Hermann, Grand Prix d’Angoulême: la consécration d’un géant

Par srosenfeld dans Angoulême, biographie, contemporain, grand prix , le 28 janvier 2016 17h21 | Ajouter un commentaire

hermann-1 Une évidence. Hermann est depuis longtemps considéré comme l’un des plus grands dessinateurs de la bd.

Son trait est reconnaissable entre tous. Et surtout ses « gueules » : des visages qui vous hypnotisent et qui semblent vous sauter dessus en tournant les pages.

Ce Grand Prix d’Angoulême est une reconnaissance.  Ce sont les professionnels (où, comme en littérature, les jalousies sont légion) qui votent pour saluer l’œuvre d’un des leurs.

Né à Bévercé, près de Malmedy, en 1938, Hermann fait partie de cette génération de pionnier qui se lance en autodidacte dans la bande dessinée. Mais très vite, le bonhomme montre qu’il a les crocs pour imprimer sa signature aux côtés des meilleurs. Avec  Greg, il marque les esprits avec « Bernard Prince » et puis il y a « Jeremiah » . Son héros nous emmène dans une Amérique du futur dévastée à la suite d’une guerre atomique entre blancs et noirs.

Dans ce pari audacieux, Hermann est seul à bord. Il réussit à faire de son personnage un héros emblématique ( lancée en 1977, la série marque toute une génération). L’auteur wallon montre qu’il sait aussi bien écrire des récits ciselés qu’affûter ses coups de crayons. Car Hermann est d’abord et avant tout le dessinateur du mouvement.  Son inventivité dans le découpage des scènes d’action est une référence.

Son dernier album, « Old Pa Anderson », sur la ségrégation raciale dans le Sud des Etats-Unis au début des années 50, publié aux éditions Le Lombard montre que l’artiste n’a pas perdu la main, bien au contraire. Il travaille désormais avec son fils Yves H. qui signe les scénarios de nombreux one shots de la collection Signé.

Voilà donc un nouveau belge au panthéon du 9ème art après Franquin, Jijé, Morris et François Schuiten. Bravo.

Ci-dessous une interview réalisée dans mon studio lors de la sortie de l’album « Une nuit de pleine lune »… A relire.

Dernière sortie bd:

Old Pa Anderson aux éditions du Lombard.                                             

Scénario: Yves H

Dessin: Hermann

Hyver 1709: bd grand spectacle

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique, suspens , le 20 décembre 2015 17h39 | Ajouter un commentaire

501 HYVER 1709 T01[BD].indd« Nous étions en visite au château de Versailles quand notre guide nous a parlé du petit âge glaciaire et tout de suite des images me sont apparues immédiatement » me lance Philippe Xavier. A ce moment là, le dessinateur se trouve avec sa compagne Nathalie Sergeef, elle-même scénariste. Et voilà que le couple à la ville décide de se lancer dans un récit d’aventure original en conjuguant leurs talents respectifs.

Nous somme donc en 1709 en pleine hiver. Une vague de froid meurtrière frappe le Royaume de France épuisé par la guerre de succession d’Espagne. Les températures polaires détruisent les récoltes. La famine pousse certains à la sauvagerie. Le grain est désormais plus précieux que l’or.

Et voilà qu’un aventurier intrépide, Loys Rohan, propose aux conseillers du Roi de récupérer une cargaison de blé. Mais il faut faire vite. Une course contre la montre s’engage au cœur d’un paysage désolé où  notre héros fait face à de multiples obstacles dont un prêtre anthropophage!

Avec Hyver 1709, Nathalie Sergeef et Philippe Xavier nous plongent dans un XVIIIe siècle figé par le gel. Le récit épique ne lâche pas le lecteur grâce à un rythme maîtrisé. Au milieu de combat de capes et d’épées et de paysages enneigées, des personnages emblématiques font leur apparition. Un ambitieux diptyque magnifié par le dessin réaliste et puissant de Philippe Xavier. « J’ai pris mon pied » dit-il. Nous aussi….

Hyver 1709 aux éditions Glénat.

Scénario: Nathalie Sergeef

Dessin: Philippe Xavier.

