comme « Pêché Mignons » par exemple d’Arthur de Pins et Maia Mazaurette qui raconte les déboires amoureux et sexuelles d’une bande de copains.

Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres. La Saint Valentin fait bien sûr la Une de Fluide G avec en couverture une femme dévêtue version fétichiste qui se demande si on l’a reconnait ou non. Mais attention, mesdames, ici pas question de blagues machistes, le magazine est dirigée par une femme, Anaïs Vanel. Et justement, la rédactrice en chef est en ligne avec nous. Extrait de ma chronique BD sur Bel RTL.

Fluide.G aux éditions Fluide Glacial.

Péchés Mignons,t4 aux éditions Fluide Glacial.

Scénario: Maïa Mazaurette et Arthur De Pins.

Dessin: Arthur De Pins.

 

Valentine Pitié: serial killer Inuit, amour et aéroplane

Par srosenfeld dans action, Aventure, plus de 16 ans , le 19 février 2011 14h58 | Ajouter un commentaire

pitieScénariste et dessinateur inspiré, Benn nous concocte un récit en deux parties passionnant et  envoûtant. Nous sommes en 1907, Valentine, jeune adolescente affronte les rigueurs de l’hiver en pays Yukon, en compagnie de ses parents, prospecteurs d’or. Mais un drame survient aussi brutal qu’inattendu.

Son père fait exploser un baril de poudre en tentant de montrer à sa fille le lieu où il a découvert le filon qui l’a rendu riche. Les parents décèdent et Valentine se retrouve seule au milieu d’un désert glacé. Elle est sauvée in extremis par un chasseur de phoque Inuit. Séduit, il l’a prend comme deuxième femme. Notre héroïne découvre alors l’amour et les mœurs des Inuits. Mais un serial killer rôde…

Valentine Pitié, est une héroïne digne des grandes sagas hollywoodiennes. Il y a un peu de Scarlett dans ce petit bout de femme aussi sensuelle qu’indépendante. Deux tomes pour deux aventures et deux amours. Le premier chez les Inuits, le second dans le Paris du début du XX ème siècle à l’époque des premiers aéroplanes. Du souffle, du rythme, des personnages hauts en couleurs, ce dytique est une réussite. Les dessins d’une grande finesse parachève un très beau moment de BD. Ci-joint, l’interview avec l’auteur lors de ma chronique sur Bel RTL.

Valentine Pitié, t1 et 2 aux éditions Dargaud.

Scénario et dessin: Benn.

 

Féroces tropiques: « homo germanicus » chez les Papous

Par srosenfeld dans Aventure, Historique , le 14 février 2011 14h25 | Ajouter un commentaire

tropÊtes-vous prêts à faire un étrange voyage… « Féroces tropiques » emmène le lecteur dans une expérience graphique et littéraire aussi coloré que la couverture est dorée. L’histoire étonnante d’un Allemand, Heinz, peintre et esthète, embarqué dans une mission océanographique en 1913.

L’artiste amoureux de la beauté se retrouve confronté à un équipage d’« homo germanicus » à la limite de la caricature, sûrs de sa force et de son rôle d’émancipateur de tribus sauvages… Heinz se retrouve abandonné par les siens en Papouasie et tente de survivre au milieu des indigènes. Ses talents picturaux et sa bonté d’âme le sauve de justesse. Il se perd dans cette forêt loin de la Première Guerre qui finit par le rattraper. Violence, incompréhension. Démobilisé, Heintz va ensuite tenter de retrouver son paradis perdu…

Dès les premières pages, le choix graphique donne le ton. Joe G Pinelli crée des images qui ressemblent à des peintures expressionnistes. Visages anguleux et fiévreux. Paysages agités comme animés d’un souffle destructeur. Un travail qui peut sembler déroutant à première vue mais qui ensuite prend tout son sens au fil du récit. Des dessins qui provoquent un délicieux envoûtement. Thierry Bellefroid trouve ici un complice idéal pour raconter son histoire. Il s’appuie sur le destin méconnu du peintre  Heinz von Furlau. Un voyage d’une grande densité qui peut déranger par ses multiples allers-retours mais mais qui forme au final un ensemble cohérent. Une bd qui se détache des sorties actuelles….

Féroces tropique aux éditions Dupuis.

Scénario: Thierry Bellefroid.

Dessin: Joe G. Pinelli.

