LETTRE OUVERTE A NAPOLEON BONABART DE WEVER QUI PREND LES FRANCOPHONES POUR DES CARBONADES.

Par Frédéric Cauderlier dans Divers , le 2 septembre 2010 11h36 |

Napoléon BonaBart
Salut Bart,

On se connaît un peu. En 2007, nous avons échangé quelques idées dans les salons de Val Duchesse. Les autres négociaient à côté l’étrange Orange Bleue.

Nous avions trouvé une sorte de complicité sur l’analyse de la situation : « j’ai raison et Milquet aussi», disais-tu; « Delpérée donne des leçons et on n’est pas là pour ça», rêvais-tu à juste titre; « la fin de la Belgique, je ne la vivrai peut-être pas, je respecte le système démocratique », assurais-tu. Charmant. Presque.

1 000 jours et deux élections plus tard.

Tu as compris et restes fidèle à ce que beaucoup d’autres n’arrivent pas à appliquer : la communication politique doit être simple. Et c’est sa principale difficulté parce qu’en Belgique tout est compliqué. Mais elle doit se baser aussi sur des principes de réalité, de cohérence, d’honnêteté intellectuelle et de crédibilité au risque un jour de passer de l’efficacité à la débilité.

La communication politique doit donc être simple mais pas simpliste.

Et Bart, tu es aujourd’hui un communicant simple et simpliste. Car quoi ?

« Di Rupo doit lâcher sa communauté »… Simple en effet comme argument, c’est le prix pour devenir 1er ministre. Quelle logique implacable ! Mais cela signifie que Wallons !, Bruxellois !, vous ne méritez même pas d’être défendus, au contraire du pire des criminels. Vous êtes une sous marque pour ne pas dire une sous race. Ça, c’est pire que du simplisme.

Autre revendication simple de Bart, négocions rien qu’entre PS et NVA… te faire voir celui qui ne suit pas. Electeurs de Ecolo, du cdH voire du MR vous avez élu des presse-boutons mono-neuronaux, qui n’ont rien à dire, privés qu’ils sont de tout libre examen et de toute pensée libre. Toi, Napoléon Bonabart, Empereur de droit divin. A 12h15, Di Rupo dit non à ta formule à deux ; 18 heures, peu importe, tu lances ton exigence. En Belgique comme au tennis, il faut être au moins deux pour monter sur le terrain. Et voilà que tu joues au jokari politique. En réalité, tu veux être tout seul. Définitivement, tu es un petit polisson.

Par ailleurs, Jules Verne prédisait lui le tour du monde en 80 jours et il t’a fallu 80 jours pour te rendre compte que ce serait bien d’écrire les accords. Avec toi, Phileas Fogg n’aurait jamais vu le jour. Voyage en Bartsurdie où un gouvernement n’est éternellement pas pour demain.

Autrement plus cocasse. Même les journalistes francophones de RTL et de la RTBF ne pouvaient pas lundi te poser de questions. Leurs confrères flamands ont dû les poser à leur place. Les scribouillards de la langue de Voltaire n’ont plus accès à toi, ô toi, nouveau maître de la langue de Vondel.

Enfin, pour terminer l’apologie de ton discours : « pas de chèque en blanc pour Bruxelles ! » Bien sûr, encore une évidence communicationnelle. Mais, attention, Bart, les chèques en bois et en noir sont beaucoup plus dangereux.

Bref, Bart, tu te Kadhafises. A l’instar du dictateur lybien qui proclamait cette semaine que la majorité des italiens devraient se convertir à l’Islam, tu prends juste les francophones pour des carbonades… qu’il suffirait de fondre ou de flamandiser.

Au plaisir de te lire,
Alain Raviart, chroniqueur et très ancien porte-parole de Joëlle
2 septembre 2010.

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