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Archives du septembre, 2010

La Mémoire d’Abraham: 20 siècles d’histoire au coeur d’une famille

Par srosenfeld dans autobiographie, Aventure, Historique , le 28 septembre 2010 18h03 | Ajouter un commentaire
abrahamBest seller international depuis sa parution initiale en 1983, « La Mémoire d’Abraham » trouve aujourd’hui un prolongement en bd. Une aventure qui enthousiasme l’écrivain Marek Halter qui espère ainsi faire passer auprès de la jeune génération « son message de tolérance ».
Ce premier tome commence au coeur de l’Antiquité, en l’an 70 après J.-C., à la rencontre d’un scribe de Jérusalem nommé Abraham, l’un des premiers de la lignée. Celui-ci est le point de départ d’une histoire qui va se prolonger de génération en génération jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et à Varsovie, lieu de naissance de l’auteur, Marek Halter.
C’est après une rencontre avec Rosinski, l’auteur de Thorgal, que l’écrivain décide d’accepter que son oeuvre devienne une bd. « Il m’a dit avoir lu le livre en Pologne lorsqu’il était plus jeune et qu’il adorait cette histoire » me raconte Marek Halter dans Studio bd. Très vite un ensemble d’une dizaine de personnes, scénaristes et dessinateurs, se regroupent autour de ce projet. Rosinski ne signe ici que la couverture, le graphisme est l’oeuvre de Ersel. L’adaptation est dirigée par Jean David Morvan avec le concours actif de Marek Halter. « Cela m’a étonné de me retrouver dans la bd car je suis un personnage dans cette histoire » me confie l’écrivain. Ce premier chapitre mélange les scènes intimistes et les grandes périodes historiques. Malgré un dessin un peu décevant, ce premier tome est une invitation à la découverte, au voyage à travers la mémoire d’un peuple.
La Mémoire d’Abraham,t1 chez Casterman.
Scénario: Jean David Morvan.
Dessin: Ersel.

Spirou: le célèbre groom affronte des monstres sans cervelles

Par srosenfeld dans action, Aventure, Enfants, fantastique, générationnel, Humour , le 28 septembre 2010 17h27 | Ajouter un commentaire

spirouLe personnage emblématique des éditions Dupuis, Spirou renaît de ses cendres avec un nouveau duo. Vehlmann-Yoann doivent inscrire leurs pas dans ceux de leurs illustres prédécessseurs Rob-Vel et Franquin, entre autres. Si les deux compères reconnaissent dans Studio bd « s’être un peu mis la pression », ils ont surtout souhaiter garder l’esprit de la série tout en la modernisant.

Ce 51ème s’intitule « Alerte aux Zorkons » et plonge le lecteur dans une aventure semi-fantastique. Spirou qui,pour le coup, a retrouvé son costume de groom (cfr interview de Fabien Vehlmann à ce sujet dans le studio bd ci-dessous) doit affronter avec son ami Fantasio un village de Champignac envahi par une végétation énorme et des créatures bizarres. Zorglub est sur le coup, c’est sûr, mais qu’a-t-il bien pu se passer ? L’armée a bouclé le secteur.

Pari réussi pour cette résurrection. Fabien Vehlman construit un scénario très  malin qui permet de retrouver tous les personnages emblématiques de la série. L’action se passe à Champignac. « Pour éviter le côté plan plan du village bucolique » explique le scénariste « il fallait de l’exotisme d’où l’idée d’une jungle mutante ». Une aubaine pour le dessinateur Yoann qui tout en prenant comme référence Franquin trouve ici l’occasion de montrer tous ses talents. Son trait nerveux et son imagination apportent à l’album une dimension supplémentaire. « Les zorkons »dit-il « c’est un mélange entre un singe et mon chien ».

Alerte aux Zorkons, t51 aux éditions Dupuis.

Scénario: Fabien Velhman.

Dessin: Yoann.

