Il est 8h21 c’est l’heure d’RTL ECO, bonjour Bruno Wattenbergh.
Bonjour Thomas, bonjour Barbara,
Un scandale de plus dans une grande banque d’affaire, l’américaine JP Morgan qui aurait perdu 2 milliards de dollars en 6 semaines … comment est-ce possible ?
JP Morgan, qui se voulait pourtant exemplaire en matière de gestion des risques, parle de pertes liées à des contentieux pour environ 200 millions de dollars et des pertes de courtage avant impôt de plus de 2 milliards de dollars. Et le portefeuille incrimé reste si volatile qu’au moins un milliard de dollars de pertes complémentaires pourrait s’ajouter aux 2 milliards de perte actuelle.
Alors, comment est-ce possible, et bien c’est incroyable, mais il s’agit une fois encore d’une erreur humaine, un manque de contrôle de JP Morgan sur un homme, un français, qui a investi des milliards de dollars, en toute légalité, dans 121 entreprises américaines risquées. A priori rien de grave, puisque JP Morgan s’était assurée par les fameux CDS, ces produits d’assurances sur les crédits. Mais Bruno Iksil, le trader français, a vendu massivement ces CDS, pariant sur une embellie économique … qui se fait attendre. Résulta, la banque a été prise à revers par les marchés. “La stratégie était mauvaise, complexe, mal supervisée, mal exécutée et mal gérée”, a résumé Jamie Dimon le grand patron de JP Morgan …
Et c’est d’autant plus incroyable que la presse économique avait rédigé un article le mois passé sur ce trader pesait si lourd qu’on l’appelait la baleine de Londres ?
Le Wall Street Journal avait fait le portrait de ce jeune Français surnommé ainsi tellement la taille de ses opérations sur les CDS était importante, tellement importante qu’il pourrait à lui seul faire bouger le marché des CDS dans un sens ou un autre.
Mais les conséquences de cette crise sont paradoxalement plus politiques qu’économiques ?
JP Morgan était considérée comme l’un des établissements américains les plus solides, grâce à une parfaite maitrise de risques et son PDG était devenu le porte-parole officieux d’une profession qui lutte contre l’arrivée aux Etats-Unis et en Europe de nouvelles règlementations bancaires. Il avait notamment le mois passé dénoncé le principe de ce qu’on appelle la Volcker Rule, qui interdit à tout établissement de spéculer pour son compte propre en limitant l’usage de ces couvertures qui poussent les banques à prendre des risques démesurés.
Cet énième scandale va donc apporter de l’eau au moulin de tous les défenseurs de la régulation, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe qui réfléchit actuellement à adopter sa propre règle Volcker ou a tout le moins à séparer clairement le métier de banque d’affaire à risque de celui de métier de banque classique.
Bruno, pour conclure, le chiffre éco du jour ?
Avec Volvo :
- 100 millions d’euros d’investissement prévus dans l’usine de Gand qui va commencer à produire dès ce matin en exclusivité la nouvelle Volvo V40.
1.300 c’est le nombre d’emplois créés depuis la crise de 2008-2009 dans cette usine.
JPMorgan perd 2 milliards, les banques n’auraient donc rien appris ?
L’action de JPMorgan Chase, première banque américaine en termes d’actifs, chutait de près de 9% ce vendredi peu après l’ouverture de Wall Street, sanctionnée pour des pertes de courtage record annoncées la veille, les plus lourdes depuis la crise des subprimes de 2008.
De quoi relancer bien sûr la polémique sur l’importance d’une meilleure régulation financière.
Globalement, cette perte découle d’un pari risqué lié à des produits financiers de couverture. Pour faire simple, la banque a vendu massivement des CDS (les fameux credit default swap), ces produits dérivés destinés à se protéger contre un évènement de crédit, sur un indice de 125 sociétés. Au final, cela revenait donc à parier sur l’amélioration du crédit de ces entreprises.
