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Archives du mai, 2010

Grrreeny: les pets sont-ils bons pour la planète?

Par srosenfeld dans contemporain, Enfants, Humour , le 19 mai 2010 17h28 | Ajouter un commentaire

images« Grrreeny » est un bébé tigre qui devient tout vert après un plongeon dans une eau polluée.  Alors il se pose des questions sur la planète avec ses copains. Accompagné de drôles de zigs, il découvre des définitions comme la biodiversité et  apprend les bases qui régissent la vie et l’influence des hommes sur la nature. Une aventure au pays de l’écologie mais avec des rebondissements, de l’humour, des découvertes et des déconvenues. Et à l’arrivée, grâce à « Grrreeny », les enfants trouvent des réponses à des questions incroyables. Saviez-vous que le kangourou fait des pets écologiques ? Qu’il existe un lézard capable de courir sur l’eau ? Qu’en Norvège certains bus roulent au caca ?

Midam, créateur de Kid Paddle, prend sa liberté et vient de créer sa propre maison d’édition pour développer son univers. Grrreeny est la première création de Mad Fabrik. Un objet « hybride » explique très justement Araceli Cancino qui est la scénariste de cette étrange bd. Mélange de dessin et de définitions bien documentées sur l’écologie, ce petit livre est idéal à emporter dans un petit cartable d’écolier. L’objectif est de réfléchir sur notre avenir à l’heure du réchauffement climatique mais sans tomber dans « la leçon de morale ». Comme le précise Araceli (la compagne de Midam qui ici réalise sa première expérience d’auteur) Grrreeny n’a pas un « humour gnangnan ». Vendu moins de 10 euros, ce bouquin de 80 pages pensé pour les enfants réussi son pari. C’est drôle et intelligent.

Les carnets de Grrreeny aux éditions Mad Fabrik.

Scénario: Araceli Cancino.

Dessin: Midam.

Le Grec: un flic, ex-lutteur et philosphe sur la piste de la dope

Par srosenfeld dans action, contemporain, policier , le 19 mai 2010 07h09 | Un commentaire>

grec-tome-2Théophanos Papoutsonoukadar, dit le Grec est un flic à l’ancienne. Derrière la carrure impressionnante de l’ancien lutteur se cache un idéaliste qui croit encore en une  justice modèle où presque. Sur le terrain, le Grec, n’a peur de rien mais cela ne l’empêche pas de se poser constamment des questions sur l’utilité de son métier, sur notre monde, sur le pouvoir de l’argent. Bref derrière le commissaire efficace se cache un intellectuel, un Socrate des temps modernes.

Ce jour là, il réalise un coup de filet dans les milieux islamistes. Et voilà qu’il découvre un poisson étonnant : Marcel Guérini, truand converti à l’islam, avec qui il s’entraînait à la lutte il y a des années. Ce dernier lui remet un carnet couvert d’informations codées : des noms, horaires, quantités de livraisons de drogues pour des sportifs de haut niveau. Le Grec entreprend de remonter ce réseau de drogue un peu spécial.

Ce deuxième tome permet de retrouver avec plaisir le personnage d’Al Coutelis. Une fois encore l’auteur arrive à nous emmener dans son univers à la fois réaliste et mélancolique . Au fil de son enquête Le Grec n’hésite pas à citer Aldous Huxley : « les dictatures du monde entier ne remercieront jamais assez l’Angleterre d’avoir inventé le football ». Une façon de rappeler que certaines alliances semblent inévitables. Avec son air à la Gabin, le Grec, dénoue les files d’une intrigue où l’action se mêle à une réflexion plus large sur le sport professionnel.  Al Coutelis, scénariste et dessinateur, donne à l’ensemble de l’album une belle  cohérence graphique. Vivement une nouvelle aventure ...
Le Grec, t2 aux éditions Glénat.

Scénario et dessin: Al Coutelis.

Sienna: la blonde, la brune et les truands

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain , le 19 mai 2010 07h06 | Ajouter un commentaire

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Deux héroïnes pour un thriller politico-économique vénéneux. Sienna et Gabrielle sont deux anciennes étudiantes de la prestigieuse université de Yale. Mais chacune a choisi son chemin. Femme distinguée, Sienna travaille dans la finance. Mais son métier n’est qu’une façade pour mieux exécuter des missions radicales pour la CIA. Gabrielle est son exacte opposé.  C’est une avocate engagée qui veut améliorer le monde qui l’entoure. Une idéaliste.  L’une ne se pose pas de questions, l’autre s’en pose peut-être trop.  Les événements vont les amener à coopérer pour lutter contre une organisation criminelle souterraine.  Un défi mortel pour ces deux femmes que tout oppose où presque.

Sienna joue à fond la carte du divertissement. Comme dans un James Bond, les personnages sont quelques peu caricaturaux ( une blonde proche de l’establishment, une brune gauchiste quasi révolutionnaire) mais attachants. Dès les premières pages, le récit s’emballe et multiplie les rebondissements. L’objectif ici est bien de se faire plaisir en suivant les aventures de deux magnifiques femmes sensuellement dessinées par Chetville. Au scénario, les lecteurs retrouvent Stephen Desberg, créateur d’IRS et son frère, Filmore, lancé pour l’occasion dans l’univers de la bande dessinée. Manipulations, finances, action avec une légère touche d’érotisme . Les ingrédients sont connus mais le plat est très largement comestible. Ce diptyque se déguste avec plaisir comme un bon film d’espionnage. De la détente sans prise de tête.

Sienna, T1 et 2 aux éditions Bamboo.

Scénario: Stephen Desberg et Filmore.

Dessin: Chetville.

Le chat qui courait sur les toits: le Chat-Botté revisité

Par srosenfeld dans conte, Enfants, fantastique, Historique , le 19 mai 2010 07h03 | Ajouter un commentaire

couverture_bd_9782803625789La collection Signé du Lombard offre très régulièrement de petites pépites. Le chat qui courait sur les toits en fait partie. Cette libre interprétation du Chat-Botté de Charles Perrault est passionnante. Les auteurs reviennent sur la genèse du rusé minou. Tout commence par une malédiction. Le prince héritier d’un royaume où règne paix et prospérité est touché dès sa naissance par un mal étrange. Dès qu’il voit un animal, sa tête, par mimétisme, en prend l’apparence.  A sa première transformation, sa nounou décède de frayeur.  Le prince se retrouve alors isolé dans une tour loin des regards. Un jour, après des années de réclusion, il décide d’aller découvrir le monde pour peut-être trouver l’origine de sa différence.

Dès les premières pages, la magie opère. Le Chat qui courait sur les toits nous entraîne dans une fable de pure fantaisie. Les ingrédients classiques des contes de Perrault sont intelligement insérés dans un récit qui, sans le trahir,  renouvelle le genre. Les mots de notre enfance « il était une fois » trouvent ici l’un de leur meilleur point de départ. Les auteurs nous attirent dans leur univers à la fois terrible et facétieux. Les graphiques de René Hausman appuyés par une subtile colorisation sont des bijoux. L’imprécision de certains visages tranchent volontairement avec la justesse des décors pour donner une atmosphère extraordinaire. Les visages « animaliers » sont magnifiques. Cette excellence dans l’illustration serait vaine sans un récit parfaitement construit et orchestré par Michel Rodrigue. Ce conte merveilleux est un véritable coup de coeur.

Le chat qui courait sur les toits aux éditions Le Lombard.

Scénario: Michel Rodrigue.

Dessin: René Hausman.

Cosa Nostra: Abruto, l’abruti de la Mafia et consors

Par srosenfeld dans action, Historique, Humour, policier , le 19 mai 2010 06h59 | Ajouter un commentaire

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Si la trilogie du Parrain fait partie de vos discothèques fétiches, si la série Soprano vous fait marrer, si vous aimez les pizzas de la mama et l’humour potache des trattorias, cette BD est faite pour vous. Cosa Nostra, comme son nom l’indique vous plonge dans l’univers de la Mafia. L’occasion de se pencher sur les mythes qui entourent cette organisation familiale criminelle en décortiquant toute ses facettes. Clarck propose ici de distinguer le fantasme de la réalité. Ce « documentaire » sur le crime organisé dans la Sicile des années 60 est plein de rebondissements.

Grâce à une magnifique palette de personnages, tous plus demeurés les uns que les autres et mus par une logique totalement inhumaine, Clarck fait mouche. Abruto, l’homme de main du parrain est, comme son prénom l’indique, complètement à la masse. L’auteur s’amuse à dézinguer ce monde sans pitié régit pars des règles ancestrales. L’auteur insère dans chaque gag des  définitions pour une lecture ludique qui mélangent information et humour. A cette époque le béton est la méthode préférée des mafiosi pour se débarrasser du gêneur et s’assurer que l’omerta est bien respectée. Le dessin est en adéquation avec le propos. Un trait fin et des physiques croqués comme il faut. Clarke livre ici deux tomes d’excellente facture. Il envisage un troisième opus. Tant mieux. Cosa Nostra mérite d’être une trilogie.

Cosa Nostra, T 1 et 2 aux éditions Le Lombard.

Scénario et dessin: Clarke.

Free Tibet: course-poursuite dans l’Himalaya

Par srosenfeld dans action, Aventure, contemporain , le 16 mai 2010 09h06 | Ajouter un commentaire

couv_108247Roxane Leduc, une amie québécoise de Caroline Baldwin décide de se lancer dans un projet hasardeux. En compagnie d’un groupe de militants pro-Tibet, elle compte déployer le drapeau tibétain au sommet de l’Everest. L’ojectif est de contrer la propagande chinoise qui s’intensifie à la veille des Jeux Olympiques de Beijing, en 2008. Avant de partir Roxane laisse à Caroline toutes les infos nécessaires pour la retrouver « au cas où ».  Caroline apprend qu’un tueur est dans la cordée de son amie Roxane. Flanquée d’un agent des services spéciaux, elle s’envole pour Katmandou pour une course-poursuite riche en rebondissements. Les apparences sont quelques fois trompeuses.

Avec « Free Tibet », André Taymans, artiste complet et grand voyageur, rend hommage aux combats des Tibétains. L’auteur est allé plusieurs fois à Katmandou ce qui lui permet de dessiner avec justesse les montagnes majestueuses du « toit du monde ». Son récit marie avec intelligence politique et divertissement. Son héroïne, Caroline Baldwin, est désormais bien installée au rayon des personnages féminins de la BD contemporaine.  Ce 14 ème tome se lit indépendamment des autres. Mais derrière cet album se cache aussi une histoire étonnante. André Taymans intègre le visage et le physique des membres d’un groupe de musique rock belge « Feel the noizz » . Un clin d’oeil pour les remercier d’avoir faire une chanson originale sur Caroline Baldwin. A l’arrivée, il existe deux versions de « Free Tibet ». L’une classique en couleur, l’autre en édition collector (version crayonnée) avec à l’intérieur deux histoires courtes et un CD 2 titres de « Feel the noïzz« .  L’anecdote ne s’arrête pas là car le hasard fait que le batteur de « Feel the Noïzz » est le super champion du jeu de Nagui sur France 2. Il nous en parle dans le « studio bd« .  Une tournée dédicace-concert est actuellement organisée par la FNAC.

Free Tibet aux éditions Casterman.

Scénario et dessin: André Taymans.

La chanson « Caroline Baldwin »

Les aventures de Sarkozix: « tout pour sa Gaule »

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain, Humour , le 14 mai 2010 11h16 | 2 commentaires

sarkoAvec ses talons compensés, son égo démesuré, son obsession de l’image et du bling bling, Nicolas Sarkozy est idéal pour devenir un personnage de BD. C’est chose faite avec « Les aventures de Sarkozix », imaginé par l’éditeur Guy Delcourt qui co-scénarise cet album. Nous sommes projetés dans une Lutèce imaginaire en l’an I après JC  (JC pour « Jacques Chirac« ) et le mandat de Sarkozix commence. Contrairement à « Astérix et Obélix » qui terminent toujours leurs expéditions par un banquet, avec « Sarkozix » le banquet commence au début de l’album. L’occasion de remercier tous « ses amis riches »  dont « Johnnyx » avant de leur offrir un nouveau cadeau, le fameux bouclier fiscal. « Fillus » ne quite jamais « Sarkozix » qui tombe sous le charme de « Carlabrunix« .

Guy Delcourt et Wilfrid Lupano construisent des gags efficaces et drôles. Les grands moments du sarkozisme sont épinglés avec intelligence. Derrière ce divertissant, les auteurs décrivent les travers d’une politique tournée davantage vers l’exclusion que le bien de tous. En lisant ces pages, le lecteur se rafraîchit la mémoire. Une oeuvre utile dans un monde où chaque événement chasse l’autre. Guy Delcourt explique dans le « studio bd » son envie de réagir face à des « modes de communication de plus en plus outranciers ». « Nous ne nous sommes rien interdit »  ajoute Wilfrid Lupano. Ce premier chapitre, réussi, en annonce d’autres et tant mieux.  A  bientôt « Sarkozix« !

Les aventures de Sarkozix aux éditions Delcourt.

Scénario: Guy Delcourt, Wilfrid Lupano.

Dessin: Bruno Bazile.

Geronimo: un ado « sauvage » découvre les filles, la société et l’amitié

Par srosenfeld dans Aventure, contemporain , le 3 mai 2010 10h50 | Ajouter un commentaire

geChacun a ses souvenirs d’adolescents. Cette période fascinante où tout semble possible. Avec les années, certains grandissent avec leurs rêves dans un coin de la tête et d’autres finissent par les réaliser. C’est en se souvenant de leur propre adolescence que Joub et Etienne Davodeau nous racontent cette période si particulière de la vie.

Ben, Malo et Virgile se connaissent depuis tout petit. Lors d’une balade, ces trois inséparables rencontrent « l’indien« , un homme qui a décidé de vivre en autarcie.  À la suite d’une course-poursuite, l’indien a un accident et doit être hospitalisé. En son absence, la petite bande décide d’explorer la ferme et tombe sur Geronimo, 16 ans.  L’adolescent, élevé loin du monde, décide de suivre le groupe de copains. Dans leur sillage, le temps des vacances scolaires, Geronimo découvre les filles, la plage, les vannes entre potes, le lait en brique, Jésus, mais aussi le travail au noir, les sans-papiers.

Avec Geronimo, le lecteur se retrouve dans la peau d’un ado. Une fois encore, l’écriture subtile d’Etienne Davodeau et Joub permet de dresser des portraits attachants. Ici, pas de caricatures mais un regard attendri sur l’adolescence et ses éternelles questions. Qui suis-je? Faut-il changer la société, la subir ou la fuir? L’amour est-il possible et comment? Les auteurs décrivent aussi les travers de la société de consommation et la dureté du monde du travail. Une façon de réfléchir à nos vies sans pour autant tomber dans la leçon de morale où l’apologie du retour à la terre. Le dessin à la ligne claire et aux tons légèrement pastels correspond parfaitement à l’esprit de cette bd contemporaine qui mérite de trôner dans toutes les bibliothèques.

Geronimo, t1,2 et 3 aux éditions Dupuis.

Scénario et dessin: Etienne Davodeau et Jonb.

Panique en Atlantique: Spirou rejoue le naufrage du Titanic

Par srosenfeld dans Aventure, Enfants, Humour , le 3 mai 2010 10h49 | Ajouter un commentaire

spirouSpirou, le plus célèbre groom de la planète bd, reprend du service sous la houlette de Fabrice Parme et Lewis Trondheim. L’occasion d’une nouvelle aventure incroyable et délirante pour les fans de ce personnage mythique et de son éternel acolyte Fantasio. Cette fois-ci, les deux héros quittent la terre ferme pour le grand large!

Suite à une restructuration économique, Spirou accepte de changer d’environnement de travail. Fini, le  Moustic Hôtel, le voici  groom sur un transatlantique. Mais ce premier voyage s’annonce mouvementé. Il y a Spip l’écureuil qui fait des siennes et Fantasio qui chasse le scoop. Pas facile de garder son sang froid avec ces deux là surtout lorsque l’on doit calmer une clientèle de milliardaires prompts à paniquer au moindre naufrage.

« Panique en Atlantique » joue la carte du décalage et reprend à sa sauce la catastrophe du Titanic dans une ambiance sixties logiquement très colorée. Lewis Trondheim construit une histoire pleine de rebondissements. Le scénariste multiplie les situations burlesques tout en décrivant avec précision les caractères de chaque personnage. Ce soin apporté aux détails compense un dessin un peu trop simpliste par moment. Le choix d’un trait « à l’ancienne » de Fabrice Parme peut décevoir. Néanmoins, ce récit drolatique et bien rythmé constitue un bon cru pour ce « one shot«   qui reste dans la grande tradition Dupuis.

Panique en Atlantique, Spirou aux éditions Dupuis.

Scénario: Lewis Trondheim.

Dessin: Fabrice Parme.

Faire le mur: artiste Palestinien, prisonnier de son destin

Par srosenfeld dans contemporain, Historique , le 3 mai 2010 10h49 | Ajouter un commentaire

9782203028791Un album engagé mais pas caricatural. « Faire le mur » raconte la vie de Mahmoud, jeune homme de 25 ans coincé dans son territoire à l’ombre du mur dressé par Israël à partir de 2002. Le Palestinien rêve de peinture et de paix dans un monde en guerre. Opposé au terrorisme, cœur d’artichaut prêt à s’enflammer à chaque visite de coopérantes françaises, artiste, Mahmoud est un jeune adulte empêtré dans une vie qu’il n’a pas choisi et qu’il subit au quotidien. Le garçon peine à trouver sa voie entre pessimisme politique et aspirations universelles dans son épicerie de quartier.

Maximilien Le Roy dresse le portrait d’une jeunesse palestinienne désabusée.  Il  ne cache pas son point de vue sur l’occupation israélienne des territoires mais sait éviter les clichés faciles.  Après avoir  écrit sur le sort des SDF, et bientôt autour des guerres d’Algérie et d’Irak, l’auteur commence à se faire un nom dans le milieu de la bd militante. Son récit, bien construit, est captivant. Le dessin s’inspire de la photographie de reportage de guerre. Des pages plus colorées en forme de tableau constrastent avec des cases plus classiques. L’ensemble est cohérent. L’album photo de Mahmoud (l’occasion de découvrir un visage et une famille) et un entretien avec Alain Gresh du Monde diplomatique complète un travail qui ne laisse pas indifférent.

Faire le mur aux éditions Casterman.

Scénario et dessin: Maximilien Le Roy.