Le château des étoiles: l’aventure réinventée

Par srosenfeld dans Aventure, fantastique, Historique, voyage , le 1 décembre 2015 16h20 | Ajouter un commentaire

étoilesComment faire revivre l’extrême inventivité et la poésie du XIXème siècle? Comment renouveler avec l’émotion d’un roman de Jules Verne (De la terre à la Lune) pour tenir en haleine petits et grands?

Alex Alice est un rêveur passionné qui aime les défis. Son histoire s’inscrit dans l’esprit des romans feuilletons, d’ailleurs une partie  a été pré-publié sous forme de journal. Le Château des étoiles est donc un diptyque  ambitieux et passionnant avec en ligne de mire, la découverte de la Lune!

Tout commence en 1868 par l’obsession d’une aventurière, Claire Dulac, qui s’envole à bord de son ballon pour prouver l’existence de l’éther : une source d’énergie capable de partir dans les étoiles.

Sa disparition soudaine met son fils Séraphin et son mari Archibald dans le plus grand désarroi. Et alors qu’ils tentent de se reconstruire, ils reçoivent une missive du roi Louis II de Bavière qui a découvert le carnet de l’exploratrice.

Fou ou visionnaire, celui-ci finance les recherches sur l’éther et la construction d’un vaisseau: l’éthernef .

Poursuivi par Bismark, contraint à la fuite, Séraphin, accompagnés de ses jeunes compagnons et de son père, fuit vers le ciel, puis l’espace. La lune, cette inconnue, se dévoile. Nos chevaliers de l’éther vont s’y poser…

Après Le Troisième Testament et Siegfried, Alex Alice réalise son projet le plus personnel et le plus ambitieux.

Son univers graphique mélange la beauté subtile d’un Hayao Miyazaki aux arts graphiques du XIXème siècle.

« J’ai été visité très jeune les châteaux de Bavière et cela m’a fasciné » m’explique Alex Alice dans mon Studio Bd.

Avec ce récit, le scénariste et dessinateur réunit deux passions: son amour du romantisme Allemand et sa fascination pour Jules Verne. Une très bonne idée de bd à mettre sous le sapin dès l’âge de 8-10 ans.

Le Château des Etoiles, t1 et 2 aux éditions Rue de Sèvre. Scénario et dessin: Alex Alice.

Le crime qui est le tien: sensuel et vénéneux

Par srosenfeld dans Aventure, polar, policier, suspens , le 5 novembre 2015 15h21 | Ajouter un commentaire

Electre_978-2-505-06343-8_9782505063438« Il y a une atmosphère assez poisseuse dans cette histoire » me révèle Philippe Berthet. Et c’est vrai, que l’ambiance est un personnage à elle seule, dans ce polar à la sauce australienne. Le lecteur se retrouve dans un patelin paumé du bush où un homme humilié par une femme nymphomane tente de trouver une forme de rédemption.

Cela fait 27 ans, que Greg est en cavale. Il vit reclus du monde parmi ses moutons, accusé du meurtre de son épouse qui l’a fait cocu tant de fois. Une femme qui vit toujours en lui, un fantôme qui le provoque lors de fréquentes hallucinations.

Mais voilà que son frère lui donne une chance de refaire sa vie. Sur son lit de mort, il se dénonce comme l’assassin de la belle. Greg peut revenir… mais le peut-il vraiment?

Le scénario de Zidrou crée une mécanique addictive. Sa lenteur n’est qu’un leurre. Le récit joue avec les codes du polar avec comme rôle clé la femme fatale. La couverture de l’album donne le ton. Une femme ensanglantée, sensuelle, un mouton à la main, interroge du regard. Qui est-elle? Sa mort est atroce. Mais pourquoi? Philippe Berthet explique d’ailleurs que dessiner cette scène de meurtre l’a mis en « transe »…

Dans cette histoire, ce n’est pas l’action mais la psychologie des protagonistes qui dynamise les pages. Une belle réussite.

Le crime qui est le tien aux éditions Dargaud

Scénario: Zidrou

Dessin: Philippe Berthet.