Mais, manque de bol, avec la dégradation de l’activité économique mondiale, la qualité de ces crédits ne s’est pas améliorée comme prévu, et la banque a été prise à revers par les marchés. “La stratégie était mauvaise, complexe, mal supervisée, mal exécutée et mal gérée”, a résumé Jamie Dimon le grand patron de JPMorgan. Selon lui, les pertes pourraient in fine atteindre jusqu’à 3 milliards de dollars en fonction de la façon dont les positions prises seront dénouées dans les mois à venir.
Si les analystes ne doutent aucunement de la capacité de JPMorgan à traverser cette crise - les prévisions font état de bénéfices de 4 milliards de dollars pour le trimestre en cours-, ils pointent son incidence “morale” non-négligeable sur la place new-yorkaise.
Alors que l’administration de Barack Obama tente de limiter les activités de produits dérivés par les banques - un marché opaque de gré à gré -, le moment n’aurait pas pu être pire, ont déploré plusieurs banques dont la Citigroup. Cette affaire “va probablement avoir un impact sur tout le marché”, écrivent ses économistes dans une note, redoutant des règles “plus strictes” qui auraient “un impact grave sur les liquidités disponibles”.
Or, ont fait valoir les experts de Morgan Stanley, une telle conséquence serait négative pour la reprise mondiale “alors que la croissance des créations d’emplois ralentit aux Etats-Unis et que l’Europe vacille”.
(Avec Belga)
Il est 8h21 c’est l’heure d’RTL ECO, bonjour Bruno Wattenbergh.
Bonjour Thomas, bonjour Barbara,
Le prix Nobel d’économie 2008, Paul Krugman était à Bruxelles hier soir avec un avis très tranché sur la cure européenne d’austérité …
Prix Nobel, mais aussi faiseur d’opinions économiques, notamment via ses chroniques résolument provocatrices dans le NY Times … Docteur en économie au Massachusetts Institute of Technology (MIT) il enseigne à présent à Princeton, mais il est aussi consultant pour le FMI, la Banque mondiale et l’ONU.
Et c’était magique de rencontrer à Bruxelles, LE pourfendeur le plus compétent de l’austérité. Surtout quelques jours à peine après les votes français et grecs, quelques semaines après la chute du gouvernement hollandais sur l’austérité, où au moment où les autorités européennes et même le gouvernement allemand abordent la relance. Des voix s’élèvent enfin en Europe pour expliquer que l’austérité n’est ni un moyen ni une finalité. Krugman, parlant de cette austérité aveugle, donnait hier l’exemple de ces médecins médiévaux qui recommandaient aux patients des saignées, et quand ils allaient moins bien, augmentaient encore les saignées.
A ceux qui recommandent de baisser les salaires, il a rappelé hier que le taux record du chômage chez les jeunes dans les régions en difficulté est difficilement compatible avec une pression à la baisse sur les salaires.
Mais que recommande-t-il alors ?
Il voit deux solutions à la crise actuelle. La première est théorique, c’est la sortie d’un pays en difficulté de la zone euro. D’après Krugman, c’est selon lui possible, mais improbable, parce que le premier ministre qui prendrait une telle décision se verrait jeter dehors une fois la sortie de l’euro effectuée, notamment à cause du chaos engendré. L’Argentine, souvent citée en exemple, n’est pas comparable à celui de la Grèce, l’Argentine disposant de sa propre monnaie et de ressources naturelles à exporter, ce qui n’est pas le cas des Grecs qui ne disposent que du tourisme pour générer des devises et se relancer. Et peu de touristes se rendront dans un pays à feu et à sang.
L’autre solution serait d’adopter une discipline budgétaire raisonnable et d’accepter une inflation modérée pour la zone euro, modérée pour Krugman, cela veut dire 4% pour la zone euro et 4,5% pour l’Allemagne. Quelque chose qui n’est pas si illusoire après les déclarations allemandes hier. C’est la seule manière selon lui de restaurer la compétitivité des pays de la périphérie, perdue depuis la création de l’euro il y a dix ans.
