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Les campagnes “décalées”: déjà, au 19ème siècle, on faisait tout pour que le nom du candidat absurde soit cité …

Par Michel Henrion dans Belgique, Divers , le 10 septembre 2012 17h23 | Ajouter un commentaire

Mais pourquoi diable, pour ces élections Communales cru 2012, cette dérive, ce déferlement de vidéos ou d’affiches dites “décalées”, entendez se démarquant parfois jusqu’au grotesque des codes électoraux classiques?
L’explication était déjà présente dans l’ouvrage de François de Groiseilliez qui, en 1846, avait publié “ L’art de devenir député et même ministre par un oisif qui n’est ni l’un ni l’autre”. Lequel opuscule expliquait déjà que tout candidat se devait d’abord conquérir une notoriété et, donc, ne pas hésiter à surprendre pour capter tous les regards. Tout le monde, écrivait le lettré politisé, s’écriera : “ Voilà un homme bien absurde! Mais le nom de l’homme absurde est cité dans tous les journaux et remplit au moins la moitié d’une colonne”. (source C. Delporte)
Les technologies ont pour le moins évolué, mais le principe, lui, n’a pas changé d’un iota.
Le candidat se doit de ne pas passer inaperçu, faire en sorte qu’on parle de lui. Et poste aujourd’hui sur YouTube ou sur sa page Facebook ce qu’il imagine pouvoir faire le buzz. (avec l’exemple de Michel Daerden en tête)
Ce qui nous offre ce kitsch rafraîchissant, joyeux bouquet de photoshopages primaires ou de scénarios incongrus…Et, comme les politiques découvrent toujours les modes avec quelque décalage, cette vague de “lip dubs” (plusieurs personnes chantant une chanson par « doublage sur les lèvres ») dont le principal avantage est de permettre l’apparition à l’écran dailyémotionné de toute une équipe, plus ou moins à l’aise (c’est le CDH de Woluwé-St-Pierre qui a, dans le genre, poussé le bouchon un peu loin en intégrant dans leur joyeuse farandole une candidate sous respirateur artificiel…)
Au moins auront-ils effectivement une petite chance, hautement aléatoire, d’être vus. Et si les candidats ainsi portés par l’incongru concilient cela avec un programme, des réunions ou ils peuvent expliciter un programme plus sérieux, ça peut fonctionner.
Car, sur le Net, il n’est qu’une certitude: les pages, les vidéos officielles des partis, celles qui ont dû passer par la multi-approbation de filtres plus conformistes les uns que les autres, celles ou le candidat assermenté et rayonnant s’imagine qu’il est quasi sur CNN, ça, ça ne fonctionne absolument pas. Comme quoi le bide de campagne n’est pas toujours où on croit le voir.

Michel HENRION, chroniqueur invité. (www.demainonrasegratis.be)tumblr_m9vu23losp1rfdbyho1_500

Pourquoi parle-t-on de « Lapin Blanc » en Flandre ? (affaire Rik Torfs)

Par Michel Henrion dans Divers , le 18 février 2012 14h29 | Ajouter un commentaire

Rik Torfs, qui met un peu le boxon au CD&V, (et qui rêve d’évidence encore de créer son propre parti) est habituellement qualifié, dans la presse du Nord, de  » Lapin Blanc ».
Pourquoi ?
En Flandre, cette expression désigne un candidat extérieur présenté par magie par un parti (qui le sort de son chapeau comme un magicien) juste avant une élection (souvent un BV)
Jusqu’en juin 2010, ou il déboula soudain au CD&V, Torfs était en effet un personnage très médiatique en audiovisuel, accessoirement professeur de droit canon à la KUL.
Pour rappel, l’OpenVLD Gwendolyn Rutten (qui est,elle,mj2w7ep-1 depuis longtemps en politique) s’était moquée du phénomène lors du scrutin de 2010 avec cette formidable affiche, aussi ironique que réussie graphiquement.

Michel Henrion (www.demainonrasegratis.be)

Pourquoi, grâce à un tic psy, Milquet est devenue la star involontaire et populaire d’un Twitter moqueur…

Par Michel Henrion dans Belgique, Divers , le 29 septembre 2011 14h15 | Ajouter un commentaire

