Mauvaise santé : 400.000 Belges travaillent de nuit
Plus de 400.000 travailleurs ont exercé un travail de nuit en Belgique selon les chiffres du Steunpunt WAV… ce qui correspond à 13,1 % des travailleurs. On constate une surreprésentation des hommes et des personnes peu qualifiées.
Les horaires atypiques, et tout particulièrement le travail de nuit, peuvent constituer un facteur de risque pour les travailleurs. La perturbation du rythme biologique peut se manifester par l’apparition de troubles du sommeil. La dette de sommeil, lorsqu’elle devient chronique, entraîne une baisse de vigilance qui peut être source d’accidents. Les accidents de la route entre le lieu de travail et le domicile constituent le principal danger. Les statistiques montrent par ailleurs que les accidents de travail, s’ils ne sont pas plus fréquents, sont généralement plus graves lorsqu’ils surviennent la nuit. Les horaires atypiques favorisent aussi l’apparition de certaines pathologies (troubles digestifs, stress, syndromes dépressifs, maladies cardiovasculaires) et contribuent à l’usure prématurée des salariés. Des études révèlent que, plusieurs années après, l’état de santé des ouvriers ayant travaillé de nuit ou en « 3×8 » est dégradé par rapport à ceux qui ont toujours eu des horaires standards.
Par ailleurs, des enquêtes réalisées chez les infirmières et les hôtesses de l’air ont montré que le travail de nuit sur des longues durées augmentait les risques de cancer du sein. Depuis 2007, le travail de nuit figure parmi la liste des agents cancérogènes établie par le CIRC.
Notre horloge biologique fixe deux périodes de sommeil en 24 heures (la nuit et le début d’après-midi) et régule le rythme circadien : une alternance de sommeil lent et profond et de sommeil paradoxal. Le travail de nuit dérègle ce cycle. Les infirmiers de nuit dorment en moyenne 2h de moins et ont une qualité de sommeil moindre . La dette de sommeil est très importante. En effet la récupération est plus efficace la nuit que le jour. Les infirmiers de nuit éprouvent des difficultés à l’endormissement et se plaignent de fatigue au réveil. Le sommeil diurne est de moins bonne qualité que le sommeil nocturne. Cette accumulation de manque de sommeil provoque la somnolence qui est souvent impérieuse entre 1h et 4h du matin. Elle peut se traduire par une sensation de froid et une réduction du champ de vision. Les heures des repas sont modifiées ou prises sur les temps de repos. Il s’agit souvent d’un seul repas complet par jour (le soir avant de partir) De ce fait, le grignotage est plus important. Cette forme d’alimentation qui ne retient aucun rythme alimentaire précis, peut provoquer un dérèglement hormonal qui perturbe l’absorption des aliments. Ceci provoque des troubles digestifs et des désordres pondéraux. Les troubles digestifs varient : constipation, dyspepsie et ballonnement abdominal. Une étude menée dans six hôpitaux publics en France auprès de 469 infirmiers de nuit et de jour a démontré une association forte entre ballonnements, douleurs intestinales et travail de nuit. Les symptômes les plus étudiés étaient : nausées, ballonnements, brûlures d’estomac, constipation et douleurs intestinales. Outre le sommeil et l’alimentation les comportements addictifs sont plus importants chez les travailleurs de la nuit. Pour compenser les dépenses d’énergie, on note une grande consommation de café et de tabac. Ces comportements addictifs augmentent les risques d’hypertension. D’un manière générale les horaires atypiques agissent sur « l’hormone de l’obscurité », la mélatonine et sur le système immunitaire en l’affaiblissant. Ils favorisent ainsi les risques de surpoids ou d’obésité, qui s’amplifient avec l’âge, et la survenue de certains cancers, notamment du sein.
Le manque de récupération de la fatigue mentale ou physique amène un état anxieux et une grande irritabilité. L’atmosphère particulière de la nuit constitue également une « circonstance aggravante » pour l’anxiété.

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