Questionné par un participant sur l’opportunité de remplacer ou de compléter les indicateurs du type produit intérieur brut par un indicateur sur le bonheur, Paul Krugman, a expliqué que l’argent ne faisait pas le bonheur. Avoir un million d’euro ou deux, ne fait pas une grande différence, ce qui fait vraiment la différence au niveau du bonheur, c’est d’avoir un job, pour ceux qui n’en ont pas et il fait là référence à ce chômage inacceptable des jeunes, chez nous et dans les pays en difficulté …
Enfin, j’ai appris que si nous utilisons l’acronyme PIGS (cochon en anglais) pour désigner les pays en difficulté de la zone euro, les anglophones ont un terme également un peu péjoratif, GIPSI, ou gitan.
Bruno, pour conclure, le chiffre éco du jour ?
200 ans c’est l’âge des premières caisses de retraite pour les mineurs une des premières pierres de notre sécurité sociale !
Il est 8h21 c’est l’heure d’RTL ECO, bonjour Bruno Wattenbergh.
Bonjour Thomas, Bonjour Barbara,
Les analystes financiers se sont trompés sur les prévisions de croissance d’Apple, elles sont plus élevées que prévu et elles seraient même exceptionnelles … alors qu’on pouvait croire qu’elles ralentiraient avec la disparition de son leader Steve Job ?
Oui, Apple continue à croître malgré l’absence de Steve Job, … la marque à la pomme surfe sur la vague lancée par son leader !
Oui, les performances commerciales et financières d’Apple sont faramineuses. Et troisième fois oui, aucun des grands analystes financiers n’avait prévu une telle croissance, tout le monde est pris de court et la bourse adore ça !
Quelques chiffres pour nous faire rêver ?
Alors pour le dernier trimestre 2011, dont les chiffres viennent d’être publiés cette semaine, Apple a vendu 37 millions d’iPhones. Cela ferait plus d’un iPhone à la seconde seconde.
Le chiffre d’affaire record de ce trimestre est de 46 milliards de dollars, ce qui veut dire qu’Apple a produit autant de revenu que l’Irlande, ou en 3 mois le PIB du le Costa Rica en une année.
Bénéfice trimestriel net ? 13 milliards de dollars !
Des sommes astronomiques qui viennent s’ajouter au trésor de guerre d’Apple, un matelas de cash sans équivalent ou presque ?
Oui, Apple possède en caisse aujourd’hui pour près de 100 milliards de dollars en cash, en disponible. Cela représente quoi une somme pareille … et bien la possibilité de se payer une série d’entreprises concurrentes, d’innovations technologiques révolutionnaires, ou bien de se diversifier comme un conglomérat japonais … D’après Stéphane Wuille de l’Echo, Apple pourrait ainsi se payer facilement notre AB Inbev nationale, ou se payer 4 ou 5 opérateurs téléphoniques européens.
Est-ce que cette croissance peut continuer ?
Les analystes financiers jouent en tous cas Apple à la hausse. La version 3 de l’iPad devrait arriver fin de ce trimestre, l’iPad 2 devrait baisser de prix, l’iPhone va être mis à jour, l’iTélévision se profile à l’horizon. Bref, Apple va continuer à vendre beaucoup de déclinaisons de ses produits phares mais surtout avec les plus grosses marges du marché. Que ce soit avec ses tablettes ou ses PC ultralights, Apple reste parfaitement inscrit dans la tendance du marché, mieux il continue à façonner nos habitudes de consommation.
Et donc oui, Apple va au moins continuer à grandir quelques années sur les vagues lancées par Steve Jobs … Et non, personne ne sait ce qu’Apple va bien pouvoir faire de son matelas de cash.
Bruno, pour conclure, le chiffre éco du jour ?
1,2 milliard d’euro … C’est la perte nette en 2011 de Nokia. Crise et innovations technologiques malmènent les leaders sur les marchés et on se demande quand est-ce que Microsoft va racheter complètement Nokia ?
Il est 8h21 c’est l’heure d’RTL ECO, bonjour Bruno Wattenbergh.
Bonjour Thomas, bonjour Barbara,
On fait le point avec vous ce matin sur Facebook : et d’abord, quels sont les chiffrés clés du réseau social de référence dans le monde ?
