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Avec les plus plates excuses de Sarko

Par Alain Raviart dans Actu , le 24 février 2012 09h49 | Ajouter un commentaire

 Barack Obama vient de présenter des excuses pour les Corans brûlés en Afghanistan. En communication politique, les excuses et les regrets, c’est un art. Hier, en France, un homme s’est plié à cet exercice redoutable.

[SON SARKO : « j’ai appris »]

 Les excuses en politique doivent être précises, ciblées, utilisées avec parcimonie au risque sinon de paraître vaseuses, superficielles voire hypocrites. Au risque même de donner un sentiment de manipulation. Bref, les excuses et les regrets mal placés peuvent se transformer en un boomerang douloureux. Les excuses doivent être préparées, chaque mot doit être pesé. Lorsqu’elles sont extériorisées le moment choisi doit être juste,  la forme doit être inattaquable et le fond pertinent.

[SON SARKO : « Je ne le referais pas… feuilleton]

 [Bégaye] Alors à quoi ressemble cette confession, cet acte de contrition de Nicolas Sarkozy ?

 Sur le fond : pour bien comprendre revenons à la soirée électorale d’il y a 5 ans. Nous sommes le 6 mai 2007. Nicolas Sarkozy est élu président. La victoire [coup de sifflet].

 Départ immédiat vers Le Fouquet’s, restaurant prestigieux des Champs Elysées ; là sont réunis les amis, les people, les capitaines d’industrie, autour d’une bonne bouffe et beaucoup de champagne. La France attend de longues heures. Les caméras sont dehors donc les Français aussi. Place de la Concorde les militants s’ennuient à attendre. Conséquence immédiate : Sarko est le président des riches, il est bling bling. Bling bling, comme un affreux bruit de casserole qui traine sur le parcours présidentiel depuis 1800 jours.

 Nicolas Sarkozy doit se débarrasser de ce fardeau. Enfin. C’est une évidence. Et que dit-il ? « Si c’était à refaire, je ne referais… ne reviendrais pas dans ce restaurant puisque que ça été vraiment le feuilleton. » Alors la raison de ses regrets, c’est parce que cette affaire a été une saga. En revanche, rien, absolument rien sur les mauvaises motivations de ce choix douteux à l’époque. Etonnant. Et le candidat ne s’arrête pas là.

 Il ajoute ceci : « J’aurai l’occasion d’en parler aux Français. » Et là c’est incroyable : au lieu d’éteindre définitivement cette histoire, non il continue. Il va encore l’évoquer à l’avenir avec les Français. En termes de communication c’est à n’y rien comprendre.   

 Quant au moment choisi pour ce « repentir », le président aurait été mieux inspiré de se confesser avant d’être candidat. Ici, ça commence à faire tard, la faute plus que le pardon est inscrite au fer rouge dans les mémoires et des regrets en cette période c’est inévitablement plus suspect.

 Enfin sur la forme : le fait de bafouiller, en réalité, n’a même plus beaucoup d’importance.

 Ah !, qu’il est complexe de se confesser à télé, exprimer des regrets qui ne sont peut-être, peut-être, pas si sincères que ça.

 Souvenez-vous. DSK. Sa déclaration désincarnée où il avoue avoir commis « une faute » confinait au grotesque.

 Plus proche de nous, Yves Leterme. Ce troubadour de la chanson française avait fredonné la Marseillaise au lieu de la Brabançonne. Il s’est excusé trois jours, trois jours après sa gaffe. Et seulement en néerlandais. On en rit, mais qu’est-ce qu’on en rit encore !!! Plus personne ne se souvient des excuses du Premier ministre parce qu’elles étaient nulles et insignifiantes.

 François Hollande a, sans a priori le savoir, fait mouche quand il a commenté l’arrivée de Nicolas Sarkozy dans la campagne électorale : « Ce n’est pas sa candidature qu’il devrait présenter, mais ses excuses. » Une phrase choc déjà utilisée par François Mitterrand.

 Hier, Nicolas Sarkozy a permis à son principal adversaire de faire d’une pierre deux coups. A deux mois du scrutin, ça fait mal.  

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