C’est un paradoxe: en juin 2010, Joëlle Milquet vexait grave les férus des réseaux sociaux en balançant: “Moi, je ne fais pas de la politique sur Twitter comme une teenager…”
Quinze mois plus tard, sans être un poil davantage sur Twitter (ou elle ne dispose même pas d’un compte) l’ex-présidente du CDH en est subitement la star involontaire au travers d’un #hashtag (le mot clé indiquant un thème de discussion et précédé du symbole dièse) surréalisto-impertinent: le désormais homérique #cestjoelle.
Soudain, le virage médiatique vers une consécration populaire…
Ce sera assurément éphémère mais se rend-on assez compte que le phénomène est en passe d’assurer à Joëlle Milquet, mine de rien, une notoriété virale « à la Daerden » d’autant plus exceptionnelle qu‘elle se mêle, elle, de familiarité et d’ironie très sympathique…
Petit détour pour mieux comprendre: les politiques s’imaginent souvent qu’avec Facebook et Twitter, ce qu’on appelle les “réseaux sociaux”, ils peuvent échapper aux journalistes dérangeants (la chazalisation de l’info n’est pas encore la norme) et ainsi communiquer sans intermédiaires gêneurs avec leurs électeurs. Le pied.
Las, tout le monde n’a pas les moyens ni les équipes d’Obama, l’exemple usé jusqu’à corde.
Donc, à de rares exceptions, les politiques émettent pour la plupart des messages si inintéressants que, comme disait l’autre, “les pixels hésitent à s’aligner pour former des mots…” Ou alors, comme Bart De Wever, ils additionnent des milliers de followers mais en restent à zéro tweet.
Conséquence: c’est plutôt en sens inverse que ça fonctionne.
Avec une force de frappe d’influence d’une rapidité hallucinante, Twitter s’affirme, sinon comme un contre-pouvoir, à tout le moins comme un formidable oeil démocratique. Surlignant instantanément les inepties et autres dérapages de nos représentants politiques, de tous ceux que nous avons élus…
C’est parfois gentillet (au hasard, les aberrations de Fadila Laanan et de son nounours), c’est parfois plus hard (au hasard, les SMS et autres comportements de Leterme), c’est souvent salutaire (au hasard, les dérives du Belang, du Parti Populaire ou du MLD).
C’est, dans ce cas-ci, au delà du côté blagueur, une liberté d’expression critique .
Le chansonnier du temps, c’est le Tweet moqueur.
Dans son genre, Joëlle Milquet est d’ailleurs, depuis toujours, une “bonne cliente” pour Twitter. A chaque fois que, perso, je tweete parfois une p’tite phrase déclarative de Joëlle, même de bon sens, c’est le retweet massif assuré: par acrimonie ou par moquerie, je ne sais, mais ça ne laisse jamais indifférent…
Pourquoi ? Parce que chacune de ses interviews- et le Dieu de l’ancien PSC sait qu’elles sont multiples- est marquée au sceau-comment dire ?– d’une légère hypertrophie du “moi”.
Qu’un contradicteur évoque n’importe quelle idée et #cestjoelle vous répliquera que c’est évidemment “son” idée-qu’elle-avait-déjà-eu ou que celle-ci figurait déjà dans le programme du CDH d’avant Gutenberg, son “enfant de parti” ayant tout vu, visu, prévu, prédu avant tout le monde.
Un tic psychologique qui, depuis lurette,fait sourire- ou grimper aux rideaux c’est selon- toute la classe médiapolitique.