Facebook, c’est un peu moins de 800.000.000 utilisateurs dans plus de 200 pays. Le milliard d’abonnés serait atteint cet été. La Belgique se situe à la 32ème place des utilisateurs de Facebook avec près de 4 millions et demi d’utilisateurs. En comparaison, 12% des belges auraient un compte LinkedIn, le Facebook professionnel.
Et les internautes belges compteraient d’avantage de contacts virtuels en réseau que la moyenne européenne ?
Oui, selon une étude récente, le belge possède en moyenne 162 amis sur Facebook et 85 contacts professionnels sur LinkedIn, alors que la moyenne européenne se situe respectivement à 133 amis et 57 contacts professionnels. On est par contre un peu à la traîne sur Twitter. Facebook est et reste LE leader en matière de réseaux sociaux.
Tout cela produit bien sûr beaucoup de revenus : Facebook a généré, l’année passée et uniquement en Europe, pour plus de 32 milliards d’€ de recettes.
Un succès qui devrait conduire Facebook en bourse cet été ?
On ne sait pas encore quand cela va se passer précisément, mais on spécule sur une entrée en bourse, on dit une IPO dans le langage boursier anglo-saxon, fin de ce premier semestre 2012. On parle d’une IPO à 10 milliards de dollar.
Est-ce que ce succès financier dans ce qu’on appelle déjà la nouvelle économie se traduit par des créations d’emplois importantes ?
Facebook, l’entreprise, emploie directement plus de 3.000 personnes, dont 600 en Europe. Mais le réseau social a généré son propre petit écosystème de professions qui alimentent la machine Facebook. Deloitte parle de “l’économie des applications”. Soit des centaines d’entreprises, souvent petites, qui rivalisent d’inventivité pour créer des applications dans les domaines du jeu, du divertissement ou des services. Plus de 20 millions de ces applications sont installées par les utilisateurs de Facebook, chaque jour dans le monde, toujours selon le rapport Deloitte.
Cette économie des applications a généré l’année passée 232.000 emplois indirects dans les 27 pays de l’Union européenne et la Suisse. Des métiers comme éditeurs de logiciels, développeurs internet, agences média, professionnels du marketing et de la communication.
Facebook a ainsi créé 35.200 emplois au Royaume-Unis, 36.200 emplois en Allemagne et 33.800 emplois en Italie. Deloitte ne publie malheureusement pas de chiffre pour la Belgique.
Dernière info, Facebook a également annoncé cette semaine un programme d’aide aux PME européennes, visant 50.000 entreprises.
Bruno, pour conclure, le chiffre éco du jour ?
46,33 milliards de dollars … le chiffre d’affaires (record) d’Apple … pour le 1er trimestre 2012 (le PIB annuel du Costa-Rica ou le PIB trimestriel de l’Irlande).
Il est 8h21 c’est l’heure d’RTL ECO, bonjour Bruno Wattenbergh.
Bonjour Barbara, bonjour Thomas …
Est-ce que les propositions formulées hier par la nouvelle Ministre fédérale de l’emploi sont un premier pas vers un marché de l’emploi à deux vitesses ?
Sans doute … c’est d’ailleurs ce que les syndicats en ont pensé hier. Rappelons les faits brièvement, la ministre de l’Emploi, Monica De Coninck, (sp.a), a déclaré hier vouloir instaurer des contrats flexibles de six à huit mois pour les chômeurs de longue durée, des contrats facilement résiliables par l’employeur.
Pour les jeunes qui ne trouvent pas d’emploi elle propose des sortes de stages pour leur permettre de prendre pied sur le marché du travail. Enfin, elle propose des travaux d’intérêt général pour ce qu’elle appelle les “inadaptés sociaux”.
A priori, rien d’exceptionnel. C’est ce que fait l’Allemagne, depuis 10 ans. C’est ce que les allemands appellent les “mini-jobs”, des mini-jobs que l’on estime atteindre 7,3 millions d’unités en Allemagne aujourd’hui.
Le hic, c’est que ces propositions ont pour objectif principal de contourner des acquis sociaux qui freinent en fait l’activation du marché du travail, qui empêchent de mettre, à la fois facilement et avec peu de risques, pour l’employeur des travailleurs peu qualifiés au travail.