Le maître d’armes: chasse à l’homme sanglante

Par srosenfeld dans action, Aventure, Historique , le 28 octobre 2015 09h16 | Ajouter un commentaire

le-maitre-d-armes-tome-1-le-maitre-d-armes-one-shotDe la bd d’aventure comme je l’aime. « Le maître d’armes » vous fait ressentir la sueur, le sang, le froid et la peur des personnages. Dès la première page, un combat épique entre un vieux guerrier et son jeune rival hypnotise le lecteur. « Je voulais faire un grand roman graphique dans l’esprit des grands romans d’aventures » m’explique enthousiaste Xavier Dorison. Pour cela, pas question de faire une série en 10 tomes mais bien un album de près de 100 pages avec un début et une fin. Un récit dense, haletant. Une chasse à l’homme…

1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l’Église pousse des montagnards catholiques à lancer une chasse à l’homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu’en Suisse pour la faire imprimer. Commence une traque impitoyable: à deux contre trente. Mais ce que ne savent pas les villageois, c’est que leur proie, se nomme Hans, ancien maître d’armes de François 1er. Le chasseur, c’est lui!

« Les Américains ont une expression pour ça, they funk the wrong guy, ils se sont attaqués au mauvais mec » lance le scénariste. Et comme il le dit lui-même, on adore ce genre d’histoire. En le plaçant l’histoire dans univers hostile, la montagne et en réinventant les scènes d’actions du genre, le duo frappe fort.

« J’ai pris des cours avec un spécialiste des combats avec des armes médiévales pour rendre crédible mon dessin » précise Joël Parnotte. Une réussite tant les affrontements semblent réalistes. Le graphisme des paysages donne à l’ensemble une dimension spectaculaire.  Une des meilleurs sorties de ces derniers mois. Pour achever de vous convaincre, découvrez les interviews des auteurs dans mon studio BD.

Le maître d’armes aux éditions Dargaud

Scénario: Xavier Dorison.

Dessin: Joël Parnotte.

Terminus: arrêt définitif pour le Transperceneige

Par srosenfeld dans action, Aventure, graphisme, science fiction, voyage , le 8 octobre 2015 14h23 | Ajouter un commentaire

Terminus_Transperceneige_tome_4Comment terminer une des plus belles aventures de SF sans se renier? Pari difficile. La série « Transperceneige », imaginé par Lob et Rochette met depuis le début l’homme face à ses démons (le dérèglement climatique, l’exclusion sociale organisée, les dérives de la foi etc…). Mais il fallait bien qu’un jour le train mythique (le Transperceneige)  termine sa course interminable dans un monde glacé où la vie a disparu.

« J’avais des idées » m’explique Jean-Marc Rochette « mais j’avais besoin de quelqu’un pour leur donner du sens ». Le dessinateur exigeant et engagé a donc mis du temps avant de trouver en Olivier Bocquet un parfait compagnon de voyage. « On a parlé du monde, et on était d’accord sur plein de trucs «  précise le scénariste. L’objectif est de plonger le lecteur dans les entrailles d’un monde sous-terrain. « Comme dans l’enfer de Dante » explique Jean-Marc Rochette.

Terminus. Le train s’arrête, incapable d’aller plus loin, faute d’énergie. Guidés par une étrange musique, les arpenteurs ( spécialistes des sorties extrêmes) ouvrent la voie.  Nos survivants découvrent un asile possible. Mais ils ne sont pas seuls, des êtres étranges dissimulés derrières des masques grotesques de souris, les accueillent manu militari. Sélectionnés, tatoués avec un code barre, les anciens passagers du train deviennent des cobayes d’une expérience menée par un couple de scientifiques fêlés….

En toile de fond : une critique de nos sociétés qui nient le libre arbitre au nom du bien commun mais aussi le prix de l’énergie ( ici le nucléaire ) et ses conséquences sur la santé. « Je suis très clairement antinucléaire » affirme haut et fort Jean-Marc Rochette. Le thème du transhumanisme  se retrouve aussi dans ce récit de 232 pages qui  happe le lecteur de bout en bout.

La puissance graphique impressionne notamment lors d’une scène d’orgie fascinante. « Terminus » constitue une belle conclusion à cette saga avant-gardiste.

Précisons qu’il est tout à fait possible de lire cet album sans avoir lu les autres.

Ne pas manquer la rencontre ci-dessous avec les auteurs.

Transperceneige t4, terminus, aux éditions Casterman

Dessin: Jean-Marc Rochette.

Scénario: Olivier Bocquet.

