Bart De Wever: l’interview-confession du canard qui reçoit un demi-tsunami sur la tête…
Quelle est la part de vérité de l’homme ? Quelle est celle du jeu politique ? Toujours est-il que Bart De Wever a donné (11/12) à Wouter Van Driessche du Tijd-L’Echo une interview personnelle assez rare. Parce que marquée par une certaine, même une réelle authenticité.
Avec, en marge, un fait à épingler: c’est qu’il se confirme que si leurs programmes politiques sont aux antipodes, Bart De Wever et Elio Di Rupo –qui évitent les caméras parce que chacun sait que ce n’est pas forcément apprécié de son électorat- n’ont pas les détestables rapports personnels qu’on leur prête parfois…
Cette semaine, dans CinéTélé Revue, Di Rupo déclarait :
“ Je n’ai jamais eu de mauvaises relations avec M. De Wever. Elles sont même d’une certaine franchises, cordiales. Mais nous avons deux systêmes de pensée très différents.(…) J’apprécie beaucoup quand il parle de l’Histoire. Il y a des moments de grande sincérité chez lui. Quand il est plus en confiance, il exprime des choses qui me permettent de comprendre à quel point il est difficile pour lui d’arriver à un accord”.
De son côté, dans L’Echo-De Tijd, Bart de Wever y va itou à la brosse à compliments.
Morceaux choisis:
- “Elio Di Rupo, pendant des années, à la N-VA, nous l’avons considéré comme un petit comique, une caricature. Le symbole d’une certaine Wallonie.(…) Cela dit, quand on apprend à le connaître personnellement, on ne peut que changer d’avis. J’ai dit un jour de lui qu’il était fascinant, l’Elio. Je ne vais pas le répéter ici. Mais c’est un homme de style, réellement charmant. Et puis, une leçon de vie. Son père est mort alors qu’il n’avait qu’un an. À l’égard de ce genre de personnes, on ne peut qu’éprouver du respect. Même si, à de nombreux points de vue, il est mon opposé. “
-“Elio Di Rupo peut se fâcher violemment, mais même dans ce cas, c’est avec grâce et style. Moi-même, je ne supporte pas les gens qui font de l’esclandre. En 2007, un leader libéral m’a traité de tous les noms sur un ton très agressif. ‘Est-ce que le but de tout ceci est de m’impressionner ?’ ai-je demandé, glacial. Dans ces moments-là, à l’intérieur, je ne bouge plus d’un millimètre.’
- ” Lors d’une de nos premières rencontres, poursuit De Wever, Elio m’a dit : ‘Bart, explique-moi un peu ce que c’est, le nationalisme. Sur le plan psychologique et politique, comment vous situez-vous ?’ Je lui ai exposé mon point de vue et lui ai conseillé le film ‘Michael Collins’, ayant pour protagoniste un indépendantiste irlandais. Le lendemain, Elio s’était procuré le film et l’avait visionné. ‘Dis Bart’, me dit-il alors en arrivant. ‘Ces nationalistes… Ils tuent quand même pas mal de gens, hein.’
C’était hilarant. Un très beau moment.’ “
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Sur la brutalité de l’homme de la rue:
“La population est devenue très dure par rapport au monde politique. Il faut que nous soyons blancs comme neige, et presque parfaits sur le plan humain. Nous sommes par ailleurs censés travailler jour et nuit, à plus forte raison aujourd’hui. Dès qu’on sort le nez dehors plus d’une minute, nous sommes assaillis d’e-mails : ‘Tu n’as rien de mieux à faire de tes journées, sale voleur ?’ (…)‘Hugo Schiltz m’a toujours dit : ‘Bart, l’homme politique est un canard. Si tu lui balances un seau d’eau sur la tête, il lui suffira de se secouer énergiquement les plumes et il sera à nouveau sec.’ Sauf que certains jours, ce n’est pas un seau d’eau qu’on me jette au visage, mais un demi-tsunami.”
(suite sur mon blog perso www.demainonrasegratis.be)
Michel Henrion, chroniqueur-invité.

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