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Sherman: mafia, nazisme et saga familiale

Par srosenfeld dans action, Historique, mafia, polar , le 6 février 2011 16h31 | Ajouter un commentaire

7654600963_sherman-tome-1Si vous aimez les sagas dans l’esprit du « parrain », les complots, le suspense et l’Amérique des années 20 et 40, « Sherman »est fait pour vous. Cette série inventée par le scénariste Stephen Desberg (IRS, All Watcher, Empire USA) est prévue en 6 volumes. Le dessinateur Flamand Griffo me raconte que tout a commencé dans un train entre Angoulême et Bruxelles. « Je revenais du festival avec Stephen et il m’a conté cette intrigue durant 5 heures. Un timing parfait car à l’arrivée à Bruxelles, il avait juste fini. Et lorsqu’il m’a demandé qui était le coupable, je n’ai pas su lui répondre! »

Ray Sherman incarne  le rêve américain. Parti de rien, il est devenu l’un des financiers les plus en vue du pays. Si puissant que son propre fils est candidat aux élections présidentielles. Mais celui-ci se fait abattre et sa vie  s’en trouve bouleversée. L’enquête l’oblige à revenir sur les traces de son passé trouble, jonché de cadavres…

Les États-Unis ont pour Stephen Desberg une résonance toute personnelle. Son père était citoyen américain, responsable de la distribution en Belgique des films de la MGM puis de la 20th Century Fox.  Grand spécialiste des intrigues économiques, le scénariste tire le nom de son personnage principale du « Sherman Act » qui est la première loi anti-trust aux USA.

Sans révolutionner le genre, le récit sait manier les flash back pour construire une réflexion sur l’enrichissement de l’Amérique entre les 20 et 50. Derrière les grandes success story de cette époque se cache souvent l’argent sale de la mafia européenne. Les liens économiques avec l’Allemagne de l’entre-deux-guerres reviennent aussi en filigrane. Le graphisme de Griffo s’adapte parfaitement à ce thriller. Précision des décors et des ambiances, classicisme du trait. Griffo et Desberg nous en disent plus dans l’interview ci-dessous que j’ai réalisée à Angoulême.

Sherman aux éditions du Lombard.

Scénario: Stephen  Desberg.

Dessin: Griffo.

 

Le numérique bouscule la BD

Par srosenfeld dans Non classé , le 6 février 2011 15h31 | Un commentaire>

numerique-au-salon-du-livreAvec l’explosion des ventes des tablettes tactiles (près de 17 millions d’exemplaires déjà vendus dans le monde), le monde de BD réfléchit à l’utilisation de ce nouveau support. Si pour l’instant, il n’existe pas d’album conçu directement pour les ordinateurs, des pistes commencent à être explorées. Les éditions Delcourt prévoit de sortir « la » première  BD réalisée directement pour les ordinateurs en septembre 2011.

En attendant, les principaux éditeurs proposent leur album papier via leur numérisation en location ou en téléchargement définitif depuis mars 2010. Il est possible de consulter ces titres sur une banque d’image appelée IZNEO. Cette démarche est aussi un moyen de lutter contre le piratage sur internet. La location coûte 1,99 euros pour 10 jours.

Cette façon de lire des BD est encore très marginale mais cela se développe. Les créateurs réfléchissent actuellement à des concepts qui mélangent bulles, son, images et vidéo. Pour beaucoup, 2011 est l’an un de l’ère du numérique dans ce secteur. Voici le sujet que j’ai réalisé à Angoulême et qui a été diffusé sur le JT d’RTL TVi.

Elie Semoun dans « l’élève Ducobu »

Par srosenfeld dans action, Aventure, Enfants, générationnel , le 6 février 2011 11h28 | Ajouter un commentaire

l-eleve-ducobu-film-photo-elie-semoun-01Largo Winch II, Tintin, Titeuf… et l’élève Ducobu. Les sorties cinéma adapatées de BD n’ont jamais été aussi nombreuses qu’en 2011. Une évolution logique tant les deux arts se mélangent et s’influencent depuis plusieurs décennies. Reste à trouver le bon acteur pour incarner le personnage inventé sur le papier.

Elie Semoun se lance dans l’aventure en devenant le professeur Latouche qui passe son temps à donner des zéros pointés à Ducobu, le cancre le plus célèbre du 9ème art.

Godi, le dessinateur de la série m’avoue: « Elie Semoun est tellement crédible dans son rôle que désormais son image se juxtapose à celle du dessin de Latouche lorsque je travaille ». Le comique dit s’être amusé et passionné pour ce professeur qui lui rappelle de lointains souvenirs. Je l’ai rencontré au festival d’Angoulême ainsi que Jean Van Hamme qui évoque les adaptations de ses séries « Largo Winch, XII ou Rani ». Un sujet vu dans le JT d’RTL TVi.