Ce qui risque de provoquer une sorte de sous-marché du travail ?
Exactement. Mais il faut savoir ce que l’on veut. Nous avons un modèle social exceptionnel, sans doute un des plus complets au monde. Un modèle malheureusement caduc à moyen terme, parce que le vieillissement bouleverse l’équilibre entre les recettes et les dépenses. Nous avons donc besoin d’augmenter le taux d’activité pour stimuler les recettes et limiter les dépenses.
Et il y a bon nombre d’entreprises qui ne demandent que cela : embaucher. Le problème, c’est que l’embauche est chère, c’est la rançon de notre modèle social, et qu’il existe un déséquilibre entre le risque qui pèse sur l’entrepreneur, qui navigue souvent à vue en ces temps de crise, et par exemple la durée des préavis.
L’intention de la nouvelle Ministre de l’Emploi est donc compréhensible, mais un peu hypocrite : ne touchons pas aux acquis sociaux des travailleurs existants, mais créons pour les jeunes et les chômeurs un sous-système dans lequel les acquis sociaux sont rabotés. Tout bénéfice pour le coût du travail et la flexibilité.
Raison pour laquelle les syndicats se sont unanimement ligués contre ces propositions ?
Ils ont parfaitement compris la manœuvre. Les acquis sociaux sont sous la pression à la fois de l’Etat fédéral qui doit trouver ses 2 milliards pour son contrôle budgétaire, de la Commission européenne qui vise l’indexation automatique des salaires et du patronat.
La tentation est donc grande de faire le choix allemand, d’un côté du bon emploi syndiqué avec tous les avantages dans un contexte de concertation sociale au bénéfice de tous, patrons y compris, et de l’autre un marché dérégulé ou presque, hyperflexible, fait de contrats précaires et d’intérim.
Un choix cornélien pour des syndicats en pleine période d’élection sociale !
Bruno, pour conclure, le chiffre éco du jour ?
Mille milliards de livre, c’est le montant de la dette britannique.
Il est 8h20 c’est l’heure d’RTL ECO, bonjour Bruno Wattenbergh.
Bonjour Barbara, bonjour Thomas
La Wallonie a fait l’actualité ce week-end avec deux événements, deux rapports externes, sur des éléments clés de son économie ?
Oui, le premier rapport, c’est celui du consultant français Laplace chargé d’analyser le potentiel de l’aciérie liégeoise. Un rapport préliminaire, qui a fuité, une fuite d’ailleurs bien suspecte.
La conclusion de ce rapport est finalement peu étonnante - la fermeture définitive de la phase à chaud est irréversible - mais elle a le mérite de fixer l’investissement nécessaire au maintien de cette phase à chaud : un milliard d’euros. Une somme disproportionnée par rapport au risque de surcapacité du secteur, injustifiable aussi vis-à-vis des électeurs ou de la Commission européenne.
Ce qui étonne plus ce sont les responsabilités collectives pointées par le rapport ?
Oui … quoique ! L’échec de la stratégie d’Arcelor Mittal n’est plus une surprise pour personne. Les patrons ont manqué à la fois de vision et de moyens et les syndicats se sont sans doute plus attachés à maintenir des intérêts individuels à court terme qu’à se rendre compte que le monde changeait et ne serait plus jamais comme avant.
Les conclusions de ce rapport – préliminaire, rappelons-le – rendent illusoire l’intervention d’un investisseur privé. Et c’est une belle épine dans le pied de l’équipe de Rudy Demotte. Le contribuable wallon, qui va déjà être sollicité pour boucler un budget déséquilibré par une croissance encore moins bonne que prévu, n’est plus que probablement pas capable d’assumer un tel investissement.
L’autre événement, l’autre rapport, c’est celui commandé par la Région Wallonne elle-même à l’OCDE, sur sa politique d’innovation ?
Oui, mais là, c’est plus positif : l’OCDE souligne de belles évolutions, comme la création des pôles de compétitivité, qui associent centres de recherche, grandes entreprises et PME.
