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Archives du juin, 2010

Le Petit Poilu: les 400 coups à la ferme

Par srosenfeld dans Aventure, conte, Enfants, générationnel, Humour , le 27 juin 2010 16h13 | Ajouter un commentaire

poiluRetour du Petit Poilu, le héros des enfants de 3 ans! Je vous en ai déjà parlé. Il s’agit d’une bd géniale destinée aux enfants. Pas de dialogue, seulement des cases magnifiquement dessinées et un scénario toujours aussi malin.  

Le Petit Poilu est un bonhomme avec un nez rouge qui s’inspire d’un écolier. Comme chaque matin, il part avec son cartable. Mais sur le chemin de l’école, il se retrouve happé par un nouvelle aventure. En l’occurence une moissonneuse batteuse… Il rencontre kramik ( d’où le titre de cet album), le chat de la ferme qui l’emmène faire les 400 coups.

Avec intelligence,  Céline Fraipont et Pierre Bailly, signent à nouveau un épisode qui  fait mouche. Tendre, prévenant, honnête et curieux, leur personnage du Petit Poilu est toujours aussi attachant.

Cette histoire qui se passe dans l’univers agricole est à emporter sur la route des vacances. Loin d’être « gnan gnan », ce récit joue sur l’opposition entre un Petit Poilu un peu naïf et un chat antipathique qui cache pourtant une grande solitude. Les connaisseurs ne vont pas être déçus. Pour les autres, il est plus que temps de faire cette découverte.

Le Petit Poilu, Kramik la canaille aux éditions Dupuis.

Scénario: Céline Fraipont.

Dessin: Pierre Bailly.

Résistances: un triangle amoureux sous l’occupation allemande

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique , le 27 juin 2010 11h46 | Ajouter un commentaire

resistances2Construit sur des flash back, ce récit raconte le destin de 3 personnages qui vont choisir des formes de résistance différentes. Tout commence par une scène violente dans un bois de Bourgogne en mai 1943. Des résistants interceptent un camion allemand contenant un prisonnier qu’ils libèrent. Il s’appelle Louis. 

Retour à Paris en juin 1940, alors que les Allemands occupent Paris, Sonia et André deux amoureux font la connaissance de Louis, un jeune homme indépendant et désinvolte. Ils décident de fuir ensemble la Capitale et entendent en Bretagne l’appel du Général de Gaulle. André devient un gaulliste de la première heure. Sonia, juive communiste, revient à Paris. Et le très débrouillard Louis se lance dans le marché noir...

Sortie pour les 70 ans de l’anniverssaire de l’appel à la résistance du Général de Gaulle, cette série est une belle surprise. Jean-Christophe Derrien évite de tomber dans deux écueils, la description historique et les clichés. Le scénariste explique que la résistance ne se limite pas à l’action armée mais peut prendre différente formes d’où le pluriel du titre. Ils sait rendre ses personnages attachants avec leur part d’ombre et de lumière. Cette romance sait ménager le supens en jouant sur flash-back. Le dessin élégant de Claude Plumail contribue au réalisme de l’histoire. Prévus en 4 tomes, cette bd se distingue des nombreuses autres albums du moment. A suivre. Bravo.

Résistances aux éditions Le Lombard.

Scénario: Jean-Christoph Derrien.

Dessin: Claude Plumail.

Grand Prix: des pilotes kamikazes héros du régime nazi

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique , le 27 juin 2010 11h45 | Ajouter un commentaire

grand-prixBienvenue au coeur des  années 30 où la folie gagne l’Europe. D’un côté des pilotes kamikazes qui roulent en jouant leur vie à chaque virage, de l’autre des régimes en quête de nouveaux héros. A cette époque, la ceinture de sécurité est un concept inconnu, les immenses réservoirs d’essence sont hautement inflammables et le moindre choc souvent fatal. Bref, c’est un peu la roulette russe à chaque départ.

Au milieu de ces fous du volant, Rudi et Bernd se distinguent.  Nous sommes en 1933 et  Hitler à peine au pouvoir jette son dévolu sur ces deux hommes. Il veut en faire les symboles de la puissance du nazisme. Mais Le Führer va apprendre que l’homme peut dompter les machines, mais pas ses semblables.

Cette trilogie de Marvano va ravir les amoureux de F1 et de grosses cylindrées. Cette histoire plonge les lecteurs dans les racines de ce qui deviendra plus tard la course automobile moderne. Les dessin précis est l’oeuvre d’un spécialiste. Marvano est un auteur complet qui travaille avec une très riches documentation. Le scénario ménage avec intelligence histoire automobile et propagande politique. Seul regret, le récit oubli de donner corps et coeur aux personnages. Il manque parfois un peu de détail pour comprendre leurs motivations. Mais cela ne gâche pas un album qui emmène le lecteur tambour battant…

Grand Prix, t1 aux éditions Dargaud.

Scénario et dessin: Marvano.

Nous ne serons jamais des héros: après la « beat generation », les anti-héros

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, générationnel , le 27 juin 2010 11h15 | Ajouter un commentaire

68Chômeur patenté, sans réel horizon, Mick glande sur son canapé en attendant que la vie devienne exaltante. Le seul événement qui vient briser la monotonie de sa vie est le décès de sa grand-mère. Une occasion non désirée de renouer le contact avec son père, un homme devenu extrêmement acariâtre depuis l’accident qui, 25 ans plus tôt, l’a laissé grabataire et veuf. Aussi, Mick est-il un peu surpris lorsque son géniteur lui propose de le payer pour l’accompagner autour du monde, sur les chemins de la nostalgie, des souvenirs et des rêves déçus.

Vos parents ont vêcu mai 68, de près (manif, beatnik ) ou de loin (en devenant les premiers clients de la société de consommation) mais vous…vous êtes né après. La génération post-1970 est celle du chômage, du sida et de la fin des idéaux. Je la connais bien, je suis né en 1975. 

Comme le dit, l’un des personnages de cet album, assez vulgairement, « où sont passés nos couilles? ». Facile à dire lorsque l’on a vécu à l’heure du plein emploi et de la révolution sexuelle me direz-vous. 

Cette histoire illustre avec intelligence les différences entre des générations qui s’aiment mais peinent à se comprendre. Un récit parfaitement mis en image. L’occasion de se poser quelques questions au lieu d’attendre un hypothétique « grand soir » ….

Nous ne serons jamais des héros aux éditions Le Lombard.

Scénario: Olivier Jouvray.

Dessin: Frédérik Salsédo.

Secrets, l’Angélus: une peinture peut-elle transformer un homme?

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, Historique , le 27 juin 2010 11h04 | Ajouter un commentaire

angelusTout commence par un tableau, l‘Angélus du peintre Millet. Pour une raison inconnue, Clovis Chauvel, un homme ordinaire, est transformé par la vue de cette oeuvre majeure. Lui ,dont la vie banale semble s’écouler comme un long fleuvre tranquille ne peut s’empêcher d’être fasciner par cette composition . Elle ravive en lui des souvenirs qu’ils pensaient enfouis à jamais .

Sa femme, ses enfants ne le reconnaissent plus. L’homme voue une véritable obsession à L’Angélus. Il découvre que Salvador Dali en a produit plusieurs variations. Plus ses recherches avancent, plus son passé ressurgit… comme une renaissance.

Ce récit prévu en 2 tomes est issu de la collection « Secrets » imaginée par Franck Giroud. Le scénariste s’entoure de différents dessinateurs pour raconter ses histoires. Il réussit à entrainer le lecteur dans une quête étrange sur la peinture et le destin d’un homme ordinaire. L’occasion de redécouvrir un tableau fascinant tout en se divertissant. Le graphisme de Homs colle parfaitement à cette enquête « artistique » qui n’est qu’un paravent pour mieux dissimuler un secret bien plus intime. Vivement la suite.

Secrets, l’Angélus aux éditions Dupuis.

Scénario: Franck Giroud.

Dessin: Homs.

Belleville Story: une plongée dans les bas-fonds de Paris

Par srosenfeld dans action, contemporain, mafia, policier , le 27 juin 2010 10h56 | Ajouter un commentaire

belleville1Une nuit. Une longue nuit. Dans les profondeurs du quartier le plus cosmopolite de Paris la mort rôde et les comptes se règlent. A  Belleville personne ne dort ou presque.  Freddy est l’homme de main d’un maquereau et un petit truand.

Ce soir-là,il croit  livrer des téléviseurs « tombés du camion » mais dans le véhicule, ce n’est pas de la hifi  mais un groupe de clandestins chinois. Au même moment à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle un Chinois avec un bob sur la tête prend la direction de Belleville. Freddy doit liquider le nouveau venu. Mais les  apparences peuvent être trompeuses… La nuit s’annonce très longue.

Arnaud Malherbe a de la suite dans les idées. Alors qu’il travaillait au scénario du téléfilm « Belleville Story » diffusé en avril dernier sur la chaine franco-allemande Arte, il signait une autre version pour la BD . Le résultat est séduisant. Un  polar contemporain ultraviolent qui met en scène le monde de l’ombre où s’affrontent mafia russe , triades chinoises et gangs.  Vincent Perriot compose un dessin nerveux qui s’accorde parfaitement à cette histoire de bruit, de fureur et d’espérances.

Belleville Story aux éditions Dargaud.

Scénario: Arnaud Malherbe.

Dessin: Vincent Perriot.

Secrets, la corde: mes parents m’ont-ils mentis?

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, Historique , le 27 juin 2010 10h48 | Ajouter un commentaire

cordeAnna est jeune, belle, issue d’un milieu aisé de Buenos Aires. Sa vie semble parfaite au premier abord.  Une ombre pourtant subsiste, quant au passé de ses parents, dont elle ne sait rien. Ceux-ci se taisent farouchement. A croire qu’ils cachent un secret honteux? Anna, étudiante en architecture, profite d’un échange universitaire pour aller en France. L’occasion d’enquêter sur son passé. Un passé qui va la mener en Espagne et la faire plonger dans les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale…

Cette histoire prévue en deux parties  évoque ces nons-dits, ces silences qui cachent les secrets de famille. Issue de la collection « Secrets » inventée par Frank Giroud, « la corde » explore ce thème avec intelligence. Le scénariste sait ménager le suspens et tisse une toile complexe autour de son héroïne. Pour chaque aventure, Frank Giroud, s’entoure d’un nouveau dessinateur. Marianne Duvivier offre des décors détaillés mais manque un peu de supplément d’âme pour croquer les personnages. Les visages des héros semblent peu expressifs.  Mais attention, rien de rédibitoire, le  récit est intriguant à souhait. Vivement  la suite.

Secrets, la corde, t1 aux éditions Dupuis.

Scénario: Frank Giroud.

Dessin: Marianne Duvivier

Sous la bannière étoilée: enfants de soldats engagés en Irak

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, Historique , le 27 juin 2010 10h46 | Ajouter un commentaire

baJosh, Gordon et Cody sont trois ados qui vivent à Tumalo dans l’Oregon. Une petite ville américaine presque ordinaire mais qui se distingue des autres par le fait que la plupart des hommes sont réservistes de l’armée américaine. Le conflit irakien a besoin que ses Marines rempilent quelques temps. Les 3 garçons voient leur père quitter la ville. Pour s’endurcir et oublier leur angoisse, ils se retrouvent pour échanger des coups de poings à la sortie des cours. Les 3 lycéens sont aussi à l’heure des choix. L’université, l’usine ou l’armée…

Cette adaptation d’une nouvelle de l’écrivain Benjamin Percy est sans concession. Sous la bannière étoilée tiré du recueil éponyme de ce jeune auteur américain multi-primé raconte la guerre en Irak vécue au coeur de l’Amérique. Une Amérique meurtrie. Dans cette ville de réservistes les familles hésitent entre patriotisme aveugle et refus d’une mort programmée. Les 3 héros craignent chaque jour l’arrivée du soldat en uniforme qui va leur annoncer la mort de leur père. Entre silence destructeur et cri de désespoir, le récit navigue en eaux troubles.  Cette bd  est un témoigange essentiel pour comprendre les enjeux qui se nouent aujourd’hui dans les Etats-Unis d’Obama.

Sous la bannière étoilée aux éditions Casterman.

Scénario: James Ponsoldt.

Dessin: Danica Novgorodoff.

La Parenthèse: 4 ans sans mémoire

Par srosenfeld dans autobiographie, contemporain , le 13 juin 2010 17h32 | Ajouter un commentaire

parenthese« Judith, c’est aussi Elodie,  c’est moi, c’est mon deuxième prénom » avoue l’auteur de la Parenthèse. A 21 ans, cette jeune fille pleine de rêve et de vie voit son avenir s’effondrer.  Les médecins diagnostiquent une tumeur au cerveau inopérable. L’héroïne réalise que peu à peu sa mémoire disparaît. Elle souffre plus de l’oubli que de la douleur. Sa famille et son carnet à dessin deviennent ses armes pour sauver les bribes d’un passé qui inexorablement s’efface.

Elodie a mis plusieurs années avant de réaliser cet album. « Trop douloureux » m’avoue-t-elle dans Studio Bd. Ce récit autobiographique permet de suivre pas à pas l’évolution de la maladie et son traitement. Pudique et subtile, l’ensemble ne tombe pas dans le misérabilisme ou l’excès de pathos. Elodie Durand illustre son histoire avec un graphisme noir et blanc élégant et des cadrages audacieux. « Des dessins rapides » sont aussi intégrés. Il s’agit de griffonnages réalisés à l’époque de la maladie qui montrent l’état psychologique de la jeune femme. Au final, cette Parenthèse est un album réussi qui sait toucher le coeur et rappelle à tous que la vie n’est jamais un chemin tout tracé.

La Parenthèse aux éditions Delcourt.

Scénario et dessin: Elodie Durand.

Les gens urbains: « je connais un piège à fille? »

Par srosenfeld dans contemporain, Humour , le 12 juin 2010 15h12 | Ajouter un commentaire

COUV_gensurbains5.inddPetites histoires de vie. Les gens urbains  dépeint les déboires sentimentaux d’anonymes en sept tableaux. Des récits et des personnages qui peu à peu se superposent pour ne former plus qu’un tableau. Il y a Sylvie en mal d’amour qui tente de trouver l’âme soeur malgré son physique d’obèse (son profil internet avec photo bidon ne lui rapporte surtout que des désillusions). Il y a aussi le roi de la drague avec son truc infaillible ou presque (la montre à un euro).

Du piège à fille aux rencontres sur internet, en passant par les centres de fitness (remodeler son corps avec une petite fessée, une idée? ), les récits s’enchaînent. Sans être révolutionnaire, cet album fonctionne grâce à des dialogues bien troussés et un dessin un « peu brouillon » qui colle bien à des personnages mal dégrossis.

Dans Studio bd, Jean-Luc Cornette et Maud Millecamps reviennent sur leur première collaboration. « Je suis le plus vieux possesseur d’une swatch »  lance le scénariste.  »Il y a un baise-main dessus » lance-t-il ironique.  Une nouvelle technique de drague peut-être…

Les gens urbains aux éditions Soleil.

Scénario: Jean-Luc Cornette.

Dessin: Maud Millecamps.