Archives du novembre, 2010

Djinn: l’érotisme au coeur du pouvoir

Par srosenfeld dans Aventure, érotisme, ésotérisme, fantastique, Historique, plus de 16 ans , le 29 novembre 2010 14h06 | Ajouter un commentaire

couv_1159531Après le harem ottoman et la magie de l’Afrique noire, « Djinn » nous donne rendez -vous en Inde dans un nouveau lieu interdit, le « pavillon des plaisirs ». Il s’agit du troisième cycle de cette magnifique série érotico historique dont on ne se lasse pas. Une fois encore Jean Dufaux et sa complice dessinatrice Ana Mirallès nous offre une histoire haute en couleurs et en chaleurs…

Jade est invitée par la mère du Maharadjah pour une mission délicate. Elle souhaite que celle-ci déploie tout son talent de « Djinn » pour s’occuper de la future femme de son fils, fille d’un chef rebelle opposé à la domination britannique et au pouvoir en place. Jade reçoit alors la clé du « Pavillon des plaisirs » où se trouve un harem avec des femmes expertes dans l’art de donner du… plaisir. Mais une étrange malédiction semble habiter le lieu.

Les auteurs tissent une nouvelle intrigue passionnante avec en toile de fond, la naissance des premiers mouvements de résistance contre l’Empire des Indes britanniques. Gandhi et d’autres commencent à faire parler d’eux. Mais ici, comme me l’explique Jean Dufaux dans Studio Bd « tout se passe par les corps, sur les peaux ». A travers des scènes sensuelles mais jamais gratuites, il crée un récit sophistiqué. Le dessin d’Ana Mirallès est une merveille de délicatesse et d’érotisme assumé. Les décors sont minutieux, remplis de détails mais sans surcharge. Les couleurs sont parfaitement choisies. « Les situations érotiques ne sont jamais dominées par Jean Dufaux ou Ana Mirallès » m’avoue le scénariste. L’esprit du « Djinn » semble dominer le duo qui nous offre ici encore une belle et intense expérience.

Djinn, t10, nouveau cycle, aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Ana Mirallès.

 

Murena: l’incendie de Rome comme vous ne l’avez jamais vu

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique , le 29 novembre 2010 10h55 | Ajouter un commentaire

213718874Attention, le dessinateur Philippe Delaby me l’avoue dans Studio BD, « nous avons voulu frapper fort » . Ce tome 8, de l’excellente série historique Murena, va marquer les esprits. La première page plonge directement le lecteur au cœur du drame avec ces mots: « Néron en a rêvé, Lucius Murena l’a fait: incendier Rome. »

Deux visages, et des énormes casses, où la cité des Césars se retrouvent en plein chaos. Certains se jettent dans le Tibre, d’autres atteignent le Champ de Mars. Et toujours le destin de la plèbe se mélange à celui des puissants. Néron observe la scène effaré de son palais alors qu’à l’autre bout de la ville, un gladiateur affronte un lion échappé de sa cage. Il y a aussi Pierre qui n’est pas encore un « saint » mais qui tente de sauver les premiers Chrétiens alors que Murena a peut-être l’occasion d’assouvir sa vengeance…

Jean Dufaux et Philippe Delaby réussissent à nous offrir un récit spectaculaire et passionnant. La mise en image est de toute beauté. Le style très classique et très précis de Delaby trouve ici un terrain de jeu à la hauteur de son talent. Il réussit à nous subjuguer avec des cases pleine page d’une incroyable densité. Comme à son habitude, les représentions de la ville incendiée sont d’une grande justesse historique (l’homme est connu pour emmagasiner une documentation pléthorique pour son travail) et les cadrages très cinématographiques. Tout semble imprévisible comme le feu qui envahit les rues.  Pas le temps de s’attarder sur une personne en particulier, le danger est partout. « J’attache autant d’importance aux plans larges qu’aux cadrages serrés sur un visage » m’explique Philippe Delaby dans Studio BD.  Si l’intrigue politique qui noue le destin de nos héros passent ici au second plan, cet album est sans conteste un tournant. A ne pas rater.

Murena,t8 aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Philippe Delaby.