 

Superdupont: renaissance du Super-héros franchouillard

Par srosenfeld dans action, ados, Aventure, comics, Humour , le 25 septembre 2015 17h40 | Ajouter un commentaire

superdupont-tome-1-renaissanceAh Superdupont… Le personnage né en 1972 dans les pages de Pilote avait laissé dans les mémoires des pages délirantes puis s’était endormi. Gotlib, son co-créateur avec Lob rêvait depuis longtemps de lui redonner vie car le potentiel comique de l’univers du super-héros en charentaises était loin d’avoir été entièrement exploité.

Mais voilà, encore fallait-il trouver le dessinateur capable de relever le défi. Et qui de mieux que François Boucq avec son trait reconnaissable, mélange de caricature et de semi-réalisme.

Les deux compères se mettent d’accord dès le départ. Pas question de répéter le Superdupont, beauf qui lutte contre l’Anti-France.  Il faut une renaissance…. qui passe par la relève: un enfant.

« Au départ,  le fils de Superdupont devait reprendre la boutique en trois, quatre pages.  Mais il y a eu un gag, puis un autre. Je me suis retrouvé avec soixante deux pages, rien qu’avec le bébé! » me dit François Boucq en souriant.

Le récit surfen sur les relations parents enfants en pastichant les super-héros américains comme Superman. Et puis, il y a SM, super méchant.

« Contre Superdupont, il ne pouvait y avoir qu’un pape des méchants entouré d’hystériques » explique le dessinateurMais derrière les combats d’onomatopées se cache aussi une envie.

« Superdupont défend des valeurs comme l’égalité, la liberté et la fraternité. L’idée n’est pas de les mettre en avant comme un propos politique mais de les évoquer de façon marrante » précise François Boucq.

Au final, cet album réussit son pari de nous embarquer dans un délire graphique qui délie les zygomatiques. La saga de la famille Superdupont ne fait que commencer.

Superdupont, renaissance aux éditions Dargaud

Scénario: Gotlib

Dessin: Boucq et Belkrouf

 

Le piano oriental: un voyage musical envoûtant

Par srosenfeld dans autobiographie, graphisme, Historique, musique, voyage , le 22 septembre 2015 09h08 | Ajouter un commentaire

piano-oriental« Il faut imaginer une sorte de déhanchement » m’explique sourire aux lèvres Zeina Abirached. L’illustratrice franco-libanaise propose aux lecteurs un voyage envoûtant dans le Liban des années 60 sur les traces de son arrière-grand-père.

Accordeur de piano dans le Beyrouth immuable de l’avant-guerre civile (1975-1990),  Abdallah Kamanja a une obsession : créer un piano « bilingue » capable de jouer de la musique à l’occidentale (demi-ton par demi-ton) et à l’orientale (quart de ton par quart de ton).

Après des années de recherche, miracle: le piano oriental avec ses étranges pédales devient réalité. Le fabricant autrichien de piano Hofmann est même intéressé par l’invention.

Nous suivons alors Abdallah Kamanja, tarbouche sur la tête, embarquant sur le paquebot La Pierre de Rosette avec son ami Victor en direction de Marseille, puis de Vienne.

« J’ai toujours vu ce piano dans le salon avec ses sons étranges, presque magiques » me confie la dessinatrice.

En parallèle de la vie de ce musicien passionné, Zeina Abirached, raconte son histoire : celle d’une femme baignée dans une double culture où se mélange l’arabe et le français.

Arrivée en France, il y a 10 ans, elle évoque ses peurs de l’inconnu avec un humour délicat.  « J’emportais avec moi un bagage de 23 kilos et j’avais 23 ans » me dit-elle en riant.

Dans ce récit-miroir, l’artiste utilise le noir et blanc comme une partition musicale. Elle multiplie les jeux graphiques pour proposer une bd foisonnante de vie.

« Je voulais que l’album soit sonore » me raconte la scénariste dans mon studio BD.

Je vous propose de découvrir durant notre interview les notes étranges de ce piano unique.  Le coup cœur de cette rentrée.

Le piano oriental aux éditions Casterman

Scénario et dessin: Zeina Abirached

Barracuda: pirates contre cannibales, ça va saigner !