Joëlle- a-toujours-raison balance ainsi depuis des années ses affirmations avec tant de foi que, sur le coup, on ne remet pas en cause ce qu’elle dit. Et le temps que l’on réfléchisse, elle a déjà zappé sur un autre thème, assénant d’autres certitudes; qui, sans doute, l’auto-rassurent, elle qui doit tant et tant se battre dans un monde toujours si macho. (un argument qui lui sert aussi souvent à clouer le bec à ses adversaires)
Le hic, c’est que dès qu’on sort des sentiers battus, une personnalité qui-a-toujours-raison, à l’instar de l’ex-présidente du CDH, en arrive à sortir…euh…des perles nacrées vernies à l’ assurance culottée.
Joelle Milquet a des variations politiques étonnantes (le fameux couloir entre Bruxelles et la Wallonie, spectaculairement exigé par elle, en est un exemple bhvéblouissant) mais ça n’a pas d’importance.
Lorsqu’elle parle, y’a comme un côté incantation visant à s’auto-convaincre elle-même. De ce qu’elle a tout prévu, tout inspiré, toujours eu la “bonne idée”.
Alors, bien sûr, ce côté “j’ai-toujours-raison”, je ne fais pas d’erreur, mon avis est forcément meilleur, c’est moi qui l’ai pensé le premier, ça fait rire où ça agace.
Jusqu’à la perle de fin de collier: cette interview nombrilisante au micro de Fabrice Grosfilley ou elle s’exposait une fois de plus à la moquerie en laissant entendre en substance: « Yves Leterme à l’OCDE? C’est grâce à moi! »
Le sourire, le rire, quand il est partagé, devient créateur de communauté.
Le truc humoristique en lui-même n’est pas neuf, (la dérision par non sense, le répétitif ou les aphorismes absurdes) mais, adapté par les “Daymakers” de Twitter, le gimmick moqueur #cestjoelle vire soudain culture populaire.
Les twittos belges n’ont pas vraiment inventé quelque chose: c’est juste une mystérieuse sauce médiapolitique qui, soudainement, a pris.
C’est en fait une “adaptation à la belge” d’une déjà classique démarche-dérision propre à l’outil Twitter. Mais le liégeois @Hugues ne s’attendait pas à un tel buzzz (tous les tweets sont ici) lorsqu’il posta son premier twwet-hameçon: « Les schtroumpfs à New york? C’est grâce à Joëlle! »
Le comble de la célébrité, c’est de donner naissance à un hashtag : l’inmaîtrisable #cestjoelle est donc un grand pas pour l’humanité du tweet.
Un phénomène qu’on avait pourtant déjà vu se développer dans bien des pays, qu’il s’agisse de l’Egypte de la chute de Moubarak. ( le hashtag #ReasonsMubarakIlate donnait des tweets comme:“ Vous croyez que c’est facile de faire rentrer des lingots d’or dans des Vuitton ? “) ou, bien plus proche de nous, en France. Ou l’ambitieux et juvénile fiston à Sarkozy déclencha une vague absurde similaire avec le hashtag #jeansarkozypartout.
A la différence que la vague d’humour qui balaya Jean Sarkozy était grinçante: ici, le #cestjoelle est bien plus sympathique, presque affectif.
C’est qu’en abandonnant son si critiqué cumul Vice Première Ministre-Présidente de parti, “Madame Non” (à l’instar de ce qui s’était produit au départ de Didier Reynders du MR) bénéficie soudain d’un regain de sympathie dans l’opinion.
Ceci n’est pas une anecdote simplement légère: ce que Twitter reflète c’est que Joëlle Milquet vient mine de rien, de s’adjuger involontairement une consécration populaire tant rêvée.
Donc, si elle ne colle pas le slogan “C’est Joëlle” sous ses prochaines affiches électorales, c’est qu’alors “Madame Non”, ne comprend décidément rien à la com…