 

Le Troisième Testament: à la découverte du prophète oublié

Par srosenfeld dans action, Aventure, ésotérisme, fantastique, Historique , le 29 novembre 2010 10h14 | Ajouter un commentaire
juliusAprès les ténèbres du Moyen Âge, les auteurs du « Troisième Testament » vous emmènent là où tout a commencé… au début de la chrétienté.   Le Troisième Testament est resté dans les mémoires tant cette série avait su avec intelligence mélanger la tradition de la bd historique avec des concepts plus ésotériques. Un avant-gout à la déferlante qui arrivera peu après avec le succès du « Da Vinci Code » et consorts.
Mais cette fois-ci, Alice et Dorisson s’associent avec un « petit nouveau », le dessinateur Robin Recht. Si le graphisme reste dans l’esprit des tomes précédents, il y a néanmoins une rupture, façon de montrer aussi que ce « Julius livre1″ est un nouveau cycle indépendant du premier.
Sept ans après ce succès public  les scénaristes remontent aux sources de la légende, sur les traces de leur prophète oublié : Julius de Samarie.

Cet homme aurait reçu la parole de Dieu, et l’aurait cachée aux yeux des hommes. Voilà ce que racontent d’obscures légendes médiévales… La réalité est plus fantastique encore. Nous sommes trente ans après la mort du Christ. Julius s’appelle encore Julius Publius Vindex. Il est général, légat de Rome, persécuteur de juifs et de chrétiens. Comment cet homme, qu’on nomme « le Boucher d’Alexandrie », va-t-il devenir le prophète de la légende ? Au moment où la Judée s’apprête à se soulever contre Rome dans une guerre qui va changer le monde à jamais, quel sera le rôle de Julius dans l’avènement du messie qu’annoncent les écritures depuis le commencement des temps ?

Dès l’introduction, le récit plonge le lecteur dans la Rome des meilleurs péplums. Julius dont le physique s’inspire « de Marlon Brando », comme me l’avoue Robin Recht dans Studio BD, est un homme aussi puissant physiquement que sûr de sa destinée: dominer les plus faibles. Face à lui, les premiers chrétiens et un être mystérieux aussi doux et calme que Julius est rugueux et colérique. Les coups de théâtre sont légion. Le rythme est intense et le dessin généreux. Il y a un peu de l’esprit de films comme « Gladiateur » et surtout « Ben Hur ». Robin Recht m’explique dans Studio BD qu’il a crée « une Rome qui mélange véracité historique et imaginaire collectif ». « Julius livre 1″ va trouver une belle place devant le sapin.

Troisième Testament, Julius Livre 1, aux éditions Glénat.

Scénario: Alex Alice et Xavier Dorisson.

Dessin: Robin Recht.


Nomade: affrontements sanglants et sensuels au coeur du caravansérail

Par srosenfeld dans action, Aventure , le 24 novembre 2010 17h14 | Ajouter un commentaire

nomadeQuel plaisir de retrouver le duo Dufaux-Xavier au cœur de leur univers initié avec la tétralogie « Croisade ». Ceux qui ont adoré (et il sont nombreux) la série vont se délecter de ces nouvelles aventures, les autres peuvent se lancer directement dans « Nomade ». Dès les premières pages, le ton est donné. Du rythme, de l’action et des jolies femmes…

Tout commence par une attaque sanglante en plein désert. Une secte d’assassins massacre une troupe dirigée par Renaud de Chatillon, accompagné de sa sœur Vespera. Ces hommes convoitent un coffre immense qui renferme un terrible secret. Seuls rescapés, Renaud et Vespera s’apprêtent à être vendus comme esclaves. Mais un étranger solitaire décide de les aider. Il s’appelle Gauthier de Flandres… ancien croisé, désormais sans patrie.

Une fois encore l’esprit des 1001 nuits baigne cette histoire où se mélangent la violence, la magie, l’érotisme et l’exotisme. Philippe Xavier m’explique dans studio BD qu’il s’est « lâché graphiquement » notamment pour « une amazone au look proche d’un Mad Max ». Lhianes « ne devait faire qu’une apparition », m’avoue-t-il, « mais lorsque Jean Dufaux a vu ce que j’en avais fait, il m’a dit qu’il ne pouvait pas la tuer ». Au final, « Nomade » est un excellent divertissement. Un récit efficace sans fioritures avec des cadrages très cinématographiques qui donnent un côté « western fantastique » du meilleur effet.

Nomade aux éditions du Lombard.

Scénario: Jean Dufaux.

Dessin: Philippe Xavier.

 

Largo Winch: le milliardaire a de nouveau le FBI aux trousses

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain , le 23 novembre 2010 18h58 | Ajouter un commentaire

largoPour fêter ses 20 ans d’existence, Largo Winch revient en force dans les librairies avec une nouvelle aventure. Le tome 17 intitulé « Mer Noire » est la première partie d’un diptyque, comme c’est l’habitude chez Jean Van Hamme.

Le milliardaire en blue jean se retrouve impliqué malgré lui dans une étrange affaire. Le directeur de la flotte marchande du groupe W se fait assassiner sous ses yeux lors d’un cocktail. L’homme d’origine turc est abattu peu après son arrestation. Dans le même temps une mystérieuse femme oblige un banquier, lui aussi lié au groupe W,  à détourner de l’argent. Largo Winch a désormais le FBI aux trousses. Il doit de nouveau prouver son innocence…

Pour ce récit, Jean Van Hamme et Philippe Francq se sont plongés dans l’univers de la logistique maritime. « J’ai été invité à faire un voyage de 5 jours sur un cargo » m’explique le scénariste. « Et ce qui est étonnant » me dit-il dans Studio Bd, « c’est que personne à bord ne connaît le contenu de la cargaison ». De quoi donner des idées et explorer une région méconnue, la « Mer Noire » entre l’Europe et l’Anatolie.

Action, sexe et rebondissements: les ingrédients qui font le succès de la série sont toujours là. Et cerise sur le gâteau, Jean Van Hamme nous gratifie d’une interview exclusive de son héros qui explique comment son groupe tente de surmonter la crise économique. « Je suis à la disposition du gouvernement en formation » me lance ironique l’auteur. Mais rassurez-vous, Jean Van Hamme ne veut pas être Premier Ministre, il continue avec son complice Philippe Francq à raconter des histoires et c’est tant mieux !

Largo Winch , t17, « Mer Noire » aux éditions Dupuis.

Scénario: Jean Van Hamme.

Dessin: Philippe Francq.

Mattéo: anarchie, sexe et révolution

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, Historique , le 14 novembre 2010 18h44 | Un commentaire>

matteoÉtrange cocktail me direz-vous en lisant ce titre. Et pourtant, les ingrédients sont là avec surtout la patte d’un auteur brillant. Cette série, dont les deux premières tomes sont sortis, raconte la saga d’un jeune homme à travers la première moitié du XX ème siècle. Son créateur, Jean-Pierre  Gibrat, m’explique dans Studio BD « qu’il veut rendre hommage à travers cette histoire à ses grands-parents ouvriers, anciens communistes qui ont cru à la naissance d’un monde nouveau ».

Tout commence à Colliure dans le sud de la France en 1914. Un jeune homme dont le père, réfugié anarchiste espagnol, est mort tente de trouver sa place dans une société en mutation. Mattéo voit ses amis s’engager la « fleur au fusil » pour défendre la France alors que la Première Guerre Mondiale vient d’être déclarée. De nationalité espagnole, il n’est pas convoqué mais devient engagé volontaire par amour pour une fille, Juliette. Les tranchées lui laissent des blessures et un goût amer. En 1917, déserteur, il décide de partir en Russie avec un ancien ami de son père, Gervasio, lui aussi anarchiste. Mattéo se retrouve au cœur d’une révolution sanglante où anarchistes et communistes se divisent pour le pouvoir. L’occasion pour lui de faire la connaissance d’une femme libre, Léa, et de perdre certaines des ses illusions politiques…

Avec Mattéo, première époque (1914-1915) et deuxième époque (1917-1918), Jean-Pierre Gibrat plonge le lecteur dans un récit passionnant et attachant. Son personnage est à l’image de cette époque: exalté et naïf. Dans Studio BD, il me raconte sa passion pour cette période où la classe ouvrière croyait qu’un « autre monde était possible ». Le récit est empreint de sensibilité, mêlant harmonieusement faits de guerre douloureux, romantisme éphémère et échanges idéologiques.  Scénariste de talent, Jean-Pierre Gibrat est aussi un dessinateur aguerri. Son graphisme est magnifique et d’une finesse remarquable. Son trait délicat donne aux visages et aux corps une puissance hypnotique. Passé maitre dans la colorisation directe, ses albums sont de véritables bijoux. A ne pas rater.

Mattéo, t1 et 2 aux éditions Futuropolis.

Scénario et dessin: Jean-Pierre Gibrat.