Bémol, le même OCDE critique un enchevêtrement institutionnel et une multiplication d’acteurs publics qui freineraient l’impact des politiques d’innovation en Wallonie. Une constatation qui ne devrait pas étonner le gouvernement wallon qui tente depuis quelques années de rationaliser ses outils. A la limite, ce rapport devrait l’aider à rationaliser “les redondances institutionnelles”.
Mais il faut reconnaître que la Wallonie reste constituée de sous-régions fortes, dans des bassins urbains et industriels puissants et forts différents. Mais aussi, que la Wallonie vient de loin au niveau culture entrepreneuriale et que, comme au Québec, il était sans doute nécessaire de déployer et de tester toute une série d’instruments pour stimuler l’initiative économique. Reste qu’aujourd’hui, dans un contexte budgétaire difficile, mais aussi au nom de l’efficacité, le temps est clairement à la rationalisation de ces outils.
Bruno, pour conclure, le chiffre éco du jour ?
1.000 milliards d’euro c’est le montant que devrait atteindre le Fonds Européen de Stabilité pour rassurer les marchés, ce qui revient à doubler ses moyens.
Interviewé par la presse allemande, le Commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a demandé aux pays de la zone euro mieux lotis que les autres, et l’Allemagne est la principale visée, d’aider davantage à résoudre la crise monétaire et financière actuelle.
Questionné pour savoir si les pays du sud, avant tout l’Italie, avaient raison de solliciter l’aide de l’Allemagne, le commissaire finlandais a répondu : “Leur appel ne s’adresse pas seulement au gouvernement allemand mais à tous ceux qui se portent mieux actuellement. Ces derniers ne doivent pas oublier combien ils ont profité de l’euro, grâce à des marchés d’exportation stables et une monnaie stable”. Parce qu’aucune monnaie à l’intérieur de la zone euro ne peut être dévaluée, les pays exportateurs comme l’Allemagne vendent bien plus grâce à l’euro qu’avant l’euro”.
Le Commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a cependant précisé que les pays qui appellent les mieux lotis à aider les autres “doivent assumer leurs propres responsabilités”.
Mardi, dans un entretien paru au Financial Times, le président du Conseil italien, Mario Monti, avait demandé à l’Allemagne d’aider l’Italie et les autres pays de la zone euro surendettés à abaisser leurs coûts d’emprunt.
Il est 8h22 c’est l’heure d’RTL ECO, bonjour Bruno Wattenbergh.
Bonjour Peggy, Bonjour Thomas,
Les entreprises souffrent de la crise mais certaines marques sortiraient renforcées de ces 3 années difficiles ? Qui sont-elles et pourquoi ?
Trois entreprises ont vu la valeur de leur marque progresser fortement pendant la crise.
Il y a d’abord Apple 8ème dans ce classement avec une croissance de 58%. Ce loin d’être une surprise : en 2 ans, la valeur d’Apple a été multipliée par deux grâce à ses records de ventes d’iPad ou d’iPhone.
Deuxième plus forte progression avec 32% : Amazon. Un peu plus surprenant pour nous européens qui connaissons mal la large gamme de service d’Amazon. L’entreprise récolte bien sûr les fruits du succès du Kindle Fire, la petite liseuse qui démocratise les tablettes de lecture. Mais, elle s’est surtout diversifié intelligemment, avec son propre AppStore Android, avec ses solutions de cloud ou d’e-commerce. Amazon est chaque fois au bon endroit, au bon moment pour lancer de nouveaux produits ou servces ou faire des acquisitions.
Ensuite, il y a Google, bien sûr, 4ème et qui a cru de 27% ce qui permet au géant de Mountain View de talonner Microsoft, numéro 3 du top 100.
Comment fait-on pour calculer la valeur de ces marques ?
Il y a plusieurs classements, celui qui vient de sortir, c’est celui d’une entreprise appellée Interbrand. Elle analyse le rendement financier des entreprises, la capacité des marques à assurer des bénéfices, et évalue le poids de la marque dans la décision d’achat des consommateurs.
Quelles sont les marques qui sont au top dans ce classement ?
Le trio de tête est composé de 3 marques américaines universelles : Coca-Cola, IBM et Microsoft. Google est 4ème, on l’a dit. General Electric, le géant américain de l’industrie est 5ème.
Cela fait quand même 10 entreprises américaines dans les 10 premières places ?
Oui, la première entreprise non américaine de ce classement c’est Toyota, juste après on trouve Mercedes. Le finlandais Nokia passe lui de la 8ème à la 14ème place en perdant 15% et on se demande quand Microsoft va racheter Nokia.
D’autres pays font progresser leurs marques ?
L’Allemagne avec ses voitures ou avec SAP. La Corée place Samsung de la 19ème à la 17ème place, en progression de 20% grâce au seul Smartphone qui concurrence vraiment l’iPhone. La France perd 2 places avec Louis Vuitton.
Les marques américaines de référence restent donc au top, quelques asiatiques montent, de rares européennes résistent et beaucoup d’autres chutent au nom de l’implacable darwinisme économique.
Le site avec le classement des 100 premières marques …
Bruno, pour conclure, le chiffre éco du jour ?
226.000 c’est le nombre d’employés wallons dépendant d’un employeur dont le siège social est à Bruxelles.
Il est 8h21 c’est l’heure d’RTL ECO, bonjour Bruno Wattenbergh.
Bonjour Barbara, bonjour Thomas,
La crise ressuscite les vieux fantasmes de repli sur soi et on reparle de protectionnisme : est-ce que c’est une option crédible ?
En tous cas, le protectionnisme progresse à la fois dans les esprits et dans les discours que ce soit à droite ou à gauche de l’échiquier politique, avec le Made in France du candidat Bayrou en France, ou les termes écluses douanières, Tva sociale, réindustrialisation ou bien, la solution du yaka : arrêtons les produits chinois à nos frontières.
Une majorité d’européens seraient en fait devenus favorable à l’instauration de barrières douanières et tous les candidats à l’élection présidentielle française ont ainsi inscrit, sous des formes diverses, à des degrés différents et sous des prétextes variés, le recours au protectionnisme dans leur programme économique.
Est-ce que le bon sens qui nous murmure la solution du protectionnisme se trompe, par exemple contre les produits chinois, … et pourquoi ?
Premièrement, pour un petit pays comme la Belgique, qui vit des importations et exportations, ce serait risible. A la rigueur, parler de label belge ou français, influencer la culture de la consommation, cela peut avoir du sens.
Deuxièmement, il ne faut pas oublier qu’un nombre croissant d’entreprises belges ou européennes ont investi dans les pays émergents. Deux tiers des exportations chinoises sont ainsi réalisés par des entreprises occidentales installées en Chine. Celles-ci seraient pénalisées, alors qu’elles valorisent de la recherche, du développement, de l’innovation inventés et rémunérés chez nous.
Troisièmement, un produit technologique est rarement fabriqué à 100% dans un pays émergent ! Lorsque la Chine exporte un iPhone à 179$, il il n’y a en fait que 6 euros 50 euros d’assemblage chinois. Le solde revenant à la Corée du sud, à l’Allemagne et aux Etats-Unis !
Quatrièmement, que substituer aux produits que nous bloquerions à nos frontières ? Nous ne savons plus fabriquer de manière compétitive toute une série de produits que nous avons pris l’habitude d’utiliser ou de consommer !
Enfin, nous faisons partie de l’Europe, un continent qui assure près d’un cinquième du commerce mondial : Avec 15,9 %, des exportations et 18,3% des importations mondiales, l’Europe demeure le premier exportateur et le premier importateur mondial devant les États-Unis. Nous serions ainsi la première victime potentielle d’un protectionnisme aveugle.
Pourtant l’Amérique du Sud pratique depuis quelques années un protectionnisme qui semble donner de bons résultats ?
Effectivement, mais ce sont des économies jeunes, dynamiques et dont les habitudes de consommation sont fort éloignées des nôtres. Tout le monde ne peut se permettre de jouer au bras de fer du protectionnisme.
Bruno, pour conclure, le chiffre éco du jour ?
0,17% le taux auquel l’Allemagne a placé hier 3,539 milliards d’euros, sur les marchés. Un record depuis 2001.