Michel Henrion, chroniqueur invité (blog perso: www.demainonrasegratis.be)

Un changement d’identité, ça ne se bricole pas: pourquoi le Logo de la Fédération Wallonie-Bruxelles est jugé rigolo…

Par Michel Henrion dans Belgique, Divers , le 28 septembre 2011 09h03 | Ajouter un commentaire

C’est quasi automatique: tout nouveau logo déclenche souvent la polémique, faisant s’étonner (alors, c’est qu’il est sans doute bon), rire, ricaner ou protester (le bon vieux syndrome du “c’était mieux avant”). Ce qui frappe, au delà du chapelet de moqueries et de plaisanteries plus ou moins farces déclenché par le logo de la nouvelle Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est la rapidité, le côté vite-fait-sur-le-gaz.
La rupture dans l’excitation de l’invention du bigntz sémantique inventé symboliquement en avril pour contrer, non sans logique, les volontés flamandes.
Cette même précipitation qui explique les lapsus de Rudi Demotte (la superbe perle de la “ Fédération Wallonie…Flandre”) et autres orateurs eux-mêmes auto-déconcertés de ne plus pouvoir prononcer les mots “Communauté française”, soudain périmés , bannis, carrément hors-stock politique.
Cette même précipitation qui explicite le comique des micro-trottoirs télé ou le quidam, qui avait à peine commencé à vaguement intégrer le rôle de feu la Communauté française, se retrouve évidemment bec dans l’eau lorsqu’on l’interroge sur la nouvelle appellation politiquement ripolinée.
C’est peut-être de la stratégie politique, mais ce à quoi l’on a assisté ce 27 septembre, c’est en tout cas de l’impro de com’.
Petit rappel élémentaire connu de toute entreprise: un changement d’identité, c’est un fameux, un énorme défi. C’est souvent l’annonce d’un enjeu (ici, c’est l’évidence même), d’une ambition.
C’est donc délicat: il faut réaliser l’évolution sans renier ses origines, sans faire injure au passé.
Donc, garder aussi des repères, quitte à les adapter au culot, car créer c’est oser.
Jusqu’ici, la Communauté française Wallonie-Bruxelles déclinait un coq en un triple logo dit “Fiszman” (du nom de son créateur, qui avait décliné un joli travail graphique).
Le coq hardi, que l’esthétique de Pierre Paulus imposa jadis, était en fait – on l’ignore trop souvent- l’idée d’un… bruxellois. Un paradoxe puisque, aujourd’hui, il est évident que nombre de bruxellois ne se retrouvent pas tous dans ce symbole, jugé à leur estime par trop wallon.
Ce qui n’empêche que le coq (qui sera donc désormais uniquement emblématique pour la Région wallonne) est un symbole riche et fort, associé mine de rien à de multiples mythologies très évocatrices…
Les sponsors de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont donc choisi de tordre le cou au coq (alors que le cahier des charges du concours laissait pourtant la possibilité d’une subtile adaptation mêlée à l’Iris bruxellois, histoire de se garder des références mémorielles…).
Ce n’est pas neutre politiquement non plus, ce choix: cela pourrait aussi signifier mine de rien, mais oui, que les régions montent en importance; puisque Wallonie et Bruxelles n’auront donc plus de symbole très fort en commun, mais un logo qui mettra –c’est la loi du secteur du logotype- bien du temps à tenter de s’imposer.
L’Iris, symbole fort et intégré par la population de la capitale, fleurira donc plus que jamais en un Bruxelles à la fibre de plus en plus régionale.
Et le Coq, symbole inscrit depuis lurette dans l’imaginaire wallon de Mouscron à Verviers, chantera plus que jamais en Wallonie. (ou certaines âmes militantes n’appréciaient d’ailleurs guère que leur volatile hardi serve aussi d’emblème à cette même Communauté jugée par trop dans la logique d’une centralisation belge …)
La Communauté française est un peu née jadis comme pendant francophone obligé d’une Communauté Flamande exigée haut et fort par la Flandre; dès lors que le « plan B  » reste dans les cartons, la Fédération Wallonie-Bruxelles est un peu aujourd’hui un relookage pour faire face à une Flandre lorgnant sur Bruxelles; et ancrer ainsi le principe que celle-ci ne sera jamais aliénable à la Flandre.
Cette Fédération est encore tout sauf claire, pas forcément crédible pour les gens, n’y voyant souvent qu’un élément toujours aussi peu compréhensible dans un échafaudage institutionnel inextricable dans ses structures …
Cette Fédération flotte: ce qui explique peut-être que les éléments de son nouveau logo… flottent tout autant, comme en apesanteur graphique, sans beaucoup de connections entre eux.
Rejettez donc un oeil sur le logo- qui sera officialisé par décret- en bas de cette page.
Comme disait l’autre, c’est un logo prêchant plutôt pour l’union libre entre les partenaires. Sans connexion entre les éléments graphiques.
Cela n’a rien de costaud.
C’est mou.
Cela ne pèse, ne saute pas aux yeux.
Cela hésite graphiquement entre l’importance des mots (c’est quoi le plus vital, le mot “fédération” ?)
Oui, bien sûr, soyons de bon compte: il y a un “signe” tricolore, assez original et sans doute suffisamment intemporel que pour durer .
Mais, et c’est crucial pour un logotype, ce symbole suscite-t-il la moindre émotion ?
(au choix, les internautes s’en moquent joyeusement en le comparant à des piments, un test de Rorsrach, une frite, une baleine, des caractères arabes ou hébraïques, etc…mais jamais à un sentiment)
Déclenchera-t-il, ce logo, la moindre mémorisation ? Genre: mais c’est bien sûr, on est des francophones fédérés…
Sera-t-il –comme il convient en communication – perçu avant d’être vu ?
J’avoue avoir moi-même (QI pas terrible) mis du temps à capter , à deviner le W et le B. Ben oui, puisqu’on n’a pas jugé bon de faire tout simple en donnant de la force aux trois lettres qui, fichtre, s’imposaient: FWB)
Certes, tout jugement est subjectif. Mais un logo, une nouvelle identité, ça ne se bâcle pas comme ça. Il ne suffit pas de mettre du gel dans les cheveux à la typo ( le style Letraset- ces lettres qu’on collait sur des feuilles dans les seventies- c’est un peu la mode graphique…)

Non point que je mette en doute le talent des nominés ni le niveau des projets enregistrés à ce « marché de services » particulier et très politisé.
(« il a été jugé préférable de ne pas recourir au concours au vu des courts délais » peut-on lire dans le document de juillet). Ce qui m’énerve un chouia c’est que ce soit un jury de mandarins qui ait, tout seul, décidé en totale précipitation. (« Il n’y aura pas de professionnels du secteur dans le jury «  précise froidement le document officiel, « mais un représentant du Cabinet du Ministre-Président; un représentant de chacun des Cabinets composant le Kern wallon; un représentant de chaque parti politique composant le bureau du Parlement;deux représentants du Parlement ;deux représentants du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles). Bref, juste des politiques ou des para-politiques de la Fédéwalbru ou de la Fédébruwa, sans nul doute honorables mais qui n’ont pas forcément la compréhension ni le goût de la recherche d’adéquation entre le graphisme et le sens qu’il doit exprimer.
Résultat des courses: un Logo facturé pas trop cher mais sans adéquation entre signe et sens. A preuve le tsunami de dérision, le déluge de réactions rigolotes sur les réseaux sociaux, montrant d’évidence que le nouveau logo n’est guère lisible pour l’opinion, qui n’y adhère pas..
C’est, comme le dit un de mes amis publicitaires, le drame des réunions institutionnelles qui débouchent par nature sur des opérations sans grande réflexion sur la cohérence, des créations sans conviction et des consensus mous.
Pour explorer le champ des possibles politiques, le bricolage n’est pas la méthode la plus efficace.

Michel Henrion, chroniqueur invité. (blog perso www.demainonrasegratis.be)

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DSK: une communication sans âme, sans émotion, sans vérité à force d’avoir été calculée au millimètre…

Par Michel Henrion dans Divers , le 19 septembre 2011 07h42 | Ajouter un commentaire

On ne se rend pas assez compte, en Belgique francophone, des énormes moyens de marketing politique mis en oeuvre par les grands fauves de la politique française: sondages qualitatifs par flopées pour tout doute, médiatrainings obsessionnel des gestes, tests du choix du moindre mot.
Donc, il ne faut avoir aucune illusion: ressources financières quasi illimitées aidant, la “sincérité” de Dominique Strauss-Kahn dans son opération de “reconstruction médiatique” aura été calculée, gérée au millimètre près par son armada de communicants.
Ce ne fut donc pas une réelle interview. Juste une opération de communication au but très évident: améliorer son image, voire la restaurer en essayant de faire oublier ce qu’il a soigneusement veillé à qualifier de “faute morale”.
Le hic, c’est qu’à force de tout contrôler, de tout avoir répété des heures durant, on a eu droit à un numéro d’acteur mélodramatique surfait, souvent surjoué, sans âme, sans émotion et-surtout- sans plus de vérité. Sans connaître finalement sa version sur les événements la chambre 2806 du Sofitel.(pas d’“acte délictueux”) On n’a rien appris, on n’a nada compris de plus sur les faits eux-mêmes. Les zones d’ombre n’ont pas vu la moindre phrase ampoule, juste de l’ampoulé.
Cela sonnait par trop l’offensive médiapolitique de haut niveau. Cela sentait le fabriqué, cela respirait la pièce tant répétée et tant récitée, avec les blancs de respiration, les expressions de visage par trop allongées, les mots (la “légèreté” remplaçant l’agression sexuelle) censés faire authentique. De la confesse-photoshop.
Pas besoin de prompteur: cela sonnait le scénario, non pas du coeur, mais de l’appris par coeur.
Avec un lancement volontairement inexpressif, aux allures de chien battu: le temps d’exprimer des regrets, d’avouer une “relation inapropriée”, de se réfugier derrière le paravent biaisé du rapport du Procureur US, de s’estimer, à l’écouter, quasi blanchi. Omettant, dans sa démarche clairement offensive, que le procureur de New York ne met pas en doute ce qui s’est passé entre 12h06 et 12h26. Gommant le risque réel, potentiel, d’un procès au civil qu’il refuse d’ailleurs –élément neuf- de négocier…Ce qui l’obligera, alors, à venir s’expliquer enfin réellement dans un procès.
Agitant à nouveau, étonnamment, la théorie “du piège possible”, hypothèse grave qui sera assurément épluchée par les avocats de Nafissatou.
Cela sentait fort le copié-collé de la fameuse confession de Bill Clinton après l’affaire Monica Lewinsky. Mais en service minimum de mea-culpa, avec des émotions préfabriquées collées sur des mots.
On sent que l’homme qui se voyait président et qui n’est plus rien rêve de purger l’affaire. Subitement bien plus à l’aise pour causer surréalistement euro ou crise économique, la compétence que lui laissent encore 64% des français.
Lucide pour l’heure, veillant d’évidence à ne pas embarrasser le PS français tout en donnant un « baiser de la mort » à Martine Aubry, DSK ne renonce d’évidence à rien à terme (“être utile au bien public”). Et le feuilleton médiatique ne fait assurément que commencer: le “plan médias”, après la télé, basculera logiquement vers la presse papier la plus “amicale ». ( L’Express, attaqué, avait déjà révélé en 2008 l’addiction sexuelle de DSK). Avant que l’homme n’entame ce grand classique du genre qu’est l’obligatoire traversée du désert.
Trop de communication, surtout avec les vieilles ficelles éculées d’avant la démocratie instantanée des médias sociaux, peut tuer le politique.
On l’avait déjà constaté au retour gonflé de DSK en France: comme si rien ne s’était passé, genre otage libéré, sourire quasi vacancier aux lèvres.
DSK, sur TF1, a tenté de classer sa propre affaire, en oubliant que la sincérité, ça ne se met pas à ce point en scène. Et que le bidonné, ça se remarque désormais instantanément et négativement sur le fleuve Twitter, démocratie instantanée.
Car, de toute façon, il n’y a que les “amis” pour vous comprendre alors que les ennemis, les déçus, les hostiles, les écoeurés ne vous croient pas.
Et parmi les incrédules, bien des femmes qui, sur ces ressentis là, n’ont pas la mémoire courte. Surtout lorsqu’on ne leur présente pas d’excuses, mot jamais prononcé, comme si DSK ne voulait pas voir la mesure du rejet.
En fait DSK a un problo: il n’a finalement jamais les mots qu’il faut.
Même dans une tribune de connivence.

Michel Henrion, chroniqueur invité (site perso www.demainonrasegratis.be)

Towergate espagnol: pour sa com’ de crise, Ilse Uyttersprot assume ”à la Daerden” et remet même une couche d’humour…

Par Michel Henrion dans Belgique, Divers , le 25 août 2011 20h38 | Un commentaire>

Il n’est pas inintéressant de jeter un petit coup d’oeil rapide sur la communication de crise adoptée par la bourgmestre d’Alost, Ilse Uyttersprot.
Laquelle a d’évidence adopté la meilleure voie possible : assumer. Non seulement par son déjà fameux ”Et alors ?!” (emprunté à François Mitterrand qui, lui aussi, argumenta au culot de sa “vie privée”) mais aussi en y allant sans faux fuyants: c’est clair, c’est net, comme il convient. Si elle ne s’excuse pas, elle n’en reconnaît pas moins totalement la situation, ciblant en outre habilement sur le temps écoulé. (“c’était il y a quatre ans…”). Mieux: Ilse monte même au filet via sa page Facebook, y plaçant elle-même des extraits de presse consacrés au #Towergate ( appellation qu’elle a elle-même créée pour la circonstance sur Twitter) et en modifiant sa photo, troquant l’ “officielle” – un brin austère- par un très ludique portrait d’elle, saisi lors du dernier Carnaval d’Alost. Une manière de jouer sur une forme d’humour, puisque la vidéo a fait rire toute la Flandre…
Il est vrai qu’Ilse Uyttersprot ne pouvait que se douter que la vidéo maudite (elle savait que le buzzz avait déjà eu lieu en Pologne et en Espagne, sans y être identifiée) lui poserait un jour problo. Et avait donc eu largement le temps de réfléchir comment affronter, le jour venu, l’orage qui menaçait la disciple de Pieter De Crem.
Il y a quelque part un parfum de “phénomène Daerden” dans ce qui arrive à Ilse Uyttersprot, propulsée soudain comme l’une des plus célèbres flamandes au monde (“Sans jamais avoir pris une seule vraie décision dans sa commune” râle un de ses rivaux politiques locaux) et dans sa manière de réagir.
Bon, tout ne sera pas facile pour Ilse qui ne manque d’évidence pas d’aplomb: il lui faudra affronter, mardi, un conseil communal où d’aucuns ne lui veulent pas que du bien à un an du scrutin 2012. ((le Belang, qui réclame sa démission, est le premier parti d’Alost devant feu le cartel CD&V-N-VA…) Il lui faudra assumer –longtemps- un certain trouble. (“Comment un policier alostois pourra-t-il encore interdire quelque ébat amoureux ?”s’écrie une personnalité locale). Et il lui faudra peser le réel soutien de son parti, le CD&V. Si celui-ci a pondu un communiqué qui affirmait être “derrière elle” (ce qui a forcément déclenché une autre vague rieuse…), il semble évident que nombre de sociaux-chrétiens attachés “aux valeurs familiales” n’apprécient pas vraiment…
Ah, ultime info: la vidéo n’a pas plus été tournée en Turquie qu’en Crète.
C’est bel et bien en Espagne que Ilse et son compagnon-cardiologue de l’époque ont découvert les créneaux (assez fréquentés) du “Palacio Real de Olite”.(la vidéo est ici) Ce qui n’avait d’ailleurs guère plu au Gouverneur de Navarre lequel, n’appréciant guère de voir ce monument ainsi “profané”, aurait même sommé- selon le “Laatste Nieuws”- les vidéastes polonais de gommer la séquence du Net au nom du copyright protégeant l’édifice…

Michel Henrion, chroniqueur invité. (site perso avec photos sur www.demainonrasegratis.be)

Un marketing politique en langue de fer ( le bourgmestre de Vilnius contre le parking sauvage)

Par Michel Henrion dans Divers , le 3 août 2011 11h09 | Ajouter un commentaire

Les saisissantes métamorphoses de Bart De Wever ( en jeune grâce ou même en Albert 2)

Par Michel Henrion dans Belgique, Campagne 2010, Divers , le 5 mai 2011 23h53 | Ajouter un commentaire

A force de fréquenter tout de même de temps à autre le Palais Royal, (ou le titre d’ « explorateur » lui fut carrément refusé, celui-ci n’étant pas jugé digne du leader républicain ), Bart De Wever aurait-il tout de même adopté quelques tics d’Albert 2, jusqu’à en transformer totalement l’homme ?
C’est du moins ce que suggère cet amateur de morphing, une technique très à la mode en pub dans les années nonante, et qui revient un peu au goût du jour, ici d’une manière saisissante…
Autre morphing brillant, celui que ce génie du dessin de presse qu’est le dessinateur Gal à publié dans Knack, transformant progressivement le président de la N-VA en jeune koré antique, en féminine et harmonieuse Belgique. Un talent qui nous laisse pantois, on l’avoue…
Michel Henrion, chroniqueur invité (www.demainonrasegratis.be)

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Bart De Wever utilise un argument de poids: Paul Masson, l’homme le plus gros au monde…

Par Michel Henrion dans Divers , le 26 avril 2011 12h06 | Un commentaire>

Le jour de l’anniversaire de la crise politique, Bart De Wever publie une nouvelle « Tribune Libre » de son cru. Citant Alexis de Tocqueville pour souligner notamment, une fois de plus, le blocage du pays. Le thème récurrent à la N-VA du « constat amer » d’un pays riche mais aux « institutions inefficaces », d’où de graves difficultés financières…Entre les lignes, on lit que certains (comme Bart) sont décidés à faire bouger les choses, à prendre des initiatives, tandis que d’autres (visez l’électorat PS et SPa) sont de ceux qui, comme des moutons, attendent tout d’un gouvernement… Bref, en arrière-fond, cette vision deweverienne d’être responsable de soi et de ne pas dépendre du gouvernement.Plus surprenant, c’est que pour illustrer ce thème de « l’illusion de la liberté sans la responsabilité », mieux, de « l’apathie croissante à la responsabilité », Bart a choisi comme métaphore (le grand support médiatique de toute cette crise) le cas de l’homme le plus gros du monde, l’anglais Paul Masson. Pour comprendre la comparaison de Bart, le Ministère de la Santé britannique a financé une rénovation de la maison de Paul Masson, un fauteuil spécial pour se déplacer et, enfin, une opération pour le faire maigrir de 440 kg à 234 kg. Masson avait pris l’habitude d’ingurgiter 20.000 calories par jour, estimant que l’Etat était responsable de tous ses problèmes physiques et émotionnels. Comme quoi, en communication, Bart De Wever n’a décidément vraiment peur de rien- même de l’incongru- vu son propre régime alimentaire, souvent qualifié par d’aucuns (de ses proches) de… « très, très peu responsable »…

Michel Henrion, chroniqueur invité. (www.demainonrasegratis.be)

Un portrait inattendu de Bart: sa peur du contact physique, sa difficulté à la confrontation et ses cadeaux de récupération pêchés dans le coffre de sa voiture…

Par Michel Henrion dans Belgique, Campagne 2010, Divers , le 7 avril 2011 21h30 | 2 commentaires

Il se dit que les caucus De Wever-Di Rupo, même s’ils n’avancent guère d’un pouce sous la houlette de Wouter Beke, se font toujours sur un ton on ne peut plus policé, sans colères homériques à l’ancienne. Rien d’étonnant puisque, aussi curieux que cela puisse paraître, Bart De Wever a, mais oui, la confrontation en horreur. C’est ce que confirme cette semaine, dans une longue interview à “Dag Allemaal”, le véritable bras droit et meilleure amie du président de la N-VA, Liesbeth Homans. Celle-ci, députée au Parlement flamand et sénatrice de Communauté après avoir été longtemps sa collaboratrice, (et qui est un personnage qui ne manque pas d’intérêt, bossant déjà à la Volksunie lorsque Bart était encore à l’Université ) confesse en substance: “ Bart va toujours éviter la confrontation (personnelle). Il a beaucoup de difficultés, en tant qu’homme, à dire ou il en est. Pas comme politique hé, mais purement au niveau humain. (…) Oh, prenez par exemple quelqu’un, un candidat, qui vient le solliciter. Lorsque l’entretien est terminé, la personne est persuadée qu’elle a  bien décroché le job , même s’il s’est révélé inapte ! Cela , c’est du Bart tout craché. Il pense qu’il a été clair, et le postulant, lui, pense qu’il a été retenu ! Apporter des mauvaises nouvelles au plan personnel, ça n’est pas son fort. Il a un petit coeur. En tant que personne, il n’est vraiment pas bon pour les confrontations…” Et Liesbeth Homans de confesser: “ Moi, je suis quelqu’un qui ne peut pas laisser une discussion (un désaccord) inachevée…Donc, si je sens qu’il y a encore du ressentiment, je veux le mettre en orbite ! Bart pas, hé ! Il préfère disparaître aux toilettes et ne plus réapparaître tant qu’il sent des tensions…”

Lorsque le journaliste lui demande si, la première fois qu’elle l’a rencontré, elle a jugé Bart comme un “homme attrayant”, elle reprend son souffle et la réponse fuse, comique et pas trop flatteuse:“ Est-ce que vous l’avez seulement déjà une fois bien regardé ?” “En fait, dit-elle,  j’avais un “boontje” (attirance) pour son meilleur ami. La première fois que j’ai croisé Bart, c’était d’ailleurs lors d’une fête ou Bart était présent avec un ami francophone. Je l’ai interpellé : “ Je dois te demander quelque chose. J’ai une attirance pour ton ami: est-ce que tu ne peux pas m’arranger le coup ? «  Bart a réglé ça. Mais cet amour n’a pas tenu. Par contre, Bart est toujours demeuré un ami “. Qui a apparemment, cela dit, bien du mal à gérer les anniversaires. “ Là, il est très mauvais ! La moitié du temps, il oublie de me le souhaiter. Et un cadeau, tu peux rêver ! Cela vaut pour tout le monde autour de lui: celle qui est mariée avec lui, s’il est parrain ou simplement s’il est votre patron: c’est un désastre de toute façon…”

UN BAC DE BIERE DE RECUP’ POUR SON ANNIVERSAIRE

Plus fort encore: comme on demande à celle qui fut une basketteuse de très bon niveau, si Bart, en vingt ans, lui a déjà fait un cadeau le 17 février (jour de son anniv’), elle raconte cette anecdote pas piquée du houblon :“ Oh, lorsque j’étais sa collaboratrice, j’ai reçu une fois un bac de bière . “Spécialement pour ton anniversaire” m’affirma-t-il. Las, sur un côté du “cadeau”, traînait encore une petite carte. J’ai cru qu’il y avait écrit une formule du genre: “ Meilleurs voeux”. Ben non, il était écrit: “ Merci d’être venu donner cet exposé”. Bref, il était allé causer quelque part, avait reçu ce cadeau des organisateurs qu’il était aller pêcher pour moi dans le coffre de sa voiture…”. Et Homans de se rattraper : “ La vérité m’oblige à dire que, un an plus tard, lorsque j’étais enceinte, il m’a offert un gros bouquet de fleurs…”

D’ailleurs, l’anniversaire, c’est aussi la terreur perso de Bart De Wever. “ Il n’attend absolument rien de votre part ce jour là. (le 21 décembre) Si vous voulez lui faire plaisir, tout au plus invitez-le à casser la croute. Mais ne lui donnez surtout pas de bise, hé ! il a horreur de cela. Il l’évite en blaguant mais il a l’obsession d’être contaminé ! “ .Tous ceux qui travaillent avec Bart savent d’ailleurs depuis longtemps qu’il a la proximité et le contact physique en horreur. “ Mais dans le nouveau personnel, une collaboratrice avait eu la lumineuse idée d’organiser une séance d’embrassades à son arrivée le jour de son anniversaire.Elle a ouvert les bras pour lui donner trois gros baisers ! Bart recula devant cette tempête et fit un bond en arrière avec la peur sur son visage… C’était hilarant ! Car qui connaît un tout petit peu Bart, sait que ce n’est pas le genre de choses à lui faire…”

Michel HENRION, chroniqueur invité.

(suite sur mon blog perso: www.demainonrasegratis.be)

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