Par srosenfeld dans Aventure, pirate , le 21 juillet 2015 14h44 | Ajouter un commentaire

barracuda-tome-5-cannibaleDécidemment le scénariste Jean Dufaux ne recule devant rien pour faire vibrer nos imaginations.  La série « Barracuda » multiplie les rebondissements dans un monde peuplé de pirates sanguinaires, d’adolescents ballotés par le destin et pour finir de cannibales! Une déferlante magnifiquement mises en images par Jérémy.

« Je fonce à l’instinct » me dit d’emblée le dessinateur qui ne cesse de progresser au fil des albums. Peu à peu, il se détache de son mentor (le grand Philippe Delaby, tristement décédé) pour construire son style. Pour  cela il s’appuie sur un grand conteur d’histoire. Jean Dufaux navigue en eaux troubles emporté par ses personnages.

Pendant que Raffy ( le fils du pirate Blackdog) pris en otage par les Espagnols prépare sa vengeance sur l’île de Puerto Blanco, ses autres compagnons d’aventures se retrouvent sur une autre île  inhospitalière.

L’envoûtante Maria, l’étrange Emilio et la mystérieuse Jean Coupe-Droit sont les traces de Blackdog et du diamant du Kashar. Mais les retrouvailles avec l’imprévisible pirate ne se passent pas comme prévu. La tribu des Moori (des cannibales) règne en maître avec à sa tête un sorcier effrayant… Ca va saigner !

Le duo donne un rythme effréné à ce récit épique où l’intime se mélange aux combats. Un grand divertissement qui maintient son haut niveau de qualité. « On sent que tout est en train de se préparer pour le grand final »  lance Jérémy. A l’abordage!

Barracuda, t5 aux éditions Dargaud.

Scénario: Jean Dufaux .

Dessin: Jérémy.

Napoléon Bonaparte: tout ce que vous avez toujours voulu savoir…

Par srosenfeld dans biographie, Historique, Napoléon , le 30 juin 2015 16h42 | Ajouter un commentaire

MA_fb_NAPOLEON-BONAPARTE-T4-MARTIN_BD« L’Angleterre trafique de tout, que se met-elle à trafiquer la liberté » lance lyrique Pascal Davoz. Le scénariste de la série Napoléon Bonaparte aime citer son personnage emblématique dès qu’il le peut. Dans mon studio Bd, il l’avoue, le personnage le fascine.

Un engouement qui date de l’enfance. « A l’âge de 9 ans j’ai découvert un livre sur lui très bien fait et de là est née ma passion » dit-il. Depuis, l’auteur a lu beaucoup, fait des recherches sur les écrits de l’époque, tenter de trouver la vérité historique derrière les légendes et les fantasmes.

La bd en 4 tomes propose une lecture de la vie du « petit caporal » comme le surnomme sa garde. Une biographie qui débute lorsque Napolione di Buonaparte n’a que 10 ans et où il intègre l’école de Brienne, en Champagne. Ensuite vient l’école militaire de Paris en 1784 et son ascension jusqu’à la plus haute marche du pouvoir, le consulat. Et enfin le titre suprême: Empereur des Français.

Pascal Davoz multiplie les références avec des astérisques pour montrer que sa saga est au plus proche de ce que qui s’est passé. Un soucis d’exactitude qui ne peut que plaire au vétéran du dessin, Jean Torton.

Comme à son habitude, celui-ci développe un graphisme  dessin détaillé qui se veut une retranscription réaliste de l’époque. Son découpage un peu trop sage manque un peu de fougue mais qu’importe, le résultat est à la hauteur des ambitions.

De pages en pages, le lecteur découvre des anecdotes sur la vie de Napoléon. Le scénariste s’attache à l’homme plutôt qu’au général d’armée ce qui donne à son personnage un côté charnel et attachant.

 » Napoléon dit: tout ce que je fais, c’est pour que le fils d’un paysan puisse devenir un jour Maréchal d’Empire ou sénateur, c’est à dire qu’un pauvre puisse devenir riche et puissant s’il a du talent, voilà pourquoi il se bat et je trouve ça admirable » avoue Pascal Davoz.

De toutes les bd sorties récemment sur le sujet, son Napoléon Bonaparte sort du lot. Les amateurs d’histoire seront conquis.

Napoléon Bonaparte, t1,2,3 et 4 aux éditions Casterman

Scénario: Pascal Davoz

Dessin: Jean Torton