7 jours pour une éternité: le démon aime l’ange à la beauté sulfureuse

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, fantastique, générationnel , le 28 septembre 2010 17h25 | Ajouter un commentaire

7-joursUn jour, le romancier Marc Levy rencontre le scénariste de bd Eric Corbeyran (créateur notamment du « Chant des Stryges« ) lors d’un salon. Celui-ci lui explique avoir adoré son livre « 7 jours pour une éternité » . Il rêve d’en faire une adaptation. Fan de bd, l’auteur qui admire le travail d’Eric Corbeyran lui répond aussitôt « oui« . « Je lui ai laissé les clés de mon univers » m’explique Marc Levy dans Studio bd « sans aucun contrôle« .

Tout commence donc par un pari. Prenant acte de leur incapacité mutuelle à se vaincre, Dieu et Diable conviennent ensemble d’une épreuve décisive : ils dépêcheront chacun sur Terre leur plus grand champion, qui disposera de sept jours pour entrainer définitivement l’humanité du côté du bien ou du mal. Dieu choisit son meilleur ange, Zofia, une jeune femme irrésistible. Lucifer choisit Lucas, un démon mâle à la beauté sulfureuse. Lieu de l’épreuve : San Francisco, de nos jours. Mais voilà les deux élus tombent amoureux. Comme l’explique Marc Levy: « pour rester ensemble, ils doivent se faire virer ».

Le scénario reproduit fidèlement le roman de Marc Lévy.  Conçue en deux tomes, cette histoire d’amour ne tombe pas dans les travers du « roman à l’eau de rose ». Le rythme est bon et les personnages crédibles. Graphiquement, Espé, crée un univers cohérent et des mouvements dynamiques. Dans Studio bd, Marc Levy explique le plaisir qu’il a eu à découvrir le travail de recherche du dessinateur (des exemples sont visibles à la fin de l’album). Ce grand collectionneur de bd (« plus de 1000″ dit-il) explique qu’il « n’a jamais décrit un personnage dans ses romans ». « La liberté ultime du roman », dit-il, « est de laisser la capacité au lecteur d’imaginer ce qu’il veut ». Au final, le duo Corbeyran-Espé invente un album d’une redoutable efficacité. Les fans vont adorer.

7 jours pour une éternité aux éditions Casterman.

Scénario: Eric Corbeyran.

Dessin: Espé.

Game over: ça va de nouveau saigner

Par srosenfeld dans action, contemporain, générationnel, Humour , le 19 septembre 2010 07h48 | 2 commentaires

gameLe petit barbare revient pour de nouvelles aventures désopilantes et saignantes! Game Over n’est pas qu’une simple expression politique(mot utilisé pour annoncer la fin des négociations gouvernementales), c’est surtout une série dérivée de Kid Paddle qui connaît un succès sans cesse grandissant.

Une fois encore ce 5ème album propose un cocktail toujours aussi savoureux. Un petit héros particulièrement maladroit, une princesse stupide et des Blorks laids et vicieux. Entre idées farfelues, sauvetages ratés et massacres jubilatoires, les héros de Game Over passent constamment de vie à trépas. Une succession de gags courts, efficaces qui fonctionnent à merveille.

Comme l’explique Midam dans Studio bd, Game Over est un vrai défi. « On est dans du muet » dit-il. « Cela doit fonctionner comme une équation avec des petits a et des petits b ».  Ce nouveau recueil d’histoires courtes fourmille d’inventivité. Les zygomatiques fonctionnent à plein régime de 7 à 77 ans.

Midam m’explique d’ailleurs qu’il a trouvé un truc pour garder un « standard de qualité » dans son travail. Il fait appel aux internautes. Si l’histoire est bonne, il la récupère et rémunère l’auteur. Une façon originale d’établir un lien très fort avec son public comme il me le confie ci-dessous dans Studio Bd. Ce tome 5 est un excellent cru à partager en famille avec une sauce épicée.

Game Over, vol 5 aux éditions Mad Fabrik.

Scénario et dessin: Midam et Adam.

Le Scorpion: le secret de la marque du « Diable » dévoilé

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, Humour , le 18 septembre 2010 16h46 | Ajouter un commentaire

CV_SCORPION_09_FR.indd10 ans après le début de la série d’aventure le Scorpion s’apprête à découvrir la vérité sur son passé. Une étape décisive pour les fans de cette bd inspirée des meilleurs films de capes et d’épées.  Notre héros à l’épaule tatouée est désormais proche de son but. Son ennemi juré, Trebaldi, est de plus en plus seul. Depuis que le Scorpion a dérobé la solde promise aux moines guerriers, le cardinal peine à maintenir son pouvoir au coeur de Rome. Mais l’archéologue libertin et le chef de l’Eglise catholique sont les deux faces d’une même médaille : tous deux cherchent à cautériser les plaies d’un passé douloureux, rempli d’énigmes et d’intrigues. Le rideau peut enfin tomber.

Ce tome 9 intitulé le « masque de la vérité » permet de dévoiler enfin l’origine du scorpion inscrit sur l’épaule du héros. Un tournant dans cette saga qui mélange l’esprit des films hollywoodiens à la Errol Flynn et drame intimiste sur fond de guerre religieuse. Comme le dit le scénariste Desberg dans studio bd « c’est l’histoire d’un libre penseur dans une époque conservatrice qui tente de trouver sa place« .

Tous les ingrédients du succès de cette série sont là: humour, action, panache, aventures, jolies femmes et histoire secrète. Pas de temps mort dans cet épisode où une fois encore le dessin de Marini est une merveille. Les auteurs expliquent dans Studio Bd que ce n’est pas la fin. « Nous n’en avons pas fini avec le Scorpion » lance Desberg. Tant mieux.

Le Scorpion, t9 aux éditions Dargaud.

Scénario: Desberg.

Dessin: Marini.

Zombillénium: un parc d’attraction monstrueux

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain, fantastique, Humour , le 15 septembre 2010 12h29 | Ajouter un commentaire

No titleArthur de Pins délaisse les univers coquins de Péchés Mignons pour se lancer dans cette nouvelle série fantastique où les monstres tentent de s’intégrer chez les humains. Zombillénium est le nom d’un parc d’attraction unique dont l’actionnaire principal est le Diable en personne. Ici, les vampires, les loups-garous ou les zombies travaillent non-stop pour le meilleur et pour le pire. Ce premier tome voit l’arrivée d’un nouveau venu récemment décédé et aussitôt embauché. L’occasion de découvrir le fonctionnement de cette « machine à faire peur » qui ces derniers temps peine à séduire ses clients devenu trop blasés.

Avec cet univers peuplé de créatures en tous genres, l’auteur se lance un défi. Il tente de mélanger l’imagerie classique héritée des films de genre et notre monde contemporain. Comme Arthur de Pins l’explique dans Studio BD, il aime donner aux monstres un « côté sympathique ». Dans « Zombillénium, les créatures travaillent en entreprise, vont prendre le café » comme n’importe quel employé dit-il. Et le pari est réussi.

Le scénariste et dessinateur invente un monde cohérent avec des répliques drôles et décalées. Le rythme est efficace et le lecteur se délecte très vite des péripéties qu’affrontent le héros. D’un point de vue graphique, le résultat est de toute beauté. Certains risquent d’être un peu surpris car Athur de Pins utilise un logiciel d’ordinateur pour créer ses planches.« Un système qui s’apparente aux papiers découpés » explique-t-il en interview. Loin du dessin traditionnel, l’auteur invente un style propre qui loin d’être froid sait rendre très expressif les visages des protagonistes. Vivement la suite.

Zombillénium,t1 aux éditions Dupuis.

Scénario et dessin: